Exposition Coloniale Internationale de Paris 1931

6 mai 1931 - 15 novembre 1931


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Indes Françaises

Indes Françaises à l'exposition de Paris 1931

© E. Desprez

Architecte(s) : Girvés et Sors

Dans un bel élan patriotique et malgré un budget très modeste les Établissements français dans l’Inde, ayant décidé de faire un magnifique effort pour participer à l’Exposition Coloniale Internationale, avaient confié à M. Jo. Ginestou, le Commissariat du pavillon de la colonie. Celui-ci s’adressa pour la maquette du pavillon à MM. Girves et Sors, architectes diplômés du gouvernement.

Le pavillon de l’Inde française représente la maison classique hindoue, si répandue à Pondichéry et dans les autres comptoirs.
Il n’est pas la copie exacte et fidèle d’une maison de Pondichéry mais, selon les directives de M. le Maréchal Lyautey, Commissaire Général de l’Exposition, une stylisation artistique, une mise en relief interprétée et agrémentée d’une demeure classique hindoue.

Sa grandeur est de 20 m. sur 20 m., sa hauteur est de 6 mètres. Il comprend trois salles : i° salle historique; 20 salle commerciale; 30 salle artistique.

Une véranda fleurie accueille les visiteurs qui, dès leur entrée remarquent le poyal, sorte de lit en pierre sur lequel s’étendent les Hindous de rang élevé pour recevoir leurs compatriotes à qui l’entrée dans une maison est interdite en raison de leur religion et de leur caste. Au-dessus du poyal sont suspendues les lampes rituelles des Hindous.

Un patio à ciel ouvert tout fleuri donne une lumière contenue dans les deux salles latérales historique et commerciale.
La salle artistique, la troisième, comprend une série de meubles magnifiques, artistiquement sculptés par des artistes de Pondichéry, en bois de l’Inde, bois de bith.


AMEUBLEMENT

Les meubles exposés par l’Inde française ont été fabriqués par des ouvriers de la région; quelques-uns sont l’œuvre des élèves de l’Ecole des Arts et Métiers de Pondichéry.

Les sculpteurs représentent en général des scènes religieuses mais les artisans locaux peuvent également copier les modèles qui leur sont soumis ou faire des travaux suivant croquis. Il semble donc qu’il y aurait possibilité de créer, dans cette voie, un courant commercial assez appréciable.

Le bois employé est généralement le bois de bith (palissandre de l’Inde). Les sculpteurs indigènes, quand leur travail est terminé ont l’habitude d’enduire les objets d’huile de coco, le bois de bith prend alors une teinte noire qui lui donne l’aspect de l’ébène.
Cependant, si les meubles étaient simplement vernis au copal blanc, le bois conserverait sa couleur naturelle et laisserait apparaître des veines d’un très bel effet.

Les meubles exposés sortent pour la plupart de l’École des Arts et Métiers de Pondichéry.


BIJOUTERIE, ORFÈVRERIE D’ARGENT

Comme les sculpteurs, les bijoutiers indiens s’inspirent en général des scènes religieuses pour confectionner les pièces d’orfèvrerie.
De nombreux orfèvres ont appris leur métier à l’Ecole des Arts et Métiers de Pondichéry, quelques-uns ont fait un stage en France pour se perfectionner.


RIDEAUX, TENTURES, DENTELLES, BRODERIES

Les femmes hindoues, en général, sont incapables de faire le moindre travail de couture; les indigènes se drapent simplement dans des pièces d’étoffe plus ou moins longues et ignorent les coutures, les boutons, les poches et autres accessoires du vêtement.

Afin de permettre aux femmes et jeunes filles de gagner leur vie, les religieuses leur ont appris l’art de la dentelle et de la broderie. Les sœurs de Saint-Joseph de Cluny exposent une très belle collection de dentelles exécutée dans leur atelier de Pondichéry par leurs protégées, ces broderies sont d’une exécution parfaite.


BIJOUX

Une des principales attractions de la salle artistique est une vitrine de style hindou contenant des grenats de l’Inde française, montés par un artiste en orfèvrerie, M. Charpentier, bijoutier.

Enchâssés dans des montures soit en or, soit en platine, soit rehaussés par des brillants, les grenats de nos Etablissements français sont artistiquement mis en relief et il est agréable de constater les beaux résultats obtenus par M. Charpentier dans sa riche présentation de pierres venant de notre colonie.


FRISES, SCULPTURES, STAFF, JARDINS, PLANS

A remarquer les frises de trois beaux peintres français : MM. Montassiez Poisson et Poitevin toutes trois conçues dans un style exotique mais néanmoins brossées avec un sentiment très personnel et une conception vraiment artistique.

Les éléphants puissants du statuaire Jean Magrou, chevalier de la Légion d’honneur, auteur du Génie Latin, place du Palais-Royal.

Les décorations en staff du plafond, style hindou de M. Laffite.

Les ensembles décoratifs du maître décorateur Claude Salvy.

La magnifique décoration florale exécutée par M. Nonin, rosiériste, et des plans de Pondichéry datant de 1700 et 1720 aimablement prêtés par le bureau des Archives du Ministère des Colonies.

Les statues et principalement le Siva dansant placé dans le patio fleuri font partie de la collection Loo.

Le petit pavillon de l’Inde française est un petit chef-d’œuvre de goût et de mesure et le reflet exact de l’Inde française, si artistique et passionnée de beauté.

©Livre D'Or - Exposition Coloniale Internationale - Paris 1931