Exposition Coloniale Internationale de Paris 1931

6 mai 1931 - 15 novembre 1931


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Guyane

Guyane à l'exposition de Paris 1931

© G. L. Manuel Frères

Architecte(s) : Oradour

Le pavillon de la Guyane atteste la prodigieuse richesse sylvestre de notre colonie où l’on trouve les essences de bois les plus variées et les plus rares. L’architecte du pavillon, M. Oradour, a tenu a n’employer que des matériaux provenant de notre vieille possession américaine. La Guyane ne possédant pas un style architectural typique, le pavillon qui la représente à Vincennes n’est pas la réplique fidèle d’un palais, d’une maison ou d’une case indigène. Il a son style particulier qui se distingue par les harmonieux rapports des lignes ou des plans de son péristyle, de son toit couvert de roseaux et de ses galeries latérales.

Dans le hall central, nous remarquons de superbes vitraux de Mauméjean, inspirés de la faune et de la flore guyanaises dont l’effet, vu de jour, est très beau et dont l’éclairage de nuit donne un aspect tout spécial au pavillon de la Guyane. Une véranda autour du pavillon avec piliers en bois de différentes essences du pays; sous cette véranda le visiteur peut admirer une exposition, par la Maison Charles, des principales essences de l’immense forêt guyanaise qui s’étend de Maroni à l’Oyapock : troncs de “ Wacapou ”, d’“ Angélique ”, d’ “ Amaranthe ”, de “ St-Martin ”, de “ Satiné ”, de “ Gaïac ”, etc., coupés en sifflets de façon à montrer les bois dans toute la beauté et toute l’originalité de leurs fibres.

A chaque coin de la véranda, on peut voir des tonneaux en palétuviers rouge exposés par la Compagnie coloniale de tonnellerie.

A l’intérieur : une grande salle entièrement revêtue en bois d’amarante jusqu’à une hauteur de 4 mètres environ, avec charpente visible, partiellement en bois du pays. Cette salle produit le plus heureux effet avec ses 12 mètres de hauteur et l’éclairage de ses vitraux.

Le long des murs, tout autour de la salle, quelques espèces typiques de la faune guyanaise (mammifères, oiseaux aux riches couleurs, reptiles (naturalisés); le “ coq roche ” au brillant plumage avec sa crête droite demi-circulaire est très remarqué.
Au milieu de la salle une imposante pyramide dorée montrant le volume des 7 mq 300 d’or, soit 140.870 kgs officiellement exportés de la Guyane depuis 1853, date de la découverte du métal précieux dans la colonie. Cette quantité ne représente qu’une partie de l’or extrait et, d’après les prospections effectuées, et n’atteint qu’une infime partie de l’orque recèle encore le sous-sol de la Guyane, car, suivant une expression consacrée : «  en Guyane on marche sur l’or ».

Dans les vitrines artistiquement disposées sur tout le pourtour de la salle on remarque :
a) des échantillons de produits miniers très intéressants tels que sables et quartz aurifères bauxites contenant jusqu’à 65 % d’alumine avec des quantités infimes de silice;
b) des échantillons de produits forestiers tels que : l’huile et le savon de Carapa, antiseptiques appelés à remplacer les meilleurs savons médicinaux.
c) des objets divers, tableaux, décors, fabriqués avec les produits de la Guyane, très admirés et appréciés des visiteurs (fleurs en plumes d’oiseaux,, tableaux dont les couleurs sont constituées d’ailes de papillons et de plumes d’oiseaux, plateaux, bonbonnières, cendriers, coupes contenant les éblouissantes ailes de lépidoptères entre deux lamelles de verre, etc...).

Au centre de la salle, tout autour de la pyramide dorée, on trouve des stands très achalandés où l’on vend des produits du pays ou des objets fabriqués avec ces produits (parfums à base d’essence de bois de rose, papillons, objets dans la fabrication desquels entre les ailes de papillon et les plumes d’oiseaux, bijoux, etc...).

Au fond de la salle, notons un beau sujet naturalisé par M. Lomont à Cayenne et représentant un jaguar sautant sur un jeune tapir.

Plusieurs petits meubles en marqueterie utilisant d’une façon très heureuse trois des essences les plus décoratives de la Guyane, l’amarante, le bois serpent et le Bocco (établissement Niap).

Deux guéridons mettent en valeur l’aspect hautement décoratif du Moutouchi.

Somme toute, le pavillon de la Guyane, malgré la modicité des crédits mis à sa disposition donne l’impression d’une élégante richesse. Les amateurs du meuble moderne trouveront dans ce pavillon toute une collection d’essences rares susceptibles d’applications nouvelles. A tous, il montrera, sous une forme vivante, les innombrables ressources de cette colonie, si décriée, mais qui devrait être si prospère.

©Livre D'Or - Exposition Coloniale Internationale - Paris 1931