Exposition Coloniale Internationale de Paris 1931

6 mai 1931 - 15 novembre 1931


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Saint-Pierre et Miquelon

Saint-Pierre et Miquelon à l'exposition de Paris 1931

© G. L. Manuel Frères

Architecte(s) : Lowson

Ce pavillon n’est assurément pas de ceux qui attirent tout d’abord le visiteur au quête de curiosités coloniales, de couleurs, de jolis motifs d’architecture ou d’étoffes chatoyantes.

Ce n’est qu’une simple maison de pêcheur, aux lignes sobres, telle que l’on peut en voir dans les îlots de l’Atlantique Nord.

Cependant, elle mérite que l’on s’y arrête quelques instants.

L’Archipel Saint-Pierre et Miquelon est une colonie “ froide ” et essentiellement “ maritime ”. Ce sont dont là les deux caractéristiques dont se sont inspirés les organisateurs et l’architecte de la participation de la colonie à Vincennes, M. Lowson, lesquels se sont bornés à présenter au public un pavillon dépourvu de toute recherche, évoquant simplement la vie rude des hommes de la mer et les produits de la pêche.

Le caractéristique du pavillon est le phare aux feux multiples, point de ralliement des navigateurs. Haut de 20 mètres, il dresse, aux bords même du lac, sa fine et élégante silhouette. La nuit, il perce les ténèbres de ses quatre-vingt mille bougies. C’est aux pieds du phare que s’élève la maison du pêcheur d’une superficie de 150 mètres carrés.

Devant le pavillon est installé un embarcadère d’où les visiteurs partent pour aller sur le Lac Daumesnil en “ doris ”, ces frêles embarcations qui servent aux “ Terreneuvas ” pour aller à la recherche du poisson.

Des frises d’Irène F. Marie, traitées simplement en bleu et en blanc, décorent les murs du rez-de-chaussée.

Dès l’entrée, on remarque un plan des bancs de Terre-Neuve dont les reliefs sous-marins sont indiqués de façon frappante. On a ainsi une notion exacte de ce “ delta sous-marin ” du Saint-Laurent qui s’avance au large des côtes du Canada, de la Nouvelle-Europe et du Labrador à des profondeurs variant de 50 à 200 mètres, jusqu’à la rencontre des grands fonds de l’Atlantique, traversé en surface par le courant venu du pôle et celui du Golf-Stream.

Plus loin, deux dioramas présentent une vue de Saint-Pierre avec ses maisons éparses et sa rade encombrée de voiliers et de chalutiers, puis une usine de préparation d’huile de foie de morue.

La salle des œuvres de mer est particulièrement émouvante.

Des maquettes du navire-hôpital Sainte-Jeanne-d’Arc et de son prédécesseur, le Saint-Pierre sont saisissantes de netteté.

Dans d’autres salles du pavillon, on peut admirer les collections de toute nature se rapportant aux produits du pays; on y voit des photographies, des peintures de J. Roubaud, toutes choses qui disent l’activité incessante et le pénible labeur d’une population industrieuse et robuste et qui. malgré tout, est restée française au milieu des terres anglo-saxonnes.

Tel est, dans sa simplicité voulue, le pavillon de notre plus petite colonie de l’Océan Atlantique qui fait bonne figure à Vincennes, à côté de contrées plus favorisées.

©Livre D'Or - Exposition Coloniale Internationale - Paris 1931