Exposition Coloniale Internationale de Paris 1931

6 mai 1931 - 15 novembre 1931


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Océanie Française

Océanie Française à l'exposition de Paris 1931

© Waroline

Architecte(s) : Billecoq

Les visiteurs qui pénètrent dans l’Exposition par la porte de Reuilly, aperçoivent dès l’entrée, à droite, une construction en bois exotique, troncs de cocotiers, bambous, roseaux, feuilles de pandanus et claies tressées, c’est le Pavillon des Etablissements Français de l’Océanie. Les matériaux proviennent directement des îles du Pacifique; c’est en mai de l’année dernière que le paquebot Antinoüs a amené les troncs de cocotiers, et la Ville de Verdin, en Août, les claies, roseaux, bambous. En Octobre le reste est arrivé, c’est-à-dire plus de 6.000 nattes tressées de feuilles de pandanus.

Pour bien conserver au pavillon son caractère exotique original, le Commissaire de la participation, M. Ducet, a tenu à ce que les matériaux qui le composent proviennent de Tahiti même et soient façonnés par la main-d’œuvre indigène. Et c’est une agréable évocation de la case de la douce Rarahu, chantée par Pierre Loti, que les architectes, MM. Billecocq père et fils, nous présentent à Vincennes.

Le pavillon mesure 270 mètres carrés environ de superficie, et près de 10 mètres de hauteur sur 26 mètres de façade latérale.

Il contient l’exposition spéciale des produits et collections officielles et privées des Etablissements français de l’Océanie, dont le Gouvernement abrite, sous notre pavillon tricolore, 121 îles ou îlots.

Les frises qui courent le long de ses galeries latérales et ornent ses frontons intérieurs, sont la reproduction d’anciens tatouages tahitiens, dont les dessins étranges et curieux ont été heureusement retrouvés.

Deux grandes toiles, peintes par l’excellente artiste Mme Thoinot, décorent les culs de four des deux extrémités et représentent respectivement une vue marine aux Tuamotu et un paysage de l’intérieur de Tahiti avec personnages indigènes.

Le perron d’accès de l’escalier d’entrée et orné de deux tikis océaniens reproduits d’après les originaux conservés au Musée du Trocadéro à Paris.

Le grand salon d’honneur présente les bustes ou effigies de Bougainville, de l’Amiral Dupetit-Thouars, de Dumont d’Urville et des grands navigateurs dont les explorations ont amené la découverte de nos îles polynésiennes.

Au centre du pavillon, est installé un petit salon d’honneur, entièrement composé et orné de bois des plus riches essences coloniales françaises par les soins de MM. Sadier et ses Fils.

Quatre dioramas lumineux attirent l’attention des visiteurs.

Deux d’entre eux sont installés au deux extrémités latérales du pavillon. Ils représentent respectivement :
— une vue du port de Papeete,
— un coin de la baie de Papetoaï, à Mooroa.

Un troisième diorama animé et à luminosité changeante est dû à une conception toute nouvelle de l’ingénieuse artiste, Mme Marguerite Géraud, femme d’un ancien gouverneur de la colonie, qui a recueilli sur place pendant les longs séjours qu’elle a fait à Tahiti, les éléments du “ fond de mer aux Tuamotu ” aux diverses heures du jour, imaginé par elle, où l’on voit notamment des poissons, des attolls, de couleurs si riches et si variées, se déplacer lentement au milieu des coraux, plantes marines, et à l’aide d’un mécanisme électrique invisible, mis au point par M. Lallement. Grâce à ce savant mécanisme, Mme Géraud a pu restituer la vie même à ces extraordinaires créatures qui peuplent les mers australes. C’est une merveille de voir passer dans les flots lumineux ces poissons de toutes les couleurs.

Le quatrième diorama composé et installé dans son stand par la Compagnie française des Phosphates de l’Océanie, reproduit la vue de son exploitation à l’île de Makatea.
Le Musée de Papeete a prêté aux organisateurs certaines collections des plus curieuses au point de vue ethnique et historique. On y voit aussi des collections d’objets anciens et modernes, les costumes locaux.

Un peu plus loin six grandes vitrines nous présentent les nacres et perles aux différents stades de leur évolution ?

Enfin une très intéressante collections de tatouages marquisiens a été prêtée par le docteur Sasportas.

Signalons également une section touristique et hôtelière qui donnera à beaucoup l’envie d’aller faire un voyage à Thaïti, cette terre de bonheur et de rêve.

©Livre D'Or - Exposition Coloniale Internationale - Paris 1931