Exposition Coloniale Internationale de Paris 1931

6 mai 1931 - 15 novembre 1931


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Cochinchine

Cochinchine à l'exposition de Paris 1931

© G. L. Manuel Frères

Architecte(s) : Sabrier

La Cochinchine est essentiellement un pays agricole, l’un des premiers fournisseurs de riz du monde entier, particulièrement propice en outre à d’autres cultures, telles que le caoutchouc, qui s’y développent favorablement. Sa population indigène, en contact avec la France depuis 70 ans est la plus évoluée de celles de l’Indochine; enfin le sol uniformément plat de ce pays offre peu de pittoresque. En définitive, la Cochinchine offre au visiteur de l’Exposition Coloniale assez peu d’intérêt au point de vue exotisme et couleur locale; par contre elle constitue le plus riche pays de l’Union Indochinoise, en voie de développement économique et social rapide.

Le pavillon de la Cochinchine présente donc la physionomie de ce pays telle qu’elle vient d’être sommairement esquissée. Par son aspect extérieur, il symbolise un pays moderne se rapprochant des contrées de l’Occident dont il a adopté le style architectural, des rappels d’architecture asiatique évoquent sa situation géographique et son passé.

Le pavillon comporte essentiellement un grand hall à l’entrée d’où l’on pénètre dans un vaste salon ou rotonde orné d’une fontaine en céramique de l’école d’art de Bienhoa. Ce salon est consacré à l’évocation de l’effort français en Cochinchine, qui est symbolisé par un grand tryptique peint, dont l’exécution a été confiée à la maison Devambez, et dont les trois panneaux évoquent les trois termes principaux de cet effort : assister, instruire, enrichir l’indigène. Au mur de ce salon, de grandes cartes de la Cochinchine traitées en couleurs vives, donnent au public l’indication des voies de communication terrestres et fluviales et la répartition des principales cultures. Ces cartes ont complétées, à l’entrée du pavillon, par une grande carte parlante sur laquelle sont représentées par des images appropriées les principales cultures, industries, caractéristiques de la faune, de la population, les divers modes d’activité de la Cochinchine.

De chaque côté de ce salon, deux vastes salles sont spécialement consacrées aux grandes cultures de la colonie : riz et caoutchouc et aux villes et centres principaux de la Cochinchine. Les villes de Saigon et de Cholon notamment y figurent sous forme de cartes, de photographies, de plans, montrant leur physionomie particulière et les efforts poursuivis en matière d’urbanisme colonial.

Tout le fond du pavillon est occupé par quatre grands dioramas qui évoquent les aspects les plus caractéristiques de la Cochinchine et qui sont consacrés : à la riziculture, à l’hevea-culture, à la vie urbaine (marché de Tan Dihn à Saigon), à la vie rurale indigène (arroyo sous les palmes, paysage type de la Cochinchine).

Mais la vie indigène sous ses aspects traditionnels n’est pas oubliée. Elle est représentée sous ses deux aspects principaux : la vie religieuse évoquée par de beaux autels en bois laqué et doré, œuvre des anciens élèves de l’école d’art de Thudaumot. Ces autels sont au nombre de trois : l’autel des ancêtres, c’est-à-dire l’autel familial avec ses tablettes retraçant les mérites des disparus toujours présents dans le souvenir de leurs descendants, l’autel du génie communal consacré à la gloire d’un grand homme devenu le protecteur du village, c’est celui qui figure dans la pagode communale; enfin l’autel gouddhique qui est à proprement parler l’autel religieux ou cultuel pour les fidèles de la religion bouddhique.

La vie rurale est rappelée, d’une part, par une réduction de maison commune où l’on voit la salle de réunion du conseil des notables avec ce conseil en séance, les notables étant rangés par ordre de préséance, les grands notables sur le lit de camp devant la tasse de thé et le service à chiquer, les petits notables étant modestement assis sous leurs supérieurs, le tout est représenté par des figurines finement traitées. D’autre part, une reproduction d’intérieur annamite présente une maison de paysan annamite, de situation modeste. Tout le mobilier annamite a été reproduit avec minutie à une échelle réduite, ce travail a été exécuté par les élèves d’une école primaire annamite.

De nombreux documents : cartes, graphiques ou objets, spécialement une collection de modèles de barque annamites de fleuve ou de mer, complètent cette exposition locale, ainsi que des mannequins en réduction ou grandeur nature reproduisent les types de la population indigène.

Enfin l’Exposition locale de la Cochinchine est complétée par une démonstration qui peut avoir de très heureuses conséquences pour la production et le commerce du riz, source principale de richesse pour la Cochinchine. Dans un pavillon, adossé à celui de la Cochinchine, fonctionne, sous les yeux du public, une décortiquerie électrique qui usine sous les yeux des visiteurs, du riz de Cochinchine : ce riz est vendu au public en petits paquets artistiquement présentés.

Signalons pour terminer que le pavillon local présente de nombreux objets sortant des écoles d’art indigène de Cochinchine : céramiques de Bienhoa, bois sculptés de Thudaumot, panneaux décoratifs de Gisdihn, et un bel ensemble mobilier condensant l’effort de ces trois écoles.

©Livre D'Or - Exposition Coloniale Internationale - Paris 1931