Exposition Coloniale Internationale de Paris 1931

6 mai 1931 - 15 novembre 1931


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Afrique Equatoriale Française

Afrique Equatoriale Française à l'exposition de Paris 1931

Architecte(s) : Fichet

Le Pavillon de l’A. E. F. à l’Exposition Coloniale a voulu donner la synthèse de ce que représente, dans l’économie nationale, notre empire congolais. Sans doute, il en est de plus vastes, de plus somptueux, mais celui de l’A. E. F. est bien caractéristique d’une colonie renaissante dont toutes les richesses maintenant dénombrées sont à la veille d’être exploitées, avec les moyens les plus modernes.

Les plans en sont dûs à l’architecte Fichet.

Au centre, se dresse une construction circulaire de 27 mètres de diamètre, dont le dôme atteint une vingtaine de mètres. Cette construction, en forme d’obus, est une fidèle reconstitution des habitations riveraines du Logone. Des galeries circulaires l’entourent.

A l’entrée du pavillon, se trouvent les bureaux du Commissariat et ceux de la propagande. Car, pour que le visiteur puisse se renseigner de la façon la plus complète sur tout ce qui a trait au commerce et à l’industrie en A. E. F., l’exposition comporte des monographies succinctes, des tableaux, des statistiques, des photographies et des produits bien présentés sous forme d’échantillons en sacs, en bocaux, sous vitrines, sur étagères : oléagineux, amandes de palme, graines de sésame, ricin, karités, arachides, coprah, huiles de palme, de bambou, d’arachides, de sésame.
Gommes, caoutchouc et copal. Textiles : coton, kapok, raphia, sansevières, ananas, fibres diverses.

Des dioramas dus au pinceau des artistes coloniaux les plus en renom, évoquent les aspects les plus pittoresques de la forêt tropicale, du tracé du chemin Congo-Océan, ou des rives ombragées du Congo et de l’Oubangui.

On y voit aussi les cordages divers, la sparterie indigène, la vannerie, les cafés, les cacaos, la vanille, le tabac, les pelleteries et fourrures, le crin végétal, les os, les cornes, les matières tannantes (écorce de palétuvier), les matières tinctoriales, les pâtes à papier de papyrus, et de bois divers, l’ivoire et 'aussi ces richesses incomparables de l’A. E. F., les produits minéraux : pierres précieuses, or, argent, cuivre, plomb, etc.. Sont exposés en outre, les produits de l’alimentation : manioc, riz, mil, iguanes, patates, bananes, miel, piments, poivres, etc., et aussi les engins de pêche et de poissons, mollusques et crustacés.

Dans une deuxième galerie, on trouve ce qui concerne le folklore, la chasse et le tourisme, les armes indigènes, les fétiches, les objets de parure, les instruments. Là, le public peut se rendre compte qu’il y a un art nègre et qu’il mérite d’être étudié.

Les esprits curieux peuvent saisir sur le vif les mille incidents de la vie quotidienne d’un village pahouin qui abrite une quarantaine d’indigènes : sculpteurs sur bois, tisserands, maroquiniers, etc...

L’art primitif des populations de notre grande colonie africaine traduit parfaitement leur sentiment de la nature et des choses.

Les ivoiriers indigènes, qui, comme les autres artisans travaillent sous les yeux du public, avec les matières premières fournies par le commissariat de l’A. E. F., ont conçu et exécuté de nombreux modèles, parmi lesquels : un lion enlevant sa proie, des singes en train de manger, une porteuse d’eau, un jeu d’échecs, etc...

Les sculpteurs sur ébène ont traduit à leur manière quantité d’animaux : gorilles, tortues, éléphants, etc...

Les sculpteurs sur bois sont les auteurs de différents groupes de pirogues avec leurs équipages, de masques indigènes, de bois sculptés pyrogravés, de groupe de danse, etc...

Les forgerons font notamment des sagaies et des poignards à manche d’ébène incrustés d’ivoire.

Toutes les matières premières : ivoire, bois d’ébène, bois de kakomo, peaux diverses, viennent en droite ligne de l’A. E. F.

Puisque l’A. E. F. reste le pays des amateurs des très grandes chasses et qu’il sera peut-être un jour celui du très grand tourisme on montre au visiteur des cartes touristiques et de chasse ainsi que des animaux naturalisés, des trophées de chasse et de belles photographies.

Une troisième galerie est exclusivement réservée à l’exposition des bois. On y expose en dehors des cartes forestières, des mercuriales des bois, des panneaux-échantillons des différents bois, des coupes brutes des diverses essences, des meubles en bois du pays, des échantillons d’objets divers en bois de la colonie.

Les artistes peuvent y trouver des sources nouvelles d’inspiration par la contemplation d’objets de collections, de parures, d’instruments de musique, d’armes indigènes, de fétiches qui ont été réunis là par les soins d’une Commission de personnes particulièrement compétentes.

Au centre du Palais, sont disposés les dioramas, les panoramas, les plans en relief, ainsi qu’une carte de l’Afrique Equatoriale Française à grande échelle. C’est là que les Français et les Etrangers peuvent se faire une idée de ce qu’est la vie en A. E. F.

Est-il besoin d’ajouter que les statistiques ethnographiques, commerciales et autres, montrent que l’A. E. F. voit sa population augmenter et son mouvement commercial s’accroître d’année en année, et que la lecture des bilans permet de juger de son bon équilibre économique.

Bien que l’A. E. F. soit la plus jeune de nos colonies, elle a le souci de présenter aux Français de la Métropole une exposition aussi originale qu’évocatrice des grandes possibilités que l’avenir lui réserve.

Pour ignorant qu’il soit des ressources de notre grande possession équatoriale, le visiteur d’un seul coup d’œil, dès son entrée dans le pavillon en reçoit une impression précise et claire.

C’est ce qu’ont bien voulu marquer le Gouverneur Général Antonetti et le Commissariat de la Colonie à Paris.

On y voit le déroulement d’une histoire longue d’un demi-siècle qui commence comme un conte d’aventures et, après une période obscure, s’épanouit en merveilleuses perspectives. Les instruments de musique, les objets usuels, les fétiches nous offrent une image de la vie indigène qui précéda notre installation. Ce sont d’excellents motifs à rêver. Il ne faut cependant guère d’imagination pour évoquer devant ces masques, ces sculptures, les cérémonies sanguinaires des cultes abolis, les fêtes monstrueuses dans les clairières, les étranges mariages de l’amour et de la mort.

Introduits ainsi de plein pied dans la vie de notre Congo, nous en suivons l’éveil, d’étage en étage, de ce jour où Brazza y pénétra à celui où le premier coup de pioche du Congo-Océan ouvrit une ère nouvelle à notre belle colonie équatoriale.

©Livre D'Or - Exposition Coloniale Internationale - Paris 1931