Exposition Coloniale Internationale de Paris 1931

6 mai 1931 - 15 novembre 1931


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Algérie

Algérie à l'exposition de Paris 1931

© Sartony Laffitte

Architecte(s) : Montaland

Cette année, c’est l’Algérie elle-même qui vient se montrer à la métropole et aux étrangers dans le site du bois de Vincennes, qui est devenu pour une fois, le cadre de la Plus Grande France. Il £ convenait, au lendemain d’un anniversaire grandiose, que notre colonie la plus prospère, cette nouvelle France, se présentât aux regards avec le prestige et l’autorité de sa seconde jeunesse.

Le Gouvernement Général, les assemblées financières algériennes, le Commissariat, aux travaux duquel préside si intelligemment M. Edouard GERARD, directeur de l’Office de l’Algérie à Paris, n’ont rien négligé pour que leur section soutint sans faiblesse la comparaison avec les édifices construits par des colonies plus richement dotées.

Le Palais de l’Algérie, tel qu’il est conçu dans les plans de M. Montaland, architecte du gouvernement général, frappe dès l’abord par ses vastes proportions architecturales, sa coupole ovoïde flanquée d’un haut minaret. Cette masse blanche se détache de la manière la plus heureuse sur les frondaisons du bois de Vincennes et les jardins méditerranéens qui sont constitués autour d’elle.

Les deux éléments principaux de cette architecture, la coupole et le minaret, n’impliquent d’ailleurs pas que le Palais de l’Algérie soit la reproduction de quelque monument nord-africain. On a voulu, au contraire, éviter le plus possible tout imitation de ce genre qui aboutit à des résultats manquant vraiment d’imprévu; le style sobre et moderne, utilise les thèmes de l’art dit mauresque, mais sans les copier servilement; il en retient ce qu’il faut pour donner la note de pittoresque indispensable, mais sans verser dans un exotisme de mauvais aloi; il s’efforce de concilier, par un effort créateur, les souvenirs de l’architecture maghrébine et les tendances actuelles de la construction en Algérie. Sur l’une de ses faces, le Palais de l’Algérie fait même appel à un décor d’inspiration saharienne dont la ligne austère n’est pas pour déplaire au goût contemporain.

Sous la grande coupole, au pied du minaret revêtu de faïences, un large escalier conduit aux portes d’accès principales. Ces portes à peine franchies, le visiteur se trouve dans une vaste rotonde au ciel voûté, précédant une longue salle, divisée en travées par de hautes colonnes.

C’est dans ce cadre assez solennel, que l’on s’est efforcé, par une présentation originale et harmonieuse, de célébrer l’agriculture algérienne, la vigne et le blé, sources de la fécondité de cette terre, qui sont les vivants témoignages de la réussite française dans la France nord-africaine. Les artistes algériens ont apporté eux-mêmes leur tribut à cette présentation dans une série de dioramas.

Une dizaine d’autres salles, s’ordonnant avec logique mais sans monotonie, au delà du grand hall de l’agriculture, avec une circulation aisée, des dégagements, le reposoir d’un ou deux patios offrent aux visiteurs le spectacle pittoresque ou édifiant de la colonie et de sa mise en valeur, et leur permettent de tirer sans effort et de recevoir avec agrément la grande leçon qui se dégage d’un siècle de travail. Ils peuvent même trouver une image de l’avenir et des possibilités encore infinies de l’activité créatrice de la France, dans une salle qui est spécialement consacrée aux territoires du sud, ces lointaines contrées désormais si rapprochées de nous, ce désert du Sahara que le rail franchira peut-être demain.

Enfin, dans une série de petites salles construites à l’étage et donnant par des ouvertures en arcades, sur le hall de l’agriculture, les esprits soucieux de notions exactes ont à leur disposition une ample moisson de travaux documentaires, disposés avec méthode et clarté.

En sortant de ce Palais, les visiteurs n’ont pas encore tout à fait quitté l’Algérie : disséminées dans la section, diverses concessions s’ingénient à leur offrir un nouvel aspect de la colonie, des divertissements, des attractions, et l’on peut espérer qu’ils auront gardé de leur bref séjour dans la section algérienne la vision d’un intense effort de civilisation.

Autour du Palais, de grands jardins à essences méditerranéennes offrent quantité de fleurs, de feuilles, de parfums frais et ravissants.
N’oublions pas le Café maure, avec ses musiques, ses chanteurs, ses danseurs, et le restaurant indigène qui achèvent de donner la note gaie et couleur locale.

L’enseignement moral qui se dégage de la visite du palais de l’Algérie, c’est la nécessité de continuer la collaboration étroite et féconde des deux races dont le travail commun a façonné un pays, qui émerveille le monde.

La doctrine appliquée en Algérie depuis Bugeaud, celle qui a fait sentir la force, mais en même temps la bonté et la justice, cette doctrine-là a placé la France au premier rang des puissances coloniales.

Il est bon que les visiteurs de toutes les contrées aient pu s’en rendre compte par eux-mêmes en parcourant la section algérienne dont l’Exposition est particulièrement digne de nos trois beaux départements nord-africains.

©Livre D'Or - Exposition Coloniale Internationale - Paris 1931