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Fêtes Sportives


Fêtes Sportives à l'exposition de Gand 1913

L’époque n’est pas lointaine, où la conception de l’éducation ne visait qu’à la culture intellectuelle de l’individu et reléguait au second plan son développement physique; on jugeait celui-ci peu nécessaire ou trop ennuyeux.

Cette méconnaissance des principes de la santé du corps provoqua une réaction et, dans tous les pays, un mouvement intense se créa en faveur de l’athlétisme. Comme toute réaction, celle-ci dépassa parfois les limites qu’il convient d’attribuer à la culture physique; autant faut-il encourager celle-ci comme délassement ou comme adjuvant à l’entretien de la santé, autant il faut s’élever contre le surentrainement et les excès qui provoquent dans l’organisme des désordres parfois violents.

Aujourd’hui que de nombreux spécialistes se sont intéressés à cette question, on en est revenu à des principes mieux adaptés à notre nature physique. Presque tous les sports visent au délassement de ceux qui s’y adonnent ; ils servent de correctifs puissants à notre vie trépidante, énervante et anémiante. Ce sont particulièrement ces sports qui furent encouragés à l’Exposition de Gand. Ils se prêtent à l’organisation de fêtes charmantes, très goûtées du grand public, surtout en Belgique, où tous les sports sont pratiqués avec maîtrise.

Le Comité exécutif de l’Exposition confia l’organisation de ces fêtes à un comité central. Le programme fut particulièrement corsé. Les fêtes et les concours furent si nombreux pendant toute la durée de l’Exposition qu’outre la plaine des sports occupée les dimanches et plusieurs jours de semaine, il fallut encore utiliser, pour les matchs de Lawn Tennis et de Football, les terrains de l’Association Royale athlétique la Gantoise et du Racing-Club de Gand.

Le Comité central des sports était composé de MM. Fernand Feyerick, industriel, membre du Comité exécutif de l’Exposition, président ; le baron Albert van Loo, président de la Société Royale des Courses d’Ostende, vice-président ; le commandant d’artillerie Eugène Grade, secrétaire ; Jean Delori, trésorier ; MM. Réon Braun, Carlos de Hemptinne, et le lieutenant Thiryn, membres. M. Maurice de Smet de Naeyer, directeur général de l’Exposition, en fut le président d’honneur.

L’importance du programme à réaliser engagea le comité à faire appel aux sociétés sportives gantoises. Toutes répondirent avec empressement et manifestèrent un ardent désir de justifier, une fois de plus, la vieille renommée de Gand comme ville de sport.

On constitua les 21 sous-commissions suivantes : Aéronautique, Jeu de boules, Colombophilie, Cyclisme, Escrime, Football, Golf, Gymnastique, Gymnastique suédoise, Fêtes de Gymnastique enfantine, Jeu de petite balle, Tir à l’arc, Lawn-Tennis, Régates à l’aviron, Sports athlétiques, Sports canins, Hippisme, Tir aux armes à feu, Tir aux pigeons, Yachting.

MM. E. Vanderstegen, T. de Grie, G. de Geest, M. Dhondt, E. Pappens, E. Gondry, Rob. Feyerick, Priem, Otten, A. de la Kethulle de Ryhove, F. A. Leperre, C. Bekaert, E. Lordier, lieutenant M. De Busscher, R. Robelus, Firmin Ligny, Ch ’t Kint, A. Vandernoot, R. Ditte, baron C. de Meulenaere, F. de Coorebyter, F. Beernaerts, E. F. Van Ceulebroeck, G. Bossu, A. Wulleman, L. de Kerchove de Denterghem, N. Van Waesberghe furent désignés comme secrétaires de ces différents groupes.

Pendant deux années consécutives, le comité central ainsi que les diverses sous-commissions se réunirent et travaillèrent avec un dévouement inlassable à la réussite parfaite des manifestations sportives. Ils accomplirent un travail ardu et l’effort considérable qu’ils déployèrent à cette occasion est au-dessus de tout éloge. Tout fut examiné avec un soin minutieux et le succès grandiose qui couronna les différentes épreuves fut la meilleure des récompenses pour tous ceux qui se dévouèrent à la réalisation de cette tâche.

Parmi les multiples et heureuses dispositions que le Comité central prit en faveur des participants aux épreuves sportives, il en est une que l’on ne peut passer sous silence, c’est la question des assurances. Tous les athlètes et participants de réunions furent assurés contre les accidents. Ee public lui-même qui assistait à ces réunions fut couvert par une assurance contre les risques de tout accident. Cette question de sécurité, parfois grosse de conséquences, fut traitée par le Comité central et les sous-commissions avec la plus grande minutie. Ce fut là une heureuse décision.

Le Comité central avait chargé le statuaire C. de Cock, professeur à l’Académie des Beaux-Arts, de modeler une médaille commémorative des Sports. M. De Maertelaere, artiste-peintre, fut lauréat du concours pour la confection d’un diplôme sportif, qui fut distribué aux sociétés et fédérations participantes.

De manque de place ne nous permet pas de donner les résultats de toutes les épreuves, ni des records établis ou battus, ni des performances accomplies. Nous voulons toutefois, passer en revue chacune des branches du sport qui fut, à l’Exposition de Gand, l’objet d’une manifestation.

Aéronautique. De territoire de Gand offre peu d’espaces libres ; aussi l’organisation de concours de ballons présentait-elle de sérieuses difficultés.

L’Aéro-Club résolut le problème en organisant des concours de distances et d’atterrissage, auxquels de nombreux concurrents prirent part.

En aéroplane, l’aviateur Crombez fit de nombreuses exhibitions ; MM. Diefmans, De Muyter, Pelgrims, H. de Hemptinne, Van Someren furent les lauréats du concours d’atterrissage et de distance ; le plus long voyage fut de 735 kilomètres.

La sous-commission d’aéronautique, sous la présidence de M. A. de Breyne, eut la bonne fortune de faire venir à Gand l’aviateur Pégoud qui exécuta ses fameuses expériences de looping the loop, de culbutes et de vols renversés devant des foules innombrables accourues de toutes parts, le jour de clôture de l’Exposition Universelle.

Jeu de boules. Très heureusement inspiré, le comité réserva au Village Moderne, une place très large aux sports populaires, et particulièrement au jeu de boules. C’est un des jeux les plus pratiqués ; tous ceux qui connaissent notre pays, savent les soins qu’apportent les joueurs à l’entretien de leur terrain, et la passion qu’ils mettent à leur jeu favori.

Colombophilie. Le lâcher monstre qui eut lieu à l'Exposition, le 17 septembre, attira une foule considérable; elle suivit le vol des 10.000pigeons qui évoluèrent quelques minutes dans les airs, avant d’aller rejoindre leurs colombiers.

Escrime. Le cliquetis des armes fit résonner le Palais des Fêtes pendant plusieurs jours.
Des escrimeurs français, italiens, danois, hollandais, anglais, suisses, s’y étaient donnés rendez-vous. L’invincible équipe française gagna le prix par équipes ; mais nos compatriotes et les autres nations se distinguèrent au sabre, au fleuret et à l’épée, dans les épreuves individuelles.

Une heureuse innovation fut le concours à la Place d’Armes ; il permit à la population gantoise d’apprécier le sport si fin et si élégant des armes.

Le Tir pour le Roi est une des plus glorieuses traditions des anciennes gildes. Celui de la Confrérie Royale et Chevalière de Saint Michel eut lieu sur la place de la Vieille Flandre ; grâce au cadre pittoresque, il fut un vrai régal pour les amateurs.

L’Ecole belge d’Escrime occupe une place prépondérante dans le monde des armes ; ses nombreux succès, tant ceux remportés par les maîtres que par les amateurs, dans les tournois étrangers et belges, la placent incontestablement au premier rang. Les jurys furent placés sous la direction de MM. le général Werbrouck et G. Renard, dont la haute compétence fut très appréciée.

Football. Depuis quelques années, ce jeu a pris en Belgique une grande extension.

De nombreux cercles rivalisent pour maintenir sa supériorité. De nombreuses équipes venues de France, d’Angleterre, de Hollande, firent assister à des rencontres passionnantes et chaudement disputées devant de nombreux spectateurs. Jadis les matchs de football étaient délaissés. Le public est devenu appréciateur compétent ; il juge vite et très justement les qualités d’une équipe.

Golf. Ce jeu, introduit en Belgique depuis quelques années, mais beaucoup pratiqué jadis en Wallonie sous une forme populaire, nommé la crosse ou crossette, n’a pas tardé à obtenir un franc succès. Les épreuves organisées, pendant trois journées, sur les links des Buttes-blanches à Laethem-St-Martin, furent très suivies par de nombreux joueurs belges et étrangers. Le Grand Prix de l’Exposition et le Championnat National donnèrent lieu à des matchs disputés par plus de 40 joueurs.

Gymnastique. La grande importance des Sociétés de Gymnastique en Belgique engagea le Comité central à donner un éclat tout particulier à cette branche des sports. Il a aussi voulu innover en permettant au public d’apprécier pour la première fois, à côté des fédérations existantes pratiquant la gymnastique aux engins, la gymnastique suédoise telle qu’elle est enseignée à l’Institut d’Education physique annexé à l’Université de Gand et dans l’armée belge.

A tout seigneur tout honneur; la Fédération Belge de Gymnastique, la doyenne, donnait sa XXXVme Fête fédérale de Gymnastique. Organisée de main de maître par le Comité comprenant les délégués des huit sociétés gantoises sous la direction de M. Camille Mys, cette fête réunit plus de 5.000 gymnastes parmi lesquels 35 dames. La députation française à elle seule comptait 800 gymnastes.

Le cortège des drapeaux et des gymnastes, traversant l'exposition par un temps splendide, fut un spectacle unique et digne du cadre dans lequel il se déroulait.

Aux côtés de la Fédération Belge de gymnastique se sont développés deux organismes importants : la Fédération nationale des Sociétés catholiques de gymnastique et d’armes de Belgique, et la Fédération nationale des Cercles socialistes de gymnastique.

Le baron de Dieudonné et M. F. Dumont ont dirigé l’organisation des réunions de la Fédération catholique. Celle-ci a acquis une importance extraordinaire ; les progrès
de ses gymnastes ont été très remarqués. Leur XIXme fête fédérale fut bien conçue, et les mouvements d’ensemble exécutés avec beaucoup de précision. Leur défilé, leurs mouvements au fusil, les exercices d’ensemble imposés obtinrent un franc succès du public nombreux accouru pour les admirer.

La Fédération nationale des Cercles socialistes, toute jeune encore, réunit pourtant un assez grand nombre d’adhérents: 76 groupes, 3100 membres. La participation des jeunes gens et des fillettes y fut importante. Son président, M. Gaston Bridoux, s’est multiplié pour faire réussir les réunions. Les tableaux vivants et poses plastiques représentés sur le théâtre de la Vieille Flandre, furent charmants, bien ordonnés, d’un goût et d'une exécution parfaits.

Les réunions organisées sous la présidence de M. J. Devos, professeur à l’Institut d’Education physique annexé à l’Université de Gand, furent une innovation. Ancien officier d’artillerie, M. Devos fut l’un des premiers à s’occuper de la méthode suédoise, innovée en Belgique sous l’impulsion du lieutenant-colonel Lefebure, qui, s’en faisant l’apôtre dans l’armée, rendit les plus grands services à notre pays ; 2.500 gymnastes prirent part à la démonstration de gymnastique pédagogique et éducative du 6 juillet 1913. On y remarqua des délégations des diverses universités belges, de l’Ecole normale de gymnastique de l’armée, de l’école des pupilles des régiments de l’armée, de l’école normale d’instituteurs ; des écoles primaires de Bruxelles et de ses taubourgs, de la ville de Louvain, etc., etc.

La société gantoise Vriendschap s’est spécialisée dans les concours et manifestations enfantines ; elle se chargea de l’organisation de la fête d’enfants et du cortège fleuri. Ce fut merveille et joie d’assister au défilé des garçons et fillettes.

Les jeux et concours d’enfants réunirent de nombreuses inscriptions. Le cortège fleuri a montré toute l’initiative dont sont capables nos horticulteurs gantois. De délicieux groupes harmonieusement fleuris, d’exquis petits traineaux, des charrettes à légumes ravissantes, des dais japonais aux couleurs rutilantes, bref un ensemble délicieux de coloris chatoyant, souleva l’enthousiasme des spectateurs de cette fête inoubliable.

Jeu de petite balle. Par une délicate attention du comité organisateur, la première fête qui eut lieu à la plaine des sports fut celle offerte aux joueurs de petite balle. Ce fut l’occasion de souhaiter à nos frères et amis de Wallonie une cordiale bienvenue dans la vieille cité des Van Artevelde, et de leur prouver qu'en Flandre on aime à les recevoir et à les voir pratiquer leur jeu favori de «la petite balle».

Ils furent très sensibles à cet hommage, et leur président, M. Victor Lechien, tint à souligner cette attention et à en remercier le Comité.

Des équipes homogènes nous firent assister à des passes très disputées qui firent admirer l’adresse des joueurs.

Une chaude acclamation salua le vainqueur, à qui l’on remit la boule d’argent et les médailles trophées de l’Exposition de Gand ; la palme échut à la Paume Royale de Bruxelles, l’une des plus importantes sociétés belges.

Tir à l’arbalète. La vieille Gilde de Saint-Georges de Gand, et son dévoué doyen, M. Frans Coppejans, s’ingénièrent à rétablir en un coin délicieux de la Vieille Flandre, leur tir à l’arbalète. Dans un charmant local voisin du tir, ils reconstituèrent la salle du Serment de la Gilde, et y exposèrent leurs anciennes arbalètes ainsi que les vieilles coupes, drapeaux et objets d’art ; aidés des confrères de Saint-Roch, présidés par M. Verhegge, ils donnèrent un grand nombre de réunions fort suivies.

On connaît le soin que met chaque tireur à régler son arbalète, le souci qu’il a de cette vraie pièce d’orfèvrerie. Seul, il peut s’en servir quand elle est réglée et ne s’en sépare guère. Ce tir, très attrayant a de nombreux adeptes en Flandre. La grande arbalète tire à 32,20 et 13 mètres, la petite à 6 mètres. Il y a encore environ 200 groupements d’arbalétriers en notre pays.

L’inauguration du tir eut lieu le Ier mai, par un Tir au Roi dont sortit vainqueur M. De Klerck. Un pittoresque cortège traversa à cette occasion la Vieille Flandre, conformément aux traditions. Les tirs se succédèrent fréquents et animés ; le « noble jeu » réunit plus de 400 tireurs. L’un d’eux réussit, en six coups, à loger six flèches dans la rose du centre.

Lawn Tennis. L’Association athlétique « La Gantoise » voulut bien se charger de l’organisation de cette branche ; elle disposait de courts excellents. Grâce au concours de M. Solvay, président d’honneur et du chevalier de Borman, elle réussit à mettre sur pied des matchs intéressants.

Malheureusement, il y a tant de tournois de villes d’eau, en été, que quelques joueurs célèbres firent défection et l’intérêt en fut ainsi diminué. Le public devient si éclectique, qu’il n’afflue qu’aux réunions sensationnelles. Toutefois, grâce à la large place donnée aux handicaps, permettant aux bons joueurs de se mesurer, il y eut, malgré tout, un grand nombre de bonnes raquettes qui se disputèrent les prix.

M. G. Vanderstegen fut l’âme de cette organisation dont les principaux prix furent gagnés par les Duvivier, Watson, comte Salm, Bergman et Logie, tous bien connus.

Régates. Les régates et les succès remportés dans cette catégorie par les sociétés gantoises sont à la fois l’un des plaisirs favoris et l’un des orgueils de nos concitoyens.

Les fervents de l’aviron se souviennent des célèbres équipes d’Artevelde, de Pardaff et de tant d’autres ; nul n’ignore les triomphes d’Henley où nos rameurs firent briller les couleurs belges ; les clubs nautiques de Gand ont formé d’inoubliables équipes de premier ordre, grâce peut-être au fameux coup d’aviron gantois, si discuté d’abord et tant imité depuis. MM. Grégoire, M. Lippens et L. Verdonck sont les grands chefs qui mènent les équipes gantoises à la victoire.

Dans le grandiose et vaste cadre du Canal de Terneuzen les régates de Terdonck sont une fête populaire, à laquelle aucun gantois ne voudrait manquer. C’est la première fête sportive du printemps, la première envolée des citadins vers la campagne.

Les championnats d’Europe y furent disputés ; les prix échurent aux équipes étrangères venues d’Allemagne, d’Autriche, de Belgique, de France, de Hollande, d’Italie, de Russie, de Norwège, de Suède, de Suisse et de Hongrie. Jamais journées sportives plus importantes ne furent organisées pour le Rowing sur le continent. La veille des courses, un Congrès réunit les délégués de tous les pays inscrits à la Fédération internationale d’aviron. Au banquet qui réunit vainqueurs et vaincus, ceux-ci furent remerciés par M. l’échevin de Weert au nom de la Ville de Gand et par le Comité Exécutif de l’Exposition Universelle.

Tir à l'arc. Les anciennes Gildes et Confréries de Saint-Sébastien, le grand patron des tireurs à l’arc, et les grands cercles pratiquant ce sport comptent parmi les plus nombreuses sociétés de Belgique, tant en Flandre qu’en Wallonie et dans le Nord de la France. Aussi, à l’annonce des grandes épreuves qui devaient se disputer sur la plaine des sports, le Comité central reçut-il de nombreuses inscriptions.

Le baron de Pélichy, greffier de la Chef Confrérie Royale et Chevalière de Saint-Sébastien, accepta les délicates fonctions de président de la sous-commission des archers. Près de cinq mille tireurs vinrent disputer les nombreux prix. Ces diverses réunions les incitèrent à créer une Fédération nationale d’archers. Celle-ci fut fondée au palais des fêtes, le 8 octobre 1913.

L’on ne peut se faire une idée de l’habileté et de la force des tireurs, de leurs habitudes, et du soin qu’ils mettent à l’entretien de leurs arcs. Ils sont tous fétichards, croient qu’un détail de costume, une habitude, un porte-veine leur fera abattre l’oiseau tant convoité. Tout ceci donne aux concours une physionomie attrayante et très caractéristique.

Armes à feu. Dès l’annonce d’un projet d’exposition, les tireurs aux armes à feu si nombreux dans notre vieille cité, témoignèrent un grand désir de donner une place prépondérante à leur sport.

Leur initiative fut encouragée et l’on peut affirmer que le tir fut l’une des institutions qui réunit le plus d’adhérents ; ce fut de plus un succès financier.

Entouré d’un Comité d’élite, composé de tireurs réputés et dévoués, M. Van Herrewege, président d’honneur du « Cody Club » fit ériger un charmant pavillon pratique et
bien compris ; un tir au « Dragon » fut couronné d’un franc succès. Des plus adroits recevaient, comme prix, une reproduction du célèbre dragon qui surmonte l’ancien beffroi de Gand ; ce tir réunit plus de 15.000 inscriptions.

Plus de 800 tireurs se disputèrent les épreuves de Gand ; il y eut des épreuves à la carabine Flobert, au tir réduit, au pistolet, et des concours internationaux aux armes de guerre; 1003 prix individuels et 89 prix collectifs furent remis; de superbes résultats furent obtenus par MM. René Georges, van Aesbroeck, van den Heede, Wulleman, Loontjens, etc.

La sous-commission du tir aux pigeons présidée par M. J. Rooman d’Ertbuer, organisa des réunions très suivies au champ de tir d’Afsné.

Sport hippique. Les organisateurs de cette section voulurent créer des épreuves d’endurance militaire qui reçurent les plus précieux encouragements dès l’apparition du programme. Mais la réorganisation de notre armée ne permit pas de donner suite à cette idée.

Le Vicomte G. de Nieulant et de Pottelsberghe, vice-président de la Fédération nationale des grands hippodromes de Belgique, secondé par tous les amateurs de chevaux
de Gand, et l’on sait qu’ils sont nombreux et compétents, parvint à organiser un concours hippique comme il est rarement donné d’en voir. Des officiers de tous pays vinrent disputer le Military. Les concours d’obstacles et de sauts en hauteur réunirent de nombreuses inscriptions. La piste tracée dans le palais des Fêtes par le lieutenant Lambin fut une vraie merveille de bon goût. Les obstacles élevés et savamment combinés furent franchis avec brio. De nombreux parterres de fleurs jetaient leur note gaie sur cet ensemble harmonieux. La France était représentée au sein du jury, par le colonel Blacque Belair, de l’école de Saumur.

Athlétisme. Sous la présidence du baron de Laveleye, président du Comité olympique belge, furent disputées les épreuves d’athlétisme. Le grand prix de l'Exposition de Gand, fut le clou de la réunion.

Sport canin. Environ 1.600 chiens furent présentés à l’exposition canine, admirablement organisée par le baron van Zuylen van Nyevelt. On remarqua beaucoup le grand effort que firent les éleveurs de chiens policiers ou de défense ; ces races sont très recherchées et les éleveurs obtiennent des prix très rémunérateurs.

Yachting. L’idée excellente d’une croisière réunissant à Gand tous les yachts de plaisance fut très goûtée ; l’inauguration du canal de Terneuzen en fut d’autant plus brillante. De charmants bateaux venus d’Angleterre, de France, d’Allemagne, de Hollande, vinrent rejoindre leurs confrères de Belgique.

Il y eut des régates à Zeebrugge et à Terneuzen. Toute la flottille vint à Gand, fêter la visite du Roi Albert.

Fauconnerie. Le vicomte Le Hardy de Beaulieu, avait bien voulu exposer en une charmante vitrine quelques spécimens de faucons armés et prêts à la chasse.

Son équipage de Brève fait trois sorties régulières par semaine, et ses chasses sont très suivies. Le faucon prend la pie, la corneille, etc. Rien de plus curieux que de suivre une de ces chasses par une belle après-midi. La lutte de l’oiseau contre le faucon est des plus curieuses. Il faut toute l’habileté du maître d’équipage, pour lancer le faucon, puis le rappeler.

En général, les faucons sont pris assez jeunes dans les Pyrénées ; ils réclament énormément de soins et leur élevage est des plus délicats.

Cette rapide revue de l’activité sportive à Gand, pendant tout le cours de l’Exposition, est symptomatique ; elle n’est qu’un pâle reflet d’une activité débordante et d’une suite de succès. Plus que jamais Gand s’est affirmée Ville des Sports. Il est juste de remercier tous les collaborateurs qui contribuèrent avec dévouement et générosité, à la grandeur et au succès de la partie sportive de l’Exposition Universelle et Internationale de Gand ; à leur tête il convient de citer le nom d’Albert Feyerick, doyen de la Confrérie royale et chevalière de Saint-Michel.

©Livre d'Or de l'Exposition Universelle & Internationale de Gand 1913