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Plaquette et Diplôme Commémoratifs, Breloque-Souvenir


Plaquette et Diplôme Commémoratifs, Breloque-Souvenir à l'exposition de Gand 1913

La médaille ou la plaquette ainsi que le diplôme sont les accessoires coutumiers de toute exposition ; celle de Gand pouvait d’autant moins déroger aux précédents qu’à tous égards, son comité exécutif avait eu le souci des aspects artistiques de la vaste entreprise.

Godefroid De Vreese fut chargé par la direction générale de présenter un projet de plaquette; le choix de l’artiste fut unanimement approuvé; De Vreese est en effet l’un des chefs reconnus de la jeune école belge de gravure en médailles ; aucun de ses émules n'a mieux saisi que lui cet art difficile et délicat; il a conquis la maîtrise grâce à une volonté énergique, à des efforts constants et à une persévérance inlassable ; son ami et biographe, Alphonse de Witte, a eu raison d’écrire que « son œuvre marque une facilité de conception et une activité de travail déconcertantes ; sans négliger ses travaux de grande sculpture, De Vreese a modelé, en dix ans, plus de cent médailles ou plaquettes aussi variées de composition que de manière. Il s’est signalé dans le portrait; dans ce genre il est l’égal des grands maîtres français dont il a subi une part d’influence, sans perdre sa personnalité ».

La plaquette de l’Exposition de Gand est l’une des meilleures œuvres du consciencieux artiste ; sa conception est originale et bien adaptée à l’événement qu’il s’agissait de commémorer. Sur la face, une dame au port majestueux, la Ville de Gand portant la couronne murale sur le voile qui tombe en plis gracieux, accueille avec cordialité trois gracieuses jeunes filles ; ce joli groupe symbolise l’Art, le Commerce et l’Industrie ; derrière la Ville de Gand, un ouvrier bien découplé, représente le travail ; près de lui une charmante enfant accourt avec une brassée de fleurs destinées aux hôtes de la cité gantoise.

L’artiste a écarté de cette composition les attributs conventionnels et les conceptions banales de la routine ; il y a pondération et équilibre ; le groupe de trois jeunes filles est plein de grâce ; la pucelle de Gand drapée dans les plis tombants d’une robe châtelaine, a une attitude majestueuse et accueillante; son port noble,ainsi que la force calme et consciente du travailleur contrastent avec la grâce mutine de la fillette qui s’apprête à jeter les fleurs sous les pas des hôtes de Gand.

Le revers de la plaquette est consacré au souvenir des triples floralies qui ont donné à l’Exposition gantoise de 1913, son caractère brillant et séduisant. Au fond d’une vaste serre, ornée de plantes tropicales et tapissée de rosiers grimpants, on aperçoit la perspective de la cour d’honneur terminée par le dôme d’entrée flanqué de ses deux tours. A l’avant-plan de la composition, deux jeunes filles, l’une assise, l’autre à moitié agenouillée, préparent des gerbes et des guirlandes de fleurs.

Les qualités d’harmonie et de grâce de cette composition en font une œuvre d’une singulière valeur artistique ; sans recherche, avec des moyens simples, sans accumulation d’emblèmes ou de détails inutiles, De Vreese a marqué la caractéristique de la cité gantoise, la ville des Fleurs.
Face et revers de la plaquette se complètent très heureusement; l’œuvre sort de la banalité proverbiale des médailles d’exposition.

La breloque en or offerte aux ministres des pays représentés, aux commissaires généraux des sections belge et étrangères, et aux membres du Comité exécutif, ainsi qu’aux directeurs généraux de l’Exposition universelle, fut l’œuvre de Charles Samuel, l’émule de Godefroid De Vreese, dans l’art de la médaille.

L’artiste ne disposait pas d’une grande surface pour sa composition ; de dimension restreinte, la breloque devait rappeler la cité gantoise et offrir la place nécessaire pour y graver le nom et la qualité du destinataire.

Samuel triompha de ces difficultés ; sur la face, il représenta la pucelle de Gand avec son lion symbolique; derrière elle, s’étend le panorama de la ville avec ses tours caractéristiques de la cathédrale Saint-Bavon, du Beffroi et de l’église Saint-Nicolas. Des armes de Gand et le millésime MCMXIII sont les deux motifs principaux du cadre de la composition. Au revers une inscription bilingue rappelle l’Exposition; dans un cartouche central, sont gravés le nom et la qualité du porteur de la breloque.

Le Comité exécutif avait confié à l’éminent artiste liégeois, Rassenfosse, la composition du dessin du diplôme ; le projet présenté offrait des qualités remarquables de composition et d’exécution ; il s’inspirait heureusement de la coïncidence des floralies avec l’exposition des produits industriels; s’écartant des sentiers battus, il répondait à tous égards aux vœux du Comité exécutif; nonobstant les plus vives instances, l’œuvre n’obtint pas l’assentiment des autorités appelées à ratifier le choix de la direction générale. Il fallut abandonner le rêve joyeusement caressé; le respect dû à l’artiste détermina le Comité exécutif à ne pas confier à un autre dessinateur l’exécution d'un nouveau projet. Avec un désintéressement digne d’éloges, Rassenfosse consentit à traduire sur le diplôme la composition de De Vreese pour la face de la plaquette; il le fit avec maîtrise.

Désireuse de rendre hommage au maître liégeois, la première direction générale le pria de lui céder le projet initial afin de le placer au Musée des Beaux-Arts de Gand; Rassenfosse accéda généreusement à cette demande; il y joignit le don d’une de ses œuvres ; l’une et l’autre furent accueillies avec reconnaissance.

©Livre d'Or de l'Exposition Universelle & Internationale de Gand 1913