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Floralies d'Automne


Floralies d'Automne à l'exposition de Gand 1913

La dernière des grandes manifestations horticoles de l’Exposition universelle de Gand était consacrée à la Floriculture, aux Chrysanthèmes, à la Pomologie et à la Culture maraîchère.

Moins vastes que leurs aînées de Printemps et d’été, les Floralies automnales se tinrent dans la serre chaude (6.000 mètres) du Palais des Fêtes. Les directeurs généraux avaient réservé la grande salle pour la cérémonie des récompenses, ultime manifestation de l’exposition universelle. Ea salle des Floralies servit de passage au cortège royal ; on n’eut pu rêver décor plus prestigieux ni plus gantois.

Les floralies d’automne furent organisées par un comité spécial présidé par M. Frederic Burvenich père, le vétéran de l’horticulture gantoise, assisté de Charles Pynaert, François Spae, Arthur de Smet, Edgard Wartel, Henri De Wilde, Eucien de Cock et V. Delbeke.

Ce comité était placé sous les auspices du groupe VIII (Horticulture et Arboriculture) de l’Exposition universelle ; le commissaire du Gouvernement était M. Joseph de Hemptinne, président du Cercle Royal Van Houtte. Sous la présidence de M. Alexis Callier, président des Floralies du Printemps, le bureau de groupe comprenait encore les noms de MM. Firmin de Smet, président-adjoint, Arthur de Smet et Firmin Lambeau, vice-présidents, Lucien de Cock et Charles Pynaert, secrétaires, François Spae, trésorier.

Cette fois encore, le local mis à la disposition des organisateurs manqua d’étendue ; les apports dépassèrent les espérances les plus optimistes ; il fallut restreindre et parfois entasser quelques participations importantes. E’ensemble fut superbe, grâce à la présence des chrysanthèmes dont les capitules gigantesques, les couleurs variées et les masses considérables dominaient toutes les autres participations ; jamais, au dire de M. François Burvenich, on n’en vit pareille quantité dans une exposition; cinq mille chrysanthèmes donnaient aux floralies d’automne leur caractère saisonnier.

Les apports étrangers rivalisaient avec ceux des amateurs et des professionnels belges. A côté de MM. Vilmorin-Andrieux de Paris, qui remportèrent le grand prix, Madame Théophile Morel de Westgaver se vit octroyer un prix spécial pour sa remarquable collection.

Les apports d’orchidées furent importants ; les principaux orchidophiles étaient représentés par des plantes d’élites hautement appréciées par les amateurs ; quelques lots d’orchidées cultivées pour la fleur coupée formaient des bouquets merveilleux ; leurs colorisations fines et délicates, ainsi que leurs formes extrêmement variées charment toujours les visiteurs d’une exposition florale; on s’empresse toujours devant ces princesses capricieuses du règne végétal.

Les sections de pomologie et de culture maraîchère ont dépassé les prévisions sous le rapport de la qualité et l’importance. Les envois français et belges étaient considérables.

Considérée dans son ensemble, la salle comprenait deux parties distinctes ; entre les étals de fruits, où les poires, les pommes et les raisins se mêlaient aux produits maraîchers, des parcs disposés avec goût réunissaient toutes les richesses de la flore automnale ; là rivalisaient les fleurs et les fruits ; d’une part, les chrysanthèmes, les dahlias et les œillets ; de l’autre, des poireaux ventrus, des oignons, des navets, des céleris, des cardons énormes, des pommes de terre à l’épiderme panaché, des aubergines, des courges, des potirons, etc...

Au fond de la salle, des tables portaient la moisson florale s’étendant jusqu’à un monticule de troncs d’arbres couchés et entourés de palmiers, couverte de plantes d’orchidées de la firme Pauwels ; cette présentation originale les montrait telles qu’elles s’offrent au chercheur dans la forêt tropicale.

Le succès des Floralies d’automne fut complet ; elles répondaient au sentiment des foules ; la fleur est choyée en Flandre ; elle n’est pas seulement en ce pays, a dit un écrivain français, la passion d’une élite ; elle est comme une habitude nécessaire aux yeux de la foule; elle n’est pas seulement un luxe favori, mais une des richesses de la nation ; elle en est une des plus vieilles traditions.

Il nous plait de consigner ici le témoignage de la presse horticole. « Pour la troisième fois, en l’espace de six mois, dans la bonne ville de Gand, l’horticulture belge vient de s’affirmer avec une maîtrise qui a ravi les nombreux visiteurs venus pour contempler à la fois les richesses de Flore et celles de Pomone, serties dans l’écrin coloré que leur faisait la production maraîchère. Nous disons aux Gantois qu’ils ont droit aux éloges sincèrement décernés, aux félicitations les mieux méritées et aux applaudissements les plus chaleureux ».

©Livre d'Or de l'Exposition Universelle & Internationale de Gand 1913