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Présentation Détaillée


Présentation Détaillée à l'exposition de Gand 1913

Après avoir passé sous la porte Sainte-Elisabeth, on pénétrait dans la rue de ce nom; bordée de la maison Ter Koole et Trap af, de l’ancien quartier d’Akkerghem, et, en face d’elles, de deux types de modestes habitations gantoises du XVIIe siècle dans le quartier du Meerhem; elles voisinaient avec les vieilles et humbles maisonnettes de l’ancien rempart des Alexiens à Gand.

Au débouché de cette première rue, la pittoresque cour et la gracieuse chapelle de l’Hospice Alyns, type charmant de constructions gantoises; ce curieux enclos est un monument expiatoire, construit à titre de réparation judiciaire vers 1360 et reconstruit au XVIe siècle ; il subsiste encore, mais dans un état de vétusté qui réclame une intelligente restauration.

En franchissant la grande porte voisine d’Alyns’ Hospital, on accédait à la grand’place, centre de l'activité de la petite ville.

Oh ! combien pittoresque et reposant ce vieux marché en miniature, avec tous ses pignons de Nieuport, de Dixmude, d’Ypres,de Tournai, d’Audenaerde, de Courtrai, de Gand, de Wichelen, de Fûmes, le beffroi de Béthune, le Nieuwwerk d’Ypres qui abritait le restaurant ; au coin du marché, se dressait la jolie façade du Bailliage d’Aire-sur-Lys, construite en 1600 et portant les bas-reliefs des vertus théologales et cardinales.

Au centre du côté sud du Marché, le Théâtre reproduisait un fragment du tableau de François Du Chastel, que possède le Musée des Beaux-Arts de Gand; il rappelle la cérémonie d’inauguration de Charles II, roi d’Espagne comme comte de Flandre, au marché du Vendredi de Gand. Cette immense toile a figuré à la rétrospective de « l’Art Ancien dans les Flandres ».

La rue des Poteaux, bordée de maisons à galeries, menait à une poterne, imitée de l’entrée du château de Laerne; elle servait d’entrée à la Vieille Flandre du côté de la chaussée de Courtrai.

Par l’impasse du Verger, on aboutissait au canal et au quai des Quatre-métiers. Large de dix mètres et long de cent soixante dix mètres, le canal jetait une note pittoresque dans le cadre de la Vieille Flandre.

Par le pont du Soleil et les maisons de Hulst et d’Axel, on atteignait la partie zélandaise de la petite ville ; là se dressaient un estaminet de Flessingue non loin du Sluisbrug et du mur de quai avec la Campvursche Toren de l’île de Walcheren ; dans ce coin pittoresque se trouvaient, près de la Waterstraatje, un joli type de construction de Middelbourg, une autre de Flessingue et la très belle façade à arcatures, datant du XVIe siècle, à Goes.

Au centre du Minnemeersch, dans le riant d’un verger, un édicule octogonal reproduisant le Groote put van Verre (1551), servait de kiosque ; le fond du verger était bordé par les Doelen des Arbalétriers de Saint-Georges; cette gilde occupait la belle maison voisine, le Lammeken, l’une des plus harmonieuses constructions de Veere, avec son pignon à gradin, ses pinacles et les tympans des fenêtres.

La Gilde actuelle des Arbalétriers de Saint-Georges se rattache à l’ancienne gilde gantoise ; la plupart de ses membres sont des chefs I d’ateliers artistiques ou des I artisans de métiers d’art, I des architectes, des artistes-peintres. Sous la vaillante direction de leur chef-homme, M. Frans Coppejans, à la fois artiste et archéologue érudit, les confrères de Saint-Georges avaient décoré leur local du Lammeken avec un sens artistique auquel les amateurs d’art et de pittoresque se sont plûs à rendre hommage. Ils étaient accueillants les confrères de Saint-Georges; ils étaient également bons compagnons; ils répondirent avec joie à l’appel que leur adressa leur grande sœur, la Confrérie royale et chevalière de Saint-Michel, pour fêter son tricentenaire. MM. J. Leirens et A. Feyerick, les chef-doyen et doyen de la société jubilaire, ne firent pas un vain appel aux camarades de Saint-Georges. Il nous plaisait de signaler le fait et de rappeler la part importante prise à la Vieille Flandre et au cortège de Saint Michel, par la vaillante confrérie de nos amis, les artisans d’art de Gand.

Près du local de Saint-Georges, une porte séparait le quartier zélandais du quai des Bateliers. L’illusion était complète ; on songeait à l’un de ces jolis quais brugeois, à la vue de ces façades empruntées au marché au Fil, à la rue des Ciseaux, à la rue de l’Ane Aveugle, au quai des Teinturiers et au quai Vert de la cité pittoresque.

Le Pays de Waes était représenté par une façade de Tamise de 1617, par une autre de Lokeren et par un fragment du château de Walburg à Saint-Nicolas, mélange de style flamand et brabançon. On retrouvait à proximité des maisons gantoises bâties vers le mi lieu du XVIe siècle, ainsi que la belle maison Palfyn.

Au quai d’Egmont, la Halle aux Poissons imitée de la minque de Malines, l’ancien manoir d’Egmont à Sottegem, précédaient les maisons de Termonde, parmi lesquelles la gracieuse petite façade du béguinage.

Nous venons de parcourir sommairement la petite ville sous la conduite de M. Victor Fris, dont l’excellent guide de la Vieille Flandre constitue le meilleur souvenir, avec le bel album des drapeaux de M. René De Cramer.

Elle a disparu la jolie cité qu’en un jour de fierté patriotique quelques audacieux amis de la Flandre rêvèrent de reconstituer pour la joie des amants du pittoresque.

C’est dans la Vieille Flandre que se déroula (souvenir inoubliable) et se disloqua le merveilleux cortège du Tricentenaire de la confrérie de Saint-Michel. Quel cadre plus pittoresque et plus réel pouvait-on rêver à cette évocation et au faste des anciens cortèges, que la place, les rues et les quais de la villette tout imprégnés des souvenances passées.

Cette vision féerique permit de revivre, pendant quelques heures, les phases d’une lumineuse page d’histoire puisée aux sources d’une savante documentation.

A tous ceux qui coopérèrent à cette œuvre, à ceux qui la conçurent comme à ceux qui l’exécutèrent, au comité de la Vieille Flandre comme aux directeurs de l’Exposition qui encouragèrent et coopérèrent largement à son élaboration, Gand doit une large et généreuse reconnaissance.

La Vieille Flandre fut l’un des « clous » de l’Exposition Universelle de Gand ; elle vivra dans le souvenir de tous ceux qui eurent la joie de la parcourir et de communier avec le passé de la terre patriale.

©Livre d'Or de l'Exposition Universelle & Internationale de Gand 1913