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Palais des Sciences



Au delà des pavillons des quatre grandes cités belges, se trouvait un groupe de halles dans lesquelles étaient installées les expositions revêtant un caractère scientifique, à savoir les classes de l’Enseignement, de l’Economie sociale, du Génie civil et de l’Art militaire.

Ne pouvant tout décrire, nous nous bornerons à ce qui était le plus significatif et à ce qui constituait une réelle nouveauté ! A ce titre nous signalons l’exposition organisée par M. Léon Beckers sur la Région de l'Escaut et un aperçu du Diorama militaire, qui évoquait des épisodes historiques. De plus, le compartiment de l'Economie sociale nous fournira l’occasion de donner le schéma des différentes installations que le Ministère de l’Industrie et du Travail avaient établi pour les administrations de son Département.

Faire connaître la Flandre ou, plus exactement, la région de l’Escaut, à l’aide d’une documentation caractéristique choisie dans les collections de l’Etat et de particuliers, archéologues ou folkloristes, tel est le but que, chargé d’organiser la section belge d’Enseignement supérieur et des Sciences à l’Exposition de Gand, M. G. Beckers, directeur général au Ministère des Sciences et des Arts, s’était assigné avec ses éminents collaborateurs.

L’idée était heureuse, mais audacieuse à la fois, le programme étant vaste et l’espace dont on disposait parcimonieusement calculé. Le succès répondit aux efforts, grâce au plan parfaitement étudié et très méthodique.

Partant des temps primitifs pour aboutir à 1815, l’histoire documentaire de la Flandre, groupée dans une salle de forme circulaire, était divisée en neuf sections, correspondant aux neuf périodes : néolithique, des métaux, romaine, franque, féodale et féodo-communale, bourguignonne, espagnole, autrichienne et française. Chacune des périodes était en outre représentée, dans la mesure du possible, par des collections se rapportant aux principaux phénomènes sociaux : économique, familial, esthétique, idéologique, juridique, politique et des mœurs. Autour de la salle, la division des sections était marquée par les drapeaux des villes de Gand, Bruges et Ypres, l’enseigne maritime flamande, la bannière bourguignonne et celle de la Flandre sous la domination espagnole, le pavillon autrichien et le drapeau de la Révolution brabançonne ; ils symbolisaient l’histoire de la Flandre ; la variété de leurs couleurs jetait sur l’ensemble une note de fête et de gaieté.

Au centre de chaque section, une carte murale indiquait aux visiteurs les développements de la région, au fur et à mesure de la succession des différentes époques historiques. Cette série de neuf cartes constituait un travail scientifique inédit ; des améliorations pourront probablement y être ajoutées, notamment à la suite de découvertes archéologiques ; toutefois, dans l’état actuel de la science, l’ensemble était au point. Les auteurs de cette importante contribution à l’Exposition de Gand furent MM. Rutot, Rahir, Jansens, Jos. Maertens, Vlaminck et de Saegher,sous la direction de M. Beckers. On doit souhaiter que leur initiative s’étende aux régions de la Meuse et de la Sambre. Ce second album compléterait l’histoire géographique, géologique, archéologique et économique de la Belgique depuis les- temps préhistoriques jusqu’à l’époque contemporaine.

Pour rappeler complètement cette admirable documentation, il faudrait copier l’excellent catalogue publié sous le titre La Flandre des origines à 1815 par M. Beckers et avec le concours de MM. le professeur H. Pirenne, l’archiviste général J. Cuvelier, le baron A. de Loë, A. Rutot et C. Jansens. Résumer pareille étude serait la déflorer ; son étendue met obstacle à sa reproduction dans ce Livre d’Or. Il doit hélas ! nous suffire de consigner ici la haute valeur de l’entreprise dûe à l’initiative de M. Beckers et le très gros succès remporté par elle dans les milieux scientifiques.


Le Ministère de l’Industrie et du Travail qui a, entr’autres missions, celle de procéder aux études et aux travaux préparatoires pour l’organisation de la participation de nos concitoyens aux expositions industrielles et commerciales à l’étranger et dans le pays, a toujours apporté à celles-ci un concours remarqué en y participant directement et en facilitant aux nombreuses institutions et aux divers organismes relevant de sa compétence l’accès de ces grandes foires nationales et internationales.

Notre législation sociale a-t-elle produit tous les fruits qu’en attendait le législateur? De quelle façon les initiatives particulières ou collectives ont elles collaboré à l’exécution de nos nombreuses lois ouvrières? Le Ministère de l’Industrie et du Travail donne périodiquement ces renseignements dans des publications qui malheureusement ne sont lues que par quelques spécialistes. Conscient de l’ignorance de la grande masse, ce département a compris la nécessité de l’organisation de compartiments spéciaux dans nos expositions où le grand public pourrait voir dans des tableaux statistiques, diagrammes, rapports, etc. les résultats obtenus par nos diverses lois sociales. C’est ce qui a été fait à l’Exposition de Gand .Trois administrations ressortissant au Ministère de l’Industrie et du Travail ont plus spécialement collaboré dans différentes classes.

I. — L’ Administration de V Enseignement industriel et professionnel a montré dans la classe VI par des graphiques et rapports, la progression constante du nombre et de la population scolaire des écoles industrielles, professionnelles et ménagères et des ateliers d’apprentissage dans notre pays. Jusqu’à ce jour, aucune loi organique n’est venue, comme pour l’enseignement primaire, moyen ou supérieur, réglementer l’enseignement technique. L'Etat laisse aux initiatives locales, publiques ou privées, le soin de créer des écoles et d’en élaborer le programme et l’horaire. Le Département de l’industrie et du travail intervient par voie de subsides dans les dépenses d’installation et dans celles de fonctionnement; les écoles agréées doivent se soumettre à l’inspection de l’Etat.

II. — L’Office des métiers et négoces qui a remplacé, en 1907, l’office des classes moyennes, a pour objet l’étude des questions relatives aux classes moyennes et des moyens propres à développer l’esprit d’association économique et professionnelle parmi les petits industriels, les petits commerçants et les ouvriers : promouvoir la création d’associations coopératives de production ou de crédit, montrer la nécessité de l’apprentissage rationnel, y aider par l’octroi de bourses d’apprentissage, enfin s’efforcer de faire connaître, à la petite industrie, les nombreux avantages d’un outillage moderne et intervenir éventuellement par rallocation d’un subside dans l’achat d’un petit outillage.
Les tableaux, vues, diagrammes, machines, etc. exposés par l’office des métiers et négoces et par de nombreux syndicats et unions professionnelles, ont démontré que la petite bourgeoisie aurait intérêt à mieux comprendre l’importance et l’utilité des mesures préconisées par cet office.

III. — L’Office du travail a collaboré d’une façon tout-à-fait remarquable au succès de la Section d’économie sociale ; divers diagrammes indiquaient le développement des unions professionnelles ouvrières; plus de cinquante unions et fédérations d’unions exposaient dans de nombreux rapports et tableaux, les résultats de leur activité. La documentation et les conclusions de l’enquête menée par le service compétent de l’Office du Travail sur la situation des sociétés coopératives en Belgique, furent également mises à la disposition du public. De plus une vingtaine de coopératives de consommation, parmi lesquelles les plus importantes, montrèrent, par différents diagrammes, la marche progressive de leurs affaires.

L’Office exposait également des tableaux statistiques et des publications diverses, relatifs aux bourses du travail et aux fonds de chômage.

Au moyen de tableaux, d’albums de photographies et de vues stéréoscopiques, l’Inspection du travail fit connaître, les moyens préconisés par cette administration en vue de prévenir les accidents et de développer l’hygiène et la sécurité des travailleurs. Les rapports annuels mis à la disposition du public et les diagrammes exposés montrèrent les résultats obtenus par les différentes lois relatives à la réglementation du travail.

Les Institutions de prévoyance de l’Office du travail, exposait des diagrammes et documents concernant l’assurance en vue de la maladie, de l’invalidité prématurée et de la vieillesse. Le régime de la liberté subsidiée réalise toutes les espérances de nos législateurs et de nos hommes d’œuvres.

L’espace nous manque pour nous étendre plus longuement sur la participation du Ministère de l’Industrie et du Travail à l’Exposition de Gand. Les quelques renseignements donnés suffiront, pour donner une idée des résultats acquis par ce département dans les différents domaines de sa sphère d’action.

©Livre d'Or de l'Exposition Universelle & Internationale de Gand 1913