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Palais des Diamantaires et le Palais des Industries Diverses


Palais des Diamantaires et le Palais des Industries Diverses à l'exposition de Gand 1913

Dans le somptueux palais des diamantaires tout avait été conçu pour donner au visiteur une vision rapide et frappante de la prospérité de cette industrie.

Ce fut en 1456, que Louis de Berquem de Bruges inventa l’art d’user et de polir le diamant par le frottement au moyen de l’égrisie ou poussière de diamant ; il s’installa à Anvers et forma de nombreux élèves. Il fut le premier qui le tailla à facettes régulières et l’on cite de lui ce chef d’œuvre de trois gros diamants, taillés pour Charles le Téméraire dont l’un, que le Prince portait au doigt lorsqu’il mourut, est aujourd’hui en la possession de l’Espagne.

Après la proclamation de l’indépendance de la Belgique, on vit la prospérité de l’industrie diamantaire renaître. Les ateliers de taillerie furent ouverts immédiatement aux hommes et aux femmes, spécialement pour la taille en rose des diamants de faible épaisseur, 16 à 12 faces, qu’on ne sait produire qu’à Anvers, et de 24 facettes, dites roses de Hollande.

Vers 1836, des négociants d’Anvers, les frères J. et L. Bovie, firent venir d’Amsterdam un certain nombre d’ouvriers qui firent école et formèrent de nombreux élèves.
En 1840, MM. Bovie installèrent la première taillerie à vapeur ; à partir de ce moment, l’industrie du diamant entra dans une ère de prospérité. Celle-ci ne fut pas, de très longue durée : l’industrie diamantaire anversoise connut une période de stagnation, dont la cause principale résidait dans la rareté de la matière brute; la découverte de nouveaux gisements et surtout la création à Anvers d’un syndicat qui détient le monopole de la vente de toute la production de la colonie du Sud-Ouest Africain allemand, ont rendu à l’industrie diamantaire de notre métropole, une prospérité qui n’avait jamais été atteinte.

La ville d’Anvers et toute la contrée campinoise retirèrent de ce fait des avantages précieux. En quelques années, le nombre d’ouvriers diamantaires monta de 4.000 à 16.000, touchant annuellement une quarantaine de millions de francs de salaires et provoquant dans toute la région un intense mouvement d’affaires.

Voici, du reste, des chiffres dont on appréciera l’éloquence :
Situation diamantaire à Anvers en 1871 : 300 ouvriers, 5 tailleries, 2 courtiers, 5 fabricants ; main d’œuvre annuelle 600.000 fr., chiffre d’affaires, 5 millions.
Situation diamantaire en Belgique en 1911 : 16.000 ouvriers, 300 tailleries, 200 courtiers, 300 fabricants; main d’œuvre annuelle : 40 millions; négociants : 2.000 de toutes nationalités ; chiffre d’affaires : 250 millions de francs.
Comme nombre d’ouvriers, la Belgique tient la première place avec 16.000 diamantaires. Suivent ensuite : Amsterdam, 8.000 ouvriers ; Allemagne : 800 ; Suisse, 400; Londres, 100; Paris, 100 et Amérique 300.

Un nombre considérable d'ouvriers nouveaux furent formés par les aumôniers du travail d'Anvers ; ceux-ci ont fondé une école pour la taille du très petit diamant. Dans un stand fort intéressant, les aumôniers du travail avaient exposé à Gand, leurs méthodes d'enseignement et les résultats obtenus. Des jeunes gens reçoivent dans leurs écoles une formation complète, théorique et pratique ; outre le travail du diamant, on enseigne les langues, la comptabilité et diverses branches commerciales.

L’initiative de cette institution revient à M. Hubert, ministre de l’Industrie et du Travail. Il trouva en M. Coetermans, le grand diamantaire anversois et le distingué consul général de Perse à Anvers, un collaborateur d’une compétence reconnue et d’une générosité inépuisable.

Les stands de la collectivité diamantaire formaient un luxueux salon où, dans des vitrines élégantes, les brillants, les parures, les diadèmes, les aigrettes, jetaient leurs feux à côté des diamants à l’état brut ou des coquilles ouvertes montrant la perle irisée, encore adhérente.

Deux ateliers initiaient le public au travail du diamant ; un fabricant anversois de meules à tailler le diamant avait corsé son exposition par des reproductions en cristal des plus gros diamants du monde.

Par sa richesse, par son. luxe, par l’art et la minutie qui avaient présidé à son installation, le Salon des diamantaires belges était des plus intéressants.

L’orfèvrerie, qui forme une classe distincte, voisinant avec l’exposition des diamantaires; elle comprenait l’argenterie et la joaillerie; celle-ci est produite en Belgique en grande quantité.

La coutellerie est une vieille industrie spéciale aux région de Namur et de Gembloux.
Déjà, dans les premières expositions, organisées en Belgique, et notamment à Gand, en 1820 et 1849, les fabricants namurois exposaient des chefs d’oeuvres de coutellerie.
Aujourd’hui, la valeur du coutelier ne se mesure plus à la complication plus ou moins grande des pièces exceptionnelles, mais à l’excellence de l’article courant. Sous ce rapport, la coupelle rie belge soutient sa vieille réputation. Une dizaine d industriels exposaient à Gand des pièces diverses de coutellerie et des instruments de chirurgie.

Le groupe des Industries diverses comprenait enfin la brosserie, la maroquinerie, la tabletterie et la vannerie, l’industrie du caoutchouc et de la gutta-percha, les objets de voyage et de campement.

L’industrie brossière ne date que d'environ trente ans ; sa production est intense en Flandre où l’on rencontre notamment la très importante manufacture de brosses de St-André-lez-Bruges, appartenant aux établissements Delhaize frères & C°, marque « Le Lion ». Cette usine, qui produit tous les genres de brosses, occupe à elle seule plus de 400 ouvriers et ouvrières, puissamment secondes par un outillage très perfectionné. Les produits sont exportés en quantités considérables et justement appréciés à l’étranger.

Vienne détint longtemps le monopole de la fabrication de la pipe en écume guère que vers 1850 que plusieurs tentatives heureuses furent faites en France, et en 1863 en Belgique.

La fabrication de la pipe comporte surtout l’article de luxe. Il y a cependant des fabriques de pipes en terre à Nimy, Brée et Liège, où on fait aussi l'imitation de a pipe en asbeste.

Bruxelles et Arlon ont quelques ateliers où l’on travaille la pipe en racine. Anvers, Liège, Gand, Charleroi et Mons emploient également quelques ouvriers à la fabrication partielle de l’article.

En ce qui concerne l’industrie de la maroquinerie, la Belgique n’est pas restée, en arrière; elle produit la matière première, c’est-à-dire les maroquins ; elle fabrique également une quantité d’objets de maroquinerie qu’elle exporte avec un succès croissant.

Des fabriques de brosses, notamment la manufacture de S1 André-lez-Brages, des fabriques de pipes, d’objets de maroquinerie exposaient à Gand leurs produits divers.

L’industrie du caoutchouc fut introduite en Belgique en 1852. Peu à peu, la consommation toujours croissante des articles en caoutchouc et le développement extraordinaire du marché de matière brute à Anvers, mais de provenance congolaise, entraînèrent la création de grandes usines. Celles-ci qui ont conquis une réputation pour ainsi dire mondiale, fabriquent le caoutchouc destiné à l’industrie ; d’autres s’attachent à des spécialités.

Il en résulte que proportionnellement à sa population, la Belgique possède le plus grand nombre d’usines de caoutchouc du monde entier.

Il y a un quart de siècle, l’industrie des articles de voyage était limitée à la confection d’articles en toile ou en basane. Les objets de prix étaient surtout importés. La consommation des articles de voyage augmentant au fur et à mesure que se développait le goût des déplacements, une industrie nouvelle s’est implantée en Belgique. Combinant les modes de fabrication en usage en Allemagne et en Angleterre, les fabricants belges ont réussi à créer un genre d’articles pratiques, solides et élégants qui, après avoir rapidement conquis le marché belge, se sont introduits en Hollande et ses colonies, en Suisse et en Italie, ensuite en France et ses colonies, au Brésil, en République Argentine et même en Allemagne et en Angleterre. Chaque jour, cette industrie prend un essor plus grand et déjà des usines se sont créées pour son exploitation.

Une industrie connexe, celle des tentes et du mobilier de campement, a pris quelque développement. L’armée, nos coloniaux, nos amateurs de camping, de plus en plus
nombreux, ont favorisé la fabrication de ce genre d’articles pour lesquels les Belges ont fait preuve d’ingéniosité et de sens pratique.

Une notable partie des exposants de cette classe, formant l’Association des planteurs de caoutchouc établie à Anvers, avaient réuni leurs produits dans le Palais du Congo belge. Les autres exposants, fabricants de caoutchouc, de gutta-percha, d’amiante, fabricants d’articles de voyage, d’appareils médicaux, montraient l’importance acquise par ces diverses industries dans notre pays. Us exposaient notamment une foule d’objets en caoutchouc, en ébonite, de l’amiante adapté à divers usages industriels et domestiques, des tissus caoutchoutés, des bourrages, des articles de voyage très ingénieux en même temps que solides et élégants, des tentes, des couvertures et des mobiliers opératoires.

©Livre d'Or de l'Exposition Universelle & Internationale de Gand 1913