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Aperçu Général


Aperçu Général à l'exposition de Gand 1913

Nous avons déjà signalé que le Comité exécutif de l’Exposition universelle et internationale de Gand avait pris la sage décision de morceler les halls, trop vastes dans les expositions antérieures. Cette conception évitait le défaut de l’encombrement et du désordre ; elle écartait le grave inconvénient d’offrir au feu une proie facile ; la douloureuse expérience de Bruxelles justifiait à elle seule cette décision.

Cette nouvelle disposition eut sa répercussion sur la configuration de la section belge qui se trouvait disséminée dans toute l’Exposition.

Ce ne fut toutefois pas le hasard qui détermina la place de tel groupe ou la réunion de plusieurs d’entr’eux. Autant que possible, les organisateurs s'efforcèrent de juxtaposer les groupes dont les attributions rentraient dans des domaines parallèles, en sorte que quittant le compartiment de l’un et pénétrant dans le compartiment de l’autre, l’esprit et l’œil ne subissaient point un heurt trop brutal.

La section belge comportait six grandes subdivisions : les Palais des industries de luxe, les Palais de l’Industrie proprement dite, le Palais colonial, le Palais des Sciences et de l’Economie sociale, un Palais spécial consacré au matériel des chemins de fer, enfin, un vaste groupement qui, sous le nom de Village Moderne, réunissait tout ce qui concerne l’agriculture et l’horticulture. Nous ne signalerons ici que pour mémoire la participation belge au Palais international des Beaux-Arts.

Les Palais des Industries de luxe, pour les appeler d’un nom qu’ils ne portaient point officiellement, mais qui répond assez bien à notre essai de synthèse, étaient réunis à droite et à gauche du dôme principal et de la Cour d’honneur, depuis l’entrée principale jusqu’au groupe Rosse Bayard.

A droite, un grand palais abritait, au centre, le Salon d’honneur de la Section belge. Autour de ce salon, étaient groupés les compartiments de la décoration et du mobilier, des produits chimiques, des cuirs et des peaux, des sports, de l’automobile et de l’aéronautique, de l’imprimerie et de la librairie, ainsi que de l’art théâtral.

A l’extrémité du hall, le groupe de l’alimentation formait un ensemble important. Symétriques aux premiers, les halls de gauche, situés en face de ceux dont nous venons d indiquer la composition, comprenaient d’une part le Palais de la Mode et des Textiles complètement isolé, le Palais des diamantaires, des orfèvres et des
bijoutiers, le Palais des travaux féminins et le compartiment réservé aux industries diverses : brosserie, maroquinerie, coutellerie, etc. Au centre de ces galeries, le Comité de la presse avait élu domicile ; les salles mises à sa disposition par les directeurs généraux furent artistiquement et pratiquement aménagées par les soins de la section gantoise, présidée par M. Karel Eybaert.

La seconde partie de la section belge, consacrée à l’industrie proprement dite, occupait le côté gauche de l’Avenue des Nations, à proximité de l’imposant Palais colonial. Entre le Palais de la Hollande et le Palais colonial, les Palais des mines, de la métallurgie, du petit outillage, le Palais des lumières, la Halle des machines avec, au fond, la Halle des générateurs, présentaient une grandiose démonstration de la puissance industrielle de la Belgique.

Enfin, joignant le Palais du Canada, dans le grand palais du matériel des chemins de fer, l’exposition rétrospective des chemins de fer belges, occupait une place prépondérante.

Au groupe des palais, se rattachait l’intéressante exposition des mines, constituée par une association de charbonnages, qui avait utilisé une des casemates de l’ancienne citadelle, au centre du Parc, pour y créer une mine de houille en miniature.

Dans l’axe de l’Avenue des Nations, dont ils fermaient la perspective, l’imposante façade et le dôme du Palais colonial belge attiraient tous les regards.

En face du matériel des chemins de fer, une grande halle abritait les Ecoles professionnelles et industrielles de la Ville de Gand ; au delà de la place communale, une grande halle était affectée à l’Art militaire, à l’Enseignement, à l’Economie sociale, à l’Hygiène et au Génie civil. Ce groupement voisinait avec les groupes français du Génie civil et de l’Economie sociale ; ce rapprochement facilitait les études comparatives des méthodes en vogue dans les deux pays.

Enfin, tout à l’extrémité de la World’s Fair, un vaste espace groupait les constructions pittoresques du Village Moderne, le Pavillon des eaux et forêts, le Hall d’exposition du matériel agricole et horticole ; jamais aucune exposition n’avait offert démonstration plus importante ni plus attrayante pour l’horticulture et l’agriculture.

Ainsi comprise, la section belge offrit aux visiteurs une ordonnance à la fois méthodique et intéressante. Des considérations qui vont suivre ne seront que le développement de cet exposé général.

©Livre d'Or de l'Exposition Universelle & Internationale de Gand 1913