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Colonies Françaises


Colonies Françaises à l'exposition de Gand 1913

Un arrêté ministériel du 30 mai 1912 avait décidé l’organisation d’une importante participation coloniale ; il en confia la réalisation, sous le contrôle du Commissaire général, au Comité national des Expositions coloniales; exception avait toutefois été faite pour tout ce qui concernait les services administratifs dont la participation devait être l’œuvre des pouvoirs gouvernementaux.

D’autre part, en raison de l’importance que devait revêtir la Section coloniale et afin de faciliter les travaux de préparation incombant au Commissariat général, M. François Crozier, consul général de France à Anvers, fut nommé commissaire général adjoint et spécialement investi des fonctions de délégué du commissaire général pour la Section coloniale.

Ces premières dispositions prises, les organisateurs de l’Exposition coloniale se mirent à la tâche : le Ministère des colonies invita les administrations des possessions françaises à lui faire parvenir directement tout ce qui était susceptible de figurer à l’exposition. Les produits, les objets de toutes espèces et les documents de tous genres ainsi recueillis furent expédiés à Gand, et sous la direction de fonctionnaires spécialement désignés à cet effet, ils furent répartis, selon leur provenance, dans les pavillons de chacune des colonies qu’ils devaient caractériser.

Par un arrêté du 28 juin 1912, M. Louis Brunet, député, membre du Conseil supérieur et du Comité consultatif des Colonies à Paris, fut nommé président du groupe de la colonisation, réparti en quatre classes sous les rubriques suivantes : i° Classe des produits d’importation, présidée par M. du Vivier de Streel, administrateur de diverses sociétés congolaises; 2° Classe des procédés de colonisation, présidée par M. Paul Vivien, président du Syndicat de la Presse coloniale française ; 30 Classe du matériel colonial, subdivisée elle-même en Matériel, sous la présidence de M. Henry Faucher, ingénieur en chef de la compagnie industrielle des Procédés Raoul Pictet, et Transports sous la présidence de M. Axandre Darracq, ingénieur-constructeur à Paris ; 4e Classe des produits d’exportation aux colonies présidée par M. André Mandeix, président du Syndicat général du commerce et de l’industrie du Hâvre. De plus, des comités d’admission et d’installation correspondant à chacune de ces quatre classes, furent également créés à l’effet d’examiner les demandes individuelles de participation adressées au Comité.

Des visiteurs de la section coloniale n’eurent pas de peine à se rendre compte des efforts considérables faits par les administrations ministérielles et par le Comité national pour rendre cette manifestation digne du grand pays, dont ces organismes avaient pour mission de mettre en lumière les magnifiques ressources coloniales.

Tous deux réussirent pleinement et la participation coloniale française fut remarquable par la quantité et par la qualité des produits exposés, ainsi que par la diversité et l’importance des collections distribuées dans chacun des pavillons. Il est en effet à noter que l’Exposition coloniale française se présentait à Gand de tout autre façon qu’aux expositions de Liége et de Bruxelles.

A ces dernières World’s Fair, on voulut impressionner l’esprit du visiteur et lui faire apparaître l’aspect de ces contrées lointaines et les mœurs de leurs habitants, en édifiant des palais de style exotique, destinés à la présentation de collections extraordinaires ou à l’exhibition de naturels des colonies. A Gand, l’Exposition coloniale fut une leçon de choses ; elle fut documentaire, commerciale plutôt que pittoresque, et, comme le dit excellemment M. F. Crozier le jour de l’inauguration de la section, on avait voulu présenter, sans trop d’art ni de procédés, un échantillonnage méthodique des plus importants produits de toutes les colonies françaises.

L’emplacement spécialement réservé à la Section des Colonies françaises était situé dans le Parc de l’ancienne citadelle, dans l’une de parties les plus attrayantes de l’exposition. Il comportait une superficie d’environ 10.000 mètres carrés. Sur ce vaste terrain, sept pavillons avaient été édifiés ; c’étaient :
1° le pavillon des colonies françaises ;
2° le pavillon du commerce colonial ;
3° le pavillon démontable ;
4e l’installation de la Compagnie française de Sangha-Oubanghi ;
5° le pavillon du Maroc ;
6° le pavillon de la Tunisie ;
7° le pavillon du Comptoir des Produits algériens.

Le pavillon officiel des colonies renfermait l’exposition du Ministère français des colonies, ainsi que celle de l’Office colonial et du Jardin colonial de Nogent-sur-Marne, où se poursuivent de très intéressantes études d’agriculture coloniale; on y pouvait voir tous les produits, objets graphiques, documents provenant de l’Afrique occidentale française, de l’Afrique équatoriale française, de l’Indo-Chiné, de Madagascar et des autres possessions françaises ; les services officiels de ces divers gouvernements y étaient également installés.

Le pavillon de la Métropole, ou pavillon du commerce colonial, abritait les expositions particulières des importateurs de produits coloniaux en France, et des exportateurs de produits français aux colonies ; les exposants étaient groupés dans les quatre classes que nous avons précédemment indiquées : produits d’importation, procédés de colonisation, matériel colonial et produits d’exportation aux colonies. C’est particulièrement à l’organisation de ce pavillon, que se consacra l’activité du Comité national français, activité à laquelle il est juste de rendre l’hommage qu’elle mérite.

Un pavillon démontable construit par M. K. Gillet, renfermait les bureaux du Commissariat des Colonies, ainsi que ceux du Comité d’organisation et du Groupe des Colonies françaises ainsi que l’exposition de la Collectivité de la Presse et du Livre, organisée par le Syndicat de la Presse coloniale française et par le « Courrier de la Presse ».

La Compagnie forestière de Sangha-Oubanghi possédait un pavillon particulier où elle avait installé un fort intéressant diorama et où elle exposait les principaux produits qu’elle tire de sa vaste concession du Congo, notamment le caoutchouc et l’ivoire.

Enfin, le Maroc et la Tunisie avaient également leur pavillon spécial. Remarquons que c’est à Gand que, pour la première fois, le Maroc, prit part à une exposition : l’intérêt qui s’attachait à ce nouveau protectorat français, les connaissances peu étendues à son sujet, les perspectives d’avenir qu’on lui prêtait, comme les résultats très remarquables déjà obtenus dans les régions ouvertes à la colonisation européenne, furent autant de motifs qui attirèrent le public vers cette partie de l’exposition française.

Est-il besoin de dire que dans son ensemble comme dans ses détails, la section coloniale présentait le plus grand intérêt ? Aussi bien, l’œuvre coloniale poursuivie par la République dans les différentes parties du monde, est-elle remarquable. Celle-ci s’est attachée à développer, à pacifier et à mettre en valeur son empire colonial, avec une ténacité dans l’effort et un bonheur dans les méthodes d’application qui mettent la France au premier rang des nations colonisatrices ; les résultats obtenus, c’est à l’Exposition de Gand que le public pouvait les juger : le public belge, s’intéressant de plus en plus aux questions coloniales, examinait avec une vive attention cette manifestation d’un pays qui, dans le domaine de la colonisation, avait déjà remporté tant de succès.

©Livre d'Or de l'Exposition Universelle & Internationale de Gand 1913