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Salon d'honneur et Palais des Industries de Luxe


Salon d'honneur et Palais des Industries de Luxe à l'exposition de Gand 1913

L’entrée principale de la Section française s’ouvrait dans la Cour d’honneur ; elle donnait accès à une longue galerie au centre de laquelle était placé le Salon d’honneur. Erigé sous l’inspiration personnelle de MM. Pierre Marraud et Charles Fegrand, il fut une brillante évocation de la belle époque du XVIIIe siècle ; son art séducteur apparaissait, au milieu des industries du mobilier et de l’ameublement qui l’entouraient, comme la leçon type d’une grâce sans mièvreries et d’une richesse sans ostentation ; ses heureuses proportions autant que la richesse de son ameublement évoquaient brillamment une des plus somptueuses époques de l’art français.

Les éléments décoratifs s’inspiraient des œuvres de Robert Cotte, élève et beau-frère de Mansart, intendant des bâtiments sous Louis XIV.

A cette architecture somptueuse il fallait un ameublement adéquat ; avec sa bienveillance coutumière, M. Bérard, sous-secrétaire d’Etat aux Beaux-Arts, autorisa le garde-meubles national à prêter tous les éléments nécessaires.

A l’entrée du salon, pendaient deux grandes tapisseries de la série de l’Histoire du Roi, fabriquées à la Manufacture des Gobelins au XVIIIe siècle, sur les dessins de Lebrun et Van der Meulen ; l’une représente la bataille de Bruges ; l’autre, le siège de Douai.

A l’intérieur du salon, quatre tentures de la même époque, représentant les Saisons et les Eléments, d’après les dessins de Claude Audran et de Louis de Bologne, provenaient également des Gobelins.

L’ornementation murale se complétait par deux magnifiques tapisseries exécutées par les frères Coypel pour la série de l’Histoire de Don Quichotte. Le grand tapis du salon était une pièce unique, exécutée aux ateliers de la Savonnerie, sur l’ordre de Rouis XIV, pour la galerie du Louvre ; les colonnades servant de vestibule au Salon d’honneur avaient été décorées de vases de grand prix de la Manufacture nationale de Sèvres.

Le mobilier, table, chaises, fauteuils, guéridons, bibelots, tout s’harmonisait délicieusement avec le cadre somptueux de cet appartement ; tout y était grâce, richesse, harmonie, digne en tous points du goût français.

©Livre d'Or de l'Exposition Universelle & Internationale de Gand 1913