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Aperçu Général


Aperçu Général à l'exposition de Gand 1913

En 1908, les délégués des comités permanents d’exposition, réunis en congrès à Bruxelles, fondèrent une fédération internationale sous la présidence du sénateur M. Emile Dupont, président du Comité français.

Les promoteurs de l’Exposition de Gand et l’Administration communale, jugeant l’occasion propice pour commencer leur propagande à l’étranger, invitèrent le Congrès à une réception à Gand.

Plusieurs membres de la nouvelle fédération et notamment tous les représentants du Comité français acceptèrent l’invitation et à l’étranger, parmi lesquels il convient de citer particulièrement furent reçus avec la plus grande cordialité par M. le bourgmestre E. Braun, entouré des échevins, des conseillers communaux et des membres dirigeants de la Société d’étude de l’Exposition universelle.

Ee projet en voie d’élaboration fit naturellement les frais de toutes les conversations et les Français s’y montrèrent particulièrement attentifs.

Les relations ainsi commencées, se continuèrent ; des entrevues eurent lieu à Paris, entre MM. G. Cooreman, Jos. Casier et Maurice de Smet de Naeyer et les membres du Comité français des Expositions M. Dupont, qui joua en la circonstance un rôle prépondérant. Sans hésitation, et bien que ses efforts fussent déjà dispersés par sa collaboration à d’autres expositions, le Comité français décida de participer à l’exposition de 1913 et une première convention fut signée à cette fin.

Dans l’intervalle, des démarches diplomatiques avaient été entreprises par le Gouvernement belge auprès du Gouvernement de la République française; celui-ci donna son adhésion officielle et le Ministère du Commerce ratifia la convention provisoire ; se conformant à un usage déjà ancien, il chargea le Comité français d’organiser la participation à la World’s Fair gantoise. En même temps, le Ministre du Commerce investissait un des plus éminents fonctionnaires du Département des Finances, M. Pierre Marraud, directeur général de l’Enregistrement des domaines et du timbre, des hautes fonctions de Commissaire général.

Aussitôt, le Comité français se déchargea de sa mission sur une commission organisatrice qui fut placée sous la présidence d’une des principales notabilités du commerce parisien, M. Charles Legrand, président de la Chambre du Commerce.

Dès lors, la participation de la France à l’Exposition universelle entrait dans la période de réalisation.

En effet, tandis que le Parlement, se ralliant à cette participation officielle, votait les crédits nécessaires et que les trois ministres du Commerce, qui s’étaient succédés au pouvoir, MM. Fernand David, Guist’hau et Jean Macé, continuaient leur appui le plus absolu, MM. P. Marraud et Ch. Legrand commencèrent la propagande et s’occupèrent du travail d’organisation. Ce dernier, vivement appuyé par ses collègues du Comité français, notamment par le président, M. Dupont, et par le secrétaire général, M. Roger-Sandoz, mit à profit sa longue expérience d’homme d’exposition et agit surtout dans la sphère des organismes commerciaux.

M. P. Marraud mit sa perspicacité, ses qualités d’homme de science, son accoutumance au travail, à déterminer le but à poursuivre et les résultats qu’il voulait obtenir ; il ne négligea rien à cet effet.

Parcourant les régions productrices de tout le territoire de la République, il se fit apôtre d’une nouvelle et pacifique croisade, parlant éloquemment au cœur et à l’esprit de ses compatriotes, leur faisant comprendre combien leur participation à l’entreprise gantoise s’imposait; elle devait être pour la France un nouveau triomphe; en remportant en 1913 une victoire industrielle et commerciale, ils donneraient à la Belgique une marque d’affectueuse sympathie.

MM. Marraud et Legrand s’entourèrent de collaborateurs éminents qui coopérèrent à la mise sur pied de la section française et acquirent des titres indiscutables à la reconnaissance de leurs compatriotes.

Le Commissariat général comprit donc M. Marraud, commissaire général et MM. Eugène Regard, l’ouvrier de la première heure et le collaborateur constant de M. Marraud, Sasias, secrétaire en chef, Duboulot, Hignette, Georges Marraud, Sornay et Chaumont, secrétaires-adjoints, Berge, délégué du Commissaire général pour les fêtes, les conférences et les services extérieurs et enfin, trois commissaires spéciaux, M. François Crozier, consul général de la République à Anvers et Commissaire spécial de la merveilleuse participation coloniale française, M. Félix Aufaure, qui assuma la lourde tâche de rapporteur général et M. Momméja.
La Commission d’organisation fut composée de :
M. Charles Legrand, président ;
Vice-présidents : Pierre Arbel, L. Bonnat, V. Lourties, sénateur ; Daniel Merillon ; Marcel Saint-Germain, sénateur ; Albert Viger, sénateur ;
Secrétaire général : M. Gaston Roux ;
Secrétaires généraux adjoints : MM. Mermilliod et Georges Vinant ;
Trésorier : M. Jean Faure ;
Trésorier-adjoint : Auguste Guyot ;
Membres : MM. Gabelle ; Jules Hetzel ; Jules Niclause ; E. Sartiaux ; sénateur Noël,
Déion, député; A. Sartiaux; Poupinel; Jules Cohen; Dreux; Louis Bonnier; Pérol ; David Mennet, Georges Donckèle ; C. Chabrié; P. Templier, docteur Beurnier et Georges Pallain ;
MM. Emile Cère, Max Réville, Léon Dellile, Léon Druyon furent les dévoués et infatigables secrétaires des services administratifs.

Le service de l’architecture fut confié à M. Joseph de Montarnal, qui avait occupé les mêmes fonctions à toutes les expositions antérieures.

La bonne parole que M. P. Marraud avait semée par toute la France et son énergique ténacité dans l’action, le dévouement constant et inlassable de M. Charles Legrand, les efforts incessants de tous les membres du Commissariat général et des membres de la Commission organisatrice, produisirent de tels résultats que les plus optimistes espérances lurent largement dépassées : la France, en effet, occupa en 1913, une superficie couverte (90.000 mètres carrés) beaucoup plus considérable qu’en 1910 à l’exposition de Bruxelles ; le nombre des exposants et celui des récompenses obtenues furent également sensiblement supérieurs.

La participation française se distingua par son homogénéité, ainsi que par l’importance et la valeur de chacune de ses sections. Indépendamment d’un bloc principal de halles qui, partant du milieu de la Cour d’honneur, s’étendaient sur une longueur de plusieurs centaines de mètres à la droite de l’Avenue des Nations,elle possédait encore, dispersés dans l’enceinte de l’Exposition, le palais de l’Alimentation, le palais de la Marine marchande, le palais des Beaux-Arts, le palais du Génie civil et de l’Economie sociale, le hall des Chemins de fer, le pavillon des Chemins de fer Paris-Orléans, et enfin les palais et pavillons réservés à la section coloniale.

Le bloc principal de halls que nous avons tout d’abord mentionnés, était distribué en plusieurs palais. Vers l’entrée principale de l’Exposition, se trouvait le palais des Industries de luxe qui était séparé du palais de la Métallurgie, des Mines, de l’Aéronautique, et de la galerie des Machines par les pavillons des villes de Roubaix et de Tourcoing ; venaient ensuite le palais de l’Agriculture et de l’Horticulture et le palais de la ville de Paris qui, à l’autre extrémité de cet ensemble de halls, formait une nouvelle et très décorative entrée.

Nous voudrions pouvoir étudier en détail les expositions renfermées dans chacun de ces nombreux locaux ; hélas ! le cadre de cet ouvrage s’y oppose. Nous insisterons toutefois sur le palais des Industries de luxe et sur celui de la ville de Paris ; ils furent des manifestations admirables de l'élégance, de l’art et du goût de la France.

La participation française présenta plus qu’une exhibition de produits matériels ; elle se compléta par la participation de la pensée et de l’intelligence françaises qui, incarnent tout ce que la civilisation latine a de grand, de beau et d’idéal : ce fut la mission des solennités artistiques et des conférences qui imprégnèrent l’Exposition d’une atmosphère intellectuelle et mondaine. Les hommes les plus éminents — économistes, politiciens, poètes, critiques, pédagogues et philosophes — se succédèrent chaque semaine à la tribune de la Salle des conférences.

Ainsi, l’une après l’autre, se feuilletèrent les pages d’une encyclopédie attachante, instructive et variée. Il n’est jusqu’au cinéma qui, compris dans son rôle le meilleur, ne servît à l’illustration de la géographie de la France.

Dans le hall du matériel des chemins de fer, on put en effet voir défiler sur l’écran les sites les plus pittoresques des plus belles régions françaises, les villes célèbres, leurs monuments et leurs coutumes. La France triompha de même dans le domaine de l’art, et surtout de l’art lyrique, par ses galas au théâtre royal et par ses grandes auditions au Palais des Fêtes.

La note mondaine se traduisit enfin dans les grandes cérémonies et les banquets dont la Section française fut l’occasion.

L’esprit le plus aimable, l’animation la plus élégante régnèrent au milieu de ces agapes.

Cette attention incessante de la France en faveur d’une œuvre à laquelle elle avait apporté une collaboration si importante devait aussi, à un autre point de vue, avoir d’heureuses conséquences ; elle attira le flot des visiteurs qui affluèrent à la World’s Fair. Des sociétés privées et de grands journaux organisèrent vers Gand de nombreuses excursions ; et les compagnies des chemins de fer tinrent à faciliter le voyage en lé rendant accessible à tous.

De cent façons diverses, la France ne ménagea point ses sympathies et ses encouragements pour l’œuvre grandiose réalisée dans la vieille capitale des Flandres. M. Massé, ministre du Commerce, les Ministres de l’Agriculture et des Travaux publics, une délégation de plus de cent parlementaires, les conseillers municipaux de Paris tinrent à faire à l’Exposition de Gand une visite attentive et bienveillante. Les fêtes organisées à ces diverses occasions, obtinrent un gros succès.

©Livre d'Or de l'Exposition Universelle & Internationale de Gand 1913