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Perse


Perse à l'exposition de Gand 1913

L’initiative de la participation de la Perse est due à M. Louis Coetermans, consul général de l’Empire persan en Belgique. Il obtint sans hésitation l’approbation et l’appui le plus empressé de Son Excellence Mammouhd Khan, ministre plénipotentiaire de Sa Majesté le Shah auprès du Roi des Belges. Le ministre des affaires étrangères de Téhéran, Son Excellence Vossough-ed-Dvoleh, un ami de la Belgique, accorda sans hésitation, son patronage. M. Georges Van Oost, industriel et consul de Perse à Gand, joignit ses efforts à ceux de M. Coetermans ; un comité d’organisation fut constitué ; il fut composé de Son Excellence Vossough-ed-Dvoleh et Son Excellence Mammouhd Khan, présidents d’honneur; L. Coetermans, président ; G. Van Oost, commissaire général ; Paul Dautricourt, secrétaire général et Ferd. Nève, secrétaire. Ils s’adjoignirent, pour la partie technique, la collaboration de M. l’architecte Van de Voorde et de deux peintres gantois réputés, les frères Cornélis.

Une commission de patronage, comprenant de nombreuses notabilités de Perse, de Belgique et de France, fut instituée.

Les organisateurs se mirent d’accord sur le programme à réaliser, programme qui peut être ainsi résumé :
« La Perse est un grand pays trop ignoré en Belgique, bien qu’elle présente par ses ressources et par ses richesses un puissant intérêt et qu’elle puisse constituer un vaste champ d’action pour leur activité industrielle et commerciale. Cela serait d’autant plus aisé, que les Belges sont très estimés en Perse où ils jouissent d’une grande confiance : ce sont en effet des Belges qui occupent les plus hautes fonctions dans la plupart des administrations ministérielles, les finances, les douanes et les postes ; les services qu’ils y rendent ont acquis à notre pays de sérieuses sympathies.

D’autre part, le persan est intelligent, d’un caractère doux, agréable et sociable; il est industrieux et commerçant.

Nous ajouterons que la Perse livre annuellement à l’exportation pour des sommes énormes de produits manufacturés et de produits du sol qu’elle reçoit de l’étranger des fabricants de tous genres pour des sommes plus considérables encore.
Or, le marché est aux mains des Allemands ; que les Belges s’intéressent à la Perse, qu’ils y fondent des comptoirs, qu’ils y envoient des agents et ils y jV trouveront bientôt, pour leur commerce d’exportation, d’importants débouchés, faisant ainsi à leurs voisins d’outre Rhin, la plus redoutable concurrence. »

Cette thèse, les organisateurs surent très pratiquement la mettre en évidence. Ils décidèrent que la section persane ne serait pas installée, comme aux expositions précédentes, dans une portion de halls, mais qu’elle aurait son palais, où seule elle serait maîtresse. A cette fin, ils firent construire à l’avenue des Nations entre le Palais international des Beaux-Arts et celui de l’Architecture, un coquet pavillon dont l’architecte Van de Voorde et les peintres Cornélis firent une petite merveille, qui attirait les visiteurs et les retenait longuement.

A l’extérieur, la façade de style oriental attirait les regards et flattait les yeux par la multiplicité de ses teintes polychromes. A l’intérieur, un vestibule d’entrée, au sommet duquel se voyait une frise décorative représentant les archers de Darius, était séparé des halls voisins par des colonnades rappelant celles du palais de Darius ; au fond du palais, disposés de façon à frapper le public dès son arrivée, un salon de réception du plus pur goût national et un magnifique diorama représentant l’antique et pittoresque cité de Téhéran.

Des compartiments réservés aux stands d’exposition indiquaient que la Perse produit en abondance des dattes, des raisins, des amandes, du froment, des essences de roses, du tabac, du coton, et que ces forêts peuvent fournir en quantité des bois recherchés et de premier choix. Des Persans sont manufacturiers; ils fabriquent des étoffes, des tapis très appréciés, des faïences et des porcelaines charmantes, originales et artistiques ; ils travaillent les métaux et le cuir avec adresse et talent.

Un stand était réservé à la documentation : on y trouvait de nombreuses brochures, ainsi que des tableaux détaillés sur l’importation et l’exportation du commerce persan.

Nous ne pouvons nous étendre à ce sujet, mais nous devons insister pour que nos compatriotes tirent profit des renseignements que leur ont donnés les organisateurs de la section persane, à qui nous nous faisons un plaisir d’adresser nos vives et sincères félicitations. Ils ont bien mérité de la Perse et de la Belgique; à l’autre ils ont rendu un signalé service.

©Livre d'Or de l'Exposition Universelle & Internationale de Gand 1913