Retour - Liste Pavillons

Section Allemande


Section Allemande à l'exposition de Gand 1913

L’opposition systématique de quelques personnalités influentes du Comité allemand des expositions arrêta les dispositions favorables du gouvernement impérial ; les démarches de MM. Casier et de Smet de Naeyer échouèrent dans les sphères officielles ; mais elles eurent plein succès auprès de l’initiative privée.

La participation de l’Allemagne fut due toute entière à l’initiative d’industriels et de commerçants réunis en comité d’organisation, sous la présidence du Dr H. Becker, professeur à l’Académie des Sciences sociales et commerciales de Francfort s/Mein. qui prit le titre de commissaire général.

Les membres de ce comité purent grouper un nombre important d’adhérents ; ils édifièrent un palais d’une superficie de plusieurs milliers de mètres carrés ; ce palais comprenait des halls réservés à l’industrie et au commerce, et des salons et salonnets consacrés aux Beaux-Arts comme à l’Art appliqué. Bien que la participation industrielle fut remarquée, la caractéristique de la section allemande devait être cherchée dans les salons d’art appliqué.

Par ses formes mastodontesques, le palais de l’Allemagne contrastait singulièrement avec la svelte élégance du Pavillon de la ville de Paris, dont il était voisin. Deux énormes blocs de staf, flanqués de hautes tours carrées, et un bloc central plus colossal encore, surmonté d’une statue symbolique et percé de petites ouvertures, à titre de portes ou fenêtres, telle était la façade, personnification en quelque sorte de l’orgueil allemand, préoccupé de tout écraser par la force.

A l’intérieur du palais, le salon d’honneur était réservé à la glorification de l’Empereur régnant ; dans un décor de verdure, un buste du monarque portait cette inscription :

Guillaume II, 'puissant appui de la paix pendant un quart de siècle. Cruelle ironie ! cet homme que ses sujets qualifiaient d’apôtre de la paix, préparait à ce moment, dans l’ombre, la guerre la plus cruelle , la plus barbare et la plus injuste qui fut jamais.

Les autres salles se rapportaient surtout à l’art appliqué. On sait que des tentatives ont été faites en Allemagne en vue d’une rénovation de l’art appliqué à l’édifice et au mobilier.

L’un des meilleurs artisans des réformes réalisées fut un belge, M. Henri Van de Velde. Celui-ci s’efforça de créer un style qui tire tout son agrément de son adaptation aux milieux et aux circonstances. Dans un compartiment spécial lui consacré, on remarquait la réalisation de ces conceptions d’art appliquées aux intérieurs.

Un autre salon d'art appliqué, réalisé par les soins de M. Osthaus, directeur du Deutsche Museum fur Kunst, in Handwerk und Gewerbe de Hagen, renfermait tout ce qui peut orner, en dehors du mobilier, un intérieur citadin.

Enfin, à l’extrémité du palais, un hall des machines était contigu à un autre halle où l’Allemagne intime se révélait par des photographies et des documents relatifs à la vie de ses grandes villes.

©Livre d'Or de l'Exposition Universelle & Internationale de Gand 1913