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Art Militaire


Art Militaire à l'exposition de Liège 1905

ARMEMENT ET MATERIEL DE L'ARTILLERIE
CLASSE 120

Nous avons dit autre part l'aspect redoutable et puissant que présentait ce stand, avec ses longs canons braqués, ses obusiers trapus, ses canons de campagne, ses épaisses plaques de blindage percées de part en part par des obus, ou gardant encore ceux-ci dans leurs flancs avec le métal duquel ils formaient corps.

La Fonderie Royale de Canons, de Liège, y exposait des bouches à feu, des affûts, des avant-trains, des plates-formes, des projectiles de guerre et des projectiles sectionnés afin de montrer leur aspect intérieur. Cette fonderie, qui confectionne et répare les bouches à feu et les projectiles, ainsi que les affûts et autres objets métalliques en usage dans l'artillerie, possède encore un service technique qui s'occupe de toutes les questions relatives au service électrique des ouvrages fortifiés.

Des cours spéciaux y sont organisés en vue de la formation des chauffeurs-mécaniciens-électriciens appelés à desservir les installations électriques des forts cuirassés.

Chaque année, on y dresse un certain nombre de militaires de l'artillerie de forteresse à exécuter les travaux ordinaires de la réparation du matériel.

La Société anonyme John Cockerill, à Seraing, rangeait ses produits à côté de ceux de cet établissement officiel. Depuis 1888, cette société fabrique les pièces d'artillerie pour lesquelles, jusqu'à cette date, elle avait fourni les aciers à des usines étrangères.

Des soins spéciaux sont requis pour la confection de ce matériel. Les blocs d'acier, au lieu d'être forgés au marteau-pilon, le sont au moyen d'une presse hydraulique développant une force de 2.000 tonnes. La trempe de l'acier de certaines parties du canon s'effectue dans des puits contenant 24.000 litres d'huile d'arachide. Le matériel fabriqué est expérimenté dans un champ de tir aménagé à cet effet en Campine.

La Société Cockerill groupait dans son stand :
Un obusier de 120 m/m; un canon de marine de 120 m/m; un obusier de coupole de 120 m/m; un canon de campagne de 750 m/m à long recul; un canon de caponnière de 57 m/m avec simulacre caponnière; des bouchers destinés à protéger de l'atteinte des armes à feu les sapeurs travaillant dans les tranchées; des plaques de blindage éprouvées au tir; des fermetures de canons de 150 et de 75 m/m; enfin, un certain nombre d'échantillons de projectiles et de munitions de guerre.

Des armes de guerre étaient présentées par la Manufacture d'Armes de l'Etat, à Liège, et par quelques établissements liégeois, notamment par la Fabrique Nationale d'Armes de Guerre, à Herstal près Liège.

Ce dernier établissement, dont les bâtiments occupent une superficie de plus de quatre hectares et qui est doté d'une force motrice électrique de 1.800 HP, a fabriqué, depuis sa fondation, en 1889, des quantités considérables de fusils et de carabines à répétition de divers calibres du système Mauser, destinés à l'armée belge et à plusieurs autres gouvernements.

Etendant son champ d'action, elle s'est surtout appliquée en ces derniers temps à la fabrication spéciale d'un fusil de chasse automatique à cinq coups et d'un pistolet automatique, à sept coups, système Browning, adopté par l'Armée belge et par des armées étrangères.

Ces armes étaient exposées dans le luxueux stand que la Fabrique Nationale avait érigé dans le compartiment du groupe XIX.

Un certain nombre d'armuriers liégeois se livrent également à la fabrication des armes de guerre tels que les Martiny et les Mauser. Les établissements Pieper, la Maison Aug. Francotte et Cie, la Manufacture Liégeoise d'Armes à feu,
MM. Nagant frères exposaient des armes à feu de ce genre.

Les matières à charger toutes ces armes se fabriquent dans des ateliers spéciaux du pays.

L'Ecole de Pyrotechnie d'Anvers, chargée de la confection des munitions pour armes à feu portatives et pour bouches à feu, ainsi que des artifices divers en usage dans l'artillerie, avait son stand dans ce compartiment. On y voyait qu'un laboratoire spécial y est installé pour l'examen et l'analyse des matières premières à mettre en oeuvre dans les différents services de l'artillerie ainsi que des poudres de guerre provenant de l'industrie privée, que des cours théoriques et pratiques sur la confection des artifices, à l'usage des sous-officiers d'artillerie y sont organisés annuellement, en outre, qu'un cours de physique et de chimie y est donné aux sous-officiers, ainsi qu'aux candidats officiers.

Exposaient là aussi les fabricants d'explosifs n'appartenant pas à l'Armée. Parmi ceux-ci, nous citerons la maison E. Ghinijonet et Cie, d'Ougrée, la Poudrerie royale Cooppal et Cie, de Wetteren, la Société anonyme des Explosifs de Clermont, à Liège.

Il nous reste à signaler, dans la classe 120, les applications du bronze phosphoreux aux outils de poudrerie présentés par la Société anonyme des Fonderies et Tréfilerie de Bronze phosphoreux, à Anderlecht lez-Bruxelles; les différents types de cibles à avertisseur automatique du lieutenant adjoint d'état-major René Bréwer, de Bruxelles; le mécanisme d'un fusil à répétition, le pistolet à tir rapide, le lance-amarres pour pontonniers et la marine du sergent-major Amand Hanquart, de Mous ; le haussecourbe à niveau du capitaine Jules Swarts, de Louvain, enfin, la magnifique collection formée par le sous-lieutenant comte Robert de Ribeaucourt, à Bruxelles, collection comprenant toutes les armes et les équipements successivement en usage dans les armées belges, ainsi qu'une série d'armes datant du Premier Empire.


GÉNIE MILITAIRE ET SERVICES Y RESSORTISSANT
CLASSE 121

Le contenu de cette classe se composait, en majeure partie, d'expositions très intéressantes, organisées par les Compagnies spéciales du Génie militaire.

La Compagnie du Chemin de Fer exposait des panneaux réunissant le petit et le gros matériel de la voie, et le schéma d'un circuit, avec ferme-circuit automatique, pour la destruction des trains en marche. Ce dispositif, imaginé par le colonel du Génie Simonis, comprend deux ferme-circuits placés sous les traverses de la voie à une distance égale à la longueur du train que l'on veut faire sauter. Il faut absolument que deux wagons du train fassent fonctionner les appareils en même temps pour que les charges placées dans l'axe de la voie éclatent.

La Compagnie des pontonniers était représentée par des haquets chargés et par des travées de pont construit.

Dans le stand de la Compagnie des Télégraphistes figuraient:
1° Un équipage photo-électrique, système Bréguet, avec commande à distance et tout le matériel du chariot usine et du chariot projecteur;
2° deux postes télégraphiques et téléphoniques de campagne, reliés par une courte ligne de câble de campagne;
3° un poste militaire télégraphique et téléphonique de place ;
4° la collection des appareils vibratoires utilisés par la Compagnie;
5° un poste micro-téléphonique de campagne;
6° un poste Morse parlant;
7° un poste téléphonique pour lignes d'avant-postes;
8° une collection des différents téléphones employés par la Compagnie;
9° deux postes microtéléphoniques Ljungmann;
10° pont portatif de Blackburn pour les mesures de résisstance;
11° un galvanomètre différentiel pour la recherche des dérangements sur les lignes télégraphiques et pour la vérification des batteries de pile;
12° les divers engins de la télégraphie optique;
13° une panoplie des outils employés par la Compagnie de Télégraphistes pour la construction de lignes télégraphiques et téléphoniques de place ou de campagne.

La Compagnie des aérostiers exposait une suspension captive du système Renard, avec une nacelle complètement équipée. Auprès, se trouvaient une voiture à gaz comprimé, un modèle de banc d'épreuve pour l'essai des cordes et des étoffes, une hélice type en cuivre jaune donnant par ses 400 tours à la minute un effort de traction dans le sens de son axe d'environ 80 kilogrammes. Des photographies représentant des ascensions libres ou captées effectuées par des officiers aérostiers terminaient l'exposition de cette compagnie.

Des albums donnant les plans de construction de divers bâtiments de l'armée constituaient l'exposition de la Direction générale du Génie au Ministère de la Guerre.

Enfin, les participations du Régiment du Génie et du Régiment des Carabiniers comportaient, l'une des panoplies d'outils, un portique formé de matériaux du Génie, matériel de mine et un appareil respiratoire, l'autre, les vélos en usage dans les compagnies cyclistes et le matériel pour les réparations en campagne.

La classe 121 comportait encore quelques exposants. C'étaient MM. Ghinijonet et Cie, avec des munitions du Génie; le sergent major Amand Hanquart présentant, en réduction, un modèle de pont portatif de campagne, des signaux pour chemins de fer, un appareil de télégraphie optique, une machine à écrire de poche, etc.

Des photographies de coupoles formaient l'exposition de la Société anonyme des Ateliers de construction de la Meuse, à Sclessin lez-Liége.


GÉNIE MARITIME - TRAVAUX HYDRAULIQUES - TORPILLES
CLASSE 122

Le stand le plus important de cette classe était celui de la Compagnie des Torpilleurs et Artificiers où figuraient les matériels de mise à feu électrique, de plonge et de défense sous-marines. La curiosité du public était surtout attirée par une torpille Whitehead modèle 1890, ayant un diamètre de 38 centimètres et une longueur de 5 mètres 75. Celle-ci se compose d'un tube en tôle d'acier de la forme d'un cigare très allongé. La charge de fulmi-coton est contenue dans la pointe d'avant; à l'arrière, se trouve de l'air comprimé à 90 atmosphères dont la force, régulièrement distendue, actionne une hélice qui gouverne la torpille. Le corps de celle-ci contient encore une charge de poudre-coton.

Auprès de cette torpille, se trouvait un matériel de mines sous-marines comprenant notamment un récipient sphérique en acier pour mine vigilante électrique capable de contenir 100 livres anglaises d'explosifs. Un ferme-circuit Mathieson, une ancre spéciale destinée à maintenir cet engin en place, un appareil d'avertissement et de mise à feu, un appareil de plonge complète étaient également exposés par la Compagnie des Torpilleurs.

Divers modèles de récipients étanches pour charges explosives et un assortiment d'appareils pour mines à feu électrique constituaient l'exposition de la Compagnie des Artificiers.

La classe 122 comptait encore, parmi ses exposants, la fabrique d'explosifs Ghinijonet et Cie, d'Ougrée, la Société Royale des Sauveteurs de Belgique, le sergent-major Amand Hanquart, de Mons. Ce dernier présentait un modèle de barque de sauvetage.


CARTOGRAPHIE - HYDROGRAPHIE - INSTRUMENTS DIVERS
CLASSE 123

L'exposition de l'Institut cartographique militaire ressortissant du Ministère de la Guerre signalait particulièrement cette classe.

On y trouvait, soit entières, soit sectionnées intelligemment, les splendides cartes éditées si soigneusement par cet institut. C'étaient la carte géologique du sous-sol d'André Dumont au 1/160.000, le plan d'Anvers au 1/5.000, le plan de la forteresse de Liège au 1/40.000, la carte géographique au 1/40.000, la carte géologique officielle au 1/40.000, les cartes d'Etat-Major au 1/160.000, au 1/20.000, au 1/100.000 en voie d'exécution, etc.

A côté de ces cartes, se trouvaient quelques-unes des plaques gravées ayant servi à les tirer.

Quelques ouvrages scientifiques, quelques documents de natures très diverses contribuaient à rehausser l'attrait de la classe 123. On y remarquait les ouvrages techniques du capitaine d'artillerie adjoint d'état-major Auguste Collon, le livre « Les Grenadiers » du sous-lieutenant Dehaene.

L'Ecole des Cadets de Namur, école réservée aux sous-officiers, était représentée par des vues photographiques des établissements et par différents documents, parmi lesquels des mannequins habillés de l'uniforme des cadets. Des tableaux et des documents relatifs à l'enseignement et à divers services constituaient la participation dans cette classe de l'Ecole des Pupilles de l'Armée à Alost et de l'Ecole normale de Gymnastique et d'Escrime à Etterbeek.


SERVICES ADMINISTRATIFS
CLASSE 124

Le programme de cette classe se restreignait surtout aux objets capables d'être mis sous les yeux du public, objets ne formant qu'une minime partie des services administratifs, si compliqués de l'armée.

Le Ministre de la Guerre exposait un lit de sous-officier et un lit de campement, un lot de conserves, de récipients divers, etc.

Les cours de maréchalerie de l'Ecole d'équitation à Ypres étaient représentés par les principaux systèmes de ferrure enseignés à l'école.

Dans la même catégorie, le maréchal des logis maréchal-ferrant François Cambier, à Bruges, avait réuni une belle collection de fers à cheval.

Parmi les nouveaux types d'objets, admis par les services administratifs de l'armée ou dont l'emploi est proposé, nous citerons une trompette pour la cavalerie imaginée par le chef de musique gantois Théophile Coutelier; les réchauds liégeois inexplosibles de M. François Gayet, maître-armurier à Liers; les patins facilitant la marche, du sergent major Amand Hanquart; le havre-sac démontable, la besace porte-gourde du capitaine Camille Lalieu et du sergent maître-ouvrier Charles Van der Vliet, à Bruges; un système de port de la carabine pour la cavalerie et un système de barres d'écuries automatiques du maréchal des logis Cyrille Van Zandycke, à Beveren-Waes.

La classe 124 se complétait par les vitrines de quelques fournisseurs de l'Armée. M. Richard de Rooster, à Bruxelles, exposait la cuivrerie des ornements militaires, un lot d'épées de cour et d'armes blanches; MM. Fonson et Cie, Adolphe Fontaine, à Bruxelles, présentaient une collection très belle d'équipements militaires; la Société anonyme des chapeaux, à Ruysbroeck lez-Bruxelles, montrait les coiffures militaires fabriquées dans ses ateliers; MM. Rocher et Cie, à Bruxelles, exposaient les fours et les pétrins mécaniques en usage dans l'Armée.


HYGIÈNE ET MATERIEL SANITAIRE
CLASSE 125

Cette classe était représentée par peu d'exposants. Après les modèles en réduction d'une ambulance et d'un brancard, exposés par le sergent-major Amand Hanquart et les appareils à filtrer les eaux contaminées de M. Thomas Neuray, à Liège, il ne restait à examiner que les stands de la Croix Rouge de Belgique et du Service de Santé de l'Armée.

La Croix Rouge, cette admirable société internationale qui s'occupe des soins à donner aux blessés sur les champs de bataille, était représentée par une baraque-hôpital, une voiture pour le service médico-chirurgical, deux voitures d'ambulance, l'une du système Mullier, l'autre du système Lohner, un brancard sur roues simples, un sac d'ambulance, une caisse de secours, une caisse à amputations et résections, une trousse de campagne.

Le Service de Santé de l'Armée exposait une voiture médicale régimentaire, le sac et les sacoches d'ambulance, un équipement sanitaire de brancardier, une caisse à amputation, une caisse à résections, une trousse de campagne modèle 1895.

©Livre d'Or de l'Exposition Universelle de Liège 1905