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Hygiène et Assistance Publique et Privée


Hygiène et Assistance Publique et Privée à l'exposition de Liège 1905

Nous avons étudié, jusqu'à présent, les classes du groupe XVI ayant trait à l'une des subdivisions de celui-ci, c'est-à-dire à l'Economie sociale.

La seconde subdivision comportant l'Hygiène, l'Assistance publique et privée, ressortissait aux classes 111 et 112, que nous allons passer en revue. Ces deux parties du groupe avaient entre elles de nombreux points de contact. Ainsi, par exemple, certains appareils ressortissant du programme de la classe 111 sont employés par les établissements d'assistance publique (classe 112). Mais le fait qui les unissait le plus étroitement était d'ordre moral pour ainsi dire.

L'une et l'autre classe groupaient, en effet, les moyens employés par l'Etat et les particuliers pour veiller à la santé corporelle et morale des citoyens.


L'HYGIÈNE - CLASSE 111.

Le Comité d'organisation de la classe 111, ayant comme président M. E. Beco, secrétaire général du Ministère de l'Agriculture, et comme Commissaire spécial, M. le docteur Félix Putzeys, s'était appliqué à constituer un ensemble homogène destiné à mettre en lumière les progrès réalisés en matière d'hygiène publique et sociale, au cours des dernières années, par les administrations publiques, par leurs collaborateurs, par certains groupements libres et spécialement par l'industrie charbonnière.

L'emplacement de la classe 111 mesurait en tout 1.203 mètres carrés.

La surface des cloisons était de 2.185 mètres carrés. Comme pour les autres classes du groupe XVI, la décoration, sobre et claire, avait été arrêtée par M. l'architecte Hellemans.

Quatre départements ministériels participèrent à cette classe. Le Ministère de l'Agriculture (Service de Santé, de l'Hygiène publique et de la Voirie communale) avait fait construire dans les jardins un hôpital modèle, sur les plans de M. l'architecte Hellemans. Cette construction très originale, fut cédée, après la clôture de l'Exposition, à l'Administration communale de Fléron pour le service des maladies contagieuses.

Le Département de l'Agriculture exposait dans les halls une carte générale des distributions d'eau existantes ou en projet dans l'ensemble du pays, et un certain nombre de plans d'installations en fonctionnement ou en voie de réalisation.

Le Service de l'hydraulique agricole présentait des projets relatifs à l'assainissement des fanges de la haute Belgique.

Le Service de surveillance de la fabrication et du commerce des denrées alimentaires avait réuni un matériel instrumental et des collections de produits destinés à montrer le mode de fonctionnement de ses laboratoires régionaux.

Le Service sanitaire des Ports était représenté par des photographies figurant les installations de la station sanitaire de Doel, et le pavillon de désinfection d'Ostende et, en outre, par la collection des lois, arrêtés, règlements et instructions relatifs au service sanitaire des frontières de terre et de mer.

Dans les vitrines de l’Office vaccinogène central de l'Etat, on pouvait voir le matériel employé pour la production du vaccin, pour sa préparation, sa conservation et pour la vaccination des personnes.

L'Institut chimique et bactériologique de l'Etat, à Gembloux, avait préparé une très belle collection de cultures microbiennes.

Le Ministère des Chemins de fer. Postes et Télégraphes exposait des photographies et les plans des installations sanitaires affectées, dans un certain nombre de gares, au personnel du service de la traction et du matériel; les plans d'installation pour l'aspiration des poussières et l'évacuation des fumées des ateliers; enfin, un plan de l'alimentation en eau de la gare d'Esschen.

Le Ministère de l'Industrie et du Travail avait fait présenter par les commissions d'enquête sur l'ankylostomasie de la province de Liège et des arrondissements de Charleroi et de Mons les résultats de leurs travaux respectifs sous formes de cartes, de tableaux et de rapports.

Le Ministère de l'Intérieur et de l'Instruction publique (administration centrale de l'enseignement primaire) avait envoyé des documents très complets concernant l'hygiène des écoles, l'enseignement de l'hygiène, l'enseignement antialcoolique, les sociétés scolaires de tempérance et l'enseignement de la gymnastique.

D'autre part, cinq provinces avaient répondu à l'appel du Comité:
La Province de Brabant avait envoyé les plans de son Institut Pasteur et, en outre, avait autorisé l'Institut provincial de Sérothérapie à exposer les différentes phases de la préparation des sérums et spécialement du sérum antidiphtérique.

Un tableau montrait la nature et l'importance des opérations auxquelles s'est livré le Service provincial d'analyses bactériologiques de la Flandre Orientale depuis sa création.

De magnifiques agrandissements photographiques, exécutés par l’Institut provincial de Bactériologie du Hainaut, montraient la pénétration des larves de l'ankylostome duodénal (vers du houilleur) à travers la peau de l'homme et du chien, la division de l'oeuf de ce parasite, la répartition des cas d'ankylostomasie traités au dispensaire, les appareils de laboratoire très ingénieux construits d'après les plans du docteur Herman.

L'Institut provincial de Bactériologie de Namur avait fourni également une contribution très intéressante comportant des cultures des principaux germes pathogènes, des bactéries de l'air et de l'eau; — des préparations microscopiques provenant des principales recherches anatomo-pathologiques, cytologiques et bactériologiques demandées au laboratoire; les plans de l'Institut, des cartes relatives à la situation sanitaire de. la province et des publications.

Enfin, dans le salon de la Province de Liège, fort admiré et constamment occupé par un grand nombre de visiteurs, se trouvaient réunies les contributions de l’Institut provincial de Bactériologie, du Service Technique, du Service d'Architecture et de l'Ecole provinciale d'accouchement, enfin, une maquette panoramique du Sanatorium de Borgoumont.

D'admirables préparations anatomiques relatives à l'ankylostome, expliquées par des photographies et des dessins, des cultures microbiennes variées, des diagrammes et photographies relatifs au fonctionnement du dispensaire, témoignaient de l'intense activité de l'Institut de Bactériologie aussi bien dans le domaine scientifique qu'en matière d'hygiène sociale.

Le Service Technique exposait des plans et des modèles se rapportant aux distributions d'eau, aux canalisations d'égouts, etc.

Les plans du Sanatorium de Borgoumont, dressés par M. Emile Remouchamps, architecte provincial, contribuaient à accentuer l'excellente impression donnée par le diorama cité plus haut.

Le salon de la Ville de Bruxelles constituait, lui aussi, une des principales attractions de la section.

Le Service des Eaux avait envoyé un plan-relief de la ville de Bruxelles indiquant les quatre zones de pression, des maquettes représentant des serrements régulateurs de prise et de retenue des eaux, un puits filtrant à lames de verre (système E. Putzeys), des plans et des diagrammes; — le service des égouts exposait les maquettes du voûtement de la Senne, d'un wagon-vanne, d'un égout-type; — des plans représentant le sous-sol d'une rue; — la ferme des boues et l'usine d'incinération des immondices; — le service d'architecture exposait des plans d'écoles.

La division d'hygiène était représentée par 59 tableaux graphiques, plans et diagrammes et par une collection importante de documents.

La Ville d'Anvers faisait connaître par des photographies, des plans et tableaux, des modèles, des publications et des règlements, l'organisation de ses postes de secours, de ses installations de désinfection, de ses maisons de refuge, annexes du dit service enfin du mode de fonctionnement du collecteur sanitaire.

Le Service de la Propreté publique exposait des modèles d'appareils de vidange, de bateau à gadoue, d'avertisseurs pour fosse d'aisances, d'édicules à immondices, de machines à balayer, de mélangeurs-désinfectéurs, de véhicules pour le transport des boues, et autres appareils similaires.

L’Administration communale de Blankenherghe avait envoyé les plans de ses travaux d'assainissement.

La Ville d'Ostende le plan d'ensemble de son nouveau réseau d'égouts, les photographies du marché à la viande, des plans et des photographies relatifs à la distribution intérieure, au chauffage, à la ventilation, aux installations sanitaires de l'Athénée royal.

La Commune de Saint-Gilles-Bruxelles, des plans et vues photographiques de la maison communale, des bains publics communaux, de six écoles, d'une crèche, de son usine à gaz, de son usine d'électricité, de ses maisons ouvrières, du futur hôpital communal, et des documents destinés à faire connaître le fonctionnement de son service d'hygiène.

L’Administration communale de Schaerbeek n'avait rien négligé pour faire apprécier les développements rapides que ce faubourg de la capitale a pris en ces dernières années à tous les points de vue: création de nouveaux quartiers et du parc Josaphat, constructions scolaires, service de la police, service sanitaire (voirie, égouts, etc.), habitations ouvrières.

La distribution d'eau de Soignies était figurée par une magnifique aquarelle de grande dimension ; la distribution d'eau de Turnliout (auteur des projets, M. l'ingénieur E. Putzeys) était également représentée de cette manière.

La Compagnie Intercommunale des Eaux de l’Agglomération bruxelloise avait tenu à mettre sous les yeux du grand public ses travaux de dérivation des sources du Bocq.

Un vaste panneau lui avait été consacré; on y voyait, méthodiquement groupés, la carte géologique de la région de captage, le plan d'ensemble des travaux, les vues de la galerie de captage, d'un pavillon de jonction, du pont-siphon d'Yvoir, des siphons de Dovinne, de la Thyle, de la Meuse, de la Forêt, du réservoir de Boitsfort, du château-d'eau de Forest, la carte de distribution d'eau de l'agglomération bruxelloise.

La Compagnie générale des Conduites d'Eau des Venues avait fait exécuter un très beau panneau qui réunissait des dessins et des photographies montrant les différentes origines et les modes de captation des eaux alimentaires distribuées par ses sociétés filiales.

La Société royale de Médecine publique et de Topographie médicale avait résumé, au moyen de cartes, de tableaux et de diagrammes, les travaux de statistique qu'elle élabore depuis vingt ans. Elle avait également réuni dans des vitrines l'ensemble de ses publications.

Les pièces anatomiques concernant la tuberculose expérimentale du singe, de la chèvre et du cobaye, exposées par M. le Docteur Gratta, professeur à l'Ecole vétérinaire, piquaient d'une manière toute spéciale, la curiosité du public.

L'importance qu'a prise la lutte contre la tuberculose dans notre pays au cours des dernières années pouvait être appréciée dans le salon de la Ligue Nationale Belge contre la tuberculose, des OEuvres Liégeoise, Verviétoise et Hutoise des Tuberculeux, de l’OEuvre des Enfants Tuberculeux et Rachitiques de Verviers et du Dispensaire Antituberculeux Communal d'Ixelles. On pouvait s'y rendre exactement compte du mode de fonctionnement des dispensaires, oeuvres essentiellement belges, du nombre des malades qui y ont été accueillis, de l'importance des secours qui leur ont été distribués et de la marche des mesures prophylactiques qui ont été appliquées.

Les établissements de cure consacrés à la tuberculose, encore peu nombreux en Belgique (Sanatorium populaire de La Hulpe, Sanatorium de Mont-sur-Meuse, Namur, de Bockryck, Limbourg, de Saint-Vincent de Paul, Ostende) avaient envoyé des plans, des photographies et des statistiques. On pouvait trouver un indice des bonnes dispositions qui animent les administrations de villes d'importance très secondaire dans le fait que les Hospices civils de Saint-Trond exposaient les plans de locaux affectés au traitement des tuberculeux.

Il convient de signaler deux établissements dont la création est due à la générosité de deux femmes de coeur qui ont consacré une partie de leur fortune au soulagement des enfants rachitiques d'une part, et des indigents atteints d'une affection grave de la peau, lupus et cancers, d'autre part.

Nous avons en vue l’Hospice Fernand Kegeljan, fondé à Namur, en 1889, par Mme Kegeljan-Qodin, et YHôpital Dermatologique Nottebohm, construit en 1900, à Anvers-Berchem, par Mme la douairière Nottebohm. La section d'hygiène contenait les plans de ces deux établissements modèles.

La désinfection, sous toutes ses formes, attire également l'attention des spécialistes.La Société anonyme belge de désinfection, le Formol, avait réuni, en un stand très intéressant, la belle série des appareils désinfectants de MM. De Rechter, Hoton et Vandam, Geneste, Herscher et Cie. MM. Hoton et Vandam exposaient des appareils pour la désinfection des voitures de chemins de fer et des navires, pour le nettoyage et la désinfection des cruches à lait, pour le lavage, la désinfection et la désodorisation des tonneaux de brasserie. On notait également dans cet ordre d'idées les plans et les descriptions des étuves à vapeur Piedboeuf, ainsi que les ingénieux appareils de la Société du Vacuum
Cleaner. Cette société applique le procédé du nettoyage par aspiration des poussières au moyen du vide, procédé hygiénique et supérieur sous tous les rapports à tous les autres modes de nettoyage.

L’institut d'hygiène de l'Université de Liège s'était proposé de montrer à quelles règles d'hygiène doit être astreinte la production et la distribution du lait. Son compartiment contenait des séries de flacons renfermant, dans leurs proportions normales, tous les constituants du lait et de ses dérivés, des plans, des photographies, des dessins, des tableaux et des diagrammes relatifs à l'hygiène de l'étable, à la sécrétion du lait, à la traite, à la composition chimique de cet aliment, à la bactériologie du lait, aux maladies qu'il peut transmettre, aux fermentations qu'il peut subir, aux agents conservateurs, à la stérilisation fractionnée, à l'hygiène dans les principales opérations de l'industrie laitière (écrémage, filtration, réfrigération, pasteurisation, homogénéisation, dessication, barattage) aux transformations industrielles du lait, le beurre, le fromage et leurs constituants qui rentraient également dans ce programme.

Enfin, venaient les appareils servant à l'analyse du lait et les dispositifs à adopter pour le traitement des résidus de l'industrie laitière. Un tableau permettait de comparer les législations relatives à l'hygiène du lait, en vigueur dans différents pays.

En ce qui concerne la protection de l'enfance du premier âge, il convient de signaler les publications de la Ligue Nationale Belge, sous le haut patronage de S. A. R. la Princesse Albert de Belgique, l’OEuvre d'Assistance maternelle, , créée par le Bureau de Bienfaisance de Gand et dirigée par M. le docteur Miele.

Le stand très intéressant de ce service en montrait les différentes attributions: consultations gratuites pour nourrissons, oeuvre des mères protectrices, mutualité maternelle, laiterie maternelle, assistance des mères nourrices, dépôt de lait stérilisé, petite laiterie de l'oeuvre, causeries aux mères, cours de puériculture pour fillettes de 14 à 18 ans, cours de puériculture pour nourrices sèches, crèches de l'oeuvre, cours de garde-malade pour enfants atteints d'affections graves. Dans l'ordre d'idées que nous venons d'exposer, la Société coopérative des Enfants Martyrs de Bruxelles mérite une mention toute particulière.

L'enfant a, du reste, attiré spécialement, depuis quelques années, l'attention de nombreux médecins. Parmi ceux qui répondirent à l'appel du comité de la classe 111 et qui fournirent des documents très intéressants au sujet de l'hygiène infantile, il y a lieu de citer M. le docteur Barbier, de Liège, qui présentait des documents relatifs aux crèches; M. le docteur Clerfayt, de Mons, qui a imaginé un tableau scolaire donnant les différents moyens à employer pour préserver les enfants des maladies contagieuses, M. le docteur Delcuve, de Mons, qui exposait son Catéchisme de la Mère de Famille et M. le docteur Morlet, d'Anvers, qui a écrit un très utile et très intéressant Bréviaire
de la Mère.

La farine et l'aliment Rénaux pour enfants et convalescents, les produits variés de la Société « Nutricia », les eaux de table de Harre, de la source du vieux château et de Chevron figuraient dans la section de l'Hygiène, à des titres divers.

Une cloison avait été réservée à l'Exposition des plans d'hôpitaux, d'hospices, de sanatoria, d'établissements de bains populaires, de dispensaires, d'installations sanitaires.

Parmi leurs auteurs, on remarquait MM. E. Demany, de Liège ; le docteur Dogniaux et l'architecte Simon, de Jumet; le docteur Francken, Gits et Cie, E. Hellemans, Kuhnen, Symons, de Bruxelles, Gife, d'Anvers, Mailleux, de Boussu, Thirion, de Verviers, Vercoutere, d'Iseghem, Winkelsels, de Tongres.

MM. F. et E. Putzeys avaient produit des tableaux relatifs aux installations sanitaires des habitations privées et collectives.

L'Union des patrons plombiers-zingueurs de Liège donnait une excellente idée des progrès qui ont été réalisés depuis quelques années dans l'exécution des travaux de plomberie.

Citons encore les closets et tinettes à tourbe de MM. Lambert et Thisquen, les matériaux de construction de MM. Francart, Van Bellinghen-Tomberg et de la Société anonyme belge de constructions incombustibles, les produits de la Société générale des peintures hygiéniques et de la Société anonyme des Verreries de l'Hermitage.

La contamination d'un grand nombre de charbonnages par Vankylostome duodénal, reconnue d'abord au pays de Liège et ensuite dans le Hainaut, a été combattue avec énergie par les Sociétés exploitantes, qui ont compris l'impérieuse nécessité de soustraire leurs ouvriers à l'action d'un parasite ayant sur leur santé et leur travail une influence très néfaste. Les industriels n'ont pas hésité à consentir tous les sacrifices pécuniaires réclamés par l'organisation et le fonctionnement de dispensaires et de lazarets affectés à la recherche et au traitement des malades, de bains-douches et de services destinés à prévenir la contamination des travaux souterrains. Ces créations ont été représentées par des maquettes ou modèles, des plans détaillés, des photographies, et les résultats ont été figurés par des diagrammes et des tableaux.

Il est juste de mentionner ici les Charbonnages qui ont participé à cette campagne, et dont les efforts généreux et fructueux ont été appréciés par le Jury international.

En voici l'énumération : Société anonyme des Charbonnages de Bonne-Espérance, Batterie et Violette, à Liège; Société anonyme des Charbonnages de Bonne-Fin, à Liège; Société anonyme John Cockerill, à Seraing; Société anonyme des Charbonnages Espérance et Bonne-Fortune, à Montegnée; Société anonyme des Charbonnages de Oosson-Lagasse, à Montegnée; Société anonyme des Charbonnages des Kessales, à Jemeppe-sur-Meuse; Société anonyme des Charbonnages de La Haye, à Liège; Société anonyme des Charbonnages de Mariemont; Société anonyme d'Ougrée-Marihaye; Société anonyme de la Nouvelle-Montagne, à Engis.

Dans le compartiment de l'hygiène industrie/le, la Compagnie des Métaux et Produits chimiques d'Overpelt exhibait un magnifique modèle des installations de son usine à zinc au point de vue de la salubrité du travail et notamment de la ventilation des halles, par tirage forcé (système L. Prat), pendant le décrassage des creusets et des caves, pendant le transport des cendres brutes. En outre, elle exposait l'esquisse des salles de bains et des réfectoires de ses usines et les plans d'une de ses maisons ouvrières.

Le stand de la Société anonyme de la Vieille-Montagne établissait la transition entre le groupe XVI (Hygiène et Assistance) et le groupe de l'Economie sociale. Il attirait tous les visiteurs par son aménagement d'un goût parfait. Cette puissante Compagnie n'avait rien négligé pour faire connaître de la façon la plus démonstrative l'ensemble des installations dont sont pourvues ses usines en vue d'assurer les conditions hygiéniques et la sécurité du travail ; réfectoires et bains-douches ; organisation des services médicaux; mesures adoptées pour prévenir la diffusion des maladies contagieuses, et enfin types de ses habitations ouvrières.

Il ressort de ce bref exposé que les organisateurs de la classe 111, rompant avec les anciens errements, avaient écarté la masse des produits commerciaux encombrants dont la valeur hygiénique est au moins contestable, pour s'attacher à mettre en évidence les applications de la science et de la technique à la défense de la santé et à l'amélioration de l'état social des populations.


ASSISTANCE PUBLIQUE ET PRIVÉE
CLASSE 112

Le Comité d'organisation de la classe 112 fut présidé (en l'absence de M. Jules Le Jeune, Ministre d'Etat) par M. Huyttens de Terbercq, Procureur du Roi, à Liège; il avait pour secrétaires MM. E. Descamps-Vapart, avocat à la Cour d'appel de Bruxelles, et Van Schelle, directeur au Ministère de la Justice.

La surface affectée à cette classe ne mesurant que 330 mètres carrés, il fallut faire des prodiges d'ingéniosité pour arriver à donner satisfaction aux exposants. Les cloisons durent être multipliées afin d'augmenter le plus possible les surfaces utilisables qui étaient de 720 mètres carrés et de permettre l'établissement de subdivisions répondant à la classification officielle. Dans ces conditions, le résultat ne pouvait avoir qu'une portée pratique.

La classe se composait de deux sections: l'Assistance publique et l'Assistance privée.

L'exposé de toutes les oeuvres d'assistance publique et privée du royaume, le mode de fonctionnement de tous les établissements charitables et hospitaliers étaient donnés par la Belgique charitable, de Mme Ch. Vloeberghs, tandis que le livre de M. De Meren contenait la Législation sur la Bienfaisance publique (codification et commentaires des dispositions actuellement en vigueur, de M. De Meren).

Le Département de la Justice participait à l'Exposition par des vues à vol d'oiseau et des vues photographiques des Etablissements de bienfaisance de l'Etat: colonies de bienfaisance, école de bienfaisance d'Ypres, section de la Maison de refuge pour hommes à Reckheim, colonie d'aliénés de Ghecl, colonie d'aliénés de Lierneux; plan-projet de la Maison de refuge pour femmes à Bruges. Il exposait aussi des documents administratifs. On sait à quel degré de perfection ont été amenés par le Département de la Justice l'organisation et le régime intérieur des établissements destinés à recevoir les mendiants, les vagabonds et les enfants des deux sexes mis à la disposition du Gouvernement.

Ces établissements sont considérés à l'étranger comme des modèles et excitent l'admiration de tous ceux qui sont admis à les visiter. Aussi est-ce avec une vive satisfaction que le Comité organisateur avait reçu le concours du Ministère de la Justice. La même réflexion s'applique aux colonies d'aliénés dont la Belgique peut revendiquer l'initiative.

Une carte de la Belgique hospitalière, complétée par les plans des quatre grandes villes du pays: Bruxelles, Anvers, Liège et Gand, permettait d'apprécier comment sont répartis tous les établissements hospitaliers : hospices civils, hôpitaux, orphelinats, crèches, asiles de nuit, asiles d'aliénés, instituts de sourds-muets et d'aveugles, etc.

L'Administration générale des hospices et secours de la ville de Bruxelles exposait le tableau descriptif de ses établissements, les plans du sanatorium d'Alsemberg, ceux de la maison de convalescence pour femmes et du refuge de Latour de Freins à Uccle, des vues photographiques de ses divers établissements et des documents administratifs.

L'administration des hospices et secours de la Ville de Louvain, des vues photographiques de ses institutions charitables. Les plans détaillés de l'hôpital de Wyneghem lez-Anvers donnaient l'idée de ce qu'on peut attendre d'un hôpital secondaire.

Les orphelinats des hospices civils de Gand avaient apporté une contribution très intéressante: des spécimens extrêmement nombreux des travaux de lingerie, de couture, de broderie, etc., exécutés par les filles et des travaux manuels en carton, bois et fer ainsi que des dessins provenant de la section des garçons.

Les méthodes d'enseignement en usage dans les Instituts de sourds-muets et aveugles des deux sexes formaient un ensemble des plus intéressants, dû au concours des Soeurs de la Charité, de M. le chanoine P. A. Naegels de Bruges, des Soeurs de la Charité de Jésus et de Marie à Gand, de M. L. Simonon de Ghlin, du R. P. Stockmans, supérieur général des Frères de la Charité.

Les asiles pour hommes aliénés qui appartiennent à cette corporation étaient représentés par des plans et des photographies. On pouvait, d'autre part, se rendre compte de la façon dont est fait l'enseignement spécial des enfants idiots et arriérés, grâce à à un matériel didactique très complet, et les résultats de cet enseignement pouvaient être appréciés par l'examen des travaux divers exécutés par les enfants arriérés dans les asiles.

L'Asile Saint-Benoît pour jeunes filles idiotes, aliénées et arriérées, à Lokeren, avait installé un compartiment du même genre où se voyaient des ouvrages de crochet, de broderie, de couture, des dentelles, de la bonneterie, etc., et en outre des vues photographiques de l'établissement.

Citons enfin les plans de différents asiles d'aliénés : Maison de santé de Glain lez-Liége, Maison des Frères Alexiens, à Louvain (Winxele), Asile Saint-Jérôm£, Saint-Nicolas (Waes), Asile et hospices du Sacré-Coeur, à Ypres.

Les Monts-de-Piété avaient envoyé des albums contenant des renseignements statistiques et autres.

Dans la section de l'Assistance privée se remarquait une carte dressée par M. E. Descamps-Vapart sur laquelle étaient figurées, suivant une classification méthodique, les oeuvres de charité privée du royaume et en outre leur distribution dans les quatre grandes villes. Les oeuvres participantes étaient divisées en sept groupes. Le premier avait pour objet la protection matérielle des enfants : Crèches Jourdain de Saint-Gilles-Bruxelles, Crèche-Ecole gardienne et service de la Goutte de lait d'Anderlecht, Orphelinat Sainte-Barbe de Wetteren, OEuvres scolaires en faveur des écoles communales de Bruxelles et des faubourgs, Villa Johanna (colonie scolaire), à Middelkerke, Villa
scolaire du denier de l'Instruction d'Ixelles, OEuvre de la soupe scolaire et du vêtement de l'enseignement libre de Bruxelles, OEuvre des petits pieds nus de Bruxelles, Asile Hortense Montefiore d'Esneux, Institut Sainte-Rosalie pour enfants malades tenu par les Soeurs de la Visitation à Qand, OEuvre des petits lits de Boendael, Société des mères Israélites.

La protection morale des enfants et des adultes s'est développée en Belgique d'une manière remarquable. L'on pourrait apprécier la grandeur de son rôle en étudiant le tableau statistique dressé par M. Descamps-Vapart et la carte des Patronages de Belgique due à M. Georges Batardy, l'un et l'autre membres de la Commission royale.

Les associations créées en vue de distribuer des secours aux indigents constituaient un groupe assez notable. Toutes concourent au même but en employant des moyens différents: secourir les nécessiteux et relever leur niveau moral.

Les unes viennent en aide aux indigents en leur donnant un asile temporaire jusqu'au moment où ils auront pu se procurer du travail (OEuvre de l'hospitalité de nuit); d'autres leur fournissent des occupations moyennant salaire (OEuvre liégeoise de l'assistance par le travail ; La Fourmi). Il en est qui patronnent les pauvres honteux (Cercle des XVI; Cercle les XII, Liège; Association bruxelloise); ou les nécessiteux non secourus par la bienfaisance publique (les lundis du pauvre de Saint-Josse-ten-Noode) ; ou qui distribuent aux pauvres des secours en nature, des bons de travail, qui leur procurent des outils, qui les affilient aux sociétés de secours mutuels, etc. (La Violette, de Bruxelles). Les membres de certaines associations visitent les pauvres et les malades à domicile et leur procurent des aliments, des vêtements, des objets de literie, etc. (OEuvre des dames de Charité de la Miséricorde, Bruxelles; l'Impartiale, Saint-Gilles) ; les Vestiaires catholiques liégeois; le Vestiaire libéral des écoles communales de Liège; le Vestiaire de la paroisse Saint-Servais, à Schaerbeek, s'intéressent à certains groupes de la population nécessiteuse auxquels ils distribuent du linge, des vêtements, des chaussures, des literies, etc. Les OEuvres pieuses et sociales de Baulers ont un programme dont l'étendue est en rapport avec le nom qu'a pris cette société. De même les OEuvres de Saint-Jean-Baptiste, de Sainte-Anne et la maison des lépreux à Saint-Nicolas (Waes) ont pour objectifs la moralisation des familles ouvrières, l'assistance et le logement des vieux ménages dans des habitations isolées.

Enfin, le mariage civil et religieux des pauvres et la légitimation des enfants naturels sont l'objectif de la Société de Saint-François Régis.

Quelques institutions qui se consacrent au traitement des malades pauvres et au soulagement de leur infortune, figuraient aussi dans la classe: l'hôpital Saint-Julien d'Anvers, fondé il y a six siècles; le Dispensaire du Calvaire de Liège; l'Institut ophtalmique de Liège et du Limbourg; les OEuvres des pauvres malades des Dames de la Miséricorde, à Bruges ; l'Association des Dames de la Charité de Saint-Vincent de Paul ; l'OEuvre des Convalescents sortis sans ressources des hôpitaux de Liège. La Société royale des Sauveteurs de Belgique montrait, par un tableau statistique et graphique les résultats qu'elle a obtenus. Citons également la Société protectrice des aveugles, à Anvers; l'hospice Sainte-Gertrude, à Bruxelles; le Cercle philanthropique « le Bâton de la vieillesse », à Saint-Gilles, et enfin les OEuvres en faveur des étrangers en Belgique:
le Schiller Verein zur Understuzung Hulfsbedurtiger Deutschen in Belgien, à Bruxelles; le Patriotischer Oesterr. Ungar. central Hilfsverein fiir Belgien, à Anvers; la Société française de bienfaisance d'Anvers; l'Union Grand-Ducale Luxembourgeoise, à Bruxelles; le Nederlansche Vereeniging tôt hulpbetoon, à Anvers; la Société philhelvétique de Bruxelles.

©Livre d'Or de l'Exposition Universelle de Liège 1905