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Industries Diverses



Ce groupe réunissait les objets provenant d'industries . qui n'avaient pu trouver place dans le programme des groupes précédents. Il comprenait la papeterie, au point de vue des objets façonnés; la coutellerie; l'orfèvrerie; la joaillerie et bijouterie; l'horlogerie; le bronze, la fonte et la ferronnerie d'art, les métaux repoussés; la brosserie, la maroquinerie, la tabletterie et la vannerie; les industries du caoutchouc et de la guttapercha, les objets de voyage et de campement; enfin, la bimbeloterie.

Le groupe XV se scindait en deux parties: l'une, formée par les stands de la Compagnie des Bronzes et des collectivités de la bijouterie et de l'industrie diamantaire, occupait la grande travée, devant l'entrée principale des halls; l'autre, complétant le programme du groupe, se disséminait, dans les halls d'aval, auprès de la collectivité du vêtement et dans la première travée latérale de la section belge proprement dite.

Examinons à présent les objets que nous montrait chacune des classes du groupe et donnons quelques notes sommaires, au sujet de leur industrie dans le pays. La classe 92, sous le titre « papeterie », réunissait les objets façonnés au moyen du carton et du papier.

En Belgique, on fabrique surtout le carton gris et demi-blanc et le carton-paille ; le premier est fabriqué à l'enrouleuse avec de vieux papiers, le second est produit par le même procédé ou à la machine dite continue; il est composé de plusieurs feuilles de carton dit mécanique, collées ensemble par superposition. Ces cartons sont employés par l'industrie du cartonnage. Celle-ci comprend la fabrication des boîtes de tous genres formées de carton revêtus de papier. Le plus usité est le carton-paille mince; quant au papier, il est généralement sans pâte de bois et avec forte charge. La confection des boîtes se fait à l'aide de machines et, pour certaines manipulations, à la main.

Parfois, certains objets en carton sont fabriqués au moyen de plusieurs feuilles de papier collées ensemble. C'est de cette façon que se fabriquent les cartons pour la casquetterie, le carton lustré, le carton destiné à la fabrication des billets employés par les chemins de fer, les théâtres, le carton modiste et le carton bristol et ivoire pour cartes de visite.

Mentionnons enfin les cartes à jouer dont la confection constitue une industrie spéciale, exercée à Turnhout, dans les mêmes usines où se fabriquent les papiers coloriés.

Cette ville est l'un des centres de production les plus importants du monde pour ce genre d'articles. Les établissements, y installés fabriquent les jeux de cartes de toutes sortes, celles dites au portrait français, au portrait anglais ou indiennes, les jeux espagnols, les jeux chinois et les jeux minuscules pour enfants.

Cette fabrication consomme L900 tonnes de papier par an pour une production de plus de 100.000 grosses de jeux, dont es deux tiers sont destinés à l'étranger.

On trouvait à l'Exposition des exposants de ces différents articles. Citons pour les boîtes en carton de toutes espèces: MM. Jules Bichon, H. Bossut, tous deux de Bruxelles; pour les registres, sacs en papier, fardes et pochettes: MM. Brossart-Tollet, de Wavre; Joseph de Grève, de Bruxelles; l’imprimerie industrielle et commerciale, de Liège; l'Imprimerie industrielle et financière, de Bruxelles; Laporte et Dosse, d'Anvers; Alexandre Lavoye, de Liège ; les Papeteries anversoises, Moorrees et Cie ; la Société anonyme des anciens établissements de Félix Mommen, de Bruxelles; la Société anonyme des Papeteries de Virginal, de Bruxelles; Van Campenhout, frères et soeurs, de Bruxelles.

Les papiers coloriés et de fantaisie pour impression et cartonnage, les cartes à jouer, étaient présentés par MM. Brepols et Dierckx ; la Société anonyme Biermans, tous deux de Turnhout.

On trouvait encore dans les vitrines de la classe, des encres diverses de M. Leclercq-Vandervelden ; des parallélographes et des planches à dessiner de M. Louis Makar; des spécimens de timbrages sur papier, enveloppes, menus de M. Spée-Zélis. Ces trois exposants étaient de Liège.

La classe 93 avait trait à la coutellerie. Cette industrie compte quatre centres de fabrication importants, Namur et Qembloux où l'on fabrique la coutellerie de qualité supérieure. Lierre et Aerschot qui produisent des couteaux dits flamands, d'aspect fruste mais solides.

L'industrie de la coutellerie se pratique dans 42 fabriques, dont 12 à Aerschot, lia Lierre, 12 à Qembloux, 6 à Namur et 1 à Gand. La production annuelle représente une valeur de 360.000 francs; l'exportation y figure pour 50.000 francs.

Aucune des grandes maisons de coutellerie ne participait à l'Exposition; deux seuls exposants figuraient dans la classe 93 ; l'un, M. Jacques Gustave, de Vielsalm, exposait des pierres à rasoir, des pierres à faulx, des meules; l'autre, M. J.-B. Lemière, de Bruxelles, des couteaux de tous genres dont des couteaux à rogner qui constituent la spécialité de la maison.

Viennent ensuite les classes 94, 95, 96, comprenant l'orfèvrerie, la joaillerie et bijouterie, l'horlogerie.

A la tête de ces trois classes réunies, avait été placé, en quahté de président, M. Jacques Ryziger, juge au tribunal de commerce de Bruxelles, président de la Chambre syndicale des métaux précieux et de l'horlogerie, membre de la Commission supérieure de patronage. Avant de décrire l'aspect merveilleux dont les exposants de l'orfèvrerie, de la bijouterie et de l'horlogerie, avaient su revêtir la présentation de leurs objets, nous donnerons un rapide aperçu des industries auxquelles ils consacrent leurs efforts.

L'industrie de l'orfèvrerie, un véritable art, est très florissante en Belgique; elle s'étend à la fabrication d'une foule d'objets de luxe, en or, en argent, en cuivre, en laiton servant à la parure humaine ou à la décoration des habitations.

La fabrication de la vaisselle en argent, au titre de 9/10e, et plus fréquemment de 8/10e et surtout celle en métal blanc (alliage d'argent avec 10 à 20 pour cent de nickel), ont pris beaucoup d'importance.

La plupart des objets d'orfèvrerie sont achevés par le polissage, le brunissage et la ciselure; l'argent mat est obtenu par la trempe, l'argent noirci ou oxydé par un traitement au sulfure de sodium.

Quant aux pièces en métal blanc, elles sont quelquefois dorées ou argentées par des procédés galvanoplastiques.

La plupart des maisons s'occupant d'orfèvrerie se trouvent dans les grandes villes, surtout à Anvers, à Bruxelles et à Liège.

L'industrie diamantaire, bien qu'ayant des rapports étroits avec l'industrie précitée, constitue, en raison de l'importance qu'elle a prise dans notre pays, une spécialité bien distincte. Elle fleurit à Anvers, l'opulente métropole, pratiquée, dirait-on, par le successeurs de ces bourgeois qui rivalisaient de luxe et de générosité avec leurs princes et dont les femmes surpassaient, pour la parure, les princesses régnantes.

Trois villes pratiquent la taille du diamant; ce sont Anvers, Amsterdam et Brooklyn (New-York). Anvers tient la tête avec une production annuelle de 75 millions de francs, surpassant Amsterdam de 40 millions et Brooklyn d'un chiffre plus élevé encore; du reste, les tailleries de diamant établies dans cette ville sont entre les mains de Belges.

Jadis, une grande partie des diamants, traités à Anvers, était expédiée dans l'Amérique du Nord; des droits d'entrée exorbitants fermèrent ce débouché; c'est ce fait qui incita quelques Anversois à établir des tailleries à New-York. Cependant, aujourd'hui encore les diamants belges s'écoulent dans les pays les plus reculés du monde.

Les diamants bruts employés dans les tailleries anversoises proviennent du Sud africain, une très minime partie de Bahia (Brésil).

On connaît les propriétés du diamant, ce carbone naturel, cristallisé et à peu près pur, qui raye tous les corps et ne peut être rayé par aucun, sinon par lui-même.

C'est sur cette propriété qu'est basée toute l'industrie diamantaire.

Quatre manipulations sont nécessaires pour la préparation du diamant qui bientôt étincellera à la vitrine des bijoutiers; ce sont le brûlage, le clivage, la taille et le polissage.

Le brutage est l'opération préliminaire du dégrossissement du diamant fruste, encore recouvert d'une enveloppe grise et rugueuse.

A cet effet, un diamant très dur, enchâssé sur la pointe d'un tour mécanique, enlève, par frottement, l'enveloppe grise du diamant à travailler, qu'un ouvrier lui présente sur toutes ses faces, après l'avoir préalablement serti dans une masse d'alliage fusible qui termine l'outil porte-diamant. La poudre ainsi obtenue, l'égrisée pour l'appeler par son nom, est soigneusement recueillie, car elle servira aux opérations du sciage et du polissage.

Apparaît alors l'opération la plus délicate, celle du clivage ou fendage qui a pour but de tirer du diamant informe le plus gros solide géométrique régulier. Cette opération comporte deux phases distinctes: l'entaillage et le fendage proprement dit.

Le diamant à fendre est serti dans un mastic spécial, au bout de la virole d'un outil en forme de manche. Au moyen de bâtons montés de diamants aux bords de plus en plus vifs, le cliveur fait une entaille dans la pierre à traiter, puis, y introduisant une lame d'acier mousse, il enlève, d'un léger coup sec, la partie entamée.

Cette opération ne pouvant se faire que suivant certaines directions déterminées, il en résulte une grande perte de diamant. On y obvie en employant des scies mécaniques qui coupent le diamant à contre-fil. La pierre, enchâssée dans une masse d'aluminium, est sciée par des disques d'acier, enduits d'égrisée et d'huile et tournant verticalement.

Vient ensuite la taille qui consiste à donner au diamant sa forme générale et à amorcer, par frottement, la culasse et même certaines facettes du bijou.

Une dernière opération, le polissage, donne au diamant sa transparence et son éclat; la pierre précieuse, soigneusement enchâssée dans une sorte de gland coupé, est présentée à une meule en fer ou en acier non trempé, enduite d'égrisée et d'huile et tournant horizontalement.

On compte à Anvers et dans quelques communes suburbaines environ 45 tailleries de diamant; l'une d'entr'elles, la « Taillerie populaire », dispose d'un millier de tours travaillant mécaniquement.

La métropole possède une école professionnelle pour le travail du diamant, fréquentée par les jeunes gens de la bonne bourgeoisie, et une « Bourse aux diamants » où se réunissent des courtiers spéciaux qui détiennent complètement le marché du diamant ouvré.

Tel est l'aspect sous lequel se présentent en Belgique les industries luxueuses de l'orfèvrerie et de la taille du diamant.

Il n'était pas inutile de les esquisser ici afin de donner plus d'intérêt aux merveilleux stands occupés à l'Exposition par les plus importants représentants de ces industries.

Le compartiment, qu'ils avaient formé par un intelligent groupement de leurs vitrines, était une véritable merveille. Il se trouvait dans la galerie centrale des halls d'amont et faisait suite au pavillon, non moins luxueux, des Arts décoratifs.

Les vitrines étaient claires, longues, frêles; sous leurs glaces translucides, tremblaient, en scintillant et comme fragiles, les diamants en perles, en aigrettes, en parures; auprès, se trouvaient des bijoux de teintes amorties ou brillantes, des vases précieux sertis de perles, ces riens constituant la parure féminine, scarabées montés en broches, serpent enroulé en bague, en bracelet, diamant tenu par un mince fil d'or et destiné à scintiller, comme une goutte de rosée, sur le lobe rose et tendre de l'oreille.

Un épais tapis jeté sur le sol contribuait à amortir le bruit des pas, à faire régner ce silence particulier qui rode dans les salles des palais somptueux; il semblait que les visiteurs, muets d'admiration, fissent silence, comme par crainte de faire s'évanouir, au heurt d'un petit bruit, leur enchantement de rêve.

Deux collectivités et des exposants individuels se partageaient la surface d'exposition.

La première d'entre elles était la collectivité de la Bijouterie qui présentait tantôt des orfèvreries, tantôt des bijoux. En plus de trois exposants individuels, MM. Herman Joël, de Gand, Otto Wiskemann et Knein-Coutelle, tous deux de Bruxelles, sept maisons faisant partie de cette collectivité, exposaient des objets d'orfèvrerie; c'étaient celles de MM. Emile Anthony et Wolfers frères, de Bruxelles; Fallon et fils, deNamur; Femand Hardy et Wolfers frères, de Liège; Frans Hoosemans, de Bruxelles; Wolfers frères, de Bruxelles; Mme veuve Georges Paquet, de Liège; Mme veuve Simonet, de Bruxelles. On notait, parmi les objets que ces exposants présentaient, des jardinières en argent ou en métal blanc dont les motifs, inspirés de fleurs, s'accordaient harmoniquement avec le bouquet de fleurs véritables, des plats où s'allongeaient, comme perdues dans la matière, de souples ondines, des coffrets couverts d'une savoureuse patine, une foule d'objets de service de table d'un bon goût d'exécution dont le prix ne le cédait en rien à celui de la matière première employée; les bijoux, très divers, étaient aussi d'une réelle beauté et leurs teintes étaient délicates et riches à la fois.

Dans cet ordre d'objets, il convient d'ajouter aux maisons faisant partie de la collectivité de la Bijouterie, certains exposants appartenant à la même collectivité, mais restreignant leur exposition aux bijoux et à la joaillerie fine. C'étaient MM. Joseph Coosemans, de Bruxelles; Edmond Divoort, de Bruxelles; F. Van Hemelrijk, d'Anvers; Léo Strydonck, de Bruxelles.

Accordons aussi une mention particulière aux maisons d'orfèvrerie se spécialisant dans les objets religieux (ostensoirs, calices, candélabres, etc., enrichis de pierreries,
d'émaux): J. Dehin frères, de Liège; Richard Hellner, de Bruxelles; Emile Pirotte, de Liège; J. Wilmotte fils, de Liège.

En raison de l'importance qu'elle a prise depuis quelques années, mentionnons aussi la bijouterie d'imitation, employée non seulement par les personnes à qui leur état de fortune ne permet pas l'achat de véritables perles mais encore par des mondaines, peu enclines à mettre à portée de la main, des bijoux représentant une fortune entière. Les maisons bruxelloises Jazowski, Knein-Coutelle, Simenon et Loonis-Gérard, d'Anvers, présentaient tout un lot de bijoux d'imitation.

On remarquait encore — et tout spécialement, certes — la vitrine de M. Gustave Wolfers, de Bruxelles, qui exposait tout un essaim de croix d'ordres belges et étrangers.

Lors de la visite qu'il fit aux compartiments de la bijouterie et de l'orfèvrerie, le spirituel M. Francotte s'inclina profondément devant ces bijoux doublement précieux.

Venait enfin cette opulente collectivité diamantaire anversoise dont le président d'honneur était M. Louis Coetermans, consul de Perse, à Anvers.

Un petit pavillon elliptique avait été édifié par la collectivité. A l'intérieur, dans de solides coffres-forts, dormait la précieuse matière à travailler ou déjà façonnée. Sur la face qui regardait l'espace laissé libre dans la travée centrale, du côté de la section allemande, se trouvait une espèce de cage longue et vitrée où quelques ouvriers se livraient aux manipulations successives que nous avons décrites plus haut; le public
s'intéressait vivement à cette leçon de choses.

Enfin, les côtés extérieurs du pavillon se creusaient, à hauteur d'homme, en petites niches où reposaient, sur des coussins de tonalités neutres, les bijoux, les colliers dont quelques-uns constituaient les gros lots de la tombola de l'Exposition; à côté, on remarquait le diamant brut, présentant assez bien l'aspect du verre élimé et sale.

Huit maisons anversoises faisaient partie de la collectivité susnommée; une seule était de Bruxelles. C'étaient les maisons anversoises Ad. Adler, Coetermans-Henrichs, Armand Dreyfus, Michel Feher, Himmelblau et O^, Maurice Polak, Ries et Cie, Tolkowsky et la maison bruxelloise Ryziger et fils; cette dernière exposait un perron liégeois dessiné au moyen de diamants, représentant une valeur de 500.000 francs.

Le compartiment belge de l'orfèvrerie et de la bijouterie avait une beauté d'aspect et une importance tout à fait remarquables.

C'est là surtout que s'avérait le souci moderne et très juste de produire des oeuvres qui ne soient pas seulement belles parce qu'elles sont fabriquées en métal ou en matière d'un grand prix.

Dans l'ordre des classes, l'horlogerie leur succédait. Cette industrie, bien qu'elle soit pratiquée un peu partout, ne jouit pas en Belgique d'une importance de premier ordre. Quatre seules maisons belges d'horlogerie participaient à l'Exposition ; c'étaient les maisons Henri Adam, de Bruxelles; A. et J. Fourdin, de Malines, avec une horloge de tour sonnant sur deux cloches; les fils de Jacques Meyer, de Bruxelles, avec une
vitrine de montres et de pièces d'horlogerie; J. Tollebeck et Cie de Lombeek-Sainte-Catherine, avec une horloge de tour et les pièces s'y rapportant.

Le programme de la classe suivante, la classe 97, était plus vaste; il embrassait le bronze, la fonte et la ferronnerie d'art, les métaux repoussés.

Dès l'entrée dans l'Exposition par les portes d'accès du portique central, un luxueux pavillon, ouvert de tous côtés, se présentait au visiteur. C'était le stand de la Compagnie des Bronzes, exécuté par le talentueux architecte, M. Jules Brunfaut. La Société anonyme de la Compagnie des Bronzes s'y montrait sous un aspect réellement séduisant. On remarquait dans son stand autre chose qu'une armée de statuettes posées les unes à côté des autres sur des tablettes d'exposition, sans souci de l'effet décoratif qu'elles sont susceptibles de produire. Les objets étaient présentés sur des étagères de goût, posées de ci de là, en un artistique et vivant désordre. On y remarquait des bronzes d'art et d'ameublement, des lustres d'une grande beauté. Cette intéressante société fabrique encore la fonte dite à cire perdue, manipulation très délicate mais qui conserve au fac-similé en métal le « coup de pouce » de l'artiste, ' son « faire » particulier que les autres procédés de reproduction dérobent presque entièrement.

Dans le même genre d'exposition, on notait encore les maisons J. Dehin frères, de Liège, Luppens et C^ de Bruxelles, dont les intéressants bronzes garnissaient le bureau de la Collectivité belge de la Brasserie; les usines Vojave, de Bruxelles, qui nous présentaient deux lampadaires en bronze exécutés selon les dessins de l'architecte J. Brunfaut; Alphonse Van Aerschodt, de Bruxelles, et J. Wilmotte et fils, de Liège.

La ferronnerie d'art est très florissante en Belgique ; merveilleuse industrie, celle-ci conserve à la matière qu'elle emploie des tonalités imprévues et charmantes qui lui donnent une certaine parenté avec les industries de la céramique et de la poterie d'art.

De nombreux ferronniers d'art avaient disposé de leurs travaux le long de la première travée qui s'ouvrait, à droite, après le passage sous le chemin de fer du Nord- Belge. C'étaient MM. Alexandre, de Marcinelle, avec des pieds de lampe, des lanternes, des lustres; O. Alexandre, de Liège, avec un encrier en fer forgé; A. Arens, d'Anvers, Moest-Poncin, de Liège, Van den Broeck Henri, de Tournai et de Lierre; enfin l'artiste forgeron Louis Van Boeckel, de Lierre, exposait de nombreux objets révélant dans leur auteur un homme épris de la forme, de la couleur et traduisant dans cette matière fruste, le fer, les fleurs les plus souples, les feuillages les plus frêles avec un bonheur et une délicatesse qui ne laissaient de susciter la plus vive admiration.

Une société nouvelle, « L'Oxhydrique », de Bruxelles, nous présentait aussi des pièces de ferronnerie d'art, intéressantes parce qu'elles étaient fabriquées au moyen du chalumeau oxhydrique.

Notons encore la maison Serrurier et Cie de Liège, qui exposait divers ouvrages en métaux travaillés et repoussés.

Suivait la classe 98 qui avait trait à la brosserie, à la tabletterie, à la vannerie et à la maroquinerie. Seules, les trois premières de ces industries étaient représentées.

Notons les produits les plus divers de la brosserie de l'importante maison Delhaize frères et Cie; les objets en bois gravé et sculpté de la Boissellerie artistique de Villers-devant-Orval, les pipes en racine de bruyère de MM. Breyer frères et soeurs, d'Arlon, dont le rustique et original pavillon se dressait au bord de la Meuse, en face du Palais de la Ville de Liège; les pipes de tous modèles de M. J. B. Vinche, de Bruxelles; les peignes de M. Scuri, de Liège; enfin, les produits des établissements Van Oye, de Bruxelles, comprenant la Société anonyme des Produits du Rotin et les Vanneries des Flandres.

L'industrie du caoutchouc et de la gutta-percha, les objets de voyage et de campement constituaient le programme de la classe 99.

Une dizaine d'usines belges s'occupent de la fabrication et de la mise en oeuvre du caoutchouc; Liège et Bruxelles possèdent notamment quelques maisons que l'on peut considérer comme de premier ordre. Deux de ces manufactures occupent chacune 300 à 350 ouvriers, les autres ont un personnel de 40 à 60 ouvriers.

La fabrication belge n'est en rien inférieure à celle des concurrents français, allemands et anglais. Les gommes les plus employées sont celles de Para (qualité supérieure et negrohead), dont le marché est à Londres et celles du Congo, importées par Anvers.

On achète aussi, sur les places de Liverpool et de Hambourg, les caoutchoucs du Mexique, de la Colombie, de Java, etc. ; la gutta-percha dont on se sert pour la fabrication de certains articles, en raison de ses qualités éminemment isolatrices, provient surtout de Bornéo et de Manille.

La plupart des manufactures belges fournissent les articles industriels, mais nombre d'entre elles se sont spécialisées.

Ainsi, une importante usine de Liège s'occupe de la confection des pneumatiques pour automobiles et motocyclettes; elle est arrivée à égaler dans ses produits ceux des maisons anglaises et françaises les plus réputées.

Un établissement de Cureghem s'emploie surtout à la production en grand de la feuille anglaise et des ballons, jouets, tétines, etc. ; certaines firmes de Bruxelles, Menin, Sclessin, ont pris comme spécialité la confection de pièces en caoutchouc durci, plus ou moins souple, pour filatures, papeteries, sucreries, etc., des tuyaux de toute espèce, des tissus et des vêtements imperméables, etc.; enfin une usine d'Alost s'est restreinte à la fabrication des galoches.

Mentionnons encore, dans les matières fabriquées par les industriels du caoutchouc, l'ébonite, caoutchouc fortement vulcanisé et possédant, en plus de sa rigidité, la propriété d'être mauvais conducteur et d'être inattaquable aux agents chimiques.

On fait en ébonite des tubes pour produits chimiques, des caisses pour accumulateurs électriques, des rouleaux pour filatures et pour papeteries, des appareils de télégraphie et de téléphonie, des instruments de physique, de chimie, de chirurgie, certaines pièces employées en armurerie, etc.

Les exposants de la classe que nous avons en vue comptaient parmi eux les principaux représentants de l'industrie du caoutchouc.

C'étaient les anciens établissements De Vriendt, de Forest-Bruxelles, avec des déchets de caoutchouc, des bâches, des tapis de cuir; MM. A. Charlier, de Louvain, avec des bourrages de tous systèmes et des joints dits « Securitas »; A. Cornand, de Vilvorde, avec des tissus cirés et huilés; Michel-Jackson, de Menin, avec divers articles en caoutchouc dont des vêtements imperméables.

Accordons une mention spéciale à la Manufacture générale de caoutchouc de la Meuse, à Sclessin, qui nous présentait du caoutchouc brut et manufacturé, de l'ébonite, de la gutta-percha, des vêtements imperméables; à la Manufacture liégeoise de caoutchouc Englebert fils et Cie, qui exposait ses divers produits en caoutchouc souple, durci, et en gutta-percha et surtout ses pneus « Continental »; à la Société anonyme Colonial Rubber, de Gand, qui offrait à notre examen des objets en caoutchouc souple pour l'industrie, des objets de voyage et de campement. Les maisons Donaux et Desmet, de Bruxelles, étaient représentées par des malles de voyage dites « colibri »; la maison Adolphe Fontaine, de Bruxelles, par des articles de voyage ; la Veuve Silas-Guillon, de Bruxelles, par des malles dites « hirondelles » ; Jules Truyen, de Liège, par des malles, sacs, trousses, valises, etc.; Van Neck frères, de Bruxelles, par des objets composant le matériel de campement; Vlaminx et Blondieau, de Vilvorde, par des parasols de jardins, des tentes de plage et de campement.

L'industrie de la bimbeloterie (classe 100) terminait le groupe des industries diverses. Bien que cette industrie soit représentée un peu partout en Belgique et que, dans certaines villes, elle atteigne parfois une réelle importance, une seule maison belge exposait dans cette classe: les anciens établissements De Vriendt, de Forest-Bruxelles, qui présentaient à l'examen des visiteurs des confetti multicolores.

©Livre d'Or de l'Exposition Universelle de Liège 1905