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Fils, Tissus, Vêtements


Fils, Tissus, Vêtements à l'exposition de Liège 1905

Les industries textiles occupent une des premières places parmi celles qui concourent le plus à élever le chiffre de la production générale de la Belgique. Les tissus belges jouissent à l'étranger, parmi les connaisseurs, d'une renommée très grande.

Plus d'une étoffe fabriquée à Verviers et vendue à Londres ou à Paris, nous revient ensuite, confectionnée, avec l'étiquette de tissu anglais ; les caprices de la mode imposent de ces bizarreries.

Le Comité du groupe XIII était ainsi composé:

Président :
M. SIMONIS, A., premier vice-président du Sénat, ancien commissaire de Belgique à l'Exposition de Chicago, vice-président de la Commission Supérieure de Patronage, à Verviers.

Commissaire spécial :
M. TIMMERMANS, Fr. , ingénieur, directeur gérant de la Société Anonyme des Ateliers de Construction de la Meuse, membre du Conseil supérieur de l'Industrie et du Commerce, membre de la Commission Supérieure de Patronage, à Liège.

Vice-Présidents :
MM. Lavalette, Adolphe, fabricant de dentelles, président de la Chambre Syndicale des Dentelles, membre de la Commission Supérieure de Patronage, à Bruxelles.

Van Hoegaerden, Ferdinand, vice-président de la Chambre de Commerce de Bruxelles (Union Syndicale), président de la Chambre Syndicale des Fils et Tissus, membre de la Commission Supérieure de Patronage, à Bruxelles.

Vaxelaire, François, industriel, membre de la Commission Supérieure de Patronage, à Bruxelles.

Secrétaire et Trésorier :
M. Van Acker, Paul, filateur de coton, membre de la Commission Supérieure de Patronage, à Gand.

Il est incontestable que les efforts réunis de ces personnalités hautement compétentes furent pour beaucoup dans l'importance prise- par le groupe XIII.

Son programme était rempli, en majeure partie, par des collectivités. C'étaient:
la collectivité verviétoise des machines, la collectivité des apprêteurs gantois, la collectivité des tissus de coton, la collectivité des tissus de lin, chanvre, etc., la collectivité des tissus de laine, la collectivité des laveurs et carboniseurs de l'arrondissement de Verviers, la collectivité des Arts décoratifs, la collectivité du vêtement.

Les produits et appareils ressortissant du groupe XIII occupaient trois compartiments.

Les grosses machines à tisser furent installées au fond du hall des machines, ;à proximité de la force motrice capable de les mettre en mouvement. Les collections de fils variés, les longues draperies, occupaient un compartiment séparé auprès de la galerie centrale des halls d'amont, enfin, dans la même galerie, mais plus proche du Nord-Belge, se trouvait un îlot de délicieuses vitrines contenant les vêtements confectionnés, les soies, les dentelles.

Cette topographie établie, nous examinerons brièvement chacune des classes du groupe, réunissant celles qui souffrent d'être envisagées sous un même point de vue.

MATÉRIEL ET PROCÉDÉS DE LA FILATURE ET DE LA CORDERIE, DE LA FABRICATION DES TISSUS, DU BLANCHIMENT, DE LA TEINTURE, DE L'IMPRESSION ET DE L'APPRÊT DES MATIÈRES TEXTILES A LEURS DIVERS ÉTATS, DE LA COUTURE ET DE LA CONFECTION.

CLASSES 76, 77, 78, 79.

Le programme de ces classes se rapportait aux machines et aux modifications qu'elles font subir aux matières textiles.

Deux collectivités groupaient la majeure partie des exposants : l'une était l'importante collectivité verviétoise des machines textiles, l'autre la collectivité des apprêteurs gantois.

Ainsi que nous l'avons déjà fait remarquer, un stand spécial, aménagé dans la galerie des machines, groupait les appareils de la première collectivité.

Les maisons suivantes en faisaient partie: Maurice Couvreur, à Verviers; Despa et fils, à Verviers; Léon Dugauquier, à Houdeng-Goegnies ; Fernand Houget et Cie, à Verviers; Lucien Legrand, à Anvers; Société anonyme verviétoise pour la construction de machines, à Verviers.

Ces maisons exposaient des machines en usage dans les industries de la filature et de la corderie. Les deux dernières exposaient également, l'une des machines pour l'apprêt des matières textiles, l'autre des machines et des appareils pour le blanchiment, la teinture, l'impression et l'apprêt des matières textiles ainsi que des appareils destinés aux opérations préparatoires du tissage.

Les maisons Veuve Math. Snoeck, à Ensival-Verviers, avec des métiers à tisser; Crosset et Debâtisse, à Hodimont-Verviers, avec une essoreuse au large continue par aspiration; une presse cylindrique continue à vapeur; Renson, J., à Bruxelles, avec des machines pour blanchisseries; Ad. Troupin, à Verviers, avec des tondeuses de toutes espèces; Jules Housoul, à Chapon-Seraing, avec une machine à lessiver; E. D'Haenens-
Gathier, à Gand, avec des machines à tricoter de toutes grandeurs, faisaient également partie de la collectivité susdite.

MM. Waelkens, Aimé et fils, à Thielt, exposaient un métier à tisser; A. Lefèvre, à Ixelles, une machine à broder pour lingerie; Paul, Louis, à Liège, une machine à boutonnières et un régulateur pour col de soutane; E. Cornély et fils, à Bruxelles, des machines à broder tous les tissus; Joseph Van den Steen, à Louvain, des coussins et des planchettes à presser pour la confection; la Société Willcox et Gibbs Sewing Machine Co, à Gand, des machines à coudre de toutes espèces.

La seconde partie du programme des quatre classes que nous examinons était attribuée aux spécimens de tissus et aux fils blanchis, apprêtés, laines. Ceux-ci constituaient l'exposition de M. Félix Beernaerts, à Gand, et de l'importante collectivité des apprêteurs gantois.

Celle-ci groupait les maisons suivantes: Alsberghe et Van Oost; Eugène Bayens et Cie; De Bakker, De Rudder et Cie; Gaston Fontheneau; Indiennerie-Teinturerie gantoise; Antoine Tiberghien.

Les bustes à corsets, les mannequins en cire, exposés par M. H. Bossut, à Bruxelles, complétaient le programme des classes 76, 77, 78 et 79.


FILS ET TISSUS DE COTON.
CLASSE 80.

La filature du coton compte au nombre des industries textiles les plus importantes de la Belgique. Elle activait, en 1905, 902.000 boîtes à filer et 256.000 broches à retordre, desservies par un personnel de 8.000 ouvriers. Cette industrie est pratiquée par une cinquantaine de maisons, dont dix ne font que le retordage, huit la filature seulement et trente-deux la filature et le retordage à la fois.

Les filatures de coton sont situées dans les Flandres, le Hainaut et le Brabant.

La ville de Gand compte, à elle seule, vingt établissements de filature de coton.

La filature belge utilise surtout les cotons d'Amérique (Louisiane, Texas, etc.), les cotons des Indes (Bengale, Dhollerah, Coconadah, etc.), et les cotons d'Egypte (Fulel).

Ces cotons sont quelquefois achetés directement aux lieux de production, mais le plus souvent sur les marchés d'Europe, notamment à Liverpool, à Anvers, au Havre.

La production belge des fils de coton peut être évaluée à 27 millions de kilogrammes.

Elle comporte pour les quatre cinquièmes environ, des fils simples écrus, c'est-à-dire destinés à la fabrication des tissus blanchis, teints ou imprimés.

De nombreux industriels belges avaient exposé ces produits à la World's Fair liégeoise.

On y remarquait tout d'abord deux collectivités: la collectivité des tissus de coton et la collectivité des apprêteurs gantois dont les membres que nous avons précédemment nommés exposaient des fils et des tissus de coton, divers de qualités et de transformations variées.

Dans cet ordre de produits, on notait les maisons Caessens Constant, de Courtrai; la Société anonyme Baertsoen et Buysse, de Gand; la Société anonyme de Stalle, à Bruxelles; la Société anonyme des anciens Etablissements Vincent, à Gand; la Société anonyme des Impressions et Tissus de la Senne, à Bruxelles; la Société anonyme Lousbergs, à Gand ; la Société anonyme « Florida », à Gand ; la Société anonyme des Usines cotonnières de Gand, Zele-Tubize, à Bruxelles; M. P. Van Acker, à Gand; Van Ceulebroeck, à Gand; Félix Coppens, à Courtrai; la Société anonyme de Loth, à Loth; M. René Van Doorne, à Eecloo. Ces trois derniers producteurs exposaient à titre individuel.

Certaines maisons avaient, par la variété de leurs produits, formé des étalages très intéressants. On relevait dans cet ordre d'idées, les maisons gantoises Abbeloos et Van den Heede, avec du linge de table; Félix Beernaerts avec des tissus de coton unis et façonnés; De Coster et Rousseau avec des calicots écrus, teints et blanchis, des molletons, des dimittes, des flanelles; d'Ennetières, de Comines, avec des rubans de tous genres; les ctablissemens Qratry, de Courtrai, avec des cotonnades et fantaisies ; Isabey et O^', de Lol^eren ; Eugène Marlier, de Bruxelles ; Ramlot et Cie de Termonde; la Société anonyme « La Dendre », de Termonde; MM. Steurbaut, de Gand; Vueghs, de Turnhout, et enfin, MM. De Porre et Cruyplants, de Gand, avec des cretonnes, des madapolams, des shirtings croisés blancs secs, croisés molletons blancs, des basins satinés et cylindres, brillantes, des reps blancs, des basins stores, des cuirs piqués blancs secs et peignés; des essuie-mains; des éponges, des flanelles, des calicots, etc. Toutes les maisons que nous avons citées, sauf celles que nous avons signalées comme exposant à titre individuel, faisaient partie de la collectivité des Tissus de coton.


FILS ET TISSUS DE LIN, DE CHANVRE - PRODUITS DE LA CORDERIE.
CLASSE 81.

Les vingt-huit filatures de lin et d'étoupes que comptait en 1905 notre pays, sont, en majeure partie, situées dans les deux Flandres. La ville de Gand en compte dix-sept.

L'industrie de la filature du lin activait, à cette date, 280.000 broches, desservies par un personnel d'environ 14.000 ouvriers.

Outre le lin de Courtrai qui est le meilleur des lins d'Europe, la filature belge travaille également les lins de Hollande, de Russie, de France, etc. La production annuelle peut être évaluée à plus de 30.000.000 de kilogs.

L'industrie de la filature du jute, répartie dans les deux Flandres, compte, en Belgique, treize établissements qui, avec un matériel de 32.800 broches et un personnel de 1.500 à 1.600 ouvriers, transforment annuellement une quantité de 18 à 19 millions de kilogrammes de jutes et d'étoupes de jute donnant lieu à une production de 16 à 17 millions de kilogrammes de fils simples écrus.

Les fils de jute servent principalement à la fabrication de toiles d'emballage, de toiles à sacs, de nattes, de sangles, etc. Le jute prenant assez bien la teinture, on l'emploie également en mélange avec d'autres textiles, à la fabrication de tapis, de tissus, pour ameublement, etc.

Quant au travail mécanique du chanvre, en vue d'en retirer des fils pour le tissage et la corderie, il est peu développé en Belgique. Ce travail s'est principalement localisé à Lokeren, qui compte trois filatures mécaniques de chanvre, comportant 6.000 broches et utilisant 400 chevaux-vapeur.

La production du fil de chanvre, pour le tissage et la corderie, est de 1.800.000 kilogs, d'une valeur moyenne de 2.500.000 francs.

Les principaux représentants de ces diverses industries exposaient à Liège.

On y remarquait de nouveau l'importante collectivité des apprêteurs gantois et les importantes Sociétés la Liève, la Lys, la Société anonyme des anciens Etablissements Morel et Verbeke, de Qand; Caessens, de Courtrai ; Charlier et Mélard, de Liège ; L. De Kien et fils, de Courtrai; de Smidt-Van Moer, de Courtrai ; Schaetsaert et Bossuyt, de Qand; la Société anonyme la Linière de Saint-Léonard, à Liège; la Société anonyme la Linière gantoise, à Gand ; M. Steurbaut, à Gand, et d'autres qui faisaient partie de la Collectivité des Tissus de lin, de chanvre, etc. Voici du reste la composition de cette dernière collectivité ;

Anciens établissements Morel et Verbeke, de Qand; Constant Caesens, Courtrai; Félix Coppens, Courtrai; E. Charlier et L. Mélard, Liège ; Gonzalez Cock, Lokeren; Corderie à vapeur, Hannay frères, Glain lez-Liège; Léonard De Kien et fils, Courtrai;

De Smidt-van Moer, Courtrai; Georges Devos, Courtrai; Jules Devos, Courtrai; Etablissements Houpels-Baut, Courtrai; Casimir Geuten, Harlebeke lez-Courtrai ; Gust. Glorieux, Courtrai; Lenoir et Deschrijver, Roulers; Linière « La Liève », Gand; Schaetsaert et Bossuyt-Tack, Gand; Société anonyme « La Lys », Gand; Société anonyme des établissements P. De Gryse-Facon, Roulers; Société anonyme jutière des anciens établissements
Vyt et Cie Lokeren; Société anonyme Linière de Saint-Léonard, Liège; Société anonyme Linière gantoise, Gand; Société anonyme «Linière Saint-Sauveur», Gand; Société anonyme Vertongen-Goens, Termonde; G. Steurbaut, Gand; Tissage et Teinturerie du Canal, Courtrai; René van Doorne, Eecloo; Verhoost frères, Courtrai.

Les produits de la corderie étaient représentés principalement par les maisons Arthur Borgers, d'Ostende, la corderie à vapeur de Glain, M. Louis de Hemptine, d'Ostende et l'importante Société Vertongen-Goens, de Termonde.

L'amiante, qui ressortissait à cette classe, était exposé par quelques maisons disséminées dans le pays: la Manufacture générale de Caoutchouc de la Meuse, à Sclessin, près de Liège; la Manufacture belge d'Amiante et de Caoutchouc de Deurne-Anvers, et la Société anonyme Colonial Rubber, de Gand.

FILS ET TISSUS DE LAINE.
CLASSE 82.

Le cas le plus général, dans l'industrie de la laine, est la spécialisation des fabricants qui s'y adonnent; en effet, bien que quelques grandes firmes aient concentré toutes les opérations de la filature sous une seule et même direction, cette concentration
exige de tels capitaux que peu d'établissements peuvent se le permettre.

L'industrie de la laine comporte généralement les industries subdivisionnaires qui sont les lavoirs et épaillages chimiques, les fabricants de laine artificielle; les peignages, les filatures de laines cardées.

L'industrie de la filature de la laine, localisée, avant le XIIe siècle, dans la Flandre, doit son implantation dans l'arrondissement de Verviers à ce fait qu'une inondation ravagea, en 1112, la Flandre, et provoqua une immigration considérable d'ouvriers fileurs flamands en Wallonie.

L'industrie textile était alors très rudimentaire et ce n'est qu'après la Révolution de 1789 que les premiers perfectionnements s'introduisirent chez nous.

Actuellement, l'outillage de nos fabricants est à même de rivaliser avec celui des plus grandes maisons d'Angleterre et de France.

Les lavoirs et épaillages chimiques situés en majeure partie dans l'arrondissement de Verviers, jouissent d'une réputation européenne. Grâce à l'abondance et à la pureté des eaux fournies par le réservoir de la Gileppe, grâce aux soins méticuleux apportés au triage et à l'épuration des matières à traiter, nos laveurs, nos carboniseurs desservent non seulement les filatures du pays, mais travaillent également à façon pour les filatures de l'Allemagne, de l'Autriche, de la Russie, de la France, etc.

Une dizaine de fabriques de laine artificielle, avec un personnel de plus de 600 ouvriers, font l'effilochage et le carbonisage des chiffons.

On effiloche les chiffons provenant de tissus neufs ou de tissus usagés; les premiers sont évidemment les meilleurs.

Les chiffons provenant de tissus demi-laine sont toujours carbonisés, c'est-à-dire traités par un bain acidulé d'acide sulfurique, en vue de détruire la partie végétale, c'est-à-dire le coton.

Les établissements belges de peignage traitent en moyenne 21 millions de kilogs de laine en suint par an. Après lavage, cette quantité se réduit à dix millions et demi de kilogs de laine passant aux opérations du cardage, des préparations avant peignage et enfin au peignage proprement dit pour donner 6.730.000 kilos de ruban peigné et 1.800.000 kilos de blousses.

Viennent ensuite les filatures de laine peignée et les filatures de laine cardée. C'est cette dernière spécialité qui a le plus contribué à établir la réputation européenne de l'industrie verviétoise. Cette bonne renommée est due à l'intelligence des filateurs belges et à l'habileté professionnelle des ouvriers verviétois. On fait en laine cardée des fils écrus, blancs, mêlés, teints et les fils nouveautés, tels que de coton des fils mixtes dits vigogne-lama, etc.

La représentation de tissus de laine fournis par la filature verviétoise n'était pas moins importante, ni moins complète que celle des machines utilisées par l'industrie textile.

Dans le compartiment dont nous avons précédemment indiqué la situation, de longues draperies de différentes teintes garnissaient les cloisons, c'étaient les produits de nos filateurs.

L'importante collectivité des Laveurs et Carboniseurs de l'arrondissement de Verviers qui comprenait les maisons Constant Despa, H. Duvivier et Cie, Christian Fettweis, Jos. Lang, Jos. et Eug. Melen, Peltzer et Cie, Simonis et Chapuis, Saint-Remy Nicolas et fils, François Voos, Guillaume Vosse et Cie, exposait des laines et des déchets de laine lavés et carbonisés très soigneusement.

Les membres de cette collectivité faisaient aussi partie de la collectivité des Tissus de laines qui comprenait encore un certain nombre de maisons de tissage.

M. Jacques Bonsang, de Bruxelles, exposait des flocons et déchets de laines pour literie; la Société d'Eecloo, des articles en laine pour costumes ainsi que des paletots pour hommes et des cabans pour dames; la Société anonyme Lainière de Sterrebeek, à Bruxelles, des couvertures de laine; la Société anonyme de Loth, à Loth, près Bruxelles, et la Société anonyme Manufacture de tissus à Dinant, des laines peignées et filées; M. Tasté, de Verviers, des tissus de laine; M. Voos, de Verviers, des draps de billard, etc.

A ces industriels s'ajoutait un important groupe de fabricants verviétois. MM. Alfred Follet et fils avaient présenté un tableau composé de tous les genres de filature de laines peignées de divers taux et de toutes nuances, ainsi que des écrus.

MM. Louis et Jules Garot avaient un assortiment de coupes d'étoffes de laine pour hommes et dames, des tissus d'été et d'hiver; MM. Hauzeur, fils aîné et Cie, d'Ensival-Verviers, des nouveautés pour hommes, des cover-coats, des amazones, des tissus peignés, noirs et de couleurs, des draps de Sedan, etc.

A côté des produits de cette importante maison, se plaçaient les tissus nouveautés, les draps et les satins, les draps pour voitures, les draps de dames, les draps de billard, etc., de MM. Peltzer et fils, les fils de laine peignée cardée, les étoffes de laine fantaisie, les draps de dames, les draps d'administration, les draps de billard de M. Iwan Simonis, les fils écrus et mélangés, les fils fantaisie de M. J. J. Petit, les laines brutes, peignées, teintes et fibres de la Société « La Vesdre », enfin, les étoffes de laine nouveautés de MM. Kaff et Cie.


SOIES ET TISSUS DE SOIE.
CLASSE 83.

Près du compartiment qui groupait ces importants produits de nos filateurs et à même la galerie centrale, se trouvait un îlot de gracieuses vitrines, aux glaces miroitantes.

Les espaces ménagés entre elles se couvraient, sur le plancher, d'épais tapis d'une gaie nuance. Ces vitrines réunies en cercle, formaient par leur groupement une sorte de rond-point où s'offraient des divans circulaires. En tout temps ce stand était bondé de femmes souriantes et émerveillées.

C'est que ces diverses vitrines groupaient les produits bien propres à les intéresser.

Venait en premier lieu la classe 83 avec ses soies et ses tissus de soie.

Bien que la Belgique soit tributaire de l'étranger pour toutes les soies moulinées, elle possède cependant quelques établissements de retordage qui assemblent les fils simplement moulinés pour en faire des fils et cordonnets à coudre et à broder.

On fabrique aussi à Ath (Filature d'Ath, société anonyme, à Ath), des fils de schappe, c'est-à-dire des fils que l'on retire des déchets de magnaneries et des ateliers de moulinage (bourres, frisons, cocons percés). Ces déchets sont débouillis (décreusés), séchés, puis subissent une sorte de peignage. Après peignage, la matière est placée sur une étaleuse qui en forme un ruban continu passant aux vitrages, aux bancs à broches.

La mèche obtenue est ensuite filée au métier continu.

Les fils produits servent au retordage et au tissage.

Nombre d'industriels de la soie avaient tenu à faire figurer leurs produits à Liège.

C'étaient MM. d'Ennetières, de Comines, avec des rubans de soie, de simili-soie, des rubans brochés et des rubans de soie et coton. M. De Heuvel, de Bruxelles, avec des soies écrues et teintes; la Société l'Union de Termonde, avec des châles, des pagnes et des couvertures en soie; Smits, de Bruxelles, avec des tissus de soie; Thys, de Bruxelles, avec des fils de soie; les Filatures d'Ath, dont nous avons parlé plus haut, avec des fils et tissus de bourre de soie; enfin, la Société anonyme belge pour la fabrication de la soie artificielle avec des fils de soie artificielle de toute beauté.

A cette dernière catégorie de produits, ressortissaient également les soies de la Société anonyme de la Fabrique de soie artificielle de Tubize.

Cette société produit de la soie artificielle par le procédé Chardonnet. Ce procédé consiste à dissoudre de la cellulose (coton, pâte de bois), dans un mélange d'acide nitrique et d'acide sulfurique. La cellulose nitrique obtenue est dissoute à son tour dans un mélange d'alcool et d'éther, puis placée dans un récipient sous haute pression, d'où elle sort sous forme de petits tubes capillaires qui se solidifient par refroidissement. Ces fils, doublés et moulinés, donnent un produit ressemblant à la soie moulinée employée pour la fabrication des rubans, de la passementerie et de certains tissus, notamment des tissus d'ameublement.

Le pavillon de Tubize était situé au milieu de l'Esplanade des Venues, dans le plus joli décor qui fut, de parterres fleuris. On s'était inspiré, pour son exécution, d'un joli rendez-vous de chasse du parc de Versailles, de forme octogonale, du plus pur Louis XIV.

A l'intérieur, était aménagé un splendide salon de huit mètres de diamètre. Parmi les merveilles artistiques qu'il contenait, on notait des tentures d'un éclat incomparable et d'un relief merveilleux, des coussins, des fauteuils, des tabourets superbement brodés, un écran auquel la soie artificielle qui le couvrait donnait l'aspect d'une vieille tapisserie des Gobelins, des chasubles, des robes, des tresses, des franges, etc. Mais au milieu de cette profusion de belles choses, deux merveilles attiraient surtout l'attention des visiteurs, c'étaient deux chefs-d'oeuvre de broderie à la main, entièrement exécutés en soie artificielle.

C'était d'abord un superbe paravent Louis XIV, véritable oeuvre d'art, et ensuite une reproduction du célèbre couvre-lit de la Reine Marie-Antoinette, à Trianon, que conserve aujourd'hui le Musée de Versailles. Par une savante interprétation du précieux original dont le temps a en partie détruit l'harmonie des couleurs, l'artiste avait rendu à cette oeuvre l'allure qu'elle devait avoir il y a cent vingt ans.


DENTELLES, BRODERIES ET PASSEMENTERIE.
CLASSE 84.

Aux soies et tissus de soies succédaient les dentelles, les broderies et les passementeries.

Cette classe d'un si puissant attrait, se trouvait groupée dans ce merveilleux Palais de la Dentelle, situé au quartier des Palais. Notre éminent collaborateur M. Pierre Verhaege, de Gand, lui consacrant une notice détaillée, nous n'en parlerons pas à cette place.


INDUSTRIES DE LA CONFECTION ET DE LA COUTURE POUR HOMMES, FEMMES ET ENFANTS.
CLASSE 85.

Une bonne partie de l'intérêt qu'offrait l'îlot des vitrines dont nous avons parlé, se trouvait monopolisé par le groupement des industries de la confection et de la couture pour hommes, femmes et enfants. La plupart des grandes maisons d'habillement se trouve à Bruxelles. Beaucoup' d'entre elles, cependant, possèdent des succursales dans les principaux chefs-lieux de province. Bien que Bruxelles, au point de vue de la mode, soit tributaire de Paris et de Londres, les couturiers et les magasins de mode qui y sont établis réussissent à merveille ce qu'on appelle le « genre de Paris ».

Parmi les grands magasins qui exposèrent à Liège, on relevait les. célèbres maisons Bernheim frères, Vaxelaire-Claes et Cie, et la Compagnie anglaise, Choque et Zorn.

Différents tailleurs présentaient individuellement leurs travaux. C'étaient M. Adolphe Davreux, de Liège, avec deux robes de dames sur mannequins; François Halleux, de Liège, avec une livrée de gala et un pardessus de cavalier; Jean Henniken, de Liège, avec un costume, une redingote et un gilet fantaisie, un costume-jaquette, un paletot; Paul Louis, de Liège, avec une soutane et un pardessus pour ecclésiastiques ; Van Lerberghe, de Bruxelles, avec des habits de cour et des uniformes étrangers; Benoît Lance, de Liège, avec des vêtements variés pour hommes; Crutzen et Cie de Dison, avec, des vêtements en tissus, en peau et en fourrures, pour hommes et dames, et, enfin, M. Jean Jazowski, de Bruxelles, avec ses luxueuses fourrures. Toutes ces maisons, sauf les deux dernières faisaient partie de la collectivité du Vêtement.


INDUSTRIES DIVERSES DU VETEMENT
CLASSE 86.

Venait enfin la classe 86, la dernière du groupe, avec un programme très varié d'industries diverses du vêtement. La plupart de celles-ci ont leurs grandes manufactures à Bruxelles; il n'est pas cependant de villes un peu importantes qui n'en possède à son tour et de presque tous les genres.

La chapellerie de luxe et ordinaire se trouvait représentée par la Société anonyme de Ruysbroeck lez-Bruxelles, et M. Bertrand, fils, de Glons.

Les maisons Jean Brenu, de Liège; Victor Dumoulin, de Liège; Franck et Cie de Bruxelles; Masson et fils, à Huy; Vandendael, à Verviers; Louis Ververgaert, à Liège; Crutzen frères, à Dison; Demotte, à Châtelineau; Diels-Caers, à Anvers; Glorieux, à Courtrai, et la Société anonyme Escaut-Dendre à Termonde, exposaient des chaussures de la plus grande variété ou des produits relevant de l'industrie générale de la chaussure.

C'étaient encore les corsets, les buses de corsets, etc., des maisons Bernheim frères; Théophile Borremans; Manufacture Royale de corsets P. D.; E. De Heuvel, et Notermans-Nypels, de Liège; d'Ennetière-Forge, de Comines; Rosa Jullien, de Liège; Isabey et Cie, de Lokeren.

A côté, les chemises d'hommes et de femmes présentaient leurs plastrons glacés ou brodés que des cravates fleurissaient; les maisons Gustave Day, de Bruxelles; Eug. Lefebvre, de Bruxelles; Benoît Lance, de Liège; De Smidt-van Moer, de Courtrai, Auguste Krins, de Spa, exposaient des confections de cet ordre.

Venaient enfin des boutons de livrée et d'uniformes, des jetons de sociétés, des spécimens de gravures héraldiques de M. Richard de Rooster, de Bruxelles; des échantillons de bonneterie de MM. Emile Dujardin, de Leuze, et Isidore Delcourt, de Quévaucamps; des lingeries diverses de M.Albert Vleminckx, de Bruxelles, et jetant sur le tout une note gaie, les branches d'orchidées, les touffes de lilas, les bouquets de roses, les arbustes de glycines et les plantes capillaires de la Manufacture de fleurs artificielles de Mme veuve Jules Mosbeux, de Liège.

Tous ces produits, d'une extrême variété, témoignaient d'une exécution des plus soignée et montraient les dernières exigences de la mode capricieuse adoptée par les grandes villes.

©Livre d'Or de l'Exposition Universelle de Liège 1905