Retour - Liste Pavillons

Décoration et Mobilier des Edifices Public et des Habitations


Décoration et Mobilier des Edifices Public et des Habitations à l'exposition de Liège 1905

Le groupe XII comprenait les diverses industries concourant à la décoration des édifices publics et des habitations, ainsi que celles ayant trait à leur ameublement.

Ce vaste programme se subdivisait comme il suit : décoration fixe des édifices publics et dès .habitations; vitraux; papiers peints; meubles à bon marché et meubles de luxe; tapis, tapisseries et autres tissus d'ameublement; décoration mobile et ouvrages du tapissier; céramique; cristaux, verrerie; appareils et procédés du chauffage et de la ventilation; appareils et procédés d'éclairage non électrique.

Nombre d'objets ressortissant de ces groupements ne se trouvaient pas, comme de coutume, réunis en des stands distincts; épars, ils participaient à la décoration du bâtiment de l'Exposition et se présentaient ainsi sous leur véritable aspect d'objets décoratifs.

Signalons au hasard et pour donner un exemple, la jardinière en marbre rose de la Société anonyme de Merbes-le-Château qui ornait le vestibule du portique central des halls.

Il convient de noter encore la présence dans ce groupe de quelques collectivités qui avaient le double avantage de présenter les objets sous leur aspect vivant et de permettre au visiteur de porter une appréciation générale sur les industries qui en faisaient partie.

Nous y insisterons plus loin, mais il serait cependant intéressant d'indiquer, dès à présent, les tendances de l'art décoratif en Belgique. Le somptueux stand de la collectivité des Arts décoratifs ne contribuait pas peu à les mettre en lumière.

On sait que parmi les essais nombreux d'art nouveau qui s'effectuèrent il y a quelques années, s'il y en eût d'intéressants, beaucoup furent tout simplement ridicules.

Là où quelques artistes nous donnèrent une forme nouvelle d'art décoratif, une multitude servile d'imitateurs, dans l'unique souci de rencontrer les sympathies des snobs, nous ahurit d'une débauche de meubles aux lignes torturées, inesthétiques. Prétendant la simplicité en s'inspirant directement des formes de la nature, ils trouvèrent des complications inouïes de style et de formes. La Belgique n'échappa pas à ces réformateurs ridicules. Bientôt, cependant, leurs efforts échouèrent ou, plus exactement, les caprices de la mode leur retirèrent les faveurs dont ils avaient joui un certain temps.

On ne conserva des tendances nouvelles que celles qui étaient amenées par un souci de donner à tout ce qui constitue la décoration plus de simplicité et moins de rigidité dans les lignes.

Il s'établit ainsi entre le passé et le présent des courants qui les unirent en une fusion heureuse. Ce qui avait débuté comme une révolution, finit par n'être qu'une évolution rationnelle.

L'art décoratif belge, tout au moins dans l'ameublement, allie la clarté, la joie de l'art décoratif français à l'austérité de l'art décoratif allemand; c'est l'art décoratif d'un peuple qui aime le bien-être dans la vie. Pour entourer celle-ci, il demande des teintes chaudes, somptueuses et cependant reposantes. Les meubles sont lourds, familiaux; les sièges sont de ceux que l'on désire l'hiver pour rêver au coin du feu.

Tout est pour le confort dans cet ameublement qui ne s'écarte guère de celui de nos ancêtres. Le fait que ces meubles conservent quelques-unes des formes anciennes explique peut-être une partie de leur charme.

Au point de vue du sens même de l'art décoratif, ces tendances sont heureuses.

La joie, même claire, de l'art décoratif français fatigue. La sévérité de l'art décoratif allemand ne semble convenir qu'à des chambres de travail de savants. La fusion de ces deux tendances semble s'être réalisée en Belgique. Au surplus, l'art décoratif d'un pays est étroitement lié au caractère des nationaux ; est grand quand il s'accorde avec lui.

La collectivité des Arts décoratifs se présentait, dès le début de la travée centrale des halls, en un stand réellement admirable.

M. Jules Brunfaut, le talentueux architecte bruxellois, membre de l'Académie Royale de Belgique, était l'auteur de la façade du pavillon et de son installation intérieure qui comprenait notamment l'escalier et sa rampe en fer doré, les lambris décorés de marqueterie, les lampadaires en bronze, le tout de pure Renaissance italienne, les lambris de la salle à manger de style Louis XIV, etc. Celle-ci était d'une heureuse sobriété. Les objets qui la constituaient n'étaient pas, comme en tant d'autres classes, posés ça et là comme pour marquer leur ahurissement de se trouver réunis; ils se groupaient en ce stand, comme des éléments décoratifs capables de constituer l'ameublement d'un hall entouré de salons et le constituant réellement.

Ces salons, avec leur mélange harmonieux de styles italien et français, était élégant et somptueux. Au fond, l'escalier, orné d'une magnifique rampe en fer forgé et repoussé au marteau, exécutée par MM. Franken et Lefèvre, à Bruxelles, se contournait gracieusement. La parqueterie et les lambris, de tonalité grave, de la maison Louis De Waele, de Bruxelles, les mélanges savoureux de marbre et de bronze réalisés en des vases d'art par M. Léonce
Evrard, à Bruxelles, les splendeurs des broderies et des passementeries, le luxe des tapis de la maison Demolder, à Bruxelles, tout cela enfermé dans les frises décoratives de M. Henri Baes, centrant dans leurs teintes adoucies
le charme à la fois somptueux et clair du salon tout entier, prenait les regards émerveillés, avec cette douceur, cette caresse que nous offre l'aspect d'une vie harmonieuse dans sa sérénité.

Citons encore M. Félix Coosemans, à Bruxelles, auteur de l'ornementation sculpturale et M. Philippe Pellarin, à Molenbeek, qui participait à l'ornementation du vestibule par ses échantillons de pavements en mosaïques décoratives.

A côté de cette collectivité, mentionnons Mme veuve Silas Quillon, à Bruxelles, par ses tapis des Flandres, au point noué à la main, en dessins orientaux et de styles anciens et modernes; Mme veuve Jules Leveugle, à Tournai, par ses magnifiques tapis dits « de Tournai »; M. R. Orban, à Liège, par ses cuirs artistiques d'ameublement; MM. Serrurier et Cie, à Liège, par leurs tapis à dessins originaux; Van Belle, à Ledeberg, près de Gand, par son crin frisé animal ; Van de Wielle, à Bruxelles, par son linoléum.

Les éléments faisant partie de la collectivité des Arts décoratifs participaient de trois classes du groupe XII.

La première avait trait à la décoration fixe des édifices publics et des habitations.

Cette qualification embrasse une foule de produits, différents pour chaque exposant.

C'étaient la cheminée en fer forgé de M. Oscar Alexandre, à Liège; le monument funéraire en granit poli de M. Emile Beernaert, à Bruxelles; les ornements pour l'architecture, en zinc, en plomb, en cuivre, de M. Jules Bister, à Namur; les carreaux pour pavements de la Compagnie générale des Produits céramiques à Saint-Ghislain ; les panneaux imitant les bois et les marbres de M. Costeur, à Moorslede et Vindal, à Ath ; les sculptures religieuses de MM. de Beule, à Gand; Fincoeur, à Liège; Javaux, à Liège; Moreau frères, à Liège; les parquets artificiels de Mme veuve Doom et frère, à Ypres; de M. Auguste Lachappelle, à Anvers; les plaques en marmorite de la Marmographie, à Bruxelles ; les panneaux décoratifs et les revêtements d'art céramiques de M. C. Helman, à Bruxelles; de M. Parmentier-Degrève, à Havelange; les revêtements en verre à emboîtement pour murs et plafonds de M. Parkinson, à Ivoz-Ramet; les maquettes de la décoration des principaux théâtres de Bruxelles de M. Joseph Tasson, à Bruxelles; les projets de décoration de M.Daniel Tempels à Bruxelles; enfin, les décorations réalisées en des stands de l'Exposition de M. l'architecte Paul Jaspar, à Liège.

La seconde classe était celle des tapis, des tapisseries et autres tissus d'ameublement.

Ceux-ci comprennent une série d'articles purs ou mélangés, fabriqués en laine, en coton, en soie, en jute, etc., et comportent des articles unis ou façonnés, veloutés ou frisés. L'industrie des tapis a réalisé beaucoup de progrès depuis quelques années. Plusieurs établissements fabriquent actuellement tous les genres, depuis les tissus les plus fins en soie pure ou mélangée jusqu'à jx articles les plus ordinaires en coton pur ou mélangé de jute, et en jute pure, en passant par les moquettes, les peluches, etc.

La Belgique travaille également tous les genres de tapis : les tapis à point noué, les tapis cheville, les tapis moquette frisés ou veloutés, les tapis en poils de vache, les tapis et nattes en coco pur ou mélangés de jute. En dehors des membres déjà cités de la collectivité des Arts décoratifs, un seul exposant participait à cette classe. C'était la maison Braquenié et Cie qui, du reste, faisait partie de la collectivité de l'ameublement dont nous parlerons bientôt, et qui, ensuite, est plutôt française que belge. Des membres de la collectivité des Arts décoratifs dont les objets exposés ressortissaient du programme de certaines classes, il reste à citer M. Emile Van Noten, de Bruxelles, dont les intérieurs de cheminée en bronze et en fer orné participaient des appareils et des procédés du chauffage et de la ventilation.

La collectivité de l'ameublement se présentait ensuite: elle réunissait des fabricants de tapisseries, de passementeries, de meubles, etc.

L'ébénisterie et l'industrie des meubles sont deux spécialités qui ont acquis une grande importance en Belgique. Nos ébénistes actuels ne font, au demeurant, que suivre l'exemple de leurs ancêtres dont les travaux remarquables ornent nos musées, nos vieilles cathédrales, nos vieux palais, etc.

1800 ateliers environ, occupant plus de 7.000 ouvriers, produisent les meubles et les ouvrages d'ébénisterie. Dans ces chiffres ne sont pas compris les chaisiers et les sculpteurs, dont le nombre est d'environ 2.800. Les bois les plus fréquemment employés sont le chêne et le noyer. Les meubles ordinaires se font en bois blanc et en sapin, les meubles en bois courbé en hêtre. Des bois plus rares, l'acajou, le palissandre, le bois de rose, l'ébène, servent à la fabrication des meubles de luxe.

On désignait autrefois sous le nom de « meubles de Malines » des meubles de salle à manger en Renaissance flamande, d'une sculpture assez fruste. Mais aujourd'hui Malines occupe plus de 1.000 ouvriers à la fabrication de meubles de tout style, sculptés et sciés, en noyer et en chêne, pour salons, salles à manger et chambres à coucher. C'est également à Malines que se fait le garnissage des voitures de chemin de fer. Ath fabrique mécaniquement et à la main des meubles de tout genre et de tout style et spécialement des meubles en bois courbé pour mobiliers de cafés et restaurants. Bruxelles, Gand, produisent principalement des mobiliers de luxe pour salons, salles à manger, chambres à coucher en noyer, en acajou, massifs ou plaqués. Le beau meuble riche en bois sculpté est la spécialité de certaines maisons dont les productions sont très recherchées par les amateurs du pays et de l'étranger. Liège fabrique également très bien les meubles de luxe en styles Louis XV et Louis XVI. Plusieurs maisons ont repris la belle tradition des meubles liégeois du XVIIIe siècle, d'une élégance discrète, qui caractérise à merveille le goût raffiné du Wallon.

A l'heure actuelle, Bruxelles et surtout Liège, ont contribué à répandre dans le commerce des meubles dits « modern-style ». Plusieurs des maisons que nous avons en vue ont eu l'heureuse idée de s'adresser pour l'élaboration de leurs modèles à de vrais artistes. A côté des formes courantes et souvent prétentieuses, on rencontre ainsi parfois de vrais chefs-d'oeuvre.

Les mobiliers de bureau et les mobiliers scolaires se fabriquent surtout à Huy, à Liège et à Bruxelles. Tournai excelle dans la fabrication des meubles en bois plaqué; Nivelles fabrique les meubles en pitch-pin, Uccle a la spécialité des carcasses en bois pour meubles recouverts d'étoffes; Berchem-Sainte-Agathe et Uccle construisent des meubles en bois blanc et en sapin.

Au demeurant, les villes belges de quelque importance possèdent des ateliers où on fabrique des meubles.

On peut évaluer à 60 millions de francs la valeur des meubles et autres objets d'ébénisterie produits annuellement. La moitié de cette production est exportée; une partie des meubles Louis XV et Louis XVI, produits à Bruxelles et dans les environs se vend assez couramment à Paris, dans les grands magasins.

La collectivité de l'Ameublement montrait quelques beaux spécimens de meubles de luxe. M. Henri Désir, à Bruxelles, y exposait une chambre à coucher style Louis XVI comprenant un lit en bois doré avec médaillon ivoire et panneaux brodés, un cabinet de toilette de style ordinaire en bois laqué, le tout rehaussé de tapisseries décoratives ; M. H. B. Renard, à Liège, différentes pièces d'ameublement et des meubles anciens; la
maison Snutsel-Manoy, à Bruxelles, des meubles de luxe en acajou, ornés de bronze doré, un ameublement Louis XVI, en bois sculpté et doré, garni de tapisseries d'Aubusson, ainsi que des boiseries sculptées et la décoration murale d'un salon Louis XVI.

Faisaient également partie de cette collectivité M. Jules Losange, à Laeken, avec une cheminée d'art, et MM. Mommaert frères et soeurs, à Bruxelles, avec des passementeries décoratives.

En plus de certains membres de la collectivité de l'Ameublement, un certain nombre d'exposants individuels présentaient des produits qui entraient dans le programme de la classe ayant trait aux meubles à bon marché et aux meubles de luxe.

C'étaient les maisons Henri Coosemans, à Bruxelles; Herman Huybers, à Anvers; Ph. Leclercq, à Liège; Josepti Loutz, à Louvain.; Smal-Lacroix, à Nivelles; la Société anonyme Louis De Waele, à Bruxelles; Wienand-Wery, à Liège, avec des meubles de luxe. Dans ce genre, on mettait hors de pair la maison Serrurier et Cie, de Liège, qui, dans le domaine de l'ameublement proprement dit et de tous ses accessoires, a, en s'inspirant de formes nouvelles, réalisé de véritables merveilles.

Parmi les maisons spécialisées: la maison Duvivier, à Liège, qui exposait des meubles pour cures d'air: chaises longues en fer et en rotin, tables de malades, etc; la fabrique de lits anglais Coppieters et Van Mallaert, à Bruxelles; la maison Louis Schellens, à Bruxelles, qui avait construit les comptoirs pour cafés servant de buffet de dégustation à la collectivité de la Brasserie ; la maison Richelot et Lefèbvre, à Nivelles, qui exposait des meubles à bon marché.

Une spécialité bien distincte de l'industrie des meubles est celle de la fabrication des billards qui se fait en Belgique dans une vingtaine
d'établissements occupant un personnel de 225 ouvriers. La production annuelle s'élève à environ 1200 billards, dont 300 sont vendus
à l'étranger: Hollande, Nord de la France, Allemagne, Indes Néerlandaises, Congo, Perse.

Les fabriques de billards sont installées à Bruxelles, à Anvers, à Gand, à Liège et à Bruges. Le principal établissement, situé à Bruxelles, exécute mécaniquement toutes les pièces entrant dans la construction du billard. Les autres fabriques font exécuter à façon le débitage du bois et le tournage de certaines pièces.

Trois essences différentes de bois entrent généralement dans la construction du billard. On prend le plus souvent du chêne pour faire les pieds, le sapin pour les bandes. Pour le meuble proprement dit, on adopte le chêne, le noyer, le palissandre, l'acajou, l'ébène, etc.

Les tables d'ardoises sont d'origine belge ou importées d'Angleterre, d'Espagne et de Portugal ; les bandes en caoutchouc proviennent du pays même ou de l'Amérique.

Les meilleurs draps de billards sont de provenance verviétoise. Quelques maisons fabriquent également les queues de billards. Elles employent pour la tige le bois de charme ou d'alisier; pour la poignée, une essence plus fine, comme le bois de rose, l'ébène, le palissandre, l'acajou et parfois le corail.

Deux fabricants de billards participaient au groupe XII. C'étaient MM. Victor Neuville, à Liège, et Charles Toulet, à Bruxelles. Ce dernier possède la plus importante fabrique de billards de l'Europe.

Deux importantes collectivités se présentaient ensuite. C'étaient la collectivité de la verrerie et la collectivité de la glacerie.

La fabrication et le façonnage du verre, sous ses applications très nombreuses et très variées, constituent l'une des branches les plus importantes de l'activité industrielle de la Belgique. Les produits belges sont connus et réputés dans le monde entier et il n'est nul pays qui ne soit le tributaire du nôtre, surtout en ce oui concerne les verres à vitre, les glaces et la gobeleterie.

Cette situation privilégiée est due à la bonne qualité des matières premières fournies par le pays, à l'excellente organisation et à l'outillage perfectionné des usines, enfin, à l'habileté héréditaire des ouvriers.

En 1898, on comptait, en Belgique, 55 verreries donnant du travail à 23.614 ouvriers et utilisant une force motrice totale de 19.913 HP.

Ces usines avaient en tout 98 fours en activité dont 35 fours à bassin et 63 fours à pot. La valeur totale de la production s'élevait, y compris les frais de transport, à plus de 66 millions de francs, dont 59 millions pour les produits exportés.

Les vitres se font en verre blanc ou coloré; elles sont unies ou striées, cannelées, losangées. On produit aussi des vitres bronzées, métallifiées, diamantées ainsi que les vitres dites « mousseline » obtenues à l'aide de la gravure au sable.

Les 23 fabriques de verres à vitres sont situées dans le Hainaut, principalement dans le bassin de Charleroi. La production annuelle s'élève à environ 33 millions de mètres carrés, dont cinq pour cent à peine sont vendus en Belgique. Le reste est exporté en Angleterre, aux Etats-Unis, en Hollande, au Japon, au Canada, en Allemagne, en Chine, dans la République Argentine, en Roumanie, en Suisse, aux Indes anglaises, en France et en Turquie.

La fabrication des bouteilles constitue une industrie spéciale exercée par quatre usines, situées dans le Hainaut. Elles fournissent toutes les espèces de bouteilles pour vins, bières, liqueurs, etc., en verre blanc, demi-blanc, vert, brun et noir, ainsi que les dames-jeannes et les touries pour liquides corrosifs. Elles produisent environ 9 millions de bouteilles dont 96 pour cent sont écoulés dans le pays.

Viennent ensuite les spécialités luxueuses de l'industrie du verre, comprises sous le nom de gobeleterie et de cristallerie. Leurs produits se divisent en trois classes: la gobeleterie ordinaire en verre commun, le demi-cristal, en verre plus fin et le cristal où le calcaire du verre ordinaire est remplacé par le minium de plomb et généralement le carbonate de soude par le carbonate de potasse. Cette fabrication est très développée en Belgique: elle fournit une variété infinie de modèles, une foule d'objets pour usages domestiques, tels que verres, soucoupes, carafes, salières, etc., les articles pour laboratoires en verre trempé ou ordinaire, les verres pour l'électricité, l'éclairage, les réflecteurs et les lentilles pour la marine.

Les établissements belges fournissent, du reste, les produits les plus divers, depuis les articles courants les plus simples jusqu'aux objets de luxe en cristal taillé, remarquables souvent par leur cachet artistique. Grâce à des soins spéciaux dans le travail et à l'emploi d'appareils perfectionnés, on est arrivé à fabriquer des objets moulés qui imitent, à s'y méprendre, le verre taillé à la main. La cristallerie de luxe se distingue par une recherche de formes de plus en plus élégantes et par une ornementation variée, où la coloration est largement mise à contribution.

Beaucoup d'objets colorés se font en verre plaqué, c'est-à-dire présentant deux couches superposées de couleurs différentes. L'ornementation est obtenue par de nombreux procédés: gravure à la roue, guillochage, givrage, application d'émail blanc, peinture à la main, dorure, etc. Les quinze gobeleteries et cristalleries sont situées dans les provinces de Liège, de Namur, de Hainaut et près d'Anvers.

La plupart des produits que nous venons de citer étaient exposés par la collectivité de la verrerie. Son pavillon original, édifié au milieu de la grande travée des halls d'amont, se relevait extérieurement par un assemblage de grands panneaux en verre coloré.

Vingt établissements faisaient partie de cette collectivité. C'étaient les maisons Desgains frères, de Lodelinsart; Fourcault et Cie de Dampremy, Gobbe-Hocquemiller, de Lodelinsart; Lambert et Cie de Lodelinsart, et les Sociétés anonymes des Glaces de Charleroi, à Roux, près Charleroi; des Verreries belges, à Jumet; des Verreries Bennert et Bivort, à Jumet; des Verreries de Binche; des Verreries de Courcelles; des Verreries de Jemappes; des Verreries de l'Ancre réunies, à Aniche-Nord; des Verreries de la Marine, à Jumet; des Verreries de la Roue, à Lodelinsart; des Verreries de Lodelinsart; des Verreries de Mariemont, à Haine-Saint-Pierre; des Verreries des Hamendes, à Jumet; des Verreries D. Jonet, à Charleroi; des Verreries Schmidt-Devillez, à Dampremy; des Verreries de Jumet; des Verreries de la Planche, à Lodelinsart.

Parmi les objets présentés dans le même ordre de produits par des exposants individuels, on notait les diamants à couper et les tournelles à couper en rond et en ovale de M. Jules Molle, de Charleroi; les verres décorés de la Société anonyme des Verreries de l'Hermitage, à Jumet; les objets en cristal et en demi-cristal de la Société anonyme des Verreries de Scailmont, à Manage.

De tous les genres d'industries ressortissant de la verrerie, celle de la fabrication des glaces a droit à une place spéciale.

Après polissage, les glaces ont une épaisseur de 4 à 10 millimètres; les variétés que l'on produit le plus sont celles de 6 à 8 millimètres; les dalles ont 10 millimètres et au-delà. Les usines fournissent des glaces brutes, matées ou polies, blanches, colorées, opaques ou veinées (imitation de marbre et de porcelaine); des dalles blanches, noires, opales ou colorées; enfin, des glaces gravées et biseautées, ainsi que des dalles gravées.

Pour les miroirs, l'étamage est le plus souvent remplacé par l'argenture. Il existe en Belgique sept fabriques de glaces, dont cinq dans la province de Hainaut et deux dans la province de Namur. Annuellement, elles produisent environ un million et demi de mètres carrés de -glaces. L'exportation, en Angleterre, en Hollande, aux Etats-Unis, en France, en Allemagne, en Autriche, en Australie, en Suède, dans l'Amérique
latine, absorbe les neuf dixièmes de cette production.

Les membres de la collectivité de la Glacerie avaient orné le passage souterrain des halls d'aval et des halls d'amont de grandes glaces propices à la coquetterie des femmes y vérifiant, d'un rapide coup d'oeil, l'équilibre élégant de leurs coiffures, voire des hommes y rectifiant un noeud de cravate dont la foule avait dérangé le savant chiffonnis.

La collectivité de la Glacerie réunissait les plus importantes maisons belges: la Compagnie de Floreffe; la Manufacture des Glaces et Produits chimiques de Saint-Gobain (usines de Frameries), et les Sociétés anonymes des Glaces de Charleroi, à Roux, près Charleroi; des Glaces d'Auvelais; des Glaces de Couroelles; des Glaces de Moustiersur-Sambre; des Glaces de Sainte-Marie d'Oignies, à Aiseau; des Glaces nationales
belges, à Saint-Roch-Auvelais. On y remarquait des glaces de grandes dimensions, telle celle de 6m23 sur 4ml 4 qu'exposait, à titre individuel, la Société anonyme des Glaces nationales belges, à Saint-Roch-Auvelais.

Une dernière collectivité participait au groupe XII; c'était celle des briquetiers de Rumpst-Terhagen, qui comprenait 30 membres. Leurs établissements, installés sur les rives de l'Escaut, du Rupel et de la Nèthe, fabriquent des briques dites de Boom.

Ils ont à leur disposition des gisements d'argile inépuisables et le transport des produits par voie fluviale y est d'une grande facilité. De nombreuses exploitations de cette région possèdent un outillage perfectionné: moulage mécanique, fours continus, etc., servi par
un personnel ouvrier d'une grande habileté.

Les briques de Boom ordinaires sont les « klampsteen ». On donne le nom de « klinkart » à celles qui, fort cuites et légèrement vitrifiées, sont employées pour les parements, et de « padde » à celles qui sont surcuites.

Les « papesteen » sont des briques de qualité supérieure, d'une forme régulière et d'une belle couleur rouge; on les réserve pour les parements des murs.

Dans plusieurs localités, notamment à Duffel, Jette, Rumpst, Ramscappelle, Nieuport, Welkenraedt, etc., on fabrique, par des procédés mécaniques, des briques pour façades, creuses ou simplement perforées, des formats wallons, allemands, de Bruxelles et de Boom, ainsi que des briques creuses en curite, ingélives pour façades, des briques moulurées, des briques spéciales pour voûtes plates, des briques spéciales pour travaux hydrauliques. Certains établissements ont entrepris la fabrication des briques blanches ou colorées, dites de Silésie, pour parements de façades.

Les briques radiales, à section trapézoïdale, creuses ou pleines, de plus en plus adoptées pour la construction des puits et des cheminées d'usines, constituent une spécialité.

Aux membres de la collectivité susnommée, s'ajoutait un certain nombre d'exposants individuels présentant à l'examen des visiteurs intéressés des échantillons de briques de toutes espèces. C'étaient les Briqueteries de la Sambre, à Lobbes; la briqueterie mécanique de MM. Docteur et fils, à Liège; MM. Francart, à Beersse lez-Turnhout; Hanquinaux frères, à Waterloo, dont les briques de parement enjolivaient les façades de la Ferme démonstrative; Lebrun-Lambotte, à Bastogne; la Société anonyme des Briques, Tuiles et Céramiques de Welkenraedt; la Société des Briqueteries mécaniques de la Campine, à Anvers; enfin la Société anonyme des Briqueteries, Tuileries et Céramiques, système Geldens, de Nieuport; enfin, la Société des Usines de Braine-le-Comte, qui exposait une machine pour le moulage des briques.

Sous le nom générique de céramique, on comprend encore les industries des tuiles, des carreaux, des tuyaux qui marchent de pair avec l'industrie des briques, de la poterie de terre cuite et poterie commune, du grès cérame, des produits réfractaires.

On range sous le titre de poterie de terre cuite et de poterie commune une série de produits façonnés avec des argiles à briques.

La dénomination de poterie de terre cuite s'applique surtout aux objets d'art. Mais dans son sens le plus large, la poterie de terre cuite comprend aussi les pots à fleurs de toutes grandeurs, à surface unie ou couverts d'ornements en relief et colorés, ainsi que les tuyaux à emboîtement ou collet pour conduites d'eau et cheminées. Quant à la poterie commune, elle comprend tous les vases et récipients faisant partie de la batterie-de- cuisine et du matériel de la laiterie. Tous ces objets sont vernissés intérieurement.

Une mention particulière doit être faite de la poterie artistique qui se fabrique dans la Flandre occidentale; ces articles spéciaux s'exportent couramment en France, en Allemagne, en Angleterre et aux Etats-Unis.

On donne le nom de grès cérame ou artificiel à des poteries dures, compactes, légèrement vitrifiées, imperméables et résistant aux acides.

Le grès est employé à la fabrication d'articles sanitaires, de certains ustensiles de ménage non destinés à aller au feu, enfin d'appareils à l'usage des industries chimiques.

Beaucoup de ces produits sont revêtus d'un vernis au sel.

Les pièces qui rentrent dans cette catégorie, telles que les tuyaux d'égout, les siphons, les tuyaux pour cheminées, etc., se confectionnent souvent dans les mêmes usines, principalement à Bouffioulx, Châtelet, Laroche, Liège, Haine-Saint-Pierre.

Vingt-quatre établissements se livrent à cette fabrication ; leur production annuelle, qui s'élève à 22.000 tonnes, s'exporte pour la moitié principalement en Suisse, en Hollande, ensuite en Espagne et dans l'Amérique du Sud.

La poterie pour produits chimiques a une composition un peu différente, car elle doit présenter plus de résistance. Le plus souvent elle n'est pas vernissée. Elle se fait à Seilles et à Andenne surtout, dans les fabriques de produits réfractaires. Cinq établissements exercent cette industrie; leur production annuelle atteint près de 3.000 tonnes, dont une partie s'exporte notamment en France et en Italie.

Sous le nom de carreaux de pavement et de dalles d'usines, on comprend des carreaux solides et de qualité supérieure qui se subdivisent eux-mêmes en pavés de trottoirs et dalles d'usines, d'une teinte généralement jaune-brunâtre, en pavés genre Quaregnon, utilisés pour trottoirs, porches, écuries, etc., en carreaux genre Sarreguemines et en carreaux en curite offrant des teintes variables et destinés au revêtement des murs intérieurs des habitations; enfin, en carreaux en grès cérame, à dessins incrustés, très durs et vitrifiés.

Un cinquième de la production annuelle, qui s'élève à environ 850.000 mètres carrés, est absorbée par l'exportation en Hollande, en France, en Suisse, en Norwège, en Russie, etc.

Vient enfin l'industrie des produits réfractaires parmi lesquels on peut signaler, en premier lieu, une série d'articles d'une application courante dans les constructions, tels que les briques et carreaux pour fours de boulangers, les tuyaux ronds et ovales pour cheminées, les boisseaux des tuyaux à section rectangulaire, les cheminées fumifuges, les tuyaux pour calorifères.

Les produits les plus fabriqués sont les briques rectangulaires.

Puis viennent toutes les briques spéciales et de composition variable, destinées aux diverses applications industrielles : les briques argileuses pour fours à coke, fours à puddler, à réchauffer, etc., les briques « alumineuses » pour hauts-fourneaux, y compris les briques en bauxite, les briques « siliceuses » pour garnitures de convertisseurs Bessemer et même les briques dites de « Dinas » composées exclusivement de silice; enfin, les briques réfractaires « basiques », à base de chaux, de dolomie ou de magnésie, pour convertisseurs Thomas et autres appareils. Il existe encore des produits réfractaires employés dans les industries du verre, de la brasserie, de la malterie, etc. Quant
aux produits réfractaires carbonifères, ils sont représentés par divers genres de creusets employés pour la fusion des métaux qui doivent être obtenus à un grand état de pureté.

Ces creusets, dont la contenance va depuis 2 jusqu'à 250 kilogrammes, se fabriquent en terre réfractaire, en plombagine et demi-plombagine pour les aciers; en carborundum, substance composée de silicium et de carbone.

Les exploitations des terres et des produits réfractaires sont, au nombre de plus de cinquante, réputées dans les provinces de Namur, de Liège et de Hainaut. Elles emploient plus d'un millier d'ouvriers et disposent d'une puissance motrice totale de 1300 HP. Les principales localités où cette industrie est pratiquée sont Seilles, Andenne, Baudour, Saint-Qhislain, Morialmé, Châtelet, Roulers, Marchienne-au-Pont, Marcinelle,
Tertre, Hautrages, etc.

Sans y comprendre les terres crues et les demi-produits, la production annuelle peut être évaluée en moyenne de 215.000 cà 220.000 tonnes; un tiers est exporté en France, en Russie, en Allemagne, en Italie, en Hollande, en Espagne, en Suisse, en Angleterre, en Turquie, au Japon, aux Etats-Unis, dans l'Amérique du Sud, etc.

Ces considérations brèves sur l'industrie générale de la céramique nous dispensent de nous attarder à l'examen particulier des produits que présentaient les exposants de la classe du groupe XII ayant trait à cette industrie.

On y notait des carreaux de revêtement, des grès d'architecture, des panneaux décoratifs de MM. Boch frères, à La Louvière; des carreaux émaillés, à décors riches et ordinaires, des dessins en émaux, des pièces d'architecture de la Compagnie générale des Produits céramiques à Saint-Ghislain ; les tuiles de toutes espèces de MM. Dubois d'Enghien, frères et soeurs, à Hennuyères, de Mme veuve Désiré Lallemand, à Andenne; de la Société anonyme des Tuileries du Pottelberg, à Courtrai ; de la Tuilerie mécanique Bélisia, à Bilsen; les produits céramiques de tous genres de M. Louis Escoyez, à Tertre; de la Société anonyme des Produits réfractaires et céramiques à Baudour; les briques en grès cérame, les tuyaux, les dalles, etc., de MM. Camille Henroz, à Floreffe; Kamp et Cie, à Liège; Losson et Cie, à Andenne; Gilliot et Cie, à Hemixen; des Sociétés anonymes des Produits céramiques de Saint-Remy, à Chimay; des Produits réfractaires à Huy; des Produits céramiques et terres réfractaires, à Seilles près Andenne; les objets d'art en céramique de M. Helman, à Bruxelles; les produits émaillés, ingélifs, grès cérame pour constructions de la Société anonyme des Majoliques, à Hasselt, le chalet construit en grès de couleurs pour bâtiments artistiques de MM. Spinette et fils, à Andenne.

Jusqu'à présent, nous avons examiné du groupe XII les classes qui ont trait à la décoration fixe des édifices publics et des habitations; aux meubles à bon marché et aux meubles de luxe; aux tapis, tapisseries et autres tissus d'ameublement; à la décoration mobile et aux ouvrages du tapissier; à la céramique; aux cristaux et à la verrerie. Il nous reste à envisager celles dont les vitraux, les papiers peints, les appareils et les procédés de chauffage et de ventilation, les appareils et les procédés de l'éclairage non électrique constituent le programme.

Dans l'industrie des vitraux, comme dans toutes les industries qui peuvent avoir quelque côté esthétique, il y a lieu d'envisager deux sortes de produits, très différents puisque les sépare le fossé profond creusé entre la banalité et l'art. Il y a des vitraux formés d'une assemblage de verres de couleurs, même avec des personnages et pour cette raison dénommés vitraux; il y a des vitraux originaux, aux colorations choisies par l'oeil de l'artiste, aux dessins contribuant, de leur côté, à rehausser l'émotion profonde produite par les rayons tombant, en poussière colorée, des verrières. Pour l'œil superficiel, le premier vitrail vaut le second; en réalité, il y a autant de différence entre eux qu'entre la dépouille mortelle d'un homme et cette même dépouille animése auparavant par la vie.

Hélas! à côté des prestigieux vitraux d'art de nos anciennes cathédrales, combien ne déshonorent pas, à présent, nos églises neuves, tandis que d'autres, sous prétexte de sacrifier, superficiellement, à leur mode, enlaidissent nos habitations modernes. La faute en est dans ce fait que le fabricant a en magasin un modèle de vitrail que ses ouvriers fabriquent les yeux fermés et qu il peut pour cela livrer à un prix très bas.

La concurrence a tué l'art!

Certes, ce reproche ne doit pas être appliqué à tous les fabricants belges de vitraux; il en est même parmi eux qui sont de véritables artistes, mais on les compte sur les doigts et ceux d'une main suffisent.

Quelques grands vitraux disposés de-ci de-là dans les halls faisaient tomber sur la travée des rayons colorés, étranges au milieu du bruit, de la foule remuante. A les voir plus fréquemment dans les églises, les vitraux ont acquis pour nous un aspect recueilli, pieux et sévère.

Le vitrail allégorique, dû à M. de Contini, de Bruxelles, déversant ses couleurs chaudes et joyeuses sur les comptoirs de la collectivité de la Brasserie, était assez savoureux.

Il y avait lieu d'accorder plus qu'un regard rapide au vitrail « Les Eléments », de M. Charles Baes, de Bruxelles. MM. Adolphe Broerman, de Bruxelles, Léopold Pluys, de Malines, Stalins et fils, d'Anvers, exposaient des travaux qui rentraient dans le programme de la classe.

L'industrie des papiers peints comprend une douzaine de fabriques occupant 350 ouvriers. Ces usines consomment par an plus de 2.000 tonnes de papier brut, ce qui correspond à une production d'au moins huit millions de rouleaux. Près de la moitié est vendu en France, en Hollande, en Angleterre et dans les colonies, en Allemagne, en Suisse, en Espagne, dans l'Amérique du Sud et en Italie.

Les papiers peints présentent une grande diversité de dessin, de couleur et de qualité. Ils sont dits sur fond naturel lorsque le dessin est appliqué directement sur le papier brut; blanc ou de couleur ou bien sur fond couché lorsque le papier employé a été coloré préalablement. Pour les qualités courantes, le dessin est reproduit sur le fond à l'aide d'une machine à imprimer. Pour les papiers de luxe, on a recours à l'ancienne méthode dite « à la planche » qui permet une plus grande précision et donne un cachet plus artistique. Quelquefois, on combine les deux procédés en imprimant à la planche certains contours seulement. Outre les papiers peints ordinaires, les fabriques produisent également des papiers tentures présentant certains effets spéciaux, tels que les papiers dorés, veloutés, repsés, moirés, repoussés, les imitations de cuir doré, de vitraux, etc.

Comme articles accessoires, signalons les papiers destinés à former les lambris et les encadrements. Ils sont généralement peints à la main, sur fond uni ou reproduisent des imitations de marbre, de bois, de carreaux, de porcelaine, etc.

Quatre exposants participaient à la classe des Papiers peints. C'étaient MM. Collard, de Bruxelles, avec une machine à dorer pour la fabrication sur place d'étiquettes; Serrurier et Cie à Liège, avec des papiers décorés lavables pour murs et plafonds, exécutés au pochoir en couleurs inaltérables; les usines Peters-Lacroix, à Haren près de Bruxelles, avec des papiers peints en tous genres, dont des papiers « Lincrusta » et des papiers imitant les vitraux peints; M. van der Plassche, à Anvers, avec des spécimens de peinture d'or, des pancartes, des étiquettes, etc.

L'avant-dernière classe du groupe XII comportait les appareils et les procédés du chauffage et de la ventilation. Sous cette dénomination, se rangent une foule d'appareils à la construction desquels ont collaboré parfois diverses industries. Nous énumérerons, avec les noms de leurs fabricants, les principaux appareils exposés.

Les chauffoirs pour huileries de M. Joseph Bonté, à Roulers; les nombreux appareils d'une installation de chauffage à la vapeur de MM. Cassart de Fernelmont, à Gembloux; André Degrelle, à Liège; de la Société Le Chauffage rationnel, à Bruxelles; les pièces en fonte malléable pour poêleries de MM. Delpérée et Cie de Herstal; le passe-cendres sans poussière de M. Duchâtelet, de Pecq lez-Tournai; les instruments de mesure et de contrôle pour le réglage et la distribution du chauffage et de la ventilation de MM. Heintz et Cie de Herstal; les poêles de toutes espèces de MM. Jacquemin frères, de Liège; Lissoir-Dechesne, de Liège; Poulet et Cie de Huy; les foyers de luxe pour radiateurs de M. Edmond Lacoste, de Tournai; les foyers à gaz, les réchauds, les appareils divers de chauffage de la Société Lempereur et Bernard, à Liège; de MM. Nestor Martin, à Molenbeek-Saint-Jean ; Moreau frères, à Liège; des Sociétés « La Couvinoise » et des Fonderies Saint-Joseph, à Couvin ; « Chaleur et Lumière », à Bruxelles; de MM. Serrurier et Cie, à Liège; Thonnart et fils, à Liège; les produits réfractaires pour foyers et les carreaux artistiques pour cheminées de M. Louis Escoyez, à Tertre; les carreaux émaillès unis pour revêtement de salles de bain de la Compagnie générale des Produits céramiques, à Saint-Ghislain.

Le programme de la dernière classe visait les appareils et les procédés de l'éclairage non électrique. Outre les appareils connus pour l'éclairage au gaz et au pétrole, on y notait les appareils nouveaux pour l'éclairage à l'acétylène et au gaz oxhydrique.

Les appareils d'éclairage ordinaires, tels que les lustres, les suspensions, les lampadaires, les candélabres, les torchères, etc., constituaient l'exposition de la Compagnie continentale des Compteurs à gaz et autres appareils, à Bruxelles; de la Société Lempereur et Bernard, à Liège; de MM. Moreau frères, à Liège; Serrurier et Cie à Liège; J. Wilmotte fils, à Liège. Les autres exposants présentaient des appareils divers.

On y relevait la Compagnie belge pour la fabrication des compteurs et du matériel pour eau, gaz, électricité, à Bruxelles, avec une série de lanternes publiques en fonte de fer et en cuivre, et une série de pièces détachées servant à leur montage; M. Jean Heeser, à Tessenderloo, avec un appareil producteur de gaz acétylène; la Société « L'Incomparable », à Bruxelles, avec un générateur automatique pour le gaz épuré à l'acétylène; M. Thomas Neuray, à Liège, avec des appareils à filtrer les gaz d'éclairage et les gaz pauvres; la Société «La Photolithe», à Liège, qui avait installé l'éclairage de la Ferme démonstrative avec des appareils gazogènes fixes et portatifs à l'acétylène et une foule de lanternes usant de ce gaz; la Société Hollando-Belge « Chaleur et Lumière », à Bruxelles, avec des becs à incandescence; la Société nouvelle d'Incandescence anonyme, à Namur, avec des becs Greyson, d'un pouvoir éclairant de 30 à 600 bougies; enfin, «L'Oxhydrique», à Bruxelles, avec des appareils d'éclairage au gaz oxhydrique.

©Livre d'Or de l'Exposition Universelle de Liège 1905