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Education et Enseignement


Education et Enseignement à l'exposition de Liège 1905

L'Exposition universelle de Liège fut, avant tout, une vaste exhibition commerciale et industrielle; dans ce double domaine, toutes les nations participantes, aiguillonnées par une fécondé émulation, ont rivalisé de zèle et d'entrain et déployé une activité dont les résultats ont dépassé les plus optimistes espérances; mais sur le terrain de l'éducation, les efforts furent insignifiants: seul, le Gouvernement beige, dans une série de salons qui occupaient toute l'extrémité gauche des galeries d'amont, crut devoir profiter de cette grandiose foire internationale pour étaler, aux yeux du- monde entier, la superbe organisation de son enseignement public aux trois degrés. Il y a lieu d'en féliciter hautement le chef du Département de l'Intérieur et de l'Instruction qui a pris l'initiative de cette grande entreprise et à qui revient la plus grande part des succès recueillis par cet important compartiment.

Cette exposition présentait chacune des trois classes de l'enseignement primaire, moyen et supérieur, mais il nous parait utile de rappeler brièvement quels furent l'idée directrice de cette exposition et le but essentiel de ses organisateurs.

Nous ne pourrions mieux les définir que ne l'a fait M. le Ministre lui-même, le 23 juin 1905, en présidant à l'inauguration officielle de cette intéressante section. Dans un discours vibrant de patriotisme et de légitime satisfaction, l'honorable M. de Trooz constate d'abord que les différentes classes que comprend le Groupe I, constituent « un joyau magnifique dont l'écrin s'ouvre devant les yeux. La meilleure part de la richesse nationale est ici: c'est la propriété intellectuelle du peuple belge ».

Il fixe ensuite le but de l'Exposition dans les termes suivants: «...montrer le niveau auquel l'enseignement de la jeunesse, considéré en ses divers degrés, s'est élevé chez nous, et mettre en relief les méthodes qui, appropriées à notre tempérament, ont déterminé le superbe épanouissement dont le pays s'enorgueillit; montrer l'effort accompli depuis notre émancipation nationale, tout en restituant au passé ce qui lui appartient; affirmer que l'instruction, en Belgique, à tous les degrés, peut rivaliser avec celle des peuples de haute culture ».

« Est-ce à dire, ajoute encore M. de Trooz, qu'il entre dans notre pensée de considérer que rien ne doit plus être fait pour développer encore les oeuvres d'enseignement et de sciences en ce pays? Non pas! Ce que nous voulons, au contraire, c'est marquer le commencement d'une période nouvelle de travail et de recherches, qui fera apparaître la patrie plus belle, plus prospère, plus puissante encore lorsque, dans vingt-cinq ans, la Belgique célébrera le centenaire de son indépendance ».

Tel est, dans sa ligne synthétique, le caractère essentiel du compartiment belge de l'enseignement à l'Exposition universelle de Liège: dans chacune des trois classes, les organisateurs se sont attachés à mettre en pleine lumière les progrès réalisés depuis notre émancipation nationale en montrant comment, à l'école primaire, dans les écoles moyennes, les athénées et les universités, maîtres et professeurs se conforment à ce principe fondamental de la pédagogie moderne: l'école pour la vie.

©Livre d'Or de l'Exposition Universelle de Liège 1905