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Palais de l'Agriculture et de l'Horticulture Françaises


Palais de l'Agriculture et de l'Horticulture Françaises à l'exposition de Liège 1905

Architecte(s) : Henri Guillaume

Le Gouvernement de la République, dès l'avis officiel d'une Exposition universelle à Liège, nous offrait son appui et son encouragement par la promesse de la participation la plus large et la plus importante. Tandis que répondait à cette initiative gouvernementale, avec un empressement des plus flatteurs pour nous, la France industrielle et artistique, un mouvement identique, d'une spontanéité touchante, se dessinait dans la France agricole et s'étendant du Nord au Midi, de l'Est à l'Ouest, conquit tous les terriens français, depuis le propriétaire de l'humble métairie jusqu'aux grands producteurs dont la notoriété dépasse les frontières.

Dès lors, les demandes de renseignements et de concessions affluèrent, et il parut, tout de suite, que la section agricole serait — comme elle le fut du reste - l'une des plus importantes de la section française.


Qu'il fut amené par les sentiments de cordiale sympathie et de fraternel attachement qui unissent les agriculteurs français aux agriculteurs belges ou par la connaissance de la fertilité de notre sol et du grand débouché que pourraient s'y créer les industriels fabricants de machines agricoles, cet élan enthousiaste avait la plus haute signification et il parut utile de créer pour y répondre, à côté du Commissariat général, un Commissariat spécial de l'Agriculture et de l'Horticulture françaises.

Il convient de remarquer à ce propos que l'Exposition de Liège fut la première à laquelle l'Agriculture française participa dans des proportions si complètes et si considérables, avec une organisation propre.

A la tête du groupe, était placé, en qualité de président, M. Viger, sénateur, ancien Ministre de l'Agriculture, tandis que M. Louis Dop, chef-adjoint du Cabinet du Ministre de l'Agriculture, assumait les fonctions de Commissaire-adjoint pour l'Agriculture et l'Horticulture.

Tout en continuant ses hautes fonctions au Ministère, M. Louis Dop fit plusieurs voyages à Liège afin d'étudier sur les lieux mêmes l'emplacement propice à faire valoir les produits de ses compatriotes. Il ne recula devant aucune peine, aucune fatigue, aucun effort pour remplir, dans la plus large mesure et avec le plus grand dévouement, la délicate et haute mission qu'il avait assumée.

De l'étude de la question que firent tout d'abord MM. Viger et Dop, ressortit immédiatement la prévision qu'un espace, même de 7 à 800 mètres carrés, dans la section française des halls, serait absolument insuffisant à grouper les produits que les agriculteurs français avaient l'intention d'exposer à Liège.

La construction d'un palais spécial destiné à abriter l'Exposition agricole parut dès lors absolument nécessaire et par suite d'un accord intervenu entre les organisateurs belges et le Commissariat français, la construction de ce palais fut décidée.

En présence de l'importance prise par les expositions des groupes qu'il représentait, M. Louis Dop aurait voulu tout le terrain situé entre l'Entrée de Fétinne et l'église Saint-Vincent. Malheureusement, en raison de concessions primitivement accordées, le Comité de l'Exposition ne put concéder que le terrain situé à côté de l'église Saint-Vincent, d'une superficie de LOOO mètres carrés.

Cependant, M. Louis Dop obtint, en outre, la concession de cette partie de la plaine des Vennes qui, réservée aux jardins, formait une sorte de triangle entre l'Ourthe rectifiée, l'église de Fétinne et la monumentale façade des Halls.

Plus tard, M. Joseph Ruau, ministre de l'Agriculture, ne ménagea pas ses encouragements à l'œuvre dont il connaissait la valeur et la haute signification. Son existence s'était écoulée au milieu de laborieuses populations rurales, il avait su en pénétrer toute la psychologie et en reconnaître les besoins, grâce à cet esprit de vive compréhension et de réflexion critique qui sont une des caractéristiques du très distingué Ministre.

La sollicitude qu'il portait à la participation agricole de la France se manifesta de nouveau quand il vint visiter lui-même, au cours de l'Exposition, toutes les installa- tions ressortissant directement ou indirectement à son ministère.

Les efforts des Ruau, des Viger et des Dop, experts et compétents, montrèrent, avec une lumineuse évidence, qu'indépendamment de la France industrielle, de la France savante et artistique, il existe une France agricole, puissante, qui travaille, qui pense, qui agit et qui, dans l'occasion présente, avait péremptoirement prouvé quels liens de sympathie unissent, au libre peuple belge, la population agricole de la France aussi bien que la population des centres intellectuels et industriels.
Pour la première fois, la France avait organisé à l'étranger une exposition agricole digne de la grande importance que possède une des branches les plus considérables de sa production nationale. Avec des moyens financiers très modestes, elle était arrivée à construire un palais, à décorer et à orner de superbes jardins, à organiser toute une série de concours temporaires.

En effet, l'Exposition agricole de la France pouvait se diviser en trois parties:
1° Le palais de l'Agriculture;
2° Les jardins qui formèrent l’Exposition permanente;
3° Les concours temporaires internationaux qui eurent lieu à Cointe.

Ces trois parties avaient réuni à la fin de l'Exposition plus de 2.000 exposants; l'Exposition permanente comptait, à elle seule, 519 participants.

Ces chiffres justifieront la constatation précédemment faite de l'ampleur de la section agricole à l'Exposition de Liège si l'on considère qu'à l'Exposition de Saint- Louis la surface occupée était de 675 mètres carrés et qu'à Liège elle s'élevait à 2.000 mètres carrés bruts et L600 mètres carrés utilisables et qu'à Saint-Louis, en outre, le nombre des exposants n'était que de 102.

Comme nous l'avons déjà noté, l'Exposition permanente se divisait en deux parties :
1° Le palais de l'Agriculture;
2° Les jardins.

LE PALAIS DE L'AGRICULTURE

Le palais de l'Agriculture française était situé dans une place d'honneur, au cœur même de l'Exposition, au centre même des admirables jardins tracés par le talentueux architecte paysagiste Vacherot et ornés des superbes produits des horticulteurs français.

Une unité de conception s'avérait entre son architecture et le dessin des jardins. Le palais, d'aspect gai et pimpant, rehaussait avec harmonie la simplicité de lignes et de couleurs des jardins. Une certaine joie s'affirmait encore dans la façade claire et les statues de valeur dont les jardins étaient parsemés. Rien de tout cela n'aurait choqué Lenôtre.

La façade principale du palais, de ligne très pure et très simple, formait un portique élevé, surmonté de motifs décoratifs en treillage vert-clair de l'effet le plus heureux.

Le panneau central de la façade était également orné de treillages décoratifs, de guirlandes de fleurs, de chutes de fruits, formant un ensemble aussi approprié à la destination du palais qu'à l'effet spécial à produire pour faire suite à la ligne et au dessin artistique des jardins.

Cette parfaite eurythmie existant entre le palais et les parterres qui l'entouraient contribuait à éviter cette sensation de tohu-bohu étourdissant que produit une suite de palais n'ayant entre eux aucune parenté, et autour desquels n'existe aucun décor approprié.

L'architecte de ce palais était M. Henri Guillaume, dont plusieurs expositions précédentes avaient déjà consacré le talent et qui cette fois sut encore affirmer sa valeur.

La surface du palais, de 1OOO mètres carrés, avait été portée à 2.000 mètres carrés par la construction de la large galerie d'exposition du premier étage.
Etudiant l'organisation et l'installation de l'Exposition agricole, l'architecte avait pensé — avec la plus juste raison — qu'il fallait abandonner les procédés empiriques, parfois commodes mais peu méthodiques ; sa préoccupation fut d'obtenir un arrangement rationnel, permettant de tirer le meilleur parti de l’exiguïté des emplacements, et de mettre en valeur les produits exposés en les présentant d'une manière scientifique.

Une double porte vitrée donnait accès dans le palais, où l'on distinguait tout d'abord un fouillis de machines claires et pimpantes. Le rez-de-chaussée du palais contenait, en effet, tout le matériel utilisé en agriculture : le matériel des usines agricoles, le matériel de la ferme, le matériel de l'horticulture, des plans et dessins d'architectes- paysagistes, en un mot toute la technique, toute la pratique agricole, visée par le programme des classes 35, 36, 37, 40, 41, 43.

La classe 35 comportait le Matériel et les procédés des exploitations rurales. Son exposition était assurée par la Chambre syndicale des Constructeurs de Machines agricoles. Celle-ci avait réuni nombre d'exposants dont le matériel occupait près de la moitié de la surface du rez-de-chaussée. Les patrons maréchaux, exposant des ferrures, s'étaient groupés en une collectivité comprenant onze membres. On notait de-ci de-là, soit au milieu du palais, soit sur les côtés, une foule de grands instruments agricoles, d'une belle simplicité de mécanisme, à l'aspect léger et clair, dénotant un sensible progrès sur les instruments en usage il y a une trentaine d'années.

On y remarquait des charrues, des machines à vapeur, des locomobiles, des batteuses, des soufreuses, des trieuses, des semoirs, des pulvérisateurs, des herses, etc.
A la classe 36 ressortissaient le Matériel et les procédés de la Viticulture. Moins importante que la précédente, elle groupait néanmoins un nombre respectable de fabricants de pressoirs, de fouloirs, d'égrappoirs, de pompes à vin, de filtres, de machines à rincer, à tirer, à boucher et à capsuler les bouteilles. Parmi ces fabricants, M. Vermorel attirait spécialement l'attention par l'importance de ses instruments, des pulvérisateurs, des soufreuses et divers autres appareils.

On remarquait encore, dans cette classe, de nombreux ouvrages et publications relatifs à la viticulture et différentes cartes de régions viticoles.
La classe 37 comprenait le Matériel et les procédés des Industries agricoles, groupait des fabricants de pâtées pour oiseaux, volailles et chiens, des couveuses artificielles, des éleveuses, des gaveuses, etc.

Deux expositions importantes s'y faisaient remarquer, l'une était de M. Simon, de Cherbourg, l'autre était de M. Qarin.

Venait ensuite la classe 43 : Matériel et procédés de l'Horticulture et de l'Arboriculture.

Beaucoup plus modeste que ses puissantes voisines, cette classe était surtout intéressante par l'exposition des plans et dessins des architectes-paysagistes qui, dès l'entrée dans le palais, lui donnaient une note artistique.

On y relevait encore divers ouvrages et publications horticoles, des appareils de chauffage pour serres, le mastic à greffer de Lhomme-Lefort, des pompes d'arrosage, etc.
Dans la classe 41, la dernière située au rez-de-chaussée du palais, et résumant les attributions de celle-ci, l’Exposition collective des laines et peaux brutes et lavées de Mazamet-Tarn méritait, par son importance, une mention toute spéciale.

Cette exposition comprenait 135 participants, soit la presqu'unanimité des négociants et industriels délaineurs, importateurs et exportateurs, représentant une production de plus de cent millions de francs.

Le premier étage du palais réunissait les expositions d'ordre scientifique. La partie gauche concernait l'enseignement agricole, l'agronomie, la statistique, soit les classes 5 et 38; la partie droite renfermait les produits des classes 39, 40, 41 et 42. Dans les classes 5 et 38, on notait tout d'abord l’Exposition des Services du Ministère de l'Agri- culture, constituée principalement par la Direction de l'Hydraulique et des améliorations agricoles et par le Service du Crédit agricole.
A. — Les diverses sections du service hydraulique étaient représentées, chacune, par un groupe distinct de tableaux et de dessins. Au point de vue général, une carte statistique montrait la répartition des diverses associations syndicales entre les départements.

En ce qui concerne les irrigations, une autre carte statistique faisait ressortir la plus value résultant pour chaque département de la pratique de l'arrosage.

Pour bien montrer l'importance des travaux auxquels donnent lieu les canaux d'irrigation, on avait consacré un cadre spécial à la représentation des prises d'eau de trois d'entr'eux.

Les différences de rives étaient figurées par des tiges d'épis submersibles, l'un en fascinages (rivières des Pyrénées), l'autre en enrochement (Durance).

En ce qui concerne les dessèchements, on avait choisi comme type, les travaux exécutés aux portes de Bordeaux pour dessécher les marais.

Au point de vue de l'utilisation industrielle des eaux, l'exposition comportait deux statistiques graphiques, l'une donnant la puissance moyenne des usines hydrauliques par département, l'autre la répartition de ces usines.

Une carte relative à la « houille blanche » (puissance des chutes d'eau à petits débits, sous grandes hauteurs, alimentées par des glaciers) représentait les trois départements où cette force motrice est le plus employée et indiquait, avec leur puissance et leur genre d'industrie, les usines de plus de 100 HP.

En parallèle, une carte consacrée à la « houille verte » (puissance des chutes d'eau à forts débits, sous petites hauteurs, alimentées par les cours d'eau des prairies) indiquait les usines de la région, appelée « Suisse normande ».

L'une des attributions les plus importantes du service, l'adduction d'eau potable dans les communes, était représentée par une nouvelle série de dessins relatifs aux projets d'alimentation des trois communes de Pépieux, Cadillac, Blainville-sur-l'Eau. Ces dessins faisaient ressortir l'avantage du béton armé pour la construction des réservoirs. L'un d'entr'eux montrait comment on a utilisé la puissance de jaillissement d'une nappe artésienne pour actionner un moteur, grâce auquel on surélève une partie du débit de cette nappe à une hauteur suffisante pour atteindre un réservoir supérieur.

Une entreprise considérable est celle de l'alimentation artificielle de la rivière de la Neste et de ses affluents au moyen de réservoirs obtenus par l'aménagement de plusieurs lacs des Pyrénées supérieures. Une série de tableaux formant frise et une collection de photographies montraient ce que sont ces lacs et les travaux spéciaux auxquels donne lieu leur aménagement dans une région sauvage et située à une altitude élevée, où jamais la neige ne disparaît
B. ;— Service des Améliorations agricoles.
Ce service exposait des dessins correspondant également à ses diverses attributions.
1° Projet d'irrigation de la plaine de Logette;
2° Projet de remise en état d'un ancien moulin à Courtillet (Oise), et sa transformation en station hydro-électrique;
3° Projet de construction d'une cave coopérative;
4° Projet d'établissement de fosse à purin.

C. Service du Crédit agricole.
Le service du Crédit agricole exposait dans un espace de 9 mètres carrés:
1° Une grande carte de France, en couleurs, indiquant par département, l'état de développement du Crédit agricole;
2° Une liste des caisses régionales et des caisses locales au l'^'' janvier 1905;
3° Un tableau résumant les opérations des caisses régionales et locales en 1904;
4° Un tableau graphique teinté sur le développement du Crédit agricole de 1900 à 1905;
5° Deux tableaux donnant, sous forme de graphiques teintés, la monographie d'une caisse régionale et d'une caisse locale;
6° Une brochure intitulée: « Guide pratique pour la création des caisses du Crédit agricole »;
7° Divers documents sur le Crédit.

En outre de la participation du Ministère de l'Agriculture, les classes 5 et 38 contenaient diverses expositions, particulièrement indépendantes, parmi lesquelles il est juste de citer:
Les graphiques et diagrammes de M. René Berge sur l'agriculture de la Seine-Inférieure;

Les graphiques et tableaux de M. Cassez, professeur départemental d'Agriculture de la Haute-Marne, sur les institutions de prévoyance et de mutualité agricole de ce département ;

Les cartes agronomiques de la Société d'agriculture de Meaux.

Citons également l'album des races bovines de France de M. Marcel Vacher, les tableaux synoptiques des poissons d'eau douce de France, présentés par la Société centrale d'Agriculture et de Pêche.

Dans la classe 5 (enseignement agricole), se mettait hors de pair l'exposition si intéressante et si importante de l'Institut national agronomique.

Cette institution poursuit un double but:
1° Donner l'enseignement supérieur de l'agriculture;
2° Constituer un foyer d'études et de recherches scientifiques spéciales à l'agriculture.

En dehors des vues de l'établissement, des salles de cours et des laboratoires, l'Institut agronomique n'avait envoyé à l'Exposition que ce qui a trait aux recherches et aux travaux des directeurs des stations annexes, des professeurs et des élèves.

Se signalaient particulièrement:
Les recherches de MM. Muntz et Girard sur le développement des racines;
Les recherches de M. Muntz sur les exigences de la vigne en principes fertilisants
L'influence de la température sur la vinification, de MM. Muntz et Rousseaux
La valeur alimentaire de la luzerne et la comparaison entre le foin et la luzerne l'emploi des aliments sucrés dans l'alimentation du bétail, de MM. Muntz et Girard
L'ensemble des recherches de M. Muntz sur l'analyse des corps gras; La recherche des agents de conservation des beurres;
Les appareils de dosage de l'acide carbonique de l'air;
Les exigences du tabac en principes fertilisants;
Des tableaux et graphiques d'échantillons de semences, de M. Schribaux;
Des cultures microbiennes préparées au laboratoire de fermentation, par M. Kayser;
Des plans, travaux, peintures d'instruments concernant la culture de la vigne, par M. Viala;
Des tableaux et des graphiques de MM. Lindet, Ringelmann, Delacroix, Maréchal;
Enfin, une bibliothèque dans laquelle se trouvaient la plupart des ouvrages et des travaux imprimés du personnel et des anciens élèves.

Telle était l'exposition scientifique des groupes VII et VIII et dont l'importance nous a paru valoir ces commentaires un peu longs.
A côté de la science, se trouvait son application; les classes 39 et 41, situées au premier étage et au rez-de-chaussée, constituaient, en effet, un complément et comme une démonstration pratique des procédés et des recherches scientifiques des agronomes.

Les produits exposés dans la classe 39 concernaient:
1° Les produits agricoles alimentaires d'origine végétale;
2° Les huiles alimentaires.

Dans la catégorie des produits agricoles, on notait l'importante exposition de la maison Vilmorin-Andrieux et Cie avec des céréales, des plantes légumineuses, des tubercules, des racines, etc.

A côté, se trouvait la superbe et élégante vitrine de la maison Louis Dreyfus et O^, une des plus grosses maisons d'importation des céréales.

On remarquait encore les vitrines groupant des orges et escourgeons, du malt et des semences sélectionnées.

Les huiles alimentaires, groupées sous vitrines au premier étage, provenaient des différentes contrées de production ou d'exportation ; Bordeaux était représenté par l'importante maison Garres-Fourche ; Marseille, par la maison Rocca, Tassy et de Roux; Nice, par la Société des Huiles d'Olives de Nice; Salon, par l'exposition collective du Comité républicain du Commerce et de l'Industrie.

Différents producteurs isolés complétaient la représentation de cette classe.

L'exposition de la classe 40, à laquelle ressortissaient les produits agricoles alimentaires d'origine animale, consistait surtout en divers instruments de laiterie; on y notait cependant encore des beurres, des fromages, de l’Exposition collective de la Société française d'encouragement à l'industrie laitière, de Paris, mais son importance se dimi- nuait du fait d'un concours temporaire de produits laitiers, à Cointe, concours auquel les plus grands producteurs français prirent part.

La classe 41 {produits agricoles non alimentaires) se divisait eu deux parties: l'une, située au rez-de-chaussée était représentée brillamment par la Collectivité de Mazamet dont nous avons déjà parlé; l'autre, placée à l'étage, réunissait, en quelques vitrines, des plantes médicinales et pharmaceutiques, des graines et huiles non comestibles, des plantes à tanin, des levures et ferments, etc.

Venait enfin la classe 42, ayant comme programme les Insectes utiles et leurs produits, les Insectes nuisibles et les végétaux parasitaires. Un }' rcmarciuait surtout une intéressante exposition d'apiculture.


LES JARDINS. L'HORTICULTURE.

L'horticulture et les jardins ajoutaient à l'impression de l'Exposition un charme à la fois rustique et élégant. Rustiques, les jardins l'étaient par les arbres fruitiers ou les arbres de forêts qui les composaient; ils étaient élégants par leur groupement, le dessin des allées qui les traversaient.

Au milieu d'eux, des groupes en grès, en plâtre, des vases en bronze leur donnaient l'apparence d'un très vieux parc public ; çà et là, des bancs de pierre s'offraient aux promeneurs fatigués. Vers le mois de juillet déjà, des abeilles venues, on ne savait d'où, faisaient leurs récoltes sur ces fleurs à l'existence éphémère et des moineaux, émigrés des parcs publics et des rues, venaient boire à même les vasques de bronze où la pluie était restée.

Les jardins français occupaient une surface d'environ 15.000 mètres carrés. Les produits étaient répartis dans le grand jardin d'honneur, tracé par M. Vacherot, au centre même de l'Esplanade des Venues et dans le prolongement de l'Agriculture. Les lignes simples du style paysager français s'accordaient à merveille avec le style symétrique des palais de l'Exposition.

A la suite des parterres et des buissons, avait été disposé un admirable jardin composé des spécimens les plus magnifiques des arbres fruitiers. Plus loin, des conifères, des groupes de motifs arborescents et arbustifs, placés habilement et avec goût, laissaient voir, entre leurs « jours », les chaudes masses florales des plates-bandes et des corbeilles.

Les principaux exposants étalaient dans ce jardin leurs produits.

Ainsi l'Horticulture française complétait de la façon la plus heureuse et la plus harmonieuse l'Exposition agricole permanente contenue dans le palais.


CONCOURS TEMPORAIRES INTERNATIONAUX.

Cette Exposition permanente et déjà si complète, vit encore son importance s'accroître du fait de la participation des agriculteurs français aux concours temporaires internationaux qui eurent lieu à Cointe.

Ceux-ci commencèrent dès le début de l'Exposition et se poursuivirent jusqu'à la fermeture, embrassant toute la variété des produits agricoles : fleurs, plantes ornementales, plantes de serre, légumes, fruits, primeurs, produits laitiers, aviculture, apiculture, enfin tout ce qui se rapporte à la production agricole et horticole.
Dans ces expositions temporaires et qui, parfois, en dehors de Leur importance propre, présentaient, comme le concours de fleurs et de plantes ornementales, une réelle beauté, propre à plaire aux yeux, les exposants français nous montrèrent les superbes produits de leurs jardins, de leurs fermes, attestant ainsi la valeur de leurs méthodes de culture, la fertilité du sol de la France et la qualité de leurs animaux agricoles.

On vit à ces concours les superbes fromages de Camembert, de Coulommiers, de Maroille, d'Auvergne, de Roquefort, des laits onctueux, des beurres d'une finesse admirable; les asperges d'Argenteuil et les primeurs du Midi, le miel de différentes régions, etc.

De cet ensemble si varié, de produits et de matériels agricoles et des procédés s'y rapportant, se dégageait la constatation d'une France agricole industrieuse et riche, au courant de toutes les conquêtes de la science moderne.

Un juste hommage doit être rendu à MM. Ruau, Viger et Dop qui ne ménagèrent ni leurs efforts ni leurs peines pour répondre, dans la plus large mesure possible, aux sentiments de sympathie qui animaient les agriculteurs français pour les agriculteurs belges.
C'est à ce titre qu'on doit leur être spécialement reconnaissant.

©Livre d'Or de l'Exposition Universelle de Liège 1905