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Armées de Terre et de Mer


Armées de Terre et de Mer à l'exposition de Liège 1905

Ce groupe comprenait tout ce qui touche à l'Armée et à la Marine: l'armement, les constructions militaires et maritimes, les travaux hydrauliques, les torpilles, la cartographie, l'hydrographie, l'habillement, l'équipement, les services administratifs, l'hygiène et le matériel sanitaire.

La plupart des fournisseurs de l'Armée et de la Marine exposant leurs produitS( dans leurs classes industrielles, ce groupe ne comportait qu'un petit nombre d'exposants très spéciaux. Vingt-six exposants occupaient 222 mètres carrés, dont 72 sous une vaste tente qui abritait les services hospitaliers. Cette tente, installée sur un emplacement spécial dans les jardins, renfermait les expositions des sociétés de secours aux blessés (Dames françaises et Union des Dames de France).

Il convenait de considérer, comme appartenant à ce groupe, la Compagnie des Forges et Aciéries de la Marine et d'Homécourt, dont l'important matériel d'artillerie était détaché dans le Pavillon international militaire belge par suite de sa qualité de fournisseur du Ministère de la Guerre de Belgique.

Dans sa tâche, le jury de l'artillerie se heurta à une difficulté insurmontable.

Ayant à juger des mérites du matériel présenté par la Compagnie susnommée, plus connue sous le nom de Société de Saint-Chamond, ainsi que par diverses autres sociétés de première importance, telles que Krupp, Cockerill, les établissements de fabrication de l'artillerie belge, il ne put attribuer à l'une d'entre elles une cote parti- culière, le mérite, en artillerie, ne s'établissant qu'après des expériences très longues et peu aisées à pratiquer dans les halls d'une World's Fair. Le jury se borna donc à apprécier l'intérêt d'ensemble de l'exposition des établissements susdits et fut ainsi amené à proposer l'attribution à chacun d'eux d'un diplôme de grand prix.

La classe 120, la première du groupe, avait trait à l'armement et au matériel de l'artillerie.

Ce compartiment, qui groupait le matériel d'artillerie, avait un aspect qui ne laissait de susciter une sorte d'émoi instinctif, que rendait plus prenant encore la terrible guerre dont la fin coïncida presque avec la fin de la World's Fair.

Les armes ordinaires, fusils, pistolets, revolvers, fines, polies, légères, ne révèlent pas par cet aspect la puissance qu'elles confèrent à celui qui les possèdent. Le matériel d'artillerie, au contraire, par ses formes massives, gigantesques, donne bien une idée de sa force, de la puissance de destruction qu'il contient. Le visiteur avait une crainte instinctive à passer devant ces gueules de canon, braquées sur lui, et lui soufflant à la face le noir de leur « âme ».

La France avait été représentée, dans cet ordre de produits, par deux exposants.

La Compagnie des Forges et Aciéries de la Marine et d'Homécourt avait réuni en son stand des matériels d'artillerie de 12 pouces, de 24 centimètres, de 10 1/2 centi- mètres, de 75 et de 70 millimètres. On y trouvait encore des éléments de canon de 12 pouces, des frettes à tourillons pour calibres de 80 millimètres à 28 millimètres, des projectiles divers, obus, boulets de canon, des armes portatives, des pièces détachées, des ressorts et des aciers moulés.

Les munitions les plus diverses pour les armes de guerre de tous systèmes et de tous pays formaient l'exposition de la Société française des Munitions de chasse, de tir et de guerre. On y trouvait des munitions pour bouches à feu, des obus en fonte ordinaires ou à balles, des boîtes à mitraille, des munitions pour canons à tir rapide, des fusées percutantes, système Budin, Nordenfelt, etc., à temps et à double effet.

Des gargousses, des sachets à poudre noire et sans fumée, des étoupilles à friction, des obturatrices à percussion centrale, des obturatrices électriques et des obturatrices électriques de tension, de modèles français et étrangers, complétaient cette exposition formidable.

La Compagnie des Forges et Aciéries de la Marine et d'Homécourt participait encore à la classe suivante, à laquelle se rattachaient le génie militaire et les services y ressortissant.

Cette société exposait un disque en tôle et des plaques de blindage, en métal spécial, d'une épaisseur respectable et dans lesquelles s'étaient cependant logés des obus, dont quelques-uns faisaient corps avec le métal du blindage.

M. Farcot fils, de Plaine-Saint-Denis (Seine), présentait des appareils spéciaux destinés à assurer la ventilation des coupoles.
La classe 122, dont le programme comprenait le génie maritime, les travaux hydrauliques, les torpilles, avait réuni six exposants.
C'étaient MM. Barbier, Bénard et Turenne de Paris, avec des projecteurs et diverses photographies d'appareils semblables, la Compagnie des Forges et Aciéries de la Marine et d'Homécourt avec un disque en tôle, une plaque de fondation en acier moulé pour machine marine, des blindages en acier, des arbres coudés et des réservoirs pour torpilles; les établissements Elwell de Plaine-Saint-Denis (Seine), avec des machines- outils, des compresseurs d'air à haute et basse pression, des stations de sous-marins, des projectiles de rupture de 37 à 305 millimètres, des affûts, des appareils de voie; MM. Garnier, Courtaud et Cie avec des photographies d'hélices, des gouvernails, des pièces diverses en bronze Roma exécutées pour la marine française; MM. Grille et Cie de Paris, avec des dessins et des photographies de chaudières marines; enfin la Société Anonyme du Temple, de Cherbourg, avec des photographies de chaudières.

A rencontre des trois premières classes du groupe, les trois dernières avaient un aspect assez inoffensif; la dernière même était essentiellement humanitaire.

La première d'entr'elles groupait les livres, les cartes et les divers instruments utilisés par l'armée, tels les lunettes, les jumelles, les viseurs, etc., exposés par M. Krauss de Paris. Pas mal de publications, de brochures, de cartes, s'y trouvaient présentées par MM. Berger-Levrault et Cie de Paris, Chapelot et Cie de Paris, Charles Lavauzelle de Limoges.

L'avant-dernière classe, intitulée : « Services administratifs », nous montrait quelques costumes, quelques effets d'habillement militaires. C'étaient les motifs en broderie d'or, d'argent et de soie pour uniformes, de M. Borrel de Paris, les effets de petit équipement militaire, une scène d'intérieur de chambrée, les casques et les coiffures en liège pour les colonies de M. Jules Chautard de Paris, les vêtements de grand équipement militaire, les accessoires de coiffures, les nombreux articles de bouderie, de broderie, les boutons, les draps militaires de MM. Hubert de Vautier et fils de Paris.

La dernière classe avait trait à l'hygiène de l'armée et au matériel sanitaire, utilisé en temps de guerre. Il est heureux que certains des objets qui en ressortissaient fussent éloignés des engins de destruction, car ils en auraient augmenté singulièrement l'horreur.

On y trouvait des perforateurs dentaires et chirurgicaux, des auto-masseurs et des ventilateurs de M. Bercut de Paris, des instruments de chirurgie et des bandages en gomme et en caoutchouc de M. Rondeau-Plisson de Paris, des instruments de chirurgie de MM. Simal, Wûlfing-Süer, tous deux de Paris.

La Société des Dames françaises, société qui a pour but de donner des secours aux blessés, faisait également partie de cette classe. Elle avait élevé sur le quai qui côtoyait la Meuse, près du « Vieux-Liège », une vaste tente où se trouvait un matériel complet d'hôpital et d'ambulance.

La description du groupe XIX avait débuté par l'énumération d'engins de dévastation et de mort; il nous est agréable de le terminer en signalant cette association au but hautement charitable et profondément humanitaire.

©Livre d'Or de l'Exposition Universelle de Liège 1905