Retour - Liste Pavillons

Economie Sociale, Hygiène, Assistance Publique



Le groupe de l'Economie sociale, de l'Hygiène, de l'Assistance publique revêtait, en France, une importance qui n'avait d'égale que l'ampleur du programme qu'elle assumait.

Seul, un spécialiste aurait pu déduire de ces milliers de documents exposés la caractéristique de l'Economie sociale française. Au surplus, parmi les œuvres de Paris ou de la province qui participaient à ce groupe, au nombre de près de huit cents, s'il en était de nettement modernes, il en était aussi dont la production, sinon l'esprit, remontait à plusieurs siècles.
Elles avaient donc plutôt une valeur individuelle et documentaire; et une façon intéressante de les étudier eut été peut-être d'examiner chacune d'elles et d'en donner l'esprit.

Cette tâche ardue et toute spéciale n'est pas la nôtre; aussi devons-nous nous borner à étudier brièvement chaque classe, et, dans l'occurrence, donner de l'une ou l'autre d'entr'elles, l'œuvre caractéristique en laquelle s'avère une initiative louable ou une direction originale.

Le groupe que nous avons en vue, occupait, au fond de la section française, une suite de compartiments séparés, disposition qui contribuait très heureusement à faciliter la besogne du visiteur, désirant se renseigner sur telle question spéciale de l'Economie sociale.

Ces compartiments avaient une très grande surface d'exposition : leurs cloisons même, des tablettes, des châssis recevaient les uns les cartes, les graphiques, les photo- graphies, les autres les brochures, les volumes, les modèles réduits d'appareils, etc.

La section était divisée en neuf classes.

La classe 110 renfermait les exposants individuels et les sociétés ayant trait au placement et à l'apprentissage des ouvriers, à la sécurité des ateliers et à la réglementation du travail.

Les problèmes concernant les accidents du travail et les assurances étaient également rattachés à cette classe.

On y relevait notamment l'exposition de « l'Association pour le patronage et le placement des orphelins » et celle de la « Société de protection des apprentis et des enfants », toutes deux de Paris.

La classe 102 visait la rémunération du travail et la participation aux bénéfices.

Dans la classe 103-104 était exposé tout ce qui concerne les syndicats professionnels de l'industrie et de l'agriculture. Cinquante associations coopératives de production ou de crédit étaient comprises dans cette classe.

On y notait, pour leur intérêt spécial, les « Midinettes », la « Mine aux Mineurs » et une foule de professions réunies en associations ouvrières de production.

La classe 106 avait pour but de montrer le développement des logements hygiéniques, dus à l'initiative publique ou privée.

En France, comme en Belgique, du reste, un certain nombre de grands établissements industriels possèdent des caisses de crédit destinées à faciliter, à leur personnel, l'achat de maisons spacieuses, saines et agréables.

A côté de ces établissements et d'institutions s'occupant exclusivement de ce programme, on remarquait divers plans de maisons ouvrières, les unes en projet, les autres édifiées.

La classe 107 ne comprenait que les sociétés coopératives de consommation. Leur existence en France ne date guère que de cinquante ans, mais leur développement a été progressif et continu.

On y remarquait notamment les diverses sociétés coopératives des employés du P.-L.-M. à Grenoble, Dijon, Mâcon.

La classe 108-110 embrassait toutes les institutions sur le développement intellectuel et moral des ouvriers et toutes les initiatives en vue du bien-être des citoyens.

La plus importante était la classe 109. On peut dire qu'elle constituait un résumé fidèle des questions de mutualités et de prévoyance : caisses d'épargne, sociétés de secours mutuels, compagnies d'assurances et de retraites y étaient représentées.

Notons, parmi elles, différentes mutualités maternelles, l'Œuvre du Trousseau de Paris et la Société française de Bienfaisance de Liège, dont M. Larroque est le dévoué président.

La classe 111 était celle de l'Hygiène, aussi bien de l'hygiène privée que de l'hygiène publique.

Dans cette classe, se trouvait nombre d'institutions, de caractère très intéressant, soit par leur programme, soit par les documents qu'elles exposaient.

Outre des réductions de nombreux appareils destinés à filtrer l'eau, à épurer l'air, à désinfecter les vêtements, les literies, les chambres, on y relevait des documents relatifs aux recherches sur les maladies contagieuses des Instituts Pasteur de Paris et de Lille et des applications de la bactériologie à l'hygiène, aux industries et à l'agriculture, des œuvres concernant le traitement des tuberculeux, les procédés d'hygiène à appliquer aux maisons ouvrières, etc.

Enfin, la classe 112 était relative à toutes les questions d'assistance publique ou privée.

Citons en raison de leur originalité touchante, différentes oeuvres : l'œuvre de l'Arbre de Noël de Lille, l'Asile temporaire pour les enfants dont les mères sont à l'hôpital de Paris, les Enfants traduits en justice, de Paris et de Marseille, le Lait maternel, de Paris, la Société générale des prisons.

Rappelons que le groupe de la section française d'Economie sociale était présidé par M. Léon Bourgeois, ancien président du Conseil des Ministres et de la Chambre des Députés, habilement secondé par M. Léon Douarche, secrétaire, délégué du Commissariat général.

©Livre d'Or de l'Exposition Universelle de Liège 1905