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Forêts, Chasse, Pêche, Cueillette



Ce groupe succédait, dans la troisième travée, à la section de la typographie. Il occupait une surface de 820 mètres carrés et comprenait le matériel et les procédés des exploitations et des industries forestières, leurs produits, tels que les bois d'œuvre et de construction, les bois de chauffage, les bois des Iles et d'ébénisterie, la sparterie et la vannerie à côté des armes de chasse, des pelleteries, des fourrures et des autres produits de la Chasse.

L'installation de la classe des cueillettes, au fond de la dernière travée, présentait également une importance et un intérêt exceptionnels.

Les classes 49 et 50 avaient rapport aux produits forestiers, bois des Iles, bois à brûler, chênes-liège et à différentes industries s'y rattachant, sparterie, vannerie, etc.

Bien que les produits forestiers ne se prêtent guère à la décoration, les exposants étaient néanmoins parvenus à organiser une classe fort élégante, grâce aux bois des pays exotiques, présentés en abondance, sous forme de billes ou de merveilleux panneaux de placage.

Ces bois, aux couleurs vives et variées, tranchaient agréablement sur les tons uniformes des bois communs et le tout se fondait dans un ensemble harmonieux du plus heureux effet.

Il faut dire aussi qu'au point de vue subjectif, les bois sont essentiellement décoratifs. Leur odeur sapide, résineuse, amère ou aigre, évoquait, pour les sensitifs, des décors autrement vivants et beaux que les plus gracieuses fantaisies de couleurs et de lignes réalisées par des assemblages ingénieux.

Les bois exotiques, exposés par six importantes maisons parisiennes, représentaient non seulement le commerce des bois bruts, c'est-à-dire en grumes ou en billes équarries, mais également le commerce si important des bois de placage.

L'exposition des bois d'essences originaires de France n'était pas moins intéressante; on remarquait de beaux échantillons de bois de chêne, de sapin, de peuplier, de frêne, de hêtre.

Les industries connexes : bois tressés, sparterie, vannerie, étaient également dignes de capter l'attention du visiteur. La façon très soignée, le curieux coloris des meubles en rotin et en bambou, la forme des meubles et des objets confectionnés attestaient le souci de leurs fabricants de produire des objets à la fois commodes, solides et ayant une certaine beauté décorative.

La classe 51, une des plus importantes du groupe, comprenait le matériel de chasse.

La participation des armuriers français, bien qu'ils eussent hésité à venir à Liège, au centre même des forces vives de cette industrie, n'en fut pas moins remarquable et produisit sur tous une impression de vitalité et de progrès accentué.

La belle ordonnance de cette classe, les gracieuses vitrines sur lesquelles c'était plaisir de se pencher pour admirer quelque canon de fusil serti d'incrustations ou quelque arme de précision, contribuaient à donner cette bonne impression.

Outre différents tableaux statistiques, des plans, des publications armurières ressortissant du Banc d'Epreuves des armes de Saint-Etienne, les nombreux spécimens des travaux d'élèves de deux écoles stéphanoises attiraient l'attention.

L'école régionale des Arts industriels, qui comprend des cours de gravure au marteau et à l'échoppe, de ciselure, d'incrustation, de repoussé, avait exposé des spécimens artistiques d'une réelle beauté décorative. Son cours de composition, obligeant les jeunes graveurs à sortir du rôle de copiste et à approprier leurs motifs aux surfaces et aux types d'armes à décorer, attestait une initiative heureuse.

A côté, l'école pratique d'industrie, section de l'armurerie, exposait des spécimens de pièces détachées donnant, depuis le canon jusqu'au fusil complet, le développement progressif de ses études.

Entre ces écoles et occupant une place d'honneur, le Musée d'armes de Saint- Etienne nous montrait une collection remarquable de chefs-d'œuvre d'armurerie de toutes les écoles, et particulièrement de l'Ecole française des XVIIe et XVIIIe siècles. Une semblable collection, intelligemment présentée par M. j. Grivolat, directeur du Musée, aurait pu, à elle seule, donner un puissant intérêt à la section française de l'armurerie. La liaison des belles choses du passé à celles du présent s'y établissait à chaque pas. On restait quelquefois profondément surpris de découvrir les éléments prototypes des inventions modernes. On pouvait voir, par exemple, des hammerless de cent années d'existence, des fusils-revolvers, des armes à canons fixes, possédant des systèmes d'obturateurs très ingénieux, des armes à répétition, à bascules, à pois fulminants, etc. Une série d'exposants occupaient ensuite les autres vitrines; les fusils les plus divers, depuis le fusil ordinaire jusqu'aux armes de luxe les plus perfectionnées et les plus ornées, les pièces détachées de fusils, les bois de fusil sculptés, incrustés, etc., étaient représentés dans cette participation.

On remarquait encore dans la classe 51, des produits d'artifices, des pièges à animaux nuisibles, et de curieux appareils pour le dressage des chiens de chasse.
Les produits de la chasse ressortissaient de la classe 52. Trois importants métiers relatifs à l'industrie des peaux et des poils y étaient représentés. C'étaient les fourreurs, les lustreurs, les marchands de crins et de laines.

L'industrie de la fourrure a pris un essor considérable dans ces dernières années, tant en France que dans le monde entier et pourtant les fourrures travaillées et confectionnées ont été employées de tous temps. On en parlait déjà chez les Romains. On dit même que les blasons ont été créés, au moyen-âge, sur l'initiative des fourreurs. En fait, certains mots qui ont subsisté en style héraldique, comme vair (ventre d'écureuil gris), hermine, sable (zibeline), semblent justifier cette supposition. Sous le second empire la vogue de la fourrure s'affirma et, de nos jours, elle est devenue un objet de nécessité dans le commerce du vêtement de luxe. Par ce fait, les prix des fourrures ont augmenté dans des proportions incroyables. Les plus belles peaux de zibeline qui, en 1889, atteignaient à peine 700 francs, dépassent parfois actuellement 2.500 francs et les fourrures ordinaires ont suivi cette marche ascendante.

Une collectivité d'une dizaine de fourreurs parisiens et quelques exposants individuels représentaient dignement le métier des fourrures. Dans de hautes vitrines, les précieuses fourrures étaient exposées, soit jetées négligemment sur le sol, lourdes, épaisses, carressantes, soit posées en boas, manteaux, etc., sur des mannequins.

A côté du métier de la préparation des peaux d'animaux, est venu se greffer un autre métier dont l'importance est maintenant considérable, c'est celui du lustreur. Les lustreurs sont chargés de donner à la fourrure une couleur différente de la couleur primitive, soit par des teintures dans les cuves, et dans ce cas la peau et le poil sont imprégnés de la nouvelle teinte et l'aspect en est ainsi complètement changé, soit par une simple couche de teinture à la pointe des poils afin d'imiter la coloration d'une peau de plus grande valeur.

Cette industrie, très florissante en France, était représentée par quatre grandes maisons de Paris.

La classe 53 (engins, instruments et produits de la pêche, aquiculture), était comme son titre l'indique, l'asile de la pisciculture, branche de la production nationale à laquelle on commence à accorder plus d'attention qu'auparavant. Le Gouvernement français avait manifesté l'intérêt qu'il porte au repeuplement méthodique de son domaine aquatique, en exposant dans cette classe des tableaux muraux dressés par les soins de l'Inspecteur général de ce nouveau service et relatifs à cette question.

Trois exposants particuliers achevaient la représentation française dans cette classe par des tableaux de même destination que ceux exposés par le Gouvernement, par des articles de pêche et des pièces automatiques relatives à l'aquiculture,

La classe 54 (engins, instruments et produits des cueillettes), comportait exclusivement des produits végétaux ordinairement obtenus sans culture, avec leurs dérivés. Outre le caoutchouc, le gutta-percha, le bolata, le liège, des cannes, des manches sculptées, des champignons comestibles, des truffes, des huiles d'olives, l'eau de fleur d'orangers, des pains de beurre de cacao, etc., une foule d'exposants groupaient dans cette classe les médicaments obtenus par la préparation de végétaux de France ou des pays exotiques, tels que de nombreuses pilules et pastilles, des sirops, etc., et enfin le sulfate de quinine obtenu par la préparation des quinquinas, dont on voyait ici même
des échantillons.

La classe 54 terminait les attributions du groupe IX dont ces quelques pages auront pu faire connaître l'importance.

©Livre d'Or de l'Exposition Universelle de Liège 1905