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Education et Enseignement



En abordant la description de la Section française, nous avons été directement à ce qui frappait principalement comme aspect d'ensemble.

Parcourons maintenant méthodiquement la section afin de ne rien omettre de ce; qui méritait d'être vu dans chaque groupe.

Ce groupe, auquel on avait voulu donner dans la section une ampleur qui explique au point de vue français les vues de son gouvernement, était représente par une collection de statistiques, de graphiques, de travaux d'élèves, de maîtres, etc. Mais son côté le plus intéressant résida surtout dans ces conférences qui firent connaître, par la voix de maîtres écoutés, les méthodes pédagogiques françaises actuelles.

On apprit par elles de quelle manière certains professeurs du Collège de France comprenaient l'histoire, quelle était la marche suivie pour l'enseignement de la philosophie, sous quel point de vue s'envisageait la médecine, quels étaient les principaux éléments psychologiques pour la formation de l'âme enfantine, en général, et ce que devraient être les méthodes pédagogiques, fondées sur l'observation rationnelle de la nature de l'enfant.

De cela, on pouvait conclure que les méthodes françaises d'éducation et d'enseignement reposent sur des principes nouveaux. En effet, ils sont l'application de ces découvertes faites par des hommes qui étaient non seulement profonds observateurs, mais qui eurent assez de scrupules scientifiques pour chercher à se souvenir avec lucidité de leur âme spéciale d'écolier, à se rappeler de ce qui aurait été susceptible de l'intéresser, à reformer en se mettant à ce point de vue réaliste les méthodes d'éducation et d'enseignement.

Cette liberté de jugement, laissée à des hommes dont la raison ne se laisse influencer en aucune façon par l'assimilation de théories déjà fort anciennes, marque un état d'esprit très intéressant dans l'administration française actuellement chargée de la direction de l'enseignement public.

La pédagogie, une des plus importantes sciences qui soit, puisqu'elle tend à former le cœur et l'âme de l'enfant, s'inspire ainsi, actuellement en France, de principes purement humains. Il semble que ceux-ci puissent se résumer dans le souci non plus d'imposer à l'enfant des connaissances qui ne sont pour lui que des mots alignés à la suite des uns des autres, mais de l'intéresser instinctivement à ces connaissances, en cherchant le point de contact qui pourrait mettre en accord celles-ci avec sa sensibilité,' encore peu affermie.

La salle des conférences, à laquelle nous avons consacré autre part une notice, montrait une application de ce principe dans les estampes qui couvraient ses cloisons et qui avaient pour mission d'intéresser l'enfant à l'art. L'art, en effet, n'est pas chose qui se comprend après de nombreuses années d'études et à la fin desquelles on confère un diplôme, ce n'est qu'une question de sensibilité. Cependant, pour passer de l'émotion simple et ressentie par tous aux émotions spéciales et subtiles, particulières à certains individus, un programme d'éducation est nécessaire. Ces estampes tentaient de réaliser ce programme.


Près de cinquante conférences faites par les professeurs et les savants les plus autorisés furent donc organisées de juin à octobre.

Les conférenciers traitèrent de l'enseignement supérieur, secondaire, primaire, puis s'aventurèrent dans des questions plus spéciales: le Droit, la Philosophie, la Médecine, l'Histologie, la Physique, la Chimie, l'Astronomie, l'Histoire, la Géographie, la Littérature, la Botanique.

Enfin, une série de quinze leçons fut faite sur l'organisation scolaire universitaire et le fonctionnement des grands services scientifiques en France.

D'autre part, on voulut que les diverses Universités fussent représentées dans la série des Conférenciers par leurs maîtres les plus éminents. Le Ministre de l'Instruction publique avait, dans cet ordre d'idées, demandé des conférences à un certain nombre de savants et de professeurs que leurs découvertes récentes ou leurs méthodes originales désignaient tout naturellement pour être les vulgarisateurs du labeur national.

On ne leur demandait nullement de donner ainsi un abrégé de l'effort scientifique et intellectuel qui s'accomplit en France, mais de mettre en lumière le progrès de cette évolution qui méritait la grande publicité d'une Exposition universelle et internationale.
Pour terminer ce chapitre, disons encore que nombre de statistiques et graphiques, fixés aux cloisons ou disposés sur des tablettes, renseignaient documentairement sur les établissements français d'enseignement.

La Direction de l'Enseignement primaire, notamment, exposait trois grands graphiques, établis par M. Levasseur, professeur au Collège de France.

Ces graphiques renseignaient le nombre d'instituteurs et d'institutrices par 10.000 habitants, le nombre des élèves des écoles primaires, les dépenses faites pour l'enseignement primaire public et l'instruction des
conscrits et des conjoints.

Le Musée pédagogique était représenté par un cadre de photographies d'anciennes écoles et un graphique du service des vues.

Un autre graphique représentait l'expansion de l'Association polytechnique pour le développement de l'instruction populaire, de 1835 à 1905.

Un grand nombre de photographies de lycées et de collèges, provenant de diverses inspections académiques, étaient exposées par la Direction de l'Enseignement secondaire qui avait envoyé, en outre, deux tableaux donnant les plans d'études de l'Enseignement secondaire des garçons et de l'Enseignement secondaire des filles.

L'exposition de l'Enseignement supérieur comprenait les envois de différents services de cette Direction et consistait surtout en photographies.

On notait, dans ce genre de documents, des vues du Laboratoire de Géographie physique, la reproduction d'un tableau employé pour la lecture des cartes, le modèle type des autographies employées pour les excursions, trois photographies du Musée de moulages de la Faculté des Lettres de Lyon et plusieurs photographies de la Sorbonne.

La Faculté des Sciences était représentée par diverses photographies de ses laboratoires et de salles de travail.

On notait aussi, successivement:
le Laboratoire d'anatomie comparée. — Salle de travail;
le laboratoire de chimie. - Salle de distribution de l'hydrogène sulfuré;
le Laboratoire de recherches physiques - Salle de recherches;
le Laboratoire d’histologie - Salle des travaux pratiques;
le Laboratoire de zoologie, anatomie et physiologie comparée. - Salle des travaux pratiques

De même pour la Faculté des Lettres. Diverses photographies représentaient:
la Bibliothèque Albert Dumont;
la Sortie du cours de M. Lavisse;
le Musée d'art antique;
le Musée d'art moderne;
la Salle d'histoire de l'art;
la Bibliothèque d'histoire.

Une thèse originale, soutenue en Sorbonne au XVII^ siècle, complétait d'une façon savoureuse et assez inattendue l'exposition de la Direction de l'Enseignement supérieur.

A ces graphiques et photographies relatifs aux divers enseignements primaire, secondaire et supérieur, s'ajoutaient encore une foule de documents concernant l'Enseignement spécial industriel et commercial.

L'exposition du groupe occupait une surface de 200 mètres carrés et se subdivisait en deux parties. La première partie était affectée aux établissements d'enseignement technique relevant du Ministère du Commerce et de l'Industrie : le Conservatoire national des Arts et Métiers, l'Ecole Centrale, les Ecoles d'Arts et Métiers d'Aix, Angers, Châlons, Cluny et Lille; les Ecoles nationales professionnelles d'Armentières, Nantes, Vierzon, Voyron; les Ecoles d'horlogerie de Cluses et de Besançon; ainsi que les cinquante et une écoles pratiques de garçons et les huit écoles pratiques de filles.

L'exposition de l'enseignement technique avait groupé dans sa seconde subdivision les établissements et les oeuvres dus à l'initiative privée, tels que les cours créés par les Chambres syndicales ouvrières ou patronales, et les diverses organisations destinées à développer et à répandre l'enseignement populaire.

Consulter tous les documents réunis à cette occasion pour en tirer une idée de la direction particulière de l'enseignement technique français eut été un travail considérable, sinon impossible. La seule utilité pratique de cette exposition était de permettre de se documenter sur quelque branche isolée de ce vaste programme de l'enseignement technique.

©Livre d'Or de l'Exposition Universelle de Liège 1905