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Vue Générale


Vue Générale à l'exposition de Liège 1905

La Plaine des Vennes, sur laquelle s'étalait l'immense construction des halls et une foule de pavillons particuliers, était autrefois une sorte de marécage ; l'hiver et l'été, une immense prairie sauvage avec, ça et là, dans les dépressions de terrains, des mares où grouillaient les grenouilles. Au loin, se massait un rideau de peupliers, dérobant en partie une vision fuligineuse et fumeuse de charbonnages et d'usines. Le lieu, triste l'hiver, à cause d'innombrables bandes de corbeaux et de pies qui planaient au-dessus des têtes des rares passants, s'égayait un peu l'été, par la présence d'enfant» en vacances venus y chercher un champ immense, propice à leurs jeux.

Le boulevard Emile de Laveleye était constitué alors par l'Ourthe, une Ourthe aux rives irrégulières, mangées par l'eau débordée de l'hiver et parsemée de cailloux. Quelques pêcheurs s'y livraient à leur distraction favorite.

Nous avons rappelé précédemment les grands travaux qui durent être effectués pour niveler et assainir cette vaste plaine; combien l'utilité de ces travaux saute maintenant aux yeux! Un quartier luxueux naîtra sur ce sol affermi, un grand boulevard le traversera, et là où fut la World's Pair s'élèveront d'innombrables constructions où Liège déversera le trop plein de sa population.

Le quai Mativa qui y conduisait, bien que amélioré depuis quelques années, était encore d’aspect assez primitif, surtout par ses berges où les lavandières étalaient leur linge et où, en été, des bandes d’enfants du peuple s’ébattaient avec ivresse, dans l’herbe haute.

L'Exposition fit convertir cette berge fruste en une rive régulière, soutenue par des murs d'eau. La pointe, jadis ébréchée, de la maison Monnier, fut consolidée, l'Ourthe comblée vit son cours s'enfermer entre de hautes murailles; tout devenait net, propre et sain, sinon pittoresque!

Le Quartier des Palais, nous l'avons dit, était relié à cette deuxième enceinte de l'Exposition par le pont Mativa et le quai de même nom. Ce pont, merveille de légèreté et de finesse, reliait gracieusement les deux rives de la Dérivation de la Meuse; un peu voûté, il s'agrémentait ça et là d'écussons et de petits drapeaux français.

Du centre de ce pont, on jouissait d'une vue superbe; entre la berge du quai Mativa et la pointe de la presqu'île de la Boverie, s'étalait la dérivation de la Meuse; le pont de Fétinne, la porte d'Amercœur, entrée du Vieux-Liège et les nombreux toits du quartier ancien encadraient ce paysage, tandis que le pont de Fragnée, doré et majestueux, soulignait de ses contours éblouissants les grands bois lointains de Kinkempois.

©Livre d'Or de l'Exposition Universelle de Liège 1905