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Maisons Coloniales Françaises



Outre ses superbes pavillons groupant, avec une classification judicieuse, les divers produits qu'ils représentaient et l'Office colonial synthétisant le grand mouvement central de l'Administration des Colonies, l'Exposition coloniale française n'eut pas été complète, si à côté de ces éléments, la France n'avait montré des types de maisons coloniales.

L'ingéniosité de ces habitations consiste en ce que, formées d'assemblages numérotés, elles peuvent se construire en quelques jours, voire, comme c'est le cas des plus petites, en quelques heures. Cependant, malgré leur exiguïté, elles sont commodes et leur disposition intérieure est judicieusement adaptée aux besoins du climat et à la nécessité, pour le colon, de trouver en elles un asile assez sûr pour se défendre contre quelque attaque inopinée.

Les pièces intérieures sont meublées de sièges légers; on y remarque des lits à moustiquaires, des collections des médicaments les plus fréquemment utilisés dans les pays exotiques, en un mot, tout ce que généralement tout colon doit avoir sous la main.

A l'Exposition, ces maisons coloniales étaient au nombre de trois. Deux d'entre elles, situées à proximité du pavillon des Possessions françaises en Asie, abritaient, l'une le Syndicat de la Presse coloniale, l'autre le bureau du Commissariat des colonies.
La troisième habitation coloniale, de dimensions plus vastes, s'érigeait sur la berge herbue du lac, dont les eaux, au côté opposé, reflétaient le large pavillon blanc des Possessions françaises en Afrique occidentale. Trois hommes pouvaient construire en trois jours cette maison de bois légèrement surélevée, s'entourant d'une galerie couverte.

Cette maison, d'apparence plutôt rustique, abritait, dans ses pièces intérieures, l'exposition du Service de la Santé et la participation de la Guyane française.

Par des graphiques, des brochures, le Service de la Santé documentait le visiteur sur l'état de salubrité des différentes colonies et les progrès qu'une hygiène raisonnée et appuyée sur les résultats de l'expérience ainsi que les grands travaux d'assainisse- ment ont permis de réaliser dans ces possessions.

On remarquait encore des dispositifs d'installations d'hôpitaux ou d'infirmeries aux colonies.

Quant à la Guyane française, cette colonie était représentée par des échantillons de bois de gaïac, d'ébène, de bois de fer et d'acajou, de vanille et d'épices. L'absence de main d'œuvre, due à la fausse réputation d'insalubrité et d'infertilité de la Guyane, laisse ces richesses végétales presque complètement inexploitées; l'or, seul, constitue en presque totalité l'exploitation de la Guyane.

Les échantillons de produits végétaux exposés dans le pavillon en compagnie de statistiques auront permis de se convaincre du contraire.

©Livre d'Or de l'Exposition Universelle de Liège 1905