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Village Chinois


Village Chinois à l'exposition de Liège 1905

L'Extrême-Orient évoqué là, dans ce temps où il semble se réveiller, n'était nullement farouche ni cruel aux étrangers. Les visages jaunes qui nous regardaient, par dessus les comptoirs chargés de grès sculptés, de dragons, de vases de porcelaine et de paquets de thés, ne laissaient voir que des physionomies placides de vendeurs; un cinématographe installé là près, rappelait ce que la civilisation actuelle offre de plus raffiné.

Gravissant la butte sur laquelle se juchait la pagode à six étages, on remarquait dans de très belles vitrines, aux angles fouillés de dragons, des Boudhas rêveurs et énigmatiquement souriants ; en contrebas, se trouvait un café chinois où l'on servait des sorbets et du thé glacé. Du haut de la pagode, la vue était merveilleuse. Aux pieds, une succession de lacs luisaient sous le soleil ardent et reflétaient avec une fidélité absolue, les blanches constructions éparses parmi les arbres; ça et là les drapeaux se tendaient au vent; balancées mollement, les cimes d'arbres ondulaient, dérobaient un morceau d'allée minuscule. Dans celle-ci, les promeneurs semblaient des fourmis travailleuses, s'écartant de temps en temps de la file mais y revenant bientôt; tout, de là-haut, montrait un air de fête et de joie.

La sortie se faisait par la porte chinoise, grande entrée monumentale, ou pailow, composée, comme en Chine, d'une porte centrale et de deux baies, plus petites, ouvertes sur les côtés. Le tout était surmonté de toits aux arêtes relevées et se couvrait d'inscriptions souhaitant la bienvenue aux visiteurs.

©Livre d'Or de l'Exposition Universelle de Liège 1905