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Office Colonial Français


Office Colonial Français à l'exposition de Liège 1905

Non loin de la grande terrasse qui, au début du Jardin d'Acclimatation, arrondissait sa balustrade fleurie sur la rive de la Meuse, d'anciennes serres, converties en pavillon, abritaient l'exposition de l'Office colonial français.

Une double rangée de bustes d'amiraux et d'explorateurs célèbres conduisait à une sorte de palier occupé par un bureau de vente de publications coloniales. De part et d'autre de celui-ci, se trouvaient les entrées de deux salles de l'Office colonial. La première à droite réunissait de très variées collections ethnographiques, de nombreux échantillons de produits d'importation et d'exportation coloniales; l'autre groupait sur des volets mobiles, en cartes murales, en graphiques, tout ce qui se rapporte aux divers services des colonies.

L'Office colonial représenté à l'Exposition de Liège n'était qu'une réduction du grand Office colonial de Paris.

Le programme de celui-ci est des plus vastes.

Inspiré par l'extension considérable du domaine de la France et par le désir sans cesse grandissant de ses nationaux de trouver hors de la mère-patrie un débouché à leur commerce ou à leur initiative personnelle, l'Office colonial donne à ceux-ci des indications certaines, officiellement contrôlées et appuyées par des chiffres, sur toutes les questions concernant la mise en valeur des possessions lointaines de la France.

Au surplus, le décret l'instituant le 14 mars 1899 en précisa la portée en ces termes :
1) Centraliser et mettre à la disposition du public les renseignements de toute nature concernant l'agriculture, le commerce et l'industrie des colonies françaises.
2) Assurer le fonctionnement d'une exposition permanente du commerce colonial.

Plusieurs services s'occupent de réaliser ces desiderata. Ce sont les services du commerce, de la colonisation, de la statistique, de la Bibliothèque.

Le service du commerce s'occupe de toutes les matières relatives au commerce de la métropole avec les colonies. Les attributions de cette section sont des plus nombreuses. Outre des renseignements sur tout ce qui concerne les transports: frets, assurances, moyens d'embarquement et de débarquement, droits de douane,, d'octroi, etc., elle a créé une feuille mensuelle de renseignements donnant des indications détaillées sur tel point encore imprécis, et qui fut auparavant l'objet d'une sérieuse enquête sur place, tandis que les informations générales données également dans ce bulletin en font comme un véritable lien entre la colonie et la mère-patrie.

La section commerciale s'occupe encore de l'organisation temporaire de certains produits coloniaux, spécialement en vue. Ces expositions spéciales constituent une suite d'extension d'une partie du Musée commercial de l'Office où se groupent, d'après leur nature et non d'après leur provenance, les différents produits coloniaux. Les produits de même espèce sont réunis en des vitrines, et subdivisés, naturellement cette fois, d'après leur lieu de provenance.

De cette façon, le visiteur peut, rapidement, avoir une idée nette de la valeur du produit qui fait l'objet de ses recherches et en étudier sur place les différentes qualités.

Le service de la colonisation s'occupe de l'introduction des émigrants aux colonies et des questions qui s'y rattachent comme le régime des impôts, le régime militaire, le placement des jeunes Français dans les maisons commerciales et industrielles et dans les exploitations agricoles.

Un des bons effets de ce service a été, parfois, de dissuader de leurs projets nés d'un enthousiasme irréfléchi, certains Français qui bien que n'ayant aucune des qualités requises pour réussir dans les colonies, s'imaginaient trouver en ces terres lointaines un second paradis terrestre.

Le service de statistique publie chaque année des bulletins donnant des renseignements concernant le commerce et la navigation, la population des terres et les productions de chaque colonie.

L'échange de ses bulletins avec les publications similaires des pays étrangers a permis de créer une collection très intéressante, qui facilite l'étude des statistiques comparées.

Un dernier service de l'Office colonial, celui de la bibliothèque, s'accroît en importance, à ce point qu'en 1904 le nombre de lecteurs était de 3.000.

Ces indications nous dispensent de commenter les objets exposés dans l'Office colonial à l'Exposition.

La pièce de droite contenant les éléments les plus intéressants du Musée commercial dont nous avons fait ressortir l'utilité, groupait encore diverses collections ethnographiques, formant un éparpillement pittoresque d'instruments indigènes, de bateaux en usage sur divers fleuves, de coiffures, d'armes, de meubles, d'instruments de musique, etc.

Le Muséum d'Histoire naturelle y exposait également une collection de produits ouvrés et de matières premières des colonies, une collection d'insectes attaquant les produits coloniaux, etc.

La salle de gauche groupait la partie officielle et administrative des colonies. Les différents services des Gouvernements généraux de la Côte occidentale d'Afrique et de Madagascar, l'Indo-Chine y étaient représentés, non seulement par des cartes, des graphiques, des brochures, mais encore par des photographies de coins pittoresques ou des scènes de coutumes locales, aptes à intéresser chaque visiteur.

Il est permis de croire que l'Office colonial français à l'Exposition de Liège aura rendu à quelques-uns de nos nationaux les précieux services qu'il rend dans le pays qui l'a créé, à nombre de Français.

©Livre d'Or de l'Exposition Universelle de Liège 1905