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Vue Générale


Vue Générale à l'exposition de Liège 1905

Dans la plupart des expositions qui se sont succédées durant ces dernières années, il fut de coutume d'édifier, à côté des halls abritant les dernières découvertes faites dans le domaine général des Sciences et des Arts, quelques reconstitutions de la ville elle-même, où se tenait la grande foire mondiale, à une certaine époque de son histoire, ou même à différentes époques marquantes de celle-ci.

L'Exposition d'Anvers 1894, vit se créer le magnifique et savoureux Vieil-Anvers ; Amsterdam, l'année suivante, évoqua l'Amsterdam à ruelles sombres, noires, commerçantes, vues par Rembrandt et l'Amsterdam pittoresque, à longues rues à canaux terminées par quelque aile battante de moulin à vent; Bruxelles-Kermesse, en 1897, fut une pure et folle fête et le Vieux-Paris, à l'Exposition de Paris 1900, évoqua le somptueux, le rutilant, le joli siècle de Louis XIV.

En face de tels précédents, Liège ne pouvait rester insensible; ce fut une Société Anonyme qui conçut le projet d'une reconstitution ancienne et qui s'occupa de la mener à bonne fin. Par son importance, sa beauté, sa valeur documentaire rigoureusement historique, le Vieux-Liège était certes plus qu'une attraction.

Nous en parlerons surtout au point de vue archéologique et artistique.

Le Quartier du Vieux-Liège était édifié entre la Meuse et la dérivation de l'Ourthe.

De loin, rien n'était plus joyeux de voir ces tours aiguës ou à bulbes, ces toits à versants inclinés. Ce quartier formait avec la pointe verte de la presqu'île de la Boverie, d'autre part, un joyeux cadre à cette blanche et riante vision qu'était la façade principale des halls et le Palais des Fêtes.

Le Quartier occupait une superficie de près de quatre hectares et se composait de plus de cent maisons, monuments et échoppes; leur reconstitution fut des plus ardues.
Disséminées ou dénaturées, les vieilles maisons présentant un caractère typique se font rares, il fallut parcourir l'ancien pays de Liège et relever dans les villes, dans les villages et les hameaux éloignés, les éléments les plus intéressants de la vieille architecture wallonne et, au moyen de ceux-ci, édifier et reconstituer des constructions conformément à la pensée de leurs auteurs.

Evocation de la vieille cité, le Vieux-Liège était encore une synthèse de l'architecture wallonne.

Dans le cadre archaïque du Vieux-Liège voisinaient les bourgeois, artisans et hommes d'armes, houilleurs et botteresses aux pittoresques costumes, de
couleurs vives. Il y eut dans le Quartier une renaissance des moeurs d'antan, des joyeuses fêtes de jadis.

De ces fêtes, les unes étaient permanentes, d'autres furent occasionnelles; chaque soir, des cramignons déambulaient gaiement dans les rues marquant,
par une dernière chanson et un dernier éclat de rire, la retraite et le couvre-feu.

Parmi les fêtes qui furent organisées, quelques-unes initièrent à la vie de plaisir de nos aïeux; la plupart d'entre elles existent encore. C'étaient les fêtes de quartier avec leurs traditionnelles réjouissances, les fêtes de métiers, les concours de chant, de tir, de jeux de quilles, de pinsons, de chants de coq. D'autres fêtes, les cortèges historiques, une Joyeuse Entrée, la fête de Mai, la fête des vendanges, nous montrèrent de belles filles wallonnes, de jolis costumes, en nous faisant entendre les plus gaies et les plus vives chansons que puisse rythmer le geste allègre et endiablé d'un cramignon.

Ce fut là le Vieux-Liège à l'Exposition. Son principal et durable mérite fut surtout de réunir un ensemble de documents sérieux et complets relativement à l'architecture mosane d'autrefois.

Nous voulons encore mentionner ici que la Société anonyme du Vieux-Liège organisa un concours d'affiches-réclames auquel participèrent de nombreux artistes.

Deux des projets exécutés furent ceux de MM. Jean Ubaghs et Georges Koister, qui obtinrent respectivement le premier et le second prix.

©Livre d'Or de l'Exposition Universelle de Liège 1905