Exposition Internationale des Arts Décoratifs et Industriels Modernes de Paris 1925

Arts Décoratifs et Industriels Modernes

28 avril 1925 - 25 octobre 1925


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Enseignement Technique

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Architecte(s) : J. Bonnier

Dans la classification générale de l’Exposition des Arts Décoratifs et Industriels Modernes, qui comprend cinq groupes, le cinquième est entièrement réservé à l’enseignement. Les organisateurs de l’exposition ont voulu montrer par là qu’ils
entendaient faire profiter notre enseignement des idées nouvelles, susceptibles de communiquer une vie plus intense à nos arts décoratifs et industriels.

Dans une manifestation où les arts appliqués sont présentés comme une réalité vivante entièrement appropriée à des besoins actuels, il ne pouvait être question de présenter, au groupe de l’enseignement, des objets disparates et sans destination précise ; il fallait renoncer à exposer des tableaux, statistiques, dessins d’élèves, etc. Quant à entreprendre des réalisations d’ensemble, nos écoles d’art décoratif ne pouvaient songer à rivaliser avec les maîtres artistes et artisans exposants dans les autres groupes.

Le programme fut adopté à la suite d’un concours ouvert entre tous les membres du corps enseignant, afin de déterminer la meilleure forme à donner à la participation de l’enseignement technique. Le programme consistait en la création d’ateliers modèles.

La réalisation d’un tel programme ne fut possible que grâce aux crédits qui furent votés à cet effet par le Parlement, à la suite des éloquents rapports de M. Even, à la Chambre, et de M. Serre, au Sénat.

Les ateliers de l’enseignement technique couvrent, au premier étage du Grand Palais, une superficie de plus de 3.000 mètres carrés.

Des frises, mises au concours entre les élèves des écoles d’art appliqué, ornent la partie supérieure des murs ; les clôtures, encadrements de portes, cartouches avec inscription, balustrades, ont été exécutés, en bois, en fer ou en fonte, par les élèves des écoles d’arts et métiers, des écoles nationales professionnelles et des écoles pratiques d’industrie ; le mobilier : tables, vitrines plates ou murales, chaises et escabeaux, a été réalisé dans ces mêmes écoles.

A l’entrée, sont deux salles réservées aux méthodes générales de l’enseignement : on y voit les expositions des cours d’art appliqué où sont enseignés, simultanément, la composition artistique, le dessin et la technique d’exécution, notamment au Conservatoire National des Arts et Métiers.

Ensuite, viennent les ateliers du bois, avec le grand atelier de menuiserie comprenant d’un côté les machines, de l’autre les établis pour le travail manuel, avec l’atelier de charpente, l’atelier d’ébénisterie, l’atelier de carrosserie, l’atelier de vannerie.

Dans la salle de la pierre, on peut voir toutes les techniques de la maçonnerie, du décor, des enduits, du moulage.
Les ateliers des textiles comprennent un atelier d’impression, un atelier de dentelle mécanique, un atelier de broderie mécanique, un atelier de broderie et de dentelle à la main, des ateliers de tissage, auxquels collaborent particulièrement les écoles de Lyon, de Tourcoing, de Vienne, d’Elbeuf, de Saint-Etienne, de Saint-Chamond. A la suite, se trouvent l’atelier du tapis et de la tapisserie et, dans une galerie parallèle, les ateliers de mode et de couture, de lingerie et de fourrure, l’atelier du tapissier-décorateur. C’est dans ces ateliers que collaborent particulièrement, par leurs travaux, les écoles de filles, de même que c’est dans les autres matières, bois, métal, céramique, verre, papier, que la participation des écoles de garçons est la plus importante.

Les ateliers des matières diverses forment tin groupe, où l’on voit travailler le cuir, l'ivoire et l’écaille, les fleurs et les plumes ; en face de la salle d’Oyonnax se tient même un salon de coiffure.

Une salle spéciale est réservée aux ateliers de préapprentissage de la Chambre de Commerce de Paris.

Les ateliers du métal sont, naturellement, très importants. C’est d’abord la chaudronnerie, la dinanderie, la gravure sur acier, la mécanique de précision, l’éclairage et le chauffage électriques ; puis la fonderie de fonte et de bronze, avec les ateliers de ciselure et de monture et ceux des créateurs de modèles ; l’atelier de forge, l’atelier de bijouterie-orfèvrerie, l’atelier d’horlogerie, l’atelier de coutellerie, l’atelier d’émaillage, l’atelier de couverture et de plomberie.

Les ateliers de la céramique leur font suite, puis ceux du verre, où l’on voit le travail du verre incolore, le travail du verre de couleur, l’atelier des vitraux, celui de la mosaïque, celui de l’émaillage.

Les industries du papier comprennent le travail manuel ou mécanique de la typographie, de la lithographie, de la zincographie, du cartonnage et de la reliure.

Enfin, un bureau commercial agencé avec tous les perfectionnements modernes termine cette série de salles.

Des démonstrations sont faites à des heures déterminées dans chacun de ces ateliers, ces démonstrations étant complétées par des conférences cinématographiques qui ont lieu dans la salle des Congrès, installée également dans le Grand Palais.

Les sous-secrétaires d’Etat, MM. Vidal et de Moro-Giafferri, et le très sympathique et compétent Directeur de l’Enseignement technique, M. Labbé, ont été les actifs organisateurs de cette importante manifestation, dont la réalisation a été confiée à M. Marcel Magne, architecte-décorateur, professeur au Conservatoire des Arts et Métiers. M. Drouot, inspecteur général de l’Enseignement technique, a apporté à M. Magne un concours précieux et dévoué en ce qui concerne la collaboration des écoles.

©La Science et la Vie - 1925