Exposition Internationale des Arts Décoratifs et Industriels Modernes de Paris 1925

Arts Décoratifs et Industriels Modernes

28 avril 1925 - 25 octobre 1925


Retour - Liste Pavillons

Orfèvrerie Moderne

Orfèvrerie Moderne à l'exposition de Paris 1925

On aurait pu croire que tout avait été dit en matière d’orfèvrerie et qu’il était impossible d’imaginer, à l’heure actuelle, une technique nouvelle. Cependant, M. Linossier vient de nous prouver le contraire en obtenant par de nouveaux procédés, une orfèvrerie en couleur particulièrement séduisante.

Lorsqu’il était jeune apprenti orfèvre, M. Linossier était attiré déjà par la magie des couleurs. Il aimait la belle et fine matière des émaux, mais il lui reprochait, toutefois, de ne pas être assez solidaire du métal et d’apparaître comme une chose rapportée après le travail d’orfèvrerie proprement dit.

Il adressait le même reproche à l’incrustation au filet employée par les orfèvres arabes, persans, indiens et espagnols, encore qu’il en reconnut toute la beauté décorative. Rappelons, à ce propos, qu’on réalise, aujourd’hui, mécaniquement, des incrustations au filet, remarquables de finesse et de dessin et que des imitations plus grossières sont obtenues par un procédé beaucoup plus expéditif : la galvanoplastie.

L’émail et l’incrustation ne donnaient pas entière satisfaction à M. Linossier, qui s’efforça, cependant, d’en tirer parti. Puis, il étudia la coloration ou la patine des métaux par des acides qui, sur les bronzes, faisaient merveille. Par contre, les laitons ménageaient des surprises désagréables et leurs patines s’altéraient bien vite, sous l’action de la lumière et des agents atmosphériques. C’est alors qu’il eut recours à la « patine au feu » qui, en oxydant profondément le métal,le colore vivement et d’une manière durable. En étudiant la coloration des oxydes et en incrustant des alliages par couches successives, M. Linossier obtient des effets analogues à ceux que réalisent les peintres avec leurs glacis et, notamment, grâce au feu, des teintes profondes analogues à celles de certains émaux. Cette fois, par contre, c’est le métal lui-même qui fournit les éléments de sa coloration et non des produits étrangers.

©La Science et la Vie - 1925