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Ambassade



Architecte(s) : Michel Roux-Spitz, Pierre Selmersheim, Louis Sezille

Les appartements de réception et d’intimité d’une ambassade

La Société des Artistes Décorateurs, qui est un des groupements d’artistes les plus actifs et les mieux organisés, avait, tout d’abord, renoncé à participer à, l’Exposition le 1925, estimant inutile de construire des pavillons provisoires. Cette attitude, tout en étant fort justifiée (par la maigre trésorerie dont peut disposer une collectivité d’artistes), aurait privé l’exposition d’un concours précieux. Dans le but d’obtenir un emplacement couvert, la société étudia et présenta un programme comportant la réalisation des appartements d’une ambassade. Les membres de la société se répartirent la tâche et choisirent eux-mêmes les meilleurs projets. Quand le programme fut bien mis au point, il fut soumis à l’approbation des hautes personnalités qui ont organisé l’exposition.

Sur les 1.350.000 francs de crédits votés par le Parlement pour venir en aide aux collectivités, un million fut accordé pour l’ambassade. Cette somme, qui peut paraître importante par rapport au total des crédits, était, en réalité, bien maigre pour répondre à un programme d’une certaine ampleur. Cependant, les artistes firent si bien que, malgré l’exiguïté de l’emplacement et la médiocrité des ressources, on peut encore envier l’ambassadeur qui aura la jouissance d’une telle ambassade. Nous ne donnerons pas ici la nomenclature des pièces composant l’ensemble ; ce serait sans grand intérêt.

Signalons seulement, parmi les réalisations les plus originales, le hall de Mallet-Stevens, le fumoir de Francis Jourdain, le cabinet de travail-bibliothèque de Pierre Chareau, le petit salon de Maurice Dufrène.

Le système d’éclairage du cabinet de travail, conçu par M. Pierre Chareau, est nouveau. Un plafond mobile masque dans le jour une coupole qui, le soir venu, inonde la pièce de lumière.

Le petit salon de Maurice Dufrène constitue un ensemble très chatoyant. lia décoration générale est en stuc blanc pailleté d’argent ; la pièce est dallée de marbre et les murs sont recouverts de soieries représentant des « jeux d’eau ». Un lustre a été exécuté d’après les dessins modernes de Chevalier, un de nos meilleurs spécialistes du luminaire. Enfin, les dessus de porte ont été exécutés par notre excellent peintre et ami Oudot.

Pour le bon renom du goût français à l’étranger et pour la cordialité des entretiens diplomatiques, il serait à souhaiter que toutes nos ambassades fussent aussi séduisantes.

©La Science et la Vie - 1925