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Primavera - Grands Magasins du Printemps


Primavera - Grands Magasins du Printemps à l'exposition de Paris 1925

Architecte(s) : Sauvage et Wybo

Les Grands magasins du Printemps ont confié à MM. Sauvage et Wybo, architectes, le soin de faire le projet du pavillon « Primavera » où sont exposées les nouveautés de leur atelier d’art.

Ce pavillon présente la forme d’un vaste parapluie tronconique, supporté par un soubassement octogonal. Il est le résultat de nombreuses études très différentes. Le pavillon devait entrer dans le cadre d’un gabarit très sévère imposé par l’administration. Afin d’occuper le maximum de volume, les architectes se sont imposés, en dernier ressort, de remplir complètement le gabarit. Il en est résulté une enveloppe très simple et c’est seulement la richesse des matières employées qui donne toute sa valeur à ce pavillon.

En effet, tous les soubassements sont exécutés en ciment vitrifié de M. Seailles, dont on a déjà vu une première application dans la piscine du Printemps, au Salon d’Automne. Ces appliques de ciment sont niellées de filaments d’or noyés dans la masse et couronnés par une corniche en mosaïque de grès noir et or de MM. Gentil et Bourdet.

La toiture en béton armé, doublée de paille à sa partie inférieure pour maintenir la fraîcheur des locaux en été, est recouverte de grandes lentilles en verre coulé, exécutées par Lalique, et donnant un peu l’impression de gros galets au moment où ils sont encore mouillés par la mer. La tonalité générale de ces galets varie du chamois clair à l’opale. Le soir, des foyers lumineux soigneusement dissimulés projettent leurs feux sur les façades et la couverture de ce luxueux pavillon.

L’énorme enseigne en fer forgé placée au-dessus de la porte d’entrée complète la façade.

L’ossature, construite par MM. Perret frères, se compose d’une coupole de 20 mètres de diamètre à la base, reposant, par un système de poutres, sur huit poteaux.

Cette coupole est recoupée entre les deux poteaux, au droit de la porte d’entrée, pour former un portique recouvert d’une sorte de véranda.

Indépendamment de la forme assez inusitée de cette construction, sa particularité principale réside dans ses fondations.

Cet ensemble octogonal est, en effet, situé presque entièrement au-dessus de la tranchée de la gare des Invalides, dont le platelage métallique, rongé par les fumées acides des locomotives, ne pouvait être considéré comme assez résistant pour le supporter.

Il a donc fallu faire reposer le pavillon seulement sur trois colonnes en fonte de la gare et sur le mur de soutènement bordant la tranchée et maintenant le terre-plein de la chaussée du quai d’Orsay. On ne pouvait même pas s’appuyer sur ce terre-plein, qui a subi des tassements par suite des inondations.

On a dû, par suite, constituer une enrayure de poutres en béton armé s’appuyant sur les trois colonnes et la crête du mur, et portant les poteaux du pavillon en porte-à-faux de part et d’autre de leurs appuis (voir le dessin du haut de la page précédente).

Les pieds des huit poteaux du pavillon sont eux-même réunis par une ceinture de poutres formant la base des murs de pourtour.

©La Science et la Vie - 1925