Exposition Internationale des Arts Décoratifs et Industriels Modernes de Paris 1925

Arts Décoratifs et Industriels Modernes

28 avril 1925 - 25 octobre 1925


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Yougoslavie

Yougoslavie à l'exposition de Paris 1925

Pavillon du Royaume des Serbes, Croates et Slovènes. Fresque par J. Kljaovic; portail en chêne de Slavonie sculpté par V. Branis.
Architecte(s) : H. Hribar

Yougoslavie à l'exposition de Paris 1925

La danse nationale "Kolo". Peinture par V. Becic.
Architecte(s) : H. Hribar

Texte du livre "Arts décoratif & industriels modernes" de 1925

P. Bajalovic, architecte de Belgrade, avait présenté agréablement, aux Invalides, les œuvres de ses compatriotes. L’organisation si particulière des salles yougoslaves au Grand Palais était l’œuvre de D. Ibler, de Zagreb. De Zagreb également étaient l'architecte, les sculpteurs & les peintres dont le Pavillon national montrait l’heureuse collaboration.

Ce pavillon,S. Hribar l’avait conçu comme un cube très simple, en bois & plâtre, éclairé & coloré par des vitraux. Dès l’entrée, un beau portail, tout en chêne de Slavonie, rappelait aux visiteurs que la Yougoslavie est un pays riche en forêts. Des sculptures méplates, à franches arêtes, exécutées par V. Branis, virtuose du travail du bois, enrichissaient piliers & architraves, sans en amoindrir la robustesse. C’étaient de grandes plantes stylisées qui paraissaient monter du sol & des motifs géométriques. En chêne aussi les deux cariatides portant des lumières que I. Krsinic avait dressées à l’entrée de l’escalier : éphèbe & jeune fille aux torses étroits & longs, aux jambes fortes.

On ne peut parler de la sculpture croate sans rappeler l’œuvre du chef de l’école de Zagreb, Ivan Mestrovic, puissant artiste qu’une exposition d’ensemble organisée au Salon d’Automne, il y a quelques années, avait fait connaître au public français. Il n’avait envoyé au Pavillon qu’un bouclier en bronze ciselé. Mais des photographies de ses bas-reliefs & de ses figures, réunies dans une salle des Invalides, montraient ce qu’il doit à l’exemple de Bourdelle & ce qu’il ne doit qu’à sa race & à son propre tempérament. Les œuvres les plus véhémentes du maître français paraissent empreintes de mesure a côté de celles de Mestrovic, aux volumes exaltés à la fois par la recherche éperdue du style & par une sensualité profonde.

Enfin, le Pavillon Yougoslave révélait deux peintres : V. Becic & J. Kljacovic. C’est le premier qui, pour décorer les murs de l’escalier, avait exécuté avec tant de verve & un art si large cette frise où les paysans de chez lui, dans les pittoresques costumes particuliers à chaque province, dansaient la «Kolo», ronde nationale. Au-dessus du portail & de la porte de secours, Kljacovic avait harmonieusement inscrit, dans des triangles, des groupes allégoriques représentant les arts. On y admirait l’ampleur & la plénitude de formes, la simplicité de facture qui conviennent à la fresque.