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Gaz de Paris


Gaz de Paris à l'exposition de Paris 1925

Architecte(s) : Guillemin, Chrétien-Lalanne et E. Chambet

Le gaz joue de nos jours un rôle considérable dans la vie domestique.

La Société du Gaz de Paris a voulu convaincre le grand public que son emploi se plie aisément à toutes les exigences de la décoration moderne. Dans ce but, elle avait édifié, à l’Exposition des Arts décoratifs, un pavillon aux lignes sobres et géométriques évoquant l’usine qui produit le précieux combustible et y avait rassemblé les derniers modèles, les plus récentes installations des constructeurs d’appareils. Le succès de cette présentation a été vif.

Le gaz a des qualités primordiales incontestables ; ce sont : la propreté, la souplesse et la rapidité d’emploi. Tous les services qui lui sont demandés peuvent toujours être assurés au moyen d’un appareillage non seulement élégant quand cela est désirable, mais en toutes circonstances extrêmement réduit.

Cette particularité est tout à fait précieuse à Paris, notamment, où l’on connaît l’exiguïté des locaux d’habitation. Pour les cuisines parisiennes, la Société du Gaz de Paris a ainsi créé et met en location un groupe composé d’un réchaud et d’un four qui permet de réaliser toutes les opérations culinaires les plus importantes avec le minimum d’encombrement.

Ce n’est pas seulement dans les ménages moyens que la cuisine au gaz est reine ; les hôtels particuliers, les grands appartements bourgeois l’ont également adoptée.

Il y avait plaisir à voir, dans le pavillon de la Société, les beaux modèles d’appareils émaillés réunissant sous la main de la cuisinière ou du chef tous les éléments indispensables à l’exercice de leur art : foyer découvert, plaque chaude, four à rôtir, four à pâtisserie, gril, braisière, salamandre, étuve, etc. Cette complexité de services divers n’exclut d’ailleurs en rien la simplicité du mécanisme, tous les feux se trouvant, en effet, commandés par un jeu de robinets qui constituent sous la main du maître-queux un véritable clavier de virtuose.

La cuisine disposant de ce magnifique outillage moderne demeure par excellence le laboratoire immaculé. En outre, le gaz, qui assure d’une façon si parfaite la cuisson des aliments les plus raffinés, permet avec la même aisance les tâches secondaires telles que la production de l’eau chaude, le nettoyage de la vaisselle, le lessivage, le repassage.

En matière de chauffage des appartements, le gaz a permis la réalisation d’importants perfectionnements. On a pu voir, dans les stands du pavillon de la Société du Gaz de Paris, des appareils de cheminée de modèles les plus divers, assortis à tous les styles d’ameublement actuellement goûtés et qui permettent la composition d'intérieurs absolument harmonieux avec le complément de lustres et d’appliques à gaz aux lignes pures et aux lumières adoucies.

Dans le domaine du chauffage central, des progrès considérables ont été accomplis. Le chauffage central par le gaz permet pratiquement le chauffage individuel par appartement. Chaque locataire, en effet, a la possibilité de régler à son gré la température des pièces qu’il habite. De plus, par le fonctionnement d’un régulateur approprié, la chaudière à gaz accélère ou diminue automatiquement son débit selon toutes les variations de la température extérieure.

On a pu voir dans le pavillon de la Société du Gaz de nombreux modèles de chaudières. Tout le monde a remarqué combien les constructeurs s’étaient appliqués à apporter à l’établissement de ces appareils un souci de décoration tel qu’il est possible de les placer dans les antichambres ou dans les vestibules, aussi bien que dans les cuisines. La même recherche d’esthétique a été étendue aux canalisations d’eau chaude reliant la chaudière aux radiateurs. De minces et coquets tubes de cuivre remplacent aujourd’hui avantageusement les anciens tuyaux de fer.

De nombreux constructeurs d’appareils avaient répondu à l’invitation que leur avait adressée la Société du Gaz de Paris d’exposer leurs créations auprès des siennes dans ses stands.

La place trop mesurée dont nous disposons ne nous permet pas de les définir toutes. Mais il est indispensable d’en signaler quelques-unes.

On a fort admiré le salon meublé par Saddier et ses fils, 31, rue des Boulets, à Paris, et les éclairages par becs-bougies à incandescence de Raymond fils, 22, rue de la Folie-Méricourt. Ce bel ensemble était complétée par le radiateur à gaz « F Opale », des fonderies Arthur Martin, 18, rue de la Fontaine-au-Roi.

La salle de bains de Maury frères, 25, rue Godefroy-Cavaignac, à Paris, n’a pas été moins appréciée par les visiteurs, et plus d’une maîtresse de maison s’est longuement arrêtée devant la petite cuisine parisienne exposée par la Société du Gaz de Paris et réunissant un four, un fourneau à six feux et un sobre plafonnier, tous appareils que l’on peut se procurer même en location.

Mais la cuisine de grande maison bourgeoise a obtenu un suc',ès de curiosité tout à fait particulier. Elle comporta't une cuisinière exclusivement au gaz des Établissements Charles Pelletier, 10, rue du Cambodge, à Paris, et une machine à laver le linge « Lavor » chauffée au gaz, construite par Grandmougin et fils, 9, rue Le Regrattier.

Dans l’office qui l’avoisinait on a fort remarqué le pratique éclairage par becs droits à manchons renversés, installation de la Société du Gaz de Paris également mise en location sur demande, et la « Frigorette », machine à fabriquer la glace par chauffage au gaz, créée par la Société Le Frigor, 22 bis, rue de Silly, àBoulogne-sur-Seine.

Les appareils de chauffage central par le gaz les plus remarqués ont été la chaudière à gaz Phi-Radia, de la Société française Chaleur et Lumière, 22, rue Drouot, à Paris, et la création des Etablissements Grouard frères, 6, rue Morand, à Paris, pour le chauffage par les procédés A. M.

A l’intérieur du pavillon de la Société du Gaz de Paris figure, comme une phrase éloquente, cette heureuse formule :
LE GAZ COMBAT LA VIE CHÈRE, RÉSOUT LA CRISE DES DOMESTIQUES EN FACILITANT LEUR TRAVAIL ET CONTRIBUE AU CONFORT MODERNE EN S’ADAPTANT A TOUS LES BESOINS. IL EST l’auxiliaire INDISPENSABLE DE LA VIE QUOTIDIENNE, RÉPOND INSTANTANÉMENT A L’APPEL DE CHACUN EN LUI DONNANT A TOUTE HEURE LA LUMIÈRE ET LA CHALEUR.

C’est à peine, d’ailleurs, si le public a besoin de ce lapidaire avertissement. Car la vogue du gaz est toujours croissante. On adopte notamment de plus en plus le chauffage central par le gaz. C’est ainsi que le nombre des chaudières installées à Paris, à la fin de l’année 1924, était voisin de 500 ; il augmente sans discontinuer, et l’intérêt que lui ont témoigné les nombreux visiteurs du pavillon fait entrevoir une extension rapide de ce chauffage idéal.

©L’Illustration - 1925