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Belgique


Belgique à l'exposition de Paris 1925

Architecte(s) : Victor Horta

Des quatre emplacements réservés par la Commission Organisatrice à l’Angleterre, l’Italie, le Japon et la Belgique, notre pays occupe le premier à gauche, près de l’entrée principale de l’Exposition, face à l’avenue Alexandre III.

Ces terrains, originairement similaires, en forme de marteau ou té, avaient en tête 15 m. x 8 m. et en prolongement 32 m. x 12 m. de largeur au sol, diminuée, à partir de 3 mètres de hauteur, proportionnellement à la surface couvrante de la couronne des arbres du Cours la Reine, dont la conservation intégrale était imposée en servitude.

C’est à la solution de ce problème que l’architecte belge seul s’est attaché. Il en a tiré l’originalité première de son oeuvre.

L’emploi rationnel des feuilles de staff sur charpente en bois caractérisant l’Architecture par simple superposition de plans, sans imitation ornementale ou de matériaux pierreux simulés, constitue l’originalité seconde du Pavillon. Ainsi, celui-ci atteint dans son ensemble le but assigné par le programme d’une exposition temporaire d’art décoratif belge : montrer le niveau que l’art moderne a conservé dans son pays d’origine et faire grand nonobstant l’exiguïté du terrain et malgré les ressources restreintes d’un pays à peine relevé de ses ruines.

Le Pavillon Belge se compose en plan de trois grandes salles et de six salles secondaires; chacune d’elles ayant un caractère architectonique ou décoratif particulier.

La première salle, véritable Hall Monumental, se caractérise par son éclairage diurne obtenu par des frises ajourées au plafond et par son dôme qui s’élève à quinze mètres du sol.

La seconde salle est, pour l’art décoratif, tout entière l’œuvre du maître Constant Montald, interprété, pour l’un des panneaux
en tapisserie, par M,,e Fernande Dubois et, pour les vitraux, M. J. Wyss, peintre verrier, à Bruxelles; la troisième salle a été convertie en salle à manger d’apparat par M. Philippe Wolfers.

Des six petites salles enveloppant le Hall deux sont meublées par la firme Henri Beirnaert de Coudrai, à destination de bureaux pour le Commissariat Général; les quatre autres sont converties par moitié en Bureau d’information avec un mobilier de M,,e H. Bosché et en Oratoire par l’École de Métiers d’Art de Maredsous.

Ainsi le Pavillon Belge abrite et condense à la fois les arts profanes en leurs formes et destinations diverses et l’art religieux; il résume heureusement le programme général de l’Exposition en ramenant le but de l’Architecture et de l’Art Décoratif à leur véritable origine créative alliée à l’esprit et aux conditions sociales de leur temps.

Les façades du Pavillon Belge développent extérieurement le thème et les dispositions des locaux intérieurs en trois grandes parties : le portique d’entrée qui abrite une superbe statue symbolisant l’Art Décoratif du sculpteur Pierre Braecke et que surmonte une grande frise décorative du même artiste; le Hall dont les terrasses se terminent par une sorte de dôme en gradin et, enfin, la salle Montald, flanquée d’une tour rectangulaire qui domine toute l’Exposition et au sommet de laquelle se profilent six motifs architecturaux complétés par autant de statues représentant l’Art Décoratif à travers les âges du sculpteur Marcel Wolfers.

Le Pavillon Belge dont l’ensemble, par son emplacement, s’impose le jour à l’attention des visiteurs profile, non moins heureusement dans l’ombre du soir, grâce à une illumination spéciale, ses architectures rectilignes et ses éléments décoratifs et sculpturaux.

©Catalogue Officiel de la Section Belge - 1925