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Clos Normand


Clos Normand à l'exposition de Paris 1925

Architecte(s) : Victorien Lelong, Pierre Chirol

La Normandie, si riche en produits de toutes sortes, a, constamment, témoigné de la plus ingénieuse initiative pour tout ce qui concerne le décor de la vie : décor luxueux et décor de simple intimité, le plus charmant peut-être et le plus pittoresque. Sur son sol, les vastes ateliers comme les modestes échoppes d’artisans ont, de tout temps, prospéré, emplissant ses maisons de ces mille accessoires indispensables ou superflus qui donnent aux vieilles demeures un caractère si personnel. Et, depuis quelques années, un nouvel effort s’est manifesté pour revivifier l’artisanat local, dont les heureux résultats ont eu leur consécration en de récentes expositions régionales.

La demeure traditionnelle de notre belle et riche Normandie, c’est le «clos ». C’est donc un « clos normand » qui a été édifié à Paris, sur le Cours la Reine ; un clos normand avec ses rudes assises de pierre, ses murs aux pans de bois apparents, ses grands toits qui font comme un capuchon protecteur et ses hautes cheminées. Seule, manque à son pourtour la coutumière ceinture de pommiers, que s’efforcent de remplacer les marronniers et les ormes du Cours la Reine.

L’intérieur, auquel donnent accès de larges terrasses, comprend une vaste salle centrale, flanquée de deux salles de moindre dimension et d’un petit salon. Une importante cuisine en occupe le fond, pourvue de ses accessoires authentiques, où sera préparée, sous les yeux des visiteurs qui pourront s’en délecter, toute la succulente variété de mets régionaux dont l’éloge n’est plus à faire.

Les plans du « clos normand » sont l’œuvre de deux architectes rouennais : MM. Victorien Lelong et Pierre Chirol. Tout le pavillon, de la base au faîte, est construit par des entrepreneurs normands avec des matériaux normands : agglomérés, briques blanches, pierre artificielle, petites tuiles et briques plates, menuiserie constructive et décorative, carrelages et revêtements extérieurs de céramique.

Le mobilier, pareillement, sort tout entier des ateliers de Normandie. Ebénistes et artistes décorateurs ont rivalisé d’émulation pour en dessiner et en réaliser les modèles, du Cotentin au Pays de Caux. Et, là aussi, sont groupés, dans un aménagement tout proche de la réalité courante, les productions des industriels et les travaux des artistes ou artisans de la région : tissus et tentures murales, toiles et cretonnes imprimées, ferronneries et lampadaires, vitraux, petits meubles, étagères et crédences, objets d’art, céramique de Rouen, horloges de Saint-Nicolas-d’Aliermont, ivoires de Dieppe, verrerie, miroiterie, etc...

Dans ce coin reconstitué de la petite patrie les Normands se retrouvent chez eux, et nos compatriotes, comme les étrangers, y apprennent à les mieux connaître.

©La Science et la Vie - 1925