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Constructions Navales


Constructions Navales à l'exposition de Liège 1939

© Jacoby
Architecte(s) : Dome et Schoenmaekers

Construit le long du dépôt de charbon de la Centrale électrique, il le masquait habilement.

Il y avait beaucoup d'élégance et de qualités architecturales dans cet ensemble pourtant traité avec simplicité. La grande verrière en saillie barrant horizontalement les façades, avec sa galerie en porte à faux, rappelait parfaitement le pont supérieur d'un paquebot moderne. Les hublots et le mât, avec son grand pavois, venaient renforcer cette impression. A l'intérieur, un promenoir, le long de la verrière, permettait au visiteur de jouir d'une vue splendide sur la Meuse et la grande esplanade. Une frise, Composée d'après la tapisserie de Bayeux, due aux pinceaux de Bouillon et de L. Hock, rehaussait la décoration.

En inscrivant à son programme, outre la navigation intérieure et la navigation maritime, une classe spéciale réservée aux constructions navales, l'Exposition a voulu mettre en évidence le rôle essentiel des constructeurs appelés à mettre au service de la navigation toutes les ressources de la technique moderne, à pourvoir les armements en unités nouvelles toujours mieux adaptées aux besoins, à procéder aux transformations, améliorations et réparations nécessaires.

L'objet de cette classe se définissait comme suit : faire apparaître au grand public l'importance et la diversité de l'industrie de la construction navale, diffuser les idées relatives à ce domaine spécial de la technique, susciter un intérêt plus actif pour toutes les questions qui en découlent.

La participation belge se devait de faire ressortir de façon éclatante le rôle important que joue de longue date la construction navale dans l'économie nationale et les possibilités qui s'offrent à elle sur le marché international.

On n'a pas manqué de souligner sous d'autres rubriques, la nécessité où se trouvait la Belgique de participer à l'intense trafic mondial qui la traverse. Il est indispensable qu'elle participe également aux constructions et aux réparations nécessaires. D'autre part, les chantiers belges de construction et de réparation de bateaux d'intérieur ne pourront manquer de retirer une activité accrue de l'évolution des transports par voies d'eau intérieures, de la modernisation du matériel et des voies, de la réalisation du Canal Albert.

De ce qui précède, il ressort à suffisance que la classe des constructions navales requérait dans le cadre de l'Exposition un développement important. L'ampleur du sujet excluait d'ailleurs l'idée d'une représentation complète des activités intéressées. La réalisation a pleinement atteint le but proposé et fait honneur aux exposants qui y ont pris part.

Une première section, particulièrement développée, concernait l'HISTORIQUE DE L'ARCHITECTURE NAVALE. La Belgique peut, en effet, s'enorgueillir d'un grand passé maritime et nombreux sont les documents et pièces archéologiques recueillis dans le pays à ce sujet.

Un grand nombre de maquettes de bâtiments provenant de collections publiques et privées, illustraient l'évolution de la construction des navires égyptiens, vikings, anglais, méditerranéens, français et belges. Parmi les documents les plus typiques, il faut citer un moulage de la proue viking trouvée dans l'Escaut et exposée au British Muséum, des reproductions de pirogues de Neckerspoel et d'Austruweel, un modèle de galion (navire de guerre) du XVIe siècle, des modèles du « Bounty », de « La Constitution », de divers bateaux de pêche des bouches de l'Escaut, etc.

Une deuxième section était consacrée aux CHANTIERS DE CONSTRUCTION NAVALE. La plupart des chantiers belges avaient tenu à y être représentés et à faire connaître leurs possibilités, leur outillage et leurs réalisations. Ils montraient, à côté de photographies ou de maquettes de leurs installations, des modèles de leurs constructions les plus récentes. Les chantiers John Cockerill, à Hoboken, Jos. Boel et Fils, à Tamise, Mercantile Marine Engineering and Graving Docks et Béliard Crighton, à Anvers, avaient rivalisé de goût et d'ingéniosité dans la présentation de leurs stands. La construction navale belge, productrice en 1938 de vingt et un bâtiments totalisant un tonnage de 30.197 tonnes, si elle n'intervient que pour une bien faible part dans la production mondiale, peut cependant faire état de ses réalisations pour démontrer qu'elle peut lutter avec la concurrence étrangère sur le terrain technique.

Les chantiers de construction et de réparation de bateaux d'intérieur apportaient également une importante contribution à cette section. Les chantiers Sainte-Barbe, à Eisden-Sainte-Barbe, de Liége-Monsin, de Rupelmonde, de Jos. Boel et Fils, à Tamise, des Cimenteries et Briqueteries réunies, à Kruibeke, de J. et F. Plaquet, à Péronnes-lez-Antoing, avaient aménagé des stands particulièrement attrayants. On peut regretter que ces exposants n'aient pas réservé une place plus large aux divers aspects des études, des tracés, des procédés d'exécution qui étaient susceptibles d'intéresser le visiteur. Il faut mentionner, à ce sujet, l'effort fait dans ce sens par le Bureau technique René Nicolaï, à Liège, et surtout par le Chantier naval de Rupelmonde où une démonstration des avantages de la tuyère Kort était présentée de façon fort ingénieuse. Un certain nombre d'exposants montraient également des modèles de bâtiments spéciaux et d'engins flottants tels que dragues, pontons-grues, chalands à clapets, etc., mais parmi les modèles exposés par des sociétés d'entreprises ou autres, la plupart provenaient cependant de l'étranger.

Une troisième section était réservée à la construction des APPAREILS DE PROPULSION EN GÉNÉRAL. Elle comprenait de nombreux types d'appareils moteurs permettant de se rendre compte du développement de l'industrie belge en ce domaine. Citons en premier lieu la S. A. John Cockerill qui exposait, au Palais des Industries Lourdes, un des imposants moteurs Diesel-Sulzer de 8.000 CV. destiné à la nouvelle malle « Prince-Philippe ». Parmi les autres exposants présentant notamment des moteurs Diesel marins, figuraient : l'Anglo-Belgian C°, à Gand, les Ateliers de Construction de la Meuse, à Sclessin, les Etablissements J. R. De Kriek, à Bruxelles, les Ateliers D.D. Jeunehomme, à Jemeppe-sur-Meuse, la S. A. Moteurs Moës, à Waremme, la Société d'Electricité et de Mécanique, à Gand, les Ateliers Walschaerts, à Bruxelles.

Enfin, une quatrième section groupait tout ce qui concerne les MATÉRIAUX, PROCÉDÉS DE CONSTRUCTION ET INSTALLATIONS AUXILIAIRES propres à la technique des constructions navales, ainsi que les installations particulières relatives aux divers types de navires et de bateaux. C'est à cette section qu'il incombait de faire ressortir à quel point la construction d'un navire occupe un nombre impressionnant de corps de métiers, provoque une énorme consommation de produits de notre industrie et procure du travail à une foule d'ateliers répartis dans tout le pays. La diversité et le nombre des exposants réunis à cet effet en constituent une preuve suffisante. La qualité des produits exposés était une référence de premier ordre pour l'industrie belge.

Nous renonçons à citer toutes les firmes qui y contribuaient et il serait même fastidieux d'énumérer les produits exposés, tant ils étaient nombreux et variés. Il est remarquable de constater que cette énumération engloberait les produits de presque toutes les industries, depuis ceux de la grosse industrie jusqu'aux plus petits accessoires d'aménagement intérieur ou de décoration.

Telle quelle, l'exposition de la classe 19 a rendu compte de façon parfaite des caractères de la construction navale : à la fois technique très spéciale et source d'adaptation des techniques les plus variées.

La partie la plus importante de la participation belge se trouvait au Palais des Constructions Navales et au Palais des Industries Lourdes. Celle relative à la construction des bateaux d'intérieur figurait au Palais de la Navigation Intérieure. Enfin, diverses participations étaient encore réparties dans d'autres palais notamment ceux du Génie Civil, de la Mer et de la Ville d'Anvers.

Rappelons encore à ce sujet les nombreux modèles de navires exposés non seulement par les constructeurs, mais encore par les armateurs belges, au Palais des Constructions Navales et en divers autres endroits. Mentionnons enfin, le stand de la Fédération des Model-Yacht-Clubs de Belgique contenant les plus beaux modèles construits par ses membres.

Le thème des constructions navales, qui se prête admirablement à des formules de présentation, a certes donné toute sa mesure dans le cadre de l'Exposition de Liège. L'effort réalisé dans cette classe aura sans nul doute convaincu le public belge et étranger des possibilités de la construction navale belge. Puissent les pouvoirs publics en retirer la conviction de la nécessité de poursuivre leurs encouragements à l'initiative privée en ce domaine!

© Rapport Général - Exposition Internationale de la Technique de l'Eau - Liège 1939