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Jet d'eau de 100 mètres (Geyser)


Jet d'eau de 100 mètres (Geyser) à l'exposition de Liège 1939

© L'illustré

Le ponton solidement amarré au milieu de la Meuse, dans l'axe de l'entrée principale de Coronmeuse, duquel s'élançait un jet d'eau de 100 mètres de hauteur, ceci constituant un record du monde. Ce ponton était lesté et long de 40 mètres environ. Il avait un tirant d'eau de 1 m. 60. Son équipement électromécanique comprenait un groupe moteur-pompe d'un débit horaire de 800 m3 à la pression de 220 mètres, le moteur étant triphasé à bagues de 850 CV., 6.000 V., 50 périodes 1.480 t/m. L'aspiration de ce groupe pouvait se faire soit directement en Meuse, soit en charge sous pression de 50 mètres fournie par une deuxième pompe. La mise en série des deux pompes permettait d'obtenir la pression requise pour lancer, par temps calme, le jet principal à 105 mètres de hauteur.

La deuxième pompe était capable d'un débit horaire de 1.000 m3 à 50 mètres ou de 1.750 m3 à 40 mètres. Elle était accouplée directement à un moteur triphasé à bagues de 320 CV., 6.000 V., 50 périodes 1.480 t/m. Lorsque la force du vent ne permettait pas de porter la hauteur de jet à 100 mètres, celui-ci était alimenté uniquement par la pompe du premier groupe aspirant directement en Meuse, pour obtenir un jet de 80 mètres environ.

Pour faire varier les effets esthétiques, il était possible d'émulsionner le jet en faisant aspirer par la tuyère, fonctionnant alors en injecteur, un mélange d'eau et d'air. La pompe de 850 CV. pouvait également être connectée sur une couronne circulaire comportant huit ajutages de 25 millimètres de diamètre, donnant un effet d'ensemble de corbeille. La pompe de 320 CV. alimentait aussi les jets d'about, les puissants jets d'encorbellement et quatre jets candélabres verticaux pouvant atteindre 40 mètres de hauteur. Lors des grands vents, on réalisait ainsi des effets dont la variété compensait la réduction de hauteur du jet principal.

Outre les deux groupes principaux, un troisième desservait en ordre principal une rampe de jets dits « de pulvérisation » entourant le ponton pour en cacher la partie non immergée. Cette pompe pouvait également alimenter des jets d'ornementation disposés en encorbellement dans l'axe longitudinal. Enfin, un quatrième groupe moteur-pompe servait à la vidange des eaux de fuite.

L'énergie électrique à haute tension était amenée au ponton par quatre câbles immergés (dont un de réserve) et l'installation permettait une déconnexion facile de manière à pouvoir déplacer le ponton dans le minimum de temps lorsque les eaux devaient être entièrement libres, pour certaines manifestations sportives, par exemple.

Les jeux de lumière destinés à assurer l'éclairage des jets principaux étaient constitués par soixante-quatre projecteurs de 800 millimètres de diamètre, avec lampes de 3.000 W. 130 V., dont cinquante-deux éclairaient les jets verticaux et les douze autres, les éventails d'about. Par un jeu approprié d'écrans, les jets s'illuminaient en blanc ou en jaune d'or.

Enfin, pour éclairer les jets de pulvérisation, deux cent trente-huit lampes de 200 W. étaient montées dans une corniche entourant la partie supérieure du ponton.

On conçoit que la chaleur dégagée par tous ces foyers lumineux nécessitait un renouvellement permanent de l'atmosphère du ponton. Une installation spéciale de ventilation était prévue à cet effet.

© Rapport Général - Exposition Internationale de la Technique de l'Eau - Liège 1939