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Pêche


Pêche à l'exposition de Liège 1939

© Fumel
Architecte(s) : Faniel, Jacquet, Foidart et Moineau

Architecture modernisée, aux proportions très classiques, cet ensemble se distinguait par l'emploi de l'angle arrondi et de baies toutes en profondeur, produisant des jeux d'ombre contrastant très bien avec la teinte claire des façades. Celles-ci étaient rehaussées de peintures décoratives très discrètes, mais cependant suffisantes pour apporter la tache de couleur indispensable.

La colonnade de la façade vers la Meuse avait grande allure. Relié aux palais par un élégant embarcadère avec vestiaires et utilités sportives, un restaurant traité en rotonde composée de grandes verrières entre colonnes complétait cet ensemble de valeur.


SECTION A. - LA PÊCHE MARITIME ET L'AQUICULTURE MARINE

La participation belge à cette section était groupée au Palais de la Mer. Sans être imposante par la masse, ni remarquable par la nouveauté, elle n'en donnait pas moins une idée de la complexité de cette industrie nationale et du commerce de la marée qui en tire sa subsistance. Nous donnerons ci-après un aperçu sommaire de cette activité très spéciale.

1. Enseignement technique

L'enseignement technique est à la base de toute entreprise progressive, et la pêche maritime n'échappe pas à cet axiome. Il ne suffit pas que le pêcheur possède les connaissances nautiques requises pour conduire son bateau vers les parages de pêche parfois fort éloignés et pour le ramener à bon port, en observant toutes les dispositions du règlement international pour prévenir les abordages en mer. Lorsqu'il est arrivé sur ces lieux lointains, son véritable métier consiste à repérer les fonds poissonneux et à effectuer toutes les manœuvres avec la prudence voulue afin de ne pas mettre son bateau dans un état désemparé. Il évitera notamment que, lors de la mise à l'eau et du relèvement, les planches, câbles et chaluts ne s'enchevêtrent pas dans l'hélice.

L'observation des migrations saisonnières de certaines espèces de poissons dans les vastes étendues des mers, le repérage de leurs lieux de ponte et d'alimentation dans les fosses et sur les bancs, la détermination de la température, de la salinité, du plancton attractif ou répulsif pour les diverses sortes de poissons, les méthodes de traitement et de conservation du poisson, constituent autant de facteurs déterminants pour assurer le succès de la pêche. L'étude de ces données incombe aux hommes de science spécialisés dans l'hydrographie et la biologie marine et aptes à vulgariser parmi les armateurs le fruit de leurs travaux.

Le stand affecté à l'enseignement technique de la pêche maritime faisait voir avec quels moyens rudimentaires les sept écoles professionnelles échelonnées le long de notre littoral, réussissent à inculquer à nos marins les notions essentielles de leur métier difficile et dangereux. Quant à la vulgarisation des découvertes scientifiques relatives à la pêche, il reste beaucoup à faire : ce sera l'œuvre de demain.

2. Matériel et Outillage

Depuis plusieurs années le dernier bateau à voile pratiquant la pêche hauturière a disparu de la flotte belge. Si le nombre de chalutiers à vapeur est resté stationnaire, la motorisation de la flotte a, par contre, fait des progrès rapides. La période de 1920 à 1930 a été marquée par la motorisation des voiliers, anciens ou nouveaux, construits en bois et, pendant les années suivantes, de nombreuses unités nouvelles, généralement de construction métallique et pourvues de puissants moteurs allant de 200 à 700 CV., sont venues enrichir notre flotte de pêche. En 1939, celle-ci comptait au total 525 unités réparties comme suit d'après le port d'attache : Ostende 257, Heist 80, Zeebrugge 68, Nieuport 54, Blankenberge 20, La Panne 17, Oostduinkerke 7, Ports de l'Escaut 22.

Les chantiers et usines belges ont rivalisé avec les fournisseurs étrangers, tant pour la construction des coques que pour la production des moteurs et engins de toute sorte installés à bord d'un bateau moderne, et parmi lesquels il convient de citer les treuils et guindeaux, l'éclairage électrique, les cales frigorifiées, les appareils de télégraphie et de téléphonie sans fil, le sondeur automatique, le goniomètre, etc.

Par les soins de la S. A. Internationale de Télégraphie sans fil, il avait été érigé, au Palais de la Mer, une installation de bord complète de radiotélégraphie et de radiotéléphonie en ordre de marche. De fréquentes communications y furent établies avec le yacht officiel de l'Exposition croisant sur la Meuse.

Signalons en passant que la fourniture du combustible et des carburants, la fabrication des câbles, filets, flotteurs, planches à chalut et des divers autres instruments et engins de pêche, procurent du travail à un grand nombre de techniciens et ouvriers hautement spécialisés, de même que l'entretien et la réparation des bateaux et agrès, les uns et les autres soumis à de grandes fatigues au cours des croisières.

Une belle maquette de chalutier moderne traînant son filet ornait le stand de la collectivité de la pêche et donnait une idée de la perfection de notre outillage. On pouvait se figurer l'effort que doivent développer ces bâtiments pour traîner au fond des mers, au profil accidenté, un chalut qui, avec le poisson et les objets hétéroclites ramassés sur le parcours, pèse plusieurs milliers de kilogrammes. C'est ce pesant chalut, avec son précieux butin, qui, souvent en pleine nuit et par tous les temps, doit être hissé à bord et vidé sur le pont gluant du bateau ballotté en tous sens et balayé par les lames. Rude métier que celui de pêcheur!

3. Exploitation et Commerce

Le nombre de pêcheurs embarqués sur les bateaux de la flotte belge varie de 2.000 à 2.200 suivant la saison.

Il va sans dire que l'administration et l'exploitation des entreprises de pêche entraînent de multiples interventions et collaborations parmi lesquelles il y a lieu de citer : les institutions de crédit et d'assurances maritimes, les caisses de prévoyance et les œuvres d'assistance. En outre, il existe une Fédération des Armateurs et Pêcheurs, diverses unions professionnelles de mareyeurs et poissonniers, l'Institut d'Etudes maritimes d'Ostende qui se livre à des recherches de biologie marine, et la Commission de Mariculture et de Mytiliculture s'occupant de la culture huîtrière et moulière.

On sait que les ostréiculteurs installés sur notre littoral ont fait depuis quelques années de sérieux efforts pour y faire revivre la culture huîtrière, jadis prospère, en utilisant à cet effet de vastes bassins à Ostende et à Nieuport.

D'autre part, la cueillette de naissains de moules sur les ouvrages côtiers continue à être pratiquée activement pendant l'hiver par des bateaux spécialement aménagés.

L'Etat s'occupe de la pêche maritime par l'organisation des Commissariats maritimes (contrôle des enrôlements), du Conseil d'Enquête maritime (examen des accidents de mer), de l'Inspection maritime (état des bateaux et de leur équipement), du Conseil professionnel (gages et heures de travail), du Conseil supérieur de la Pêche maritime et de la Direction de la Pêche maritime. En outre, il surveille les écoles professionnelles et a ouvert, à Ostende, une école officielle de navigation.

Ces diverses activités étaient synthétisées au stand de l'Administration de la Marine et l'on traitait, en outre, la question de la surveillance de la pêche maritime dans la mer du Nord, surveillance exercée en vertu de la Convention internationale de La Haye du 6 mai 1882 et assurée, en ce qui concerne la Belgique, par un navire de la marine de l'Etat. Le garde-pêche « Zinnia » qui depuis vingt ans assure ce service, sera remplacé par le « Artevelde », unité en construction aux chantiers Cockerill, à Hoboken, et dont la maquette se trouvait au Palais des Constructions Navales.

Ainsi que l'indiquaient des tableaux statistiques, le PRODUIT DE LA PÈCHE MARITIME mis en vente dans les minques du littoral, s'est élevé en 1938 à 39,1 millions de kilos dont respectivement 5,9 et 2,9 millions de kilos de harengs et de crevettes. C'est naturellement Ostende qui occupe la première place : on y a vendu pendant Tannée considérée 32,4 millions de kilos soit 83 % du total. Zeebrugge, Nieuport et Blankenberge viennent ensuite dans Tordre avec respectivement 4,1, 2,1 et 0,5 millions de kilos. La grosse majorité des harengs s'est vendue à Ostende, tandis que les crevettes se sont traitées principalement à Zeebrugge.

La manutention, l'emballage et le transport de cette marchandise périssable demandent des connaissances spéciales et des soins particuliers. Une partie de la marée est enlevée en camions automobiles rapides, tandis que le reste est transporté par chemin de fer en wagons isothermes.

A la quantité de poisson que les bateaux belges apportent directement dans nos minques, il convient d'ajouter celle que nos pêcheurs débarquent occasionnellement dans des ports étrangers. On peut en conclure que la production annuelle de notre flotte dépasse largement les 40 millions de kilogrammes.

En ce qui concerne les ÉCHANGES AVEC L'ÉTRANGER, la situation se résume comme suit : l'exportation de la marée, fortement diminuée par suite des mesures restrictives adoptées par tous les pays destinataires, ne s'est chiffrée en 1938 qu'à 3,7 millions de kilos, tandis qu'à l'importation, d'ailleurs également en baisse à cause des contingentements, on relevait pendant la même année 6,2 millions de kilos.

On peut donc en déduire que la consommation intérieure de poisson frais s'est chiffrée, toujours en 1938, à 32,8 millions de kilos, soit à un peu plus de 4 kilos par tête d'habitant.

L'importation de harengs est demeurée considérable : elle s'est encore élevée pour la même année à 27,3 millions de kilos dont les deux tiers environ en harengs salés, un quart en harengs frais et le reste en harengs fumés.

En tenant compte de notre production nationale et de nos exportations (celles-ci d'environ 2 millions de kilos), on arrive à une consommation intérieure de 31,2 millions de kilos : elle est donc à peu près équivalente à la consommation de marée.

Signalons que la Belgique possède une dizaine de fabriques de CONSERVES DE POISSONS dont certaines ont réussi à se créer d'importants débouchés à l'étranger. Au surplus, un grand nombre de saurisseries et de fabriques de marinades sont réparties dans tout le pays. D'autres usines se sont spécialisées dans la préparation des huiles et farines de poisson, ainsi que dans le décorticage des crevettes.

Cette industrie relativement importante n'était guère représentée que par un seul exposant, la conserverie Globus, à Denderleeuw, qui avait un stand avec divers produits de la pêche, au Palais de l'Alimentation.

L'industrie de la pêche, le commerce de la marée et les nombreuses entreprises connexes constituent des éléments de l'activité nationale dignes de la sollicitude des pouvoirs publics.

Le poisson de mer est un aliment dont la haute valeur nutritive mérite d'être mieux connue et appréciée. Péché librement dans les mers ouvertes à tous, son acquisition n'entraîne pas, comme l'importation des produits d'outre-mer, des sorties de devises. Et nos compatriotes allant conquérir pour notre pays les richesses contenues dans les océans, exercent au péril de leur vie un des métiers les plus rudes.

On sait que la Commission de Propagande pour la Consommation du Poisson de Mer s'attache à faire connaître et valoriser les produits de notre pêche maritime. Elle avait pris part à l'Exposition par l'organisation de conférences, par la projection de films et par l'érection, au Palais de la Mer, d'un stand où le public pouvait se documenter sur toutes les espèces de poisson couramment apportées par nos pêcheurs. L'aspect et la diversité de ces poissons de mer n'auront pas manqué d'intéresser le public qui n'en connaît généralement que trois ou quatre sortes. Il devait se rendre compte que le grand nombre de variétés offertes et leurs qualités respectives permettent de constituer des menus de choix pour tous les goûts et pour toutes les bourses. C'était une propagande de fort bon aloi en faveur d'une industrie essentiellement nationale qui ne cherche qu'à faire connaître et apprécier davantage ses produits pour accroître sa contribution à la prospérité du pays.

Il n'est pas sans intérêt de rappeler ici que le restaurant du Pavillon de la Ville d'Ostende mettait chaque jour du poisson frais en dégustation. Cette publicité d'un autre genre ne faisait en somme que compléter la leçon théorique donnée dans les stands.

SECTION B. - LA PÊCHE ET L'AQUICULTURE D'EAU DOUCE

La participation de la pêche et de l'aquiculture d'eau douce fut conçue et réalisée sous les auspices de l'Administration des Eaux et Forêts de manière à présenter, sous une forme attrayante et instructive, les différents aspects de la vie en eau douce considérée au point de vue piscicole.

Le Palais de la Pêche qui lui était réservé, était une construction rectangulaire, harmonieuse et bien éclairée, faisant partie de la Cité lacustre, en bordure de la rive droite de la Meuse. Il faisait le pendant, vers l'amont, du Palais des Sports avec lequel il formait un bel ensemble architectural. Avec l'étage, il développait une surface d'exposition de plus de 1.500 m2. Sur le devant, s'étendaient cinq petits étangs dont deux de 300 m2, deux de 75 m2 et un de 90 m2, répartis sur une surface totale de 2.500 m2. Alimentés par l'eau courante, ils étaient peuplés de poissons et de plantes aquatiques.

La principale attraction du rez-de-chaussée du Palais était constituée par treize grands aquariums de 2 m3 chacun groupés en deux séries, l'une de trois et l'autre de dix unités. Au centre, un grand bassin rectangulaire, peuplé de poissons d'ornement et de quelques plantes, était entouré d'une petite plage agrémentée par des oiseaux et des mammifères aquatiques naturalisés, placés parmi des roseaux secs et des plantes d'eau maintenues fraîches et vivaces grâce au bassin central. Des rideaux épais pouvaient être tirés dans l'axe longitudinal et constituer ainsi un espace suffisamment obscurci pour permettre la projection de films piscicoles. Une petite pisciculture rustique comprenant deux bacs d'élevage, était placée sur un des côtés de la série de trois aquariums.

L'étage se composait d'une galerie périphérique de 5 mètres de large, pourvue vers l'extérieur de dix grandes loges, et limitée, du côté central, par une balustrade clôturant une grande ouverture au-dessus du bassin du rez-de-chaussée : on pouvait ainsi avoir une vue d'ensemble de tout le bas. L'étage se prolongeait quelque peu au-dessus du rez-de-chaussée du Palais des Sports : cet espace, ainsi que le large couloir de communication, étaient réservés à la pêche.

Huit petits aquariums s'échelonnaient le long de la balustrade garnie de grands filets de pêche.

Les loges, fort spacieuses, abritaient diverses collections. Les planches représentant la flore aquatique en occupaient deux, de même que celles relatives à la faune aquatique nutritive. Reliant ces deux stands, un grand panneau de 5 mètres de longueur était réservé aux planches polychromes figurant les poissons. Le panneau central de deux autres loges était consacré à la biologie générale des eaux douces (eaux courantes et eaux stagnantes), tandis que les panneaux latéraux traitaient des maladies et des ennemis des poissons, de leur anatomie et physiologie ainsi que de leurs migrations. Une autre loge était occupée par les tableaux et photographies concernant la pollution et l'épuration biologique des eaux piscicoles,- une autre encore, par des textes documentaires consacrés à la pisciculture industrielle générale, à la salmoniculture et à la cypriniculture. Un grand panneau tout proche portait de nombreuses photographies illustrant ces exposés. Les appareils de pisciculture les plus communément utilisés dans ces élevages, étaient placés sur des tables voisines. D'autres appareils de pisciculture industrielle étaient disséminés dans les espaces compris entre les deux dernières loges, réservées aux cartes et dossiers piscicoles et aux photographies montrant les caractères variés de nos cours d'eau.

Contre l'autre grande paroi s'alignaient les vitrines contenant les instruments et engins de pêche, les instruments de recherches hydrobiologiques, les appareils pour l'étude des qualités chimiques de l'eau ainsi que des ouvrages et publications piscicoles.

Des collections de poissons et d'insectes aquatiques naturalisés, des maquettes montrant la construction des étangs et la capture des géniteurs sauvages remplissaient les espaces compris entre les loges réservées à l'hydrobiologie théorique. Sur de petits panneaux étaient suspendus les tableaux statistiques montrant, à l'aide de diagrammes, l'importance et le développement de la pêche en Belgique.

Enfin, à l'étage comme au rez-de-chaussée, de grandes photoraphies donnaient les aspects les plus remarquables de nos cours d'eau et contribuaient à la décoration du Palais.

Comme cette description rapide vient de le montrer, la vie piscicole en eau douce offre un vaste champ d'étude et d'application, tant scientifique que pratique, faisant l'objet des recherches d'hydrobiologie théorique et appliquée. La participation a cherché à en rendre quelques aspects plus familiers au public.

1. Hydrobiologie théorique

a) Biologie générale des eaux douces

Il existe deux grands types d'eau piscicole : l'eau courante et l'eau stagnante. Leurs particularités étaient principalement traitées au moyen de deux grands tableaux en couleurs.

Les EAUX COURANTES (torrents, ruisseaux, rivières, fleuves, canaux) étaient représentées sous la forme schématique et panoramique d'un fleuve prenant sa source en montagne et aboutissant à la mer. La réduction progressive de la pente, les modifications de débit, de profondeur, de vitesse, les aspects différents du fond du cours d'eau, donnent naissance à quatre zones qui sont, de l'amont vers l'aval : la zone à Truite, la zone à Ombre, la zone à Barbeau, la zone à Brème. Elles possèdent une flore et une faune aquatiques et une population piscicole propres.

Tous ces caractères étaient montrés par une coupe longitudinale du cours d'eau et quatre coupes transversales des différentes zones. Pour chacune d'entre elles, les plantes et les animaux aquatiques caractéristiques, agrandis, étaient bien mis en évidence.

Sous le tableau, des textes explicatifs donnaient les caractères généraux des eaux courantes et les caractères spéciaux des eaux à Salmonidés et à Cyprinides. On y expliquait brièvement la manière dont se détermine la valeur nutritive ou capacité biogénique des eaux, en se basant sur leur classification en eaux pauvres, moyennes et riches. De cette valeur, on peut aisément déduire le rendement rationnel maximum et les déversements à effectuer pour l'obtenir. Ces notions sont, en général, trop peu connues des pêcheurs et des pisciculteurs. Elles présentent pourtant un grand intérêt, car les repeuplements des eaux courantes, comme des eaux stagnantes, effectués au juger, amènent des pertes d'argent par immersions insuffisantes ou excessives. Une connaissance plus exacte de ces principes permettrait encore de déterminer avec beaucoup plus de précision, la valeur vénale ou locative des eaux piscicoles.

Les EAUX STAGNANTES (mares, marais, étangs, lacs) étaient étudiées de la même façon en un tableau montrant, par la combinaison de la coupe et de la perspective, les différentes zones : zone littorale, zone sublittorale, zone profonde, zone pélagique.

Comme pour les eaux courantes, les plantes et animaux aquatiques caractéristiques des quatre zones étaient mis en évidence. Des explications concises renseignaient sur la nature et la valeur des différentes régions.

A l'étude des eaux courantes et stagnantes, se rattache celle des EAUX POLLUÉES. Dans un pays aussi industrialisé que la Belgique, ce problème est d'importance : on pouvait en apprécier toute la valeur par la lecture d'une carte montrant l'extension de ces eaux dans le pays. Au point de vue piscicole, on distingue d'une part, les pollutions chimiques par produits trop acides ou trop alcalins, par produits possédant une action nocive spécifique ou par matières putrescibles et, d'autre part, les pollutions mécaniques. Les conséquences diffèrent selon la nature de la pollution.

L'étude piscicole des eaux polluées repose essentiellement sur leur analyse biologique, complément nécessaire et même indispensable de l'analyse chimique. Pour y procéder, on établit d'une manière aussi complète que possible, la composition de la faune et de la flore du milieu à étudier. Puis on compare les résultats aux valeurs des eaux pures du même type et l'on peut ainsi déterminer le degré de contamination. L'analyse biologique offre un intérêt tout particulier pour l'étude des eaux contaminées par des matières organiques. Cette étude repose sur la connaissance du système des saprobies. Celui-ci a pour base le fait, établi par Kolkwitz et Mars-son, que, si un cours d'eau reçoit un apport important et continu de matières organiques, l'auto-épuration s'étend sur une certaine distance. Il s'y succède des zones de contamination forte, moyenne et faible, puis le retour aux conditions normales. Grâce aux organismes aquatiques spéciaux qui caractérisent chacune de ces zones, on peut toujours déterminer s'il y a eu pollution et à quel degré. Tandis qu'avec l'analyse chimique, si on n'a pas la chance d'effectuer le prélèvement d'eau au moment précis de la pollution, il ne sera pas possible de réunir les preuves convaincantes.

Malgré cet avantage de l'analyse biologique sur l'analyse chimique, celle-ci est encore presque exclusivement adoptée par les tribunaux. Chez nos voisins, cependant, se généralise de plus en plus l'emploi de l'analyse biologique. Nous devrions les imiter et chercher en outre à réaliser une plus grande cohésion entre les organismes officiels intéressés à la pureté de nos eaux.

Tous ces points étaient développés au Palais de la Pêche. De grandes planches illustrées représentaient les organismes caractéristiques du système des saprobies. A côté des explications, des photographies donnaient une idée de quelques procédés d'épuration spécialement par traitements biologiques : puits Emscher, champs d'épandage, procédé des lits bactériens, procédé des boues activées, épuration dans les étangs alimentés par les eaux d'égouts.

Au point de vue piscicole, ce dernier procédé mérite une mention spéciale. En effet, cette épuration s'accompagne d'un développement extraordinaire de la faune aquatique nutritive. Moyennant certaines conditions, il est possible d'utiliser cette nourriture pour l'alimentation du poisson qui peut y vivre, notamment de la carpe. Si les conditions permettent cet élevage, la production en poisson est très abondante et dépasse de loin les rendements obtenus dans les étangs ordinaires. Au lieu de 100 à 200 kilos à l'hectare, on arrive à en produire 500 à 600. Ce système, appliqué dans plusieurs villes allemandes, notamment à Munich où les étangs d'épuration couvrent 200 hectares, mériterait d'être expérimenté en Belgique, en vue d'utilisation dans les cas favorables.

b) Facteurs de la production piscicole

Le cycle biologique des eaux douces comprend trois stades : un stade végétal, un stade animal inférieur et un stade animal supérieur. Les végétaux servent d'aliment et partiellement de support aux animaux inférieurs (insectes, larves) qui, à leur tour, sont consommés par le poisson. Chacun de ces stades faisait l'objet d'une étude spéciale.

La FLORE AQUATIQUE possède une importance primordiale dans l'économie générale des eaux douces, car il n'y a que les plantes qui soient susceptibles de transformer les substances inorganiques en produits organiques, seuls utilisables par le monde animal.

Le monde aquatique végétal comprend des plantes supérieures et des éléments de la flore microscopique. La flore microscopique se compose de bactéries et champignons dont l'abondance est souvent fort grande, et d'algues microscopiques comprenant le plancton végétal ou « phytoplancton » formé par les algues microscopiques flottant dans l'eau et la « couverture biologique primaire » constituée par les algues qui se développent sur les plantes aquatiques, les pierres, le fond. Ces algues constituent une source importante de nourriture pour le plancton animal, ou zooplancton, et les animaux aquatiques vivant sur les plantes et sur le fond.

Au point de vue piscicole, les plantes aquatiques supérieures se classent en trois catégories : les plantes immergées, dont seules les racines sont dans l'eau : peu intéressantes ou même franchement nuisibles,- les plantes flottantes nageant à la surface de l'eau, à rôle plutôt négatif; et les plantes submergées, croissant entièrement ou en grande partie sous l'eau : les plus utiles pour le poisson. Ces notions étaient exposées au public par vingt-huit planches en couleurs représentant trente-six principales espèces aquatiques : Nénuphars, Iris, Potamots, Renoncules, Helodea, Cresson d'eau, Joncs, etc. Deux autres tableaux étaient réservés aux algues microscopiques. A la partie inférieure de chaque planche, se trouvait une notice explicative donnant les noms latin et communs, la famille, les caractères essentiels, l'habitat et le rôle piscicole de la plante.

La présentation fort heureuse de ces tableaux, la parfaite ressemblance des figures à la réalité, étaient de nature à intéresser le visiteur et à l'instruire. Sous une autre forme, bon nombre de plantes aquatiques étaient exposées vivantes dans les étangs extérieurs.

La FAUNE AQUATIQUE NUTRITIVE joue un rôle essentiel en biologie piscicole, puisque le rendement d'une eau est proportionnel à la quantité et à la qualité de la nourriture présente.

La nourriture consommée par les poissons diffère selon les espèces et l'âge. Tous les jeunes poissons mangent à peu près les mêmes éléments. Mais par la suite, ils se classent en herbivores, en mangeurs de petite faune aquatique (nourriture des rives, nourriture du fond, plancton, nourriture exogène) et en voraces.

La plupart des pêcheurs et pisciculteurs ne connaissent pas suffisamment la faune aquatique. Rares sont ceux qui savent en différencier les éléments essentiels et en apprécier la valeur. Ces éléments étaient présentés sur quatorze tableaux. Sur chacun d'eux, figuraient une quinzaine des principales espèces de plusieurs familles. A côté de la figure, se trouvaient indiqués le nom de l'espèce et une courte notice sur ses mœurs et son rôle piscicole.

Ces tableaux étaient groupés en trois panneaux. Le plus important, réservé à la faune nutritive des rives, comprenait huit tableaux avec les Diptères, Rhynchotes et Lépidoptères, Trichoptères, Ephéméroptères, Névroptères et Plécoptères, Crustacés, Mollusques et Vers. Les deux autres étaient consacrés à la faune nutritive du fond (Mollusques, Chironomides, Crustacés et Oligochètes) et au zooplancton ou faune nutritive pélagique (Rotifères, Cladocères, Copépodes, Mollusques et Diptères).

D'autre part, le visiteur pouvait se familiariser avec ces espèces en examinant les collections fort complètes placées sur les tables d'exposition et donnant même, pour certains spécimens, le développement complet de l'animal.

Les PRINCIPAUX POISSONS D'EAU DOUCE, indigènes ou acclimatés en Belgique, étaient présentés sous trois aspects : vivants, naturalisés et en figures polychromes, offrant ainsi toutes facilités pour étudier leur systématique.

Les principales espèces : truites indigènes et arc-en-ciel, saumons de fontaine, brochets, anguilles, perches communes, perches-truites, carpes, tanches, carassins, ides mélanotes, brèmes, gardons, loches, évoluaient à l'aise dans les treize grands aquariums du rez-de-chaussée du Palais. A l'étage, huit petits aquariums renfermaient une collection de petits éléments de notre faune : épinoches, vairons, goujons, ablettes, petites carpes, jeunes anguilles, perches-soleil, petits gardons, perches goujonnières, carassins, ainsi que quelques écrevisses. Les poissons y nageaient au milieu de plantes aquatiques peuplées d'organismes de la faune aquatique nutritive.

Sur les tables d'exposition, de nombreux sujets naturalisés, conservés en flacons, permettaient d'examiner à loisir les caractères de toutes les espèces.

On pouvait se livrer à la même étude sur les trente et une planches polychromes encadrées, extraites de l'excellent atlas de Grote-Vogt-Hofer. Sous chacune d'elles, une notice explicative donnait, pour chaque espèce, les noms latin et communs, la famille, la taille de l'adulte, la taille minimum de pêche légale, les caractères extérieurs essentiels, les mœurs, la reproduction, la nourriture, le rôle et la valeur.

Il fallait aussi donner quelques notions sur l'anatomie et la physiologie des poissons. Dans ce but, six tableaux avec notices et figures explicatives, avaient été exécutés pour représenter : les formes extérieures, les écailles et l'âge des poissons,- les nageoires et la coloration,- les appareils digestif, respiratoire et circulatoire,- la reproduction. Quelques belles préparations anatomiques mettaient en relief différents éléments -. squelette, appareil digestif, etc.

Les poissons ne sont à l'abri ni des ennemis, ni des maladies. Des tableaux avec figures et notices en donnaient les caractères essentiels.

Six tableaux avec dessins en couleurs traitaient des maladies des poissons groupées en : maladies bactériennes, microparasites externes, microparasites internes, maladies non parasitaires, parasites animaux externes, parasites animaux internes. Quelques sujets malades naturalisés étaient placés sur les tables.

Trois tableaux en noir se rapportaient aux ennemis des poissons et des alevins. Ces ennemis sont des mammifères, des oiseaux, des poissons, des reptiles, des batraciens, des insectes aquatiques. Parmi ces derniers, les Coléoptères, Hémiptères et Odonatoptères sont les plus nuisibles. On en exposait les principaux éléments, naturalisés.

Une autre manifestation, fort heureusement réussie, rendait familière au public les mammifères et oiseaux aquatiques. Certains sont nuisibles au poisson,- la plupart sont simplement indifférents : tous sont au moins des concurrents de nourriture. Au centre du rez-de-chaussée, autour du bassin dans lequel évoluaient quelques poissons d'ornement, les animaux aquatiques étaient groupés sur une plage sableuse parsemée de plantes aquatiques, imitant à la perfection un îlot de nature vivante. Parmi les sujets présentés, citons au hasard : la loutre, le rat musqué, la cigogne, le canard, le chevalier, le vanneau, la foulque, le cormoran, le cygne, etc.

c) Bibliothèque et Instruments de recherches

La connaissance et le développement des notions précédemment expliquées, impliquent la possession d'une bibliothèque piscicole et hydrobiologique bien garnie et l'usage d'appareils scientifiques de recherche.

Les principaux OUVRAGES ET PUBLICATIONS étaient exposés dans deux vitrines placées à l'étage du Palais. Ces livres étaient groupés en : revues d'hydrobiologie, revues de pêche et de pisciculture, faune aquatique, flore aquatique, biologie générale des eaux douces, systématique des poissons, pisciculture, pêche, eaux polluées, poissons d'ornement.

Trois vitrines renfermaient les INSTRUMENTS SCIENTIFIQUES les plus connus : bouteilles à eau, thermomètres de profondeur, grattoirs, profileurs de vase, dragues, sondes, tamiseurs de vase, disque de Secchi, filets à plancton, chambre à plancton, filtre à plancton, échelle colorimétrique, petit filet universel Thienemann, pince pour le marquage des poissons, etc.

Une place spéciale était réservée à l'étude des QUALITÉS CHIMIQUES DE L'EAU. Tout pisciculteur et même tout pêcheur devraient être familiarisés avec les trois points essentiels à déterminer : pH, alcalinité et teneur en oxygène dissous. La détermination de ces éléments est fort simple et les appareils à utiliser peu coûteux. Une note explicative traitait ces trois points dont la connaissance devrait être de plus en plus vulgarisée.

D’autres instruments se rapportaient à la recherche plus compliquée des nitrites, nitrates, sulfates, chlore, phosphates, ammoniaque, fer, dissous dans l'eau.

2. Hydrobiologie appliquée

Les aspects pratiques de la vie piscicole sont également pleins d'intérêt. Ils ont trait essentiellement à la production industrielle du poisson et à la pêche.

a) Pisciculture industrielle

La production industrielle du poisson se rapporte à son élevage en eaux closes. En vue de faire connaître cet élevage, un petit cours enseignait les bases générales de la production piscicole, donnant les besoins nutritifs du poisson, sa croissance et le cycle productif en étangs.

Un exposé synthétique et succinct de la productivité des étangs était fait. La production totale est égale à la production naturelle, plus la production due à l'alimentation artificielle augmentée de la production due à la fumure.

La production naturelle varie selon la richesse nutritive des eaux et selon le poisson cultivé. Par l'alimentation artificielle, on peut augmenter considérablement le rendement. Les principaux aliments donnés à la carpe et à la truite étaient énumérés avec un mot d'explication. On donnait aussi les règles essentielles de la distribution de la nourriture. Enfin, par la fumure, on peut augmenter la quantité de substances nutritives utilisables et par conséquent accroître la nourriture naturelle. Avant toute fumure, si le sol est acide, il faut d'abord chauler. Les engrais phosphatés ont donné une augmentation de rendement intéressant; mais il n'est pas certain que les engrais organiques aient une action favorable.

Un point fort important en pisciculture est de connaître la formule de mise en charge des eaux à cultiver. La façon de procéder pour la déterminer était clairement exposée.

Après ces notions de pisciculture industrielle générale, on donnait les particularités des deux principales branches piscicoles : la Salmoniculture ou élevage de la truite, la Cypriniculture ou élevage de la carpe.

Quant à la SALMONICULTURE, on exposait les notions relatives aux espèces cultivées, au choix des géniteurs, à la fécondation artificielle, à l'incubation, à la production de truitelles et truites-portions.

En ce qui concerne la CYPRINICULTURE, on précisait les caractères de la carpe et de ses principales variétés, ainsi que les modalités de son élevage par classe d'âges séparés, selon la méthode Dubisch : étangs frayères, étangs à alevins, étangs à carpettes, étangs à carpes d'engraissement, étangs d'hivernage.

Enfin, on donnait aussi les indications fondamentales pour le transport du poisson, les repeuplements et les déversements. Cet exposé un peu aride était illustré sous des formes diverses par des films, des photographies et par l'exposition des appareils utilisés. Au rez-de-chaussée du Palais, un espace était réservé à la projection de deux films de vulgarisation montrant les différents aspects de l'élevage industriel de la carpe et de la truite. Ces documentaires étaient du plus haut intérêt. Certaines phases de ces élevages étaient présentées par trente-cinq photographies rassemblées sur dix tableaux, se rapportant à l'élevage de la carpe, au faucardage des étangs, à l'élevage de la truite : étangs à géniteurs, capture de géniteurs, fécondation et nettoyage des œufs, salles d'incubation de pisciculture industrielle, piscicultures rustiques, production de truitelles, production de truites-portions.

Les différents appareils de pisciculture utilisés pour la production, la manipulation et le transport des poissons étaient exposés en grandeur naturelle : bacs d'incubation des types allongé et court, claies d'incubation de différents modèles, bidons de transport, seau de lancement, pipettes pour nettoyage des bassins, appareils pour comptage des œufs et des alevins, caisses pour transport des œufs de truites à courte ou à longue distance, cuve à oxygène pour le transport du poisson vivant, caisse pour le transport des jeunes anguilles.

Une mention spéciale est à faire pour le moulin à chaux. La production étant pratiquement fonction de l'alcalinité : dans les terrains très pauvres en chaux, il y a intérêt à relever l'alcalinité en chaulant faiblement l'eau. Ce résultat est obtenu par le moulin à chaux que l'on pourrait utilement employer en Ardenne.

On se figure généralement que l'élevage du poisson est une chose fort compliquée. Il n'en est rien pour qui connaît et applique les principes essentiels. Pour développer la pisciculture en Belgique et plus spécialement pour favoriser le repeuplement des cours d'eau à truites dans les régions accidentées du pays, il faudrait multiplier une forme du petit élevage : la pisciculture rustique qui peut être faite à très peu de frais, par n'importe qui possède un peu d'eau convenant pour l'incubation. L'élevage des truitelles à domicile est également possible. Le fait était démontré par deux bacs d'élevage, installés au rez-de-chaussée du Palais, près des aquariums à salmonidés. Des alevins de truites arc-en-ciel y furent placés en mai,- nourris régulièrement, ils s'étaient transformés en jeunes truitelles à la fin du mois d'août.

Au problème de la pisciculture rustique, se rattache celui de la capture des géniteurs sauvages dans les cours d'eau. Elle est possible grâce notamment à un système de pêcherie dont une belle maquette montrait tout le mécanisme.

Une question voisine se rapporte à la libre circulation des poissons dans les cours d'eau. Elle est parfois entravée par les barrages naturels ou artificiels. Pour permettre aux poissons de les franchir et pour qu'ils puissent effectuer leurs migrations sexuelles, on a recours à certaines constructions appelées échelles à poissons. Des photographies d'une échelle à poissons sur un cours d'eau à cyprins et d'une autre sur un cours d'eau à salmonidés étaient exposées.

En vue de mesurer l'amplitude des migrations de certains poissons, on les marque,- les instruments utilisés pour ces recherches figuraient au pavillon. Un exemple remarquable de migration est donné par l'anguille. Une grande carte représentant l'océan Atlantique et les continents limitrophes, donnait avec l'aide de notices explicatives et de dessins, tous les détails de cette migration extraordinaire qui s'accomplit entre l'Europe et l'Amérique Centrale. En pisciculture industrielle, il importe de bien réaliser la construction des étangs dont beaucoup sont défectueux. Il en résulte des difficultés de vidange, des fuites de poissons, une mauvaise réussite. Deux maquettes donnaient le détail de la construction des étangs, l'une montrant un étang avec ses digues, rigoles principale et secondaires, prise d'eau, canal de dérivation, déversoir et appareil de vidange,- l'autre représentant le détail de cet appareil de vidange d'après le modèle dit « Moench », le plus simple et le plus perfectionné. Ces constructions étaient réalisées en grandeur naturelle à l'extérieur du Palais dans la série des cinq étangs. Des truites et des cyprins y furent placés, en même temps que des plantes aquatiques diverses, en sorte qu'ils servaient aussi d'herbiers aquatiques vivants.

A l'intérieur, deux maquettes représentaient encore : une prise d'eau pour étang, ruisseau ou rigole d'élevage, du type à débit constant et à grille horizontale noyée, et un déversoir du type à grille verticale et à planchettes à l'arrière. Une bonne construction de ces appareils empêche toute communication entre la pièce d'eau et l'extérieur.

b) Pêche d'eau douce

La pêche sportive ou industrielle est une autre application pratique de la vie en eau douce.

L'importance de la pêche en Belgique était mise en relief par quelques tableaux statistiques donnant : le relevé annuel des permis de pêche, l'étendue des étangs, les importations annuelles de poissons, les déversements de l'Administration des Eaux et Forêts, les captures annuelles de poissons et la longueur des cours d'eau.

Les instruments et engins de pêche : senne, tramail, épervier, verveux, lignes de fond, nasse à anguilles, et tout spécialement de nombreux modèles de cannes à pêche étaient exposés en grandeur naturelle ou en réduction, dans plusieurs vitrines louées par quelques industriels.

Pour souligner d'une autre façon l'importance de la pêche dans le pays, certaines sociétés avaient établi des cartes piscicoles de leurs cours d'eau, portant tous les renseignements utiles pour se rendre compte de leur activité. D'autres cartes et notices donnaient une idée de la façon dont doivent être effectués les sondages hydrobiologiques et dressées les cartes, préalablement à la constitution des dossiers d'aménagement piscicole des bassins fluviaux.

Enfin, l'aspect touristique du problème de la pêche était mis en évidence par dix panneaux portant chacun quatre belles photographies et surtout par dix-neuf agrandissements de vues remarquables de nos cours d'eau : la Meuse, la Semois, la Lesse, l'Ourthe, la Hoëgne, la Molignée, etc., ainsi que de quelques aspects pittoresques de cours d'eau en forêt.
Un effort considérable avait été fourni pour assurer une bonne présentation de tous les aspects de la biologie aquatique piscicole. Sans doute, le visiteur aura-t-il apprécié cet effort à sa valeur et tiré de l'exposition tous les enseignements qu'elle comportait.

Il est souhaitable qu'il aura appris à mieux connaître les choses de la nature sous ses multiples aspects appliqués à la vie piscicole en eau douce, par la diffusion d'idées claires et concises relatives : à la biologie générale des eaux douces et spécialement des eaux courantes, stagnantes et polluées,- à la flore aquatique inférieure et supérieure,- à la faune aquatique nutritive,- à la faune piscicole indigène et acclimatée (systématique, anatomie et physiologie),- aux maladies et ennemis des poissons,- aux ouvrages et instruments scientifiques d'hydrobiologie piscicole,- aux bases de la production industrielle en général et, en particulier, à la salmoniculture et à la cypriniculture,- enfin, à la pêche en eau douce.

Il faut espérer que l'attention des intéressés et particulièrement des pêcheurs et pisciculteurs aura été attirée sur les aspects propres à cette vie, trop peu ou mal connue. Rappelons quelques-uns de ces points :
- La connaissance des formules permettant d'apprécier la valeur nutritive ou capacité biogénique, le rendement rationnel et les déversements à effectuer pour repeupler les cours d'eau,-
- La façon d'exécuter l'analyse biologique des eaux polluées, la nécessité de compléter ou de remplacer l'analyse chimique par l'analyse biologique, l'intérêt à coordonner les efforts des organismes officiels et privés s'occupant du problème des pollutions, le mérite à chercher les possibilités d'application du système d'épuration dans les étangs alimentés par les eaux d'égouts,-
- L’importance pour le pêcheur et le pisciculteur de bien connaître les principales espèces de la flore et de la faune aquatiques,-
- La nécessité pour eux de se familiariser avec la détermination du pH, de l'alcalinité, de la teneur en oxygène dissous dans l'eau, avec la connaissance des besoins nutritifs naturels du poisson, avec les possibilités d'accroissement de la production naturelle par l'alimentation artificielle et la fumure, avec la façon de déterminer la mise en charge des eaux d'élevage, avec les particularités des méthodes modernes utilisées en salmoniculture et en cypriniculture, avec l'intérêt présenté par le moulin à chaux pour le relèvement de la production des eaux pauvres en chaux.

Il faudrait aussi mieux connaître les modèles perfectionnés d'appareils utilisés en élevage industriel; les possibilités réservées par une multiplication des piscicultures rustiques, par l'emploi de méthodes modernes pour la capture des géniteurs, par la bonne construction des échelles à poissons, par l'application de méthodes éprouvées pour la construction des étangs et des principes réglant l'établissement des cartes et dossiers piscicoles, bases d'un bon aménagement des cours d'eau.

Une meilleure compréhension de toutes ces questions, une application plus générale de ces idées, une plus grande diffusion de ces principes, assureront une connaissance plus exacte de la chose piscicole et permettront plus aisément la défense des richesses existantes et la mise en valeur de celles encore improductives. Si la participation de la pêche et de l'aquiculture d'eau douce a contribué à la réalisation de ces buts, ses organisateurs auront atteint l'objectif qu'ils s'étaient proposé.

© Rapport Général - Exposition Internationale de la Technique de l'Eau - Liège 1939