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Palais de l'Art Flamand


Palais de l'Art Flamand à l'exposition de Anvers 1930

© Hersleven

INTRODUCTION

Il était de toute importance pour Anvers, d'organiser également une section d'Art Flamand Ancien, à côté des expositions Coloniale et Maritime qui commémorent le centenaire de notre indépendance, afin de réunir en une seule manifestation grandiose et patriotique les différents aspects de notre grand port.

Dans le but de donner à ce projet une exécution irréprochable, l'on a érigé sur le terrain général, deux édifices en matériaux durables, qui serviront après l'exposition, l'un d'église et l'autre d'école, au nouveau quartier de la ville, déjà habité et qui se développe constamment, dans ces environs. L'église, une construction remarquable de l'architecte Smolderen et l'école, qui est due au talent de l'architecte Van Averbeke, seront donc, toutes deux, transformées pour quelques mois en musées d'Art Flamand Ancien.

Cette exposition ne contiendra non seulement des chefs d'œuvre de peinture et de sculpture, mais, en général, toutes les manifestations d'art par lesquelles les Flamands se sont distingués. Elle comprendra donc également : la gravure et les livres d'art, la musique, l'ameublement, les tapis, les travaux d'art en fer, cuivre, argent et or, ainsi que les arts populaires.

L'école est réservée tout d'abord à la peinture et à la sculpture. Quelques tableaux seulement, ainsi que des sculptures se rapportant exclusivement au culte, seront exposés dans l'église. Ensuite, l'école comprend la musique, les livres d'art, les gravures et la plus grande partie de l'art mobilier, ainsi que les arts populaires. Tout ce qui concerne les métaux est exposé dans l'église. La place d'honneur est occupée par la peinture, qui de tous temps, et surtout pendant les XVme, XVIme et XVIIme siècles a fait la gloire de la civilisation flamande et nous vaut encore maintenant une renommée mondiale.

Les tableaux sont exposés dans une série de salons de grandeurs diverses, qui ont été construits temporairement sur l'emplacement de la future cour de récréation. Tapissés d'étoffes appropriées, bien éclairés et aménagés avec goût, ces salons conviennent parfaitement à l'usage auquel ils ont été destinés. Contrairement à ce que l'on avait craint tout d'abord, les toiles y sont complètement à l'abri de l'humidité.

Dans la mesure du possible les tableaux ont été classés par ordre chronologique et d'après les divisions didactiques des écoles de peinture. Il y a des chefs d'œuvre de toutes les époques, de sorte que tous nos grands artistes y sont dignement représentés. Il convient de rendre hommage aux musées du pays et de l'étranger, pour la bonne volonté avec laquelle ils ont bien voulu confier ces richesses aux organisateurs de l'Exposition d'Art Flamand Ancien. Cet empressement montre la grande sympathie témoignée de tous côtés à cette manifestation d'art, ainsi que la confiance dont jouit la commission qui en a entrepris la réalisation.

Le salon des primitifs contient de nombreuses toiles de très grande valeur, qui méritent une attention toute spéciale et dont il est impossible de donner ici une description détaillée.

L'on attend encore bon nombre d'autres tableaux, quoique les peintures exposées en ce moment forment déjà une magnifique collection de nos grands maîtres du XVme siècle.
Nous y voyons entr'autres « St. François », de Turin et une autre toile, particulièrement intéressante, « The Holy Face », empruntée à une collection privée de Newcastle on Tyne. Toutes deux sont de Jan Van Eyck.

Memlinc y est représentée par sa « Ste. Vierge sur le Trône, entourée d'Anges », de l'Uffizi; par son triptyque, de Strasbourg; par une Ste. Vierge, de la collection de M. Heugel, de Paris, et une autre, appartenant au Baron J. van der Elst, de Vienne.

L'on avait beaucoup compté sur les oeuvres de Roger Van der Weyden, dans la quasi certitude que l'on pourrait disposer de la célèbre toile « Pietà, la Descente de la Croix», de l'Escurial. Seulement un examen minutieux de l'état actuel de ce tableau a démontré qu'il y avait trop de risques à exposer ce chef d'œuvre à un si long voyage. De ce grand artiste, il n'y a que quelques portraits, envoyés par Sir Joseph Du Veen.

Du Maître de Flémalle, nous pouvons admirer les œuvres suivantes : « l'Adoration des Bergers », du musée de Dijon; un «portrait d'homme», du musée de Berlin, ainsi qu'un portrait d'une « Princesse de Savoie », appartenant à la collection Bliss de New-York.

Parmi les envois de très grande importance, se trouvent également de nombreux panneaux appartenant au polyptyque, peint par Juan de Flandes pour Isabelle La Catholique et dont les différentes parties sont disséminées partout. Le Roi d'Espagne en a fait parvenir quinze, le Louvre en a envoyé un et un autre nous est arrivé de la Hollande.

De Jean Prévost, nous avons « Les Lamentations autour du Christ», de la collection Colnaghi; de Dirk Bouts, «La Sainte Vierge avec l'Enfant », de la collection Demotte, ainsi qu'une toile avec le même sujet, provenant de la collection Gutekunst; de H. van der Goes, un tableau appartenant à Lord Pembroke; de Gérard David, une œuvre envoyée d'Amérique.

Le Musée de Budapest et Monsieur Marcel de Nemes, de Munich, ont bien voulu prêter chacun une des deux parties latérales d'un chef d'oeuvre de Colijn de Coter, le célèbre peintre, qui travaillait à Bruxelles au commencement du XVme siècle.

Quentin Matsijs est représenté par un « Ecce Homo », parvenu du Palais des Doges, de Venise. L'Eglise San Donato, de Gênes, a prêté 1' « Adoration des Mages », du même artiste.

Citons encore une série des peintres anonymes de l'époque primitive flamande, dont on parle tant actuellement, tels que de l'auteur de « Ste. Catherine », etc. Ces tableaux ont été empruntés aux collections du Baron van der Elst, de M. Heugel, etc.

Les Musées d'Etat de Vienne nous ont confié deux magnifiques Pierre Breughel : « Le Voleur de Nids » et « La Tempête », ce qui porte notre artiste national du XVIme siècle à l'avant-plan.

Autour de ces œuvres, l'on a groupé plusieurs toiles des autres Breughel, soit : P. Breughel II, Jean Breughel de Velours, Ambroise et Abraham Breughel, etc.

Le XVIIme siècle, surtout, a fourni à Anvers des chefs d'œuvre de toute première importance. Rubens vient en tête, avec son « Portrait de lui-même avec épée », du musée de Vienne, « Hélène Fourment » et « La Grande Kermesse Flamande », du Louvre, « Les Quatre Philosophes » ou « Les Disciples favoris de J. Lipsius », du Palais Pitti de Florence (portraits de J. Lipsius, J. Woveruis, Philippe Rubens et P. P. Rubens) ; une esquisse de 1' « Hommage à Henri IV », du musée de Turin; deux portraits de la période génoise du grand Maîjtre, appartenant à Messieurs Van Diemen et Benedikt; «La Pêche Miraculeuse », de Malines, appartenant actuellement au musée de Nancy; « Le Christ remettant les Clefs à Saint Pierre», propriété privée de M. de Nemes, etc. Il y a également une grande collection d'ébauches du grand peintre, où le grand talent du Maître se révèle en plein. Celles-ci ont été prêtées par Messieurs Tournai-Solvay, Philippson, Madame Heugel, Sir Herbert Cook, Fritz William, le musée de Cambridge, etc.

Antoine Van Dijck est également représenté d'une façon très digne. Nous remarquons « Saint Martin », de l'église de Saventhem; quatre portraits, appartenant à Lady Louis Mountvatten (ancienne collection de Sir Ernest Cassel) ; deux portraits, de la collection de Earl Spencer; le portrait de l'abbé Scaglia, appartenant à Lord Comrose; des portraits, des collections d'Earl Rad-nor, M. Warnant, Marquis de Beauffort, Baron Louis de Rotschild, de Vienne; le portrait du Prince Rhodokanaki, du musée de Vienne; le portrait d'Amélie van Solms, de Milan; une « Adoration des Bergers », d'une collection privée berlinoise ; « Venus et Cupidon », d'une collection de Londres; une «Tête d'Apôtre», appartenant au Duc de Devonshire, etc.

Le musée de Copenhague a prêté un beau Jordaens; le musée de Budapest, un portrait, et le musée de Lyon une « Visitation », du même peintre, dont figurent encore bon nombre d'autres toiles.

Le talent de David Teniers est révélé au plus haut degré dans 1' « Archiduc Léopold-Guillaume parmi les Archers, devant l'Eglise du Sablon à Bruxelles». Ce tableau a été prêté gracieusement par le musée de Vienne. D'autres œuvres du même artiste ont été envoyées par le musée de Turin, Sir Otto Beit, etc.

La collection Gonzales Coques a été formée grâce à la bienveillance des musées de Lyon et de Budapest, ainsi que du Comte de Beauffort. De Corneille de Vos, nous voyons une toile envoyée par le musée de Berlin et une autre appartenant à la collection Mayer van den Bergh, d'Anvers. De Snijders l'on expose «Le Martyre de Saint Laurent », du musée de Grenoble. Il y a, en outre, un Quellin, venu du musée de Toulouse; de magnifiques chasses de Fyt, de la collection privée de Monsieur Pelt-zer-Warnant; le «Portrait de Claude de Médicis » par Sustermans, emprunté au Pitti de Florence; etc.

Nous terminons ici rénumération, qui ne peut être considérée comme un catalogue. Nous nous sommes bornés à signaler les œuvres principales, mais une visite minutieuse fera découvrir encore de nombreux tableaux de grande valeur," renseignés dans le catalogue spécial. Notre seul but a été d'attirer l'atttention sur la grande importance de la Section de Peinture à l'Exposition d'Art Flamand Ancien.

LE LIVRE D'ART

Cette section comprend tout d'abord une importante série de manuscrits. Les Flamands se sont particulièrement distingués par la grande finesse des miniatures, dont ils ornaient ces livres écrits à la main, qui précédèrent l'invention de l'imprimerie. L'étude de la miniature est, pour ainsi dire, l'introduction de celle de la peinture. Toutefois, elle est considérée ici, surtout, comme partie intégrale du livre, composée avec art et avec soin dans les anciennes abbayes ou à l'intention des princes et des gentilshommes, qui l'appréciaient beaucoup. Bon nombre de manuscrits nous sont connus par des expositions locales et par des fac-similés fidèles parus au cours des dernières années. Sous la direction compétente de Monsieur Gaspard, Conservateur de la Bibliothèque Royale de Bruxelles, l'on s'est efforcé de réunir à la présente Exposition les plus beaux exemplaires des bibliothèques belges et étrangères, afin de donner un aperçu général de révolution de cet art. Nous pouvons admirer des documents de la plus haute valeur, qui nous ont été confiés par la Bibliothèque Nationale de Paris, la Bibliothèque Royale de La Haye, la Bibliothèque Royale de Bruxelles, des collections privées dont celle de Pierpont-Morgan, etc. Nous retrouverons rarement une occasion comme celle-ci de comparer toutes ces œuvres entre elles.

Les Flamands ont excellé également dans la reliure de l'ancien livre d'art.

Il n'y a pas encore bien longtemps que le savant anglais, Mr. James Weale, qui s'est occupé avec tant de zèle de l'histoire de l'art flamand, a attiré l'attention sur ces reliures et leurs auteurs.
Les recherches dans ce sens ont été poursuivies avec persévérance et, grâce à la compétence et aux soins de la Commission spéciale composée de Mademoiselle B. Van Regemorter, Monsieur Prosper Verheyden et le général Jacques Willems, nous pouvons admirer les résultats de ces études. Il s'agit d'une série de reliures, dont certaines portent les noms de grands relieurs de Bruges, Gand, Lou-vain, etc. et d'autres attestent leur origine nationale par le matériel employé à leur fabrication.

Dès que l'art des incunables, venu de l'Allemagne et de l'Italie, fut répandu en Europe, la typographie à caractères mobiles fut dignement représentée chez nous par Dirk Martens, Jan van Westfalen, Van der Goes et Gérard Leen. La Commission compétente, composée de M.M. L. Polain, Aug. Vincent, conservateur de la Bibliothèque Royale de Bruxelles, J. Lhermitte, etc., a exposé au moins un exemplaire hors de chaque atelier existant en Flandre avant l'année 1500, permettant de se rendre compte des grandes qualités techniques qu'exigeait l'art des incunables.

Vient ensuite la période très florissante du XVIme siècle, dont la première moitié nous a laissé de magnifiques travaux d'impression ornés de gravures sur bois, et la seconde moitié a été dominée complètement par la glorieuse personnalité de Chr. Plantin. Il serait superflu de passer en revue l'activité complète de ce grand Maître de l'art de l'imprimerie, dans une exposition organisée dans la ville même où se trouve le musée Plantin. C'est pourquoi cette section a été limitée à une partie du Polyglotte sur parchemin, une série de précieux atlas, etc., qui sont autant de témoignages de l'art de ce grand imprimeur. Les autres imprimeurs de la même époque ont été représentés d'une façon plus détaillée, parce que moins connus.

Le XVIIme siècle, qui marque la période des volumes in-folio aux titres illustrés de gravures sur cuivre, exécutées souvent d'après des esquisses de Rubens et généralement inspirées par le style du grand peintre, montre à •quel point l'art de l'imprimerie était encore riche chez nous, au moment où commençait sa déchéance.

LA GRAVURE

L'organisation de cette section qui, quoiqu'indépendante, a de nombreux points de rapport avec la précédente, fut confiée à M.M. Ary Delen, conservateur-adjoint du musée Plantin, J. Havenith et J. Van Overloop. C'est peut-être bien la première fois que l'on nous offre un aperçu aussi complet du développement de la gravure en Flandre. Lors des fêtes commémoratives de Rubens, il y a quelques années, l'on organisa une exposition très intéressante, de la gravure à l'époque de l'illustre peintre. Des travaux magnifiques, dûs aux principaux maîtres de la gravure du XVIIme siècle, y furent exposés. Alors que cette exposition contenait déjà des richesses énormes, la présente comprend, au surplus, la production du XVIme siècle, ainsi que les œuvres de la fin du XVIIme siècle et du XVIII siècle, toutes du plus grand intérêt. Nombreux seront les amateurs qui retourneront plusieurs fois à cette section, pour revoir ces chefs d'œuvre, d'une rare perfection technique, de notre production nationale.

LA MUSIQUE

S'il est vrai qu'une exposition ne peut être conçue uniquement au point de vue esthétique, mais qu'elle doit également poursuivre un but didactique, en faisant connaître la signification d'une expression d'art déterminée, l'Exposition de Musique Flamande Ancienne répondra pleinement à cette nécessité. Nous avons la conviction que tous ceux qui visiteront cette section, ne considéreront plus la peinture comme le seul art, dans lequel les Flamands ont atteint la perfection, mais qu'ils se rendront compte de ce que la musique est également pour une grande partie dans la gloire de nos ancêtres. Faire ressortir ce fait, qui n'est connu que dans un milieu artistique très restreint, tel a été le but de la commission de l'Exposition de Musique Flamande Ancienne, dont l'éminent musicologue, Monsieur A. J. Stellfeld, a été le savant et très . actif animateur. Il considérait l'exposition, comme une occasion unique de rassembler les œuvres des compositeurs flamands, publiées dans le pays et à l'étranger, depuis le XVIme siècle jusqu'en 1830, afin de faire connaître à tout le monde la signification de ces créations, le rôle international qu'elles ont joué, surtout au XVIme siècle, ainsi que les succès qu'elles ont obtenus partout.

Les célèbres éditeurs vénitiens, Petrucci, publièrent les premières éditions musicales faites au moyen de caractères mobiles. Leurs éditions sont classées parmi les plus précieuses et les plus rares qui existent. Une grande vitrine a été consacrée à ces éditeurs. Elle contient un grand nombre de compositions de Josquin des Près, Brunel, Ghiselin, Agricôla et Obrecht, toutes du début du XVIme siècle, ce qui prouve combien furent appréciées, par cette célèbre maison italienne, les œuvres de nos compositeurs.

Pour la première fois, nous pouvons nous rendre compte de l'importance de l'imprimerie Plantin au point de vue des éditions musicales, dont presque toute la collection se trouve réunie à l'Exposition. Il est curieux de constater que le musée Plantin, qui est pourtant si riche en éditions de toutes espèces, provenant du grand imprimeur, a de si déplorables lacunes au point de vue de la typographie musicale. La seule édition musicale importante de Plantin, exposée au musée qui porte son nom, est le grand livre de messe de George de la Hèle. Grâce au bienveillant concours de plusieurs grandes bibliothèques européennes, nous sommes à même d'admirer à l'Exposition toutes les éditions musicales connues du « Gulden Passer ». Les œuvres de G. de la Hèle, Ph. de Monte, A. Pevernage, Gaucquier, Claudin le Jeune, J. de Kerle, Severin Cornet, Lupi, etc., ainsi que celles de C. Schuyt publiées par la maison de Leyde, nous apprendrons à connaître définitivement Plantin comme éditeur de musique. Tous les autres typographes anversois, qui ont acquis une renommée dans les éditions musicales, tels que Tylman, Susato, les Phale-sius, Waelrant, sont également représentés.

Une bonne partie de l'exposition a été consacrée aux tablatures flamandes pour luth, qui comptent parmi nos pièces de musique les plus rares et les plus estimées. Les Flamands se distinguèrent d'une façon spéciale dans la notation des accompagnements de luth, pour le chant. Nous voyons les tablatures des anversois Van den Hove et Adriaensen; celles de Mattelaer, un « fiamingo » qui résidait à Rome; ainsi que celles de Vredeman et bon nombres d'autres.

La collection, a peu près complète, de nos anciens recueils de chansons, avec notation, constitue un autre point très intéressant de l'Exposition de Musique Flamande Ancienne. Les plus anciens de la série sont: «Een devoot ende profytelyck Boecxken » de Simon Cock; « Souterliedekens » de W. van Zuylen, par Sim. Cock ; l'« Ecclesiasticus » de Fruytiers; les Psaumes de Pierre Dathenus, etc.

Il y a également de précieux manuscrits avec partie musicale, de Pierre de la Rue, notamment ceux de Marguerite d'Autriche, conservés dans les archives de Malines et à la Bibliothèque Royale de Bruxelles. Un grand avantage, c'est que nous pouvons en admirer toutes les feuilles séparément, celles-ci ayant été détachées, en vue de la prochaine exécution de facsimilés de ces documents. En outre, l'on a exposé les manuscrits de Tinetoris et les « Chansons » de Marguerite d'Autriche, envoyés de Bruxelles.

En ce qui concerne les compositions polyphoniques du XVIme siècle, la place d'honneur a été réservée à Philippe de Monte, dont la valeur artistique se voit confirmée de jour en jour. C'est ici que l'on peut voir, pour la première fois, la collection complète des œuvres de ce célèbre maître malinois. Il y a des manuscrits, venus de Bruxelles, qui servent de base aux éditions en cours de Ph. de Monte. En outre, l'on expose des œuvres, de Vienne, Munich, Berlin, Bruxelles, Paris, Bologne, Danzig, etc.

Il y a, au surplus, les riches collections des autres maîtres de la polyphonie, dont un grand nombre s'est fixé à l'étranger. Nous y trouvons, entre autres, une très intéressante édition vénitienne d'Adriaan Willaert, avec portrait; des compositions de R. Del Mel, «fiamingo»; d'Arcadelt; de Roland de Lassus, qui quoiqu'étant d'origine wallonne fit publier une œuvre à Anvers, par l'un des Susato; des œuvres de Loisel, Berckelaers, Verlith, Fr. Sale, Jacob Vaet, J. van Berchem, Cyprien de Rore, Luython, Meldert, « fiamingo », Utendael, Francesco, « fia-mingo », J. van Turnhout, Noë Faignant, etc.

Viennent ensuite les compositeurs, plus rapprochés de notre époque, tels que Ioeillet de Gand, Defesch, Kennis de Lierre, Boutmy, Van den Gheyn, Staes, Leblanc, le liégeois Raick qui habitait à Anvers, Robson, etc., qui nous ont laissé principalement des pièces pour clavecin.

A côté de toutes ces œuvres manuscrites et imprimées, imposantes tant au point de vue de leur nombre que de leur valeur, se trouvent plusieurs instruments de musique, de fabrication flamande. La célèbre école anversoise des fabricants de clavecins est représentée par quelques instruments de grande valeur fabriqués par de Ruckers, Couchet, Bull, Grauwels et Van den Sissche. Nous y trouvons aussi des instruments des célèbres luthiers Hofmans, Deligne, Willems, Borbon, Bossu, etc.

L'ORFEVRERIE

Cette section, dont l'organisation a été confiée à un comité, présidé par l'échevin J. Junes, comprend deux subdivisions, dans lesquelles sont classés les objets exposés suivant leur caractère religieux ou civil. Toutes deux se trouvent dans le même local, soit l'église.

L'exposition d'orfèvrerie religieuse, à laquelle Messieurs les abbés Van Herck et Philippen ont apporté leurs meilleurs soins, se réfère aux divers centres du pays, qui se firent une renommée dans cet art.

Dans le Brabant, nous avons tout d'abord Bruxelles, qui se distingue par le magnifique ostensoir de l'église de Moll, le calice de l'église Saint Bernard d'Afflighem et bon nombre d'autres objets. Ensuite, vient Louvain, qui expose entre autres la châsse de St. Hubert, de l'église St. Jacques à Louvain, ainsi que l'ostensoir de l'église. St. Sulpice de Diest. Les ateliers anversois sont abondamment représentés par des objets de toutes espèces, parmi lesquels il convient de citer spécialement l'ostensoir de Turnhout, qui date de 1656. Malines présente également des objets de grande valeur, tels que les ostensoirs de Steenockerzeel et de Haren.

Plus loin, nous voyons les travaux des orfèvres des deux Flandres. Parmi les échantillons du travail brugeois, se trouvent le calice, de 1660, de l'église St. Michel de Louvain et l'ostensoir de Sehaerbeek. Des ateliers de Courtrai, il y a le calice de 1650, de Boortmeerbeek; d'Ypres, l'ostensoir de Watou, du XVIme siècle; de Gand, l'ostensoir de 1677, du Petit Béguinage de Gand; d'Alost, un plateau en argent de l'église St. Amand, de Gheel (XVIIIme siècle) ; d'Audenarde, le calice de 1614, de l'église Ste. Waiburge de cette ville. Les orfèvres de Termonde et de Grammont y sont également représentés.

Il n'a pas été possible d'exposer au complet, à Anvers, les travaux des ateliers du Limbourg, Tongres et Hasselt. En effet, l'Exposition de Liège ayant organisé simultanément une section d'art ancien, celle-ci a demandé plusieurs objets du Limbourg, qui faisait partie de la région liégeoise. Néanmoins, nous pouvons admirer à Anvers un magnifique ostensoir et une châsse, des Récollets (1759) de Tongres, ainsi que l'ostensoir de l'église Notre Dame de Diest et d'autres objets fabriqués par des orfèvres de Hasselt.

Les objets de culte en cuivre, sont également classés suivant leur provenance et comprennent des échantillons très remarquables. Citons parmi les travaux bruxellois, le beau lutrin de l'église St. Germain de Tirlemont et le candélabre pascal de Zoutleeuw. Malines est représenté par les fonts baptismaux de Barle-sur-Nèthe et le lutrin de l'église Saint Rombaut de Malines.

Pour tout ce qui concerne les cloches et les autres articles en fonte, c'est surtout Monsieur P. Verheyden, qui se chargea de l'organisation et parvint à former un ensemble très intéressant.

Dans la subdivision relative à l'orfèvrerie civile, c'est Monsieur Anthoni qui se distingua principalement. Il a rassemblé, de quelques collections privées et publiques, un grand nombre d'objets très remarquables, qui sont exposés dans quatre chapelles latérales de l'église.

Outre quelques beaux échantillons d'orfèvrerie flamande en style Renaissance, nous y trouvons une magnifique collection de cafetières, candélabres soupières, etc. en argent, exécutés par de grands artistes flamands des XVI™, XVIIme et XVIIIme siècles, dont un des meilleurs fut J. B. Verbert d'Anvers. Beaucoup de ces œuvres d'art appartiennent aux styles Louis XIV, XV et XVI. Cependant, leur exécution révèle, indiscutablement, leur origine flamande. La plupart des objets exposés portent le cachet de l'orfèvre.

Parmi les pièces les plus remarquables, nous voyons le pot à bière avec plateau ayant appartenu, dit-on, à Charles Quint, ainsi que celui de Rubens.

Ce dernier chef-d'œuvre, qui est la propriété du Baron E. de Borrekens, fut exécuté par le Maître anversois, Théodore Rogier, et offert, paraît-il, à Rubens par l'Archiduchesse Isabelle, en reconnaissance d'un des envois diplomatiques du grand peintre.

Quant au premier, il a été prêté par le musée du Louvre, où il a été conservé après avoir appartenu pendant longtemps à la famille Chimay. Ce pot est également l'œuvre d'un artiste anversois. Il porte un petit cachet bien connu, avec une main coupée et les initiales de l'orfèvre: P. R. T., dont on n'a pas encore trouvé l'auteur jusqu'à présent. Il date de 1558-1559. Sue le plateau figure en relief la victoire remportée par Charles-Quint à Tunis, en 1535. Cette scène et plusieurs autres reproduites sur le pot même, ont été inspirées des ébauches que le peintre Jean Vermeyen fit, en exécution d'une commande de l'empereur, pour des tapis, qui se trouvent actuellement à Madrid.

LA SCULPTURE

Dans le but d'attirer l'attention sur l'importance de la sculpture dans notre histoire et, surtout, de démontrer que cet art s'est manifesté chez nous avec tout autant d'ardeur que la peinture et la fabrication de tapis, l'on a créé une section spéciale de sculpture. L'organisation en a été confiée à Mr. E. Vloors, Président, M.M. J. Des-trée, P. Rolland, etc.

Les vieux autels sculptés sont de vrais chefs-d'œuvre, qui méritent autant d'attention que les tableaux. Ils contiennent des scènes d'un réalisme tout aussi intense que les meilleurs toiles. L'Exposition de Sculpture a permis de rendre à bon nombre de sculpteurs oubliés ou peu connus, la place qui leur revient dans l'histoire des arts.

Tout le monde connaît nos grands peintres, mais presque personne ne connaît nos sculpteurs.

Cette section n'a pu être réalisée qu'au prix de nombreuses difficultés. Alors qu'il est relativement facile de transporter un tableau ou un tapis, il n'en est plus de même lorsqu'il s'agit d'une œuvre de sculpture. Les obstacles sont bien souvent invincibles. Des monuments funéraires et autres, qui sont maçonnés dans certains endroits ou bâtiments, ne peuvent, de ce fait, entrer en ligne de compte pour une exposition. Il n'y avait qu'un moyen de donner un aperçu complet, soit en exposant des moulages. La Direction Générale de l'Exposition s'y opposa, ayant décidé en principe que l'on ne pourrait pas exposer des moulages d'oeuvres d'art. Il fallait donc chercher une autre solution. Il y avait plusieurs œuvres, qui pouvaient être déplacées et pour lesquelles on aurait bien pu obtenir une autorisation en vue de leur exposition à Anvers. Malheureusement, un examen minutieux écarta définitivement toute possibilité de transport de ces objets, en raison de leur vieillesse. Un rétable qui a été exposé à la même température, pendant des siècles, dont le bois est devenu cassant, etc., doit nécessairement rester à sa place habituelle.

Tous ces différents points rendaient la tâche des organisateurs extrêmement ardue. Néanmoins, ils sont parvenus à réunir un grand nombre d'oeuvres de première catégorie.

Au premier rang figurent les rétables des artistes suivants : Borman, de Bruxelles; De Havere, de Malines; ainsi que De Molder, d'Anvers, le créateur du magnifique autel eucharistique conservé au musée Cluny de Paris. L'on espère recevoir des autels flamands de l'étranger, notamment de la Suède, qui en possède de très remarquables à Strengas, Sconela, Vàsteras, Veckholm, Vad-stona, Wilbergen et Stockholm; du Danemark; de la Rhénanie (Gustrow, Gûsten, Muntz) et du Portugal, oU se trouve, notamment à Coïmbra, le bel autel d'Olivier van Gent.

Les autels sculptés, du pays, comprennent e.a. ceux de Lombeeck-Sainte Marie, de Loenhout, Hakendover, Gheel et Herenthals.

Parmi les œuvres du XIVme siècle promises à l'Exposition, se trouve la magnifique figure, pleine d'expression, conservée au musée archiépiscopal de. Malines. Ensuite, l'aperçu historique s'étend du XVI™ au XVIIIme siècle inclus, en traitant principalement des œuvres de Duquesnoy, des Quellin, de Willemsen, Colyn de Noie, Van den Bogaert, Van der Veken, les différents Pompe (parmi lesquels Walter Pompe occupe la place d'honneur), Van Papenhove, Delvaux, Fayd'herbe, Severy et Godecharles.

AMEUBLEMENT ET ARTS POPULAIRES

Cette section occupe toute l'aile gauche de l'école. Chaque salle, tant au rez-de-chaussée qu'à l'étage, est aménagée dans un style différent ou suivant un but déterminé.

La première salle (23) contient une cheminée en marbre en style Louis XV, fabriquée à Anvers, et une tenture en cuir de Malines, prêtées par Monsieur Elsen d'Anvers. L'on y voit, en outre, des meubles et des objets du XVIIIme siècle.

La deuxième (24) représente un intérieur du XVIIme siècle, avec une tenture en cuir doré, prêtée par Madame Vanderlinden d'Anvers, et une porte d'église monumentale d'Esschen ou de Tirlemont.

Le XVIme siècle est représenté dans la troisième salle (25), dont le motif principal de décoration consiste en un grand et magnifique tapis, appartenant à Monsieur A. Kreglinger d'Anvers.

Dans la quatrième sont exposés les meubles du XVme siècle, ainsi qu'une cheminée en pierre et un lambris en chêne.
Des quatre salles de l'étage, la première (32) est consacrée à nos anciennes sociétés d'agrément, tir à l'arc, etc., la deuxième- (33) aux associations professionnelles, métiers, commerce, etc.; la troisième (34) aux béguinages, confréries, etc.

Par les soins de cette section, quelques objets décoratifs et meubles anciens ont été placés également dans les salles occupées par les autres sections, suivant les besoins de leur décoration. Evidemment, l'église abritera tout ce qui concerne le mobilier religieux, soit les chaises d'église, bancs de chœur, confessionnaux, chaires, etc.

La présentation a été particulièrement soignée, ce qui prouve la compétence des organisateurs, parmi lesquels citons Mr. L. Jacobs, Président et Mr. Ch. Van Herck, Secrétaire, et les efforts déployés par eux, en vue d'obtenir un ensemble gai et pittoresque, au lieu d'une simple accumulation de vieux objets.

Garnie de meubles minutieusement choisis, chaque salle est transformée en un intérieur agréable, qui représente une époque déterminée. Il n'est pas possible de donner ici une description détaillée des objets exposés. Nous nous contenterons donc d'attirer l'attention des visiteurs sur certaies pièces et Quelques ensembles, qui ne manqueront pas d'obtenir un grand succès.

Parmi les meubles du XVIme siècle, nous remarquons quelques belles armoires à portes pliantes, cédées par le Baron van Reynegom de Buzet; des armoires de l'hôpital de Lierre; des coffres; des coffrets à bijoux; des bancs; etc.

Le XVIIme siècle, surtout, est richement représenté et comprend d'une façon aussi complète que possible, tous les modèles de meubles de fabrication flamande. Nous y trouvons de magnifiques armoires à quatre et cinq portes, dont une à quatre portes de la Flandre méridionale, avec des figures sculptées dans la partie supérieure et une autre de la Flandre Zélandaise; un banc abondamment orné de sculptures; des armoires basses à deux et trois portes; un secrétaire à quatre portes, avec planche abaissable; des armoires basses à une porte, avec et sans presse; un meuble de sanctuaire; une armoire à chasubles; une petite armoire de béguinage; des tables à pieds sculptés; des lits; des coffres; des troncs; des râteliers; des prie-Dieu; des bancs; des fauteuils, dont les bras sont ornés d'une façon très curieuse; etc. Remarquons également les jolies incrustations en ébène, tortue et ivoire, qui sont, pour la plupart, d'exécution anversoisè. Il y a aussi des secrétaires, les uns incrustés d'argent ou de cuivre, les autres avec des peintures représentant des vues de la ville ou des fragments des Métamorphoses d'Ovide; des tables avec des incrustations en forme d'étoile; des coffrets en mosaïque; des cadres pour glaces, à moulures sculptées, etc.

Les églises et les sacristies ont fourni de beaux meubles religieux, notamment des tabernacles surmontés de statuettes en argent ou en bronze; des châsses ornées de bustes et d'anges; des crucifix; des obélisques; des chapelles de la Sainte Vierge, etc. Ce groupe sera un des plus intéressants de la section.

Des objets du culte en chêne sculpté et en marbre complètent la collection des ornements en cuivre. Des chaises, des bancs de chœur, des cariatides, des colonnes, des chaires, des confessionnaux, des balustrades, des lutrins en marbre, dont celui de l'abbaye Sainte Gertrude de Lou-vain; des lampes éternelles, parmi lesquelles se trouve celle de l'église St. Pierre de Moll; des modèles d'autels; des listes de membres de confréries; un buffet d'orgue,etc.... réunis en nombre important, permettent de faire des comparaisons et des études du plus grand intérêt.

Pour ce qui concerne le XVIIIme siècle, l'on s'est borné à quelques meubles typiques, qui, quoiqu'étant exécutés en divers styles français, possèdent certaines particularités qui dénotent leur origine flamande. Nous y voyons les styles Louis XIV, XV, XVI et Empire. Ce dernier est représenté principalement par Chapuis, un fabricant de meubles français, qui s'était établi dans nos régions.

Les salies réservées aux sociétés d'agrément contiennent les images des patrons des archers, des rhétoriciens, etc.: St. Georges, St. Sébastien, St. Christophe, St. Adrien; des drapeaux contenant des représentations symboliques; des objets en argent (des collections F. Claës, Baron van Rymegom de Buzet, Baron van der Straeten-Solvay, et autres; des sceptres; des pots, etc.

Dans le groupe des associations professionnelles, nous remarquons des torches de procession dorées portant les insignes des métiers et l'image du patron; des portraits peints de plusieurs membres de gildes, etc.

Une partie très intéressante est consacrée aux anciennes coutumes. Nous y voyons un grand nombre d'objets très curieux.

Nous attirons également l'attention sur les objets en terre cuite. Tous les différents modèles de la production anversoise du XVIme siècle sont exposés. Cette industrie, qui a été introduite ici par les Italiens et qui a été continuée chez nous en pur style italien, pendant soixante-quinze ans environ, est presqu'inconnue. La collection exposée contribuera largement à propager la connaissance de cette industrie. Bon nombre de ces objets ont été empruntés aux musées Royaux d'Arts et d'Histoire, de Bruxelles (le grand vase de Jan Bogaert), au musée Plantin, à Messieurs F. Claes, Van Herck, Osterrieth, etc. Il y aura aussi des échantillons des fabrications de Bruges, Cour-trai et Thourout, ainsi que de la porcelaine et des objets en terre glaise fabriqués à Bruxelles, etc.

La collection des broderies promet un grand succès. Elle contiendra des chasubles, des dalmatiques, des chapes, des manteaux de Vierges, qui montreront toute l'évolution de cette industrie d'art, depuis le XIVme siècle jusqu'au XVIIIme inclus.

Cette intéressante section sera complétée par une exposition des célèbres dentelles flamandes, de Bruges, de Malines, d'Anvers, de Lierre, etc.; par la peinture sur verre, qui a été si florissante, surtout à Anvers; le travail artistique du cuir, des coffrets, des objets en cuir doré, surtout de fabrication malinoise, etc., etc.

LA TAPISSERIE

De même ici, l'on s'était proposé de suivre toute l'évolution de cet art en Flandre, depuis le XVme siècle jusqu'au XVIIIeme, dans les différents centres de production.

Malheureusement, il n'a pas été possible de suivre ce_ programme intégralement. Au fur et à mesure de sa réalisation, ses organisateurs,. — parmi lesquels Madame M. Crick-Kuntziger des Musées Royaux d'Art et d'Histoire, de Bruxelles, s'est particulièrement distinguée, — en ont dû abandonner plusieurs points. Dans notre pays, il n'y a plus de grandes collections privées, comme autrefois celle de M. Somzée, ce qui est, d'ailleurs, très regrettable. D'autre part, il n'existe, chez nous, aucun dépôt national ou royal pour les tapis anciens de grande valeur, comme on en trouve en Espagne, en Autriche et en France. De plus, il a été décidé de n'enlever aucune œuvre d'art de nos musées nationaux pendant l'année du centenaire. Il ne restait donc plus qu'à avoir recours à la bonne volonté des pays étrangers. De la plus riche collection du monde, qui est celle du Roi d'Espagne, il ne fallait rien attendre, vu que plusieurs pièces des plus remarquables de cette collection ont été prêtées aux expositions de Seville et de Barcelone jusqu'à fin juin prochain. Toutefois, nous sommes à même d'assurer qu'il y aura des tapis très intéressants des musées de Vienne et de Cracovie, ainsi que de quelques collections privées. L'on pourra admirer un magnifique tapis gothique du début du XVme siècle, quelques chefs-d'œuvre de l'époque de la Renaissance et plusieurs beaux exemplaires du XVIeme siècle.

© Guide Officiel - Anvers 1930