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Halls Belges


Halls Belges à l'exposition de Anvers 1930

© Hersleven
Architecte(s) : M. Smolderen


Ils sont divisés tout naturellement en deux groupes principaux, consacrés respectivement à l'activité des Belges en Afrique, et à toutes les activités industrielles des Belges en fonction de leur destination coloniale.
Dans un groupe comme dans l'autre, on s'est attaché à sortir des sentiers battus, en présentant autant que possible des ensembles attrayants et vivants, soit par des panoramas, soit par des machines en ordre de fonctionnement.

Les manifestations des Belges en Afrique se développent à cheval sur les deux halls, c'est-à-dire, dans les parties de ceux-ci les plus proches du Palais des Colonies.

On visitera d'abord la classe des industries extractives, c'est-à-dire, des produits extraits du sol, minerais de cuivre, de fer, de radium, diamants et autres pierres précieuses, qui constituent une des principales richesses de la Colonie et spécialement des provinces du Katanga et du Kasaï. Toutes nos grandes sociétés minières congolaises exposeront ici de magnifiques stands.
Le pavillon d'angle d'un des halls, attenant au groupe des industries extractives, est consacré partiellement à une exposition de diamants taillés, organisation confiée à la puissante Fédération des Joailliers anversois.

Tout à côté se trouve l'exposition des transports aux colonies. Elle comprend entre autres choses un train colonial complet, mesurant 120 mètres de longueur, avec locomotive, wagon-salon, wagon-restaurant, wagon-lit, fourgon, wagon-benne, etc., et du matériel de chemin c"e fer vicinal, si important aux colonies, pour l'écartement d'un mètre 06.

La partie du hall de droite la plus proche du Palais des Colonies est réservée au groupe de l'élevage et de l'agriculture. Ici, encore des dioramas savamment aménagés et éclairés donneront une vue vivante des régions agricoles types du Congo, des plantations de coton, de palmiers, élaîs, de café, des exploitations forestières, de la célèbre ferme d'éléphants d'Api.

Les groupes relatifs à l'activité des Belges en Afrique sont encadrés par nos activités industrielles et commerciales d'exportation, bref, tout de tout ce qui est nécessaire à nos exploitations dans tous les domaines.

C'est d'abord le groupe de l'électricité, qui couvrira 1,500 mètres et où l'on verra, fonctionnant pour la plupart, des dynamos, des moteurs appropriés aux colonies, des accumulateurs, des ventilateurs électriques, des frigidaires, des lampes, des appareils de télégraphie sans fil, émetteurs et récepteurs.

A côté vient le groupe des industries économiques qui a pris la forme originale d'un grand atelier de réparations au Congo, avec tout son matériel spécial en ordre de marche, machines-outils, foreuse, perceuses, etc.

Le groupe des textiles, dont l'importance ne cesse de croître au Congo, occupe 4,000 mètres carrés. Il montre l'utilisation industrielle du coton, du chanvre, du jute, des métiers mécaniques, des cardeuses en activité, comme on les voit déjà fonctionner au Congo.

Le groupe d'u vêtement, tout en accordant une place légitime au vêtement colonial, ne se limite pas au blanc, mais constituera également un centre d'attraction pour les visiteuses. Nos grandes firmes, à l'aide de dioramas et de mannequins savamment présentés, montrent qu'elles peuvent heureusement concurrencer la grande couture parisienne.

Le groupe des industries diverses n'est pas non plus sans attrait. Il comprend la maroquinerie, les cuirs, les industries chimiques, les tabacs, l'imprimerie, la photographie, etc., dans leurs aspects les plus modernes.
Un des groupes les plus importants est celui de l'ameublement, qui comprend quelque 5,000 mètres carrés. En façade, le salon d'honneur de la Section Belge se présente sous la forme d'un grand salon de réception du nouveau palais du Gouverneur -général du Congo à Kinshasa, exécuté pour le Gouvernement belge par le bel artiste Moenaerts.

Les autres stands du groupe de l'ameublement présentent tous des ensembles complets et homogènes. Pour éviter l'aspect déconcertant que présenteraient des séries de tables, d'armoires, d'appareils d'éclairage, l'on a adopté à cet égard la règle qui a prévalu à l'Exposition des Arts Décoratifs de Paris 1925, et qui fit une bonne partie de son succès. Le visiteur a l'illusion de se promener dans-autant de pièces d'une maison idéale de colon européen. Comme à Paris, les artistes et les exécutants de chaque « ensemble » seront jugés conjointement par le jury, qui aura à tenir compte évidemment, non seulement du caractère artistique des ameublements, mais aussi de leur adaptation aux conditions spéciales existant sous les tropiques.

La musique, qui joue un grand rôle dans la vie du colon, n'a pas été oubliée. Trois à quatre cents mètres carrés lui ont été réservés. On y verra tout ce que l'ingéniosité des industriels a réalisé, surtout en fait d'appareils mécaniques, machines parlantes, radio, etc., pour charmer la solitude de la brousse.

Ici encore une innovation intéressante a été réalisée. Le groupe de la musique s'est logé dans de petits salon-nets isolés par des parois antisonores qui, contrairement à ce qui se passe dans la plupart des expositions, permettent de donner des démonstrations sans tomber dans la cacophonie.

Le restant des salles belges est occupé par la Section Maritime (3,000 à 4,000 mètres carrés). Nos grands armements y présentent d'une façon vivante l'activité des Belges dans cette branche importante, vitale même, des industries de transport.

Nous avons déjà parlé d'un des pavillons d'angle des halls belges. Le deuxième et le troisième est occupé par des chocolatiers et les biscuitiers, deux de nos plus intéressantes industries d'exportations aux colonies, qui ont produit un bel effort pour y présenter leurs diverses fabrications d'une façon instructive et attrayantes. A côté, l'on remarque les autres groupes de l'alimentation.

Quant au quatrième pavillon d'angle, il a été réservé à la Suède, qui occupe ainsi quelque 600 mètres carrés. Les organisateurs de l'Exposition, en lui faisant place dans la section belge, ont voulu marquer tout le "prix qu'ils attachent à sa collaboration à nos grandes fêtes de l'indépendance nationale.

Les halls belges ont grand effet. Conçus sur un plan nouveau, qui évite l'emploi de vélums et donne un éclairage de jour magnifique, ils donnent, en outre, grâce à des mesures spéciales, une vue beaucoup plus complète et plus continue que tout ce qui s'est fait dans ce genre de construction jusqu'à ce jour.

C'est ainsi qu'on a évité tous panneaux ou tous stands contre cloisons qui pourraient briser la perspective. Toutes les vitrines qu'on y voit son munies de glaces sur leurs quatre faces. Ce qui fait que dans toute la section il n'y a aucun coin isolé ou perdu.

Rien n'a été négligé non plus pour maintenir, le soir, l'attrait de la section belge. Le Palais des Colonies verra toutes ses arêtes soulignées brillamment à l'aide de tubes au néon de couleurs bleue, jaune et rouge.

Les deux grands halls, d'autre part, sont précédés par une galerie couverte donnant d'un seul tenant une perspective de 900 mètres. Et, non seulement cette galerie sera éclairée mais elle n'est séparée des stands intérieurs que par de grandes glaces; et comme il a été prévu que ces stands tournés vers les jardins seront brillamment éclairés, on pourra jouir, après la fermeture des halls, de la vue d'une partie importante de leurs merveilles.

© Guide Officiel - Anvers 1930