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Maroc


Maroc à l'exposition de Anvers 1930

© Hersleven

La participation marocaine à l'Exposition d'Anvers a été orientée vers un triple but : faire connaître aux visiteurs les productions marocaines ; leur indiquer les; possibilités économiques; les inciter à visiter les curiosités multiples du pays.

La production marocaine est alimentée par les nombreuses ressources de son sol et de son sous-sol. Au point de vue agricole, on rencontre toutes les variétés de céréales, de légumes, de fruits, voire de fleurs qui caractérisent lé bassin de la Méditerranée occidentale. Ces variétés trouvent des zones de développement propices dans les différentes parties d'un ensemble qui s'étage des plaines subatlantiques aux terres fertiles et bien arrosées, jusqu'aux zones de haute montagne couvertes de forêts ou de pâturages pour les troupeaux, ou aux sommets blanchis par la neige.


Le sous-sol, dont la prospection a déjà fait connaître les gisements divers, apparaît comme abondamment pourvu de phosphates qu'une magistrale organisation met à la disposition des agriculteurs de toutes les latitudes et de tous les continents.

Les échantillons de ces ressources présentés à l'Exposition d'Anvers permettront au public d'apprécier avec; la richesse des productions et le succès obtenu par le labeur de tous, les possibilités économiques du Maroc.

Ces possibilités sont déjà connues en Belgique comme le prouvent les totaux élevés et en accroissement régulier d'e ses échanges commerciaux avec le Maroc. Ils atteignent 10 pour cent du mouvement général du Protectorat, soit plus de 150 millions de francs. Aux importations (79,467,000 francs en 1928), la Belgique traite plus spécialement les fils de coton, les chaux et ciments, les bougies, la houille, etc. Aux exportations (64,551,000 francs), l'alpiste, les laines en suint et lavées, les peaux de moutons, les phosphates, etc. La Belgique occupe ainsi le cinquième rang dans le commerce extérieur du Maroc.

Cependant, quelles que soient l'exactitude des statistiques, la variété des échantillons, la documentation apportée de loin, on ne saurait jamais donner une idée réelle du pays. Le moindre voyage sur place qui met le passant en contact direct avec les hommes et les choses, est d'une portée plus effective et plus certaine que les plus longs et les plus beaux discours. Aussi, le tourisme a été conçu au Maroc à la fois comme une question d'agrément et comme une source de documentation pour toutes les initiatives économiques.

Aujourd'hui, un réseau de routes excellentes permet aux visiteurs de se déplacer rapidement dans toutes les directions et jusqu'aux extrémités les plus lointaines de la zone pacifiée en utilisant, soit des voitures particulières, soit des confortables auto-cars des services publics. Les voies ferrées rejoignent toutes les villes principales du Protectorat, dans lesquelles ont été installés des hôtels de nombre suffisant et de classes diverses pour répondre aussi bien aux exigences de luxe le plus raffiné qu'au souci d'une économie plus modeste. Mais le tourisme pour partie documentaire, ne néglige pas d'offrir aux curiosités maints spectacles captivants : l'ambiance exotique d'une civilisation qui s'est conservée presque intacte de toute déformation européenne et qui s'affirme par l'harmonie de ses constructions; l'agréable disposition des villes indigènes; le foisonnement d'une population urbaine et rurale toute entière à ses occupations ancestrales, travaux et plaisirs dont l'activité s'est également extériorisée au point de vue artistique dans la multitude de ses poteries, de ses tapis, de ses cuirs travaillés, de ses bijoux...

Les sportifs trouveront au Maroc de quoi satisfaire dans le Haut-Atlas, leurs goûts pour l'alpinisme, voir pour les sports d'hiver, comme les amateurs de golf, rencontreront des links bien aménagés en différents endroits.

Aussi bien le Maroc présente cet attrait particulier de rassembler côté à côté l'aspect le plus ancien et les actualités les plus modernes — on se rendra compte à l'Exposition même par la présentation des types appropriés du souci d'urbanisme qui a présidé à l'effort du développement marocain.

Ainsi l'œuvre du Protectorat français dans l'Empire Chérifien apparaît comme s'inspirant à la fois du respect le plus net des conditions locales et d'une très grande volonté de progrès. Ces directives posées il y a moins de vingt ans par le Maréchal Lyauteuy et qui aujourd'hui encore dominent l'action avisée de M. Lucien SAINT, ont permis d'atteindre à un haut degré de pacification, de civilisation, de prospérité.

En 1923 à Gand, le Maroc offrait à la Belgique des prémices. En 1930, à Anvers, il s'associe à la célébration du Centenaire Belge, par une "ample moisson de réalisations qui font honneur à l'activité si largement humaine de la colonisation française.

©Guide Officiel - Anvers 1930