Exposition Universelle de Paris 1867

Agriculture, Industrie et Beaux-Arts

1er Avril 1867 - 3 Novembre 1867


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Chalet de la Blanchisserie

Chalet de la Blanchisserie à l'exposition de Paris 1867

A une époque où l’architecture emprunte ses plus heureuses inspirations à l’art d’élever des casernes et des hôpitaux, il faut savoir gré au peuple qui, ne pouvant réédifier les grandes et belles constructions du passé, a voulu néanmoins donner à ses habitations une forme et un aspect qui, sans viser au grandiose et au majestueux, pussent éviter la monotonie et atteindre à l’élégance. C’est en
Suisse que le chalet a pris naissance, et c’est de cette curieuse et intéressante contrée que nos artistes en rapportèrent les premiers modèles.

Un bon goût national a préservé les premiers constructeurs de ces informes et ignobles chaumières de nos montagnes, que les peintres les plus réalistes désespèrent eux-mêmes de poétiser dans leurs paysages.

Aussi la Suisse n’a pas conservé le monopole des chalets. La mode en a semé dans toutes les villégiatures aristocratiques comme Saint-Germain, Ville-d’Avray, etc., et la route qui rejoint Enghien à Montmorency n'est plus qu’une longue exposition de l’architecture suisse.
Le Champ de Mars a quelques modèles très-réussis. A quelques pas de la rue d’Alsace, non loin du pavillon des cloches, vous verrez un élégant chalet qui porte l’enseigne modeste d’une blanchisserie. Quelques marches séparent le plancher du sol et le préservent de l’humidité. Le rez-de-chaussée n’offre d’intérêt véritable qu’aux mortels chargés de blanchir le linge de leurs semblables. Mais, pour parvenir au premier étage, rappelez-vous que nous sommes dans un chalet, il faut sortir et prendre un des escaliers extérieurs qui viennent aboutir a la porte d’entrée. Les deux escaliers à rampe découpée conduisent à une galerie qui tourne autour de la maison. C’est sur cette galerie dont la rampe est, — je ne le dis pas, — découpée et festonnée, que s’ouvrent les chambres des appartements du premier étage. Le toit protège cette galerie contre les pluies, et sert de marquise aux habitants. S’il fallait cependant donner mon sentiment sur ces frêles et jolies, constructions, je dirais que, charmantes d’aspect, si elles sont un peu chaudes pendant l’été, l’hiver elles font rêver Spitz-berget Sibérie.

©L'Exposition Universelle de 1867 Illustrée